Scories Thomas
coproduit de la déphosphoration d'acier utilisé comme engrais phosphaté
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Les scories Thomas, ou scories de déphosphoration sont des coproduits issus de la fabrication d'acier à partir de minerai de fer phosphoreux selon le procédé Thomas, utilisés comme engrais phosphaté.

Ce produit, contenant légalement un minimum de 12 % de phosphore total (P2O5)[1] est également très riche en chaux (environ 45 % CaO)[1], ce qui en fait à la fois un engrais et un amendement. Il s'utilise principalement sur sols acides, qu'il fertilise et chaule simultanément.
Son utilisation en France a quasiment disparu du fait de la fermeture des mines de fer de Lorraine, d'où l'on extrayait la « minette », un minerai phosphoreux de fer, désormais remplacé par des minerais d'importation non phosphoreux.
Apport possible d'éléments-traces métalliques indésirables dans les sols
L'anion phosphate est un ligand à fort pouvoir de complexation pour certains ions métalliques. Les phosphates possèdent une grande affinité chimique pour certains éléments métalliques, comme le cadmium ou l'uranium, rencontrés à l'état de traces dans certaines roches sédimentaires. Tout comme pour l'épandage d'engrais phosphatés d'origine sédimentaire (gisements de phosphate du Maroc contenant du cadmium), d'anciennes applications de scories Thomas ont pu apporter aux sols des éléments-traces métalliques parfois toxiques, comme ce fut notamment le cas en Wallonie du temps où son industrie sidérurgique était florissante[2]. La nature et les concentrations en métaux lourds dans les sols dépendent de la nature même du sol, de l'origine du minerai de fer phosphoreux et des quantités de scories Thomas appliquées. Seule une analyse de sol et de son eau interstitielle permet d'identifier la présence de métaux lourds mobiles en quantité anormale, dépassant les seuils réglementaires, et de caractériser un éventuel problème. La connaissance de l'état initial du sol (ligne de base de référence dépendant de sa nature) et de l'histoire complète des amendements d'un sol est également nécessaire en cas d'apports multiples d'origines différentes, comme, notamment, ceux de lisier de porc très riche en cuivre ajouté intentionnellement à leurs suppléments alimentaires par les marchands d'aliments pour le bétail. Le choix de cultures appropriées absorbant peu certains éléments-traces métalliques peut contribuer à mitiger certains problèmes. Les plantes accumulatrices sont déconseillées[2],[3],[4].
