Shlomo Yehouda Be’eri

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Naissance
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Nom de naissance
שי צובאריVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
הינוקאVoir et modifier les données sur Wikidata
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Shlomo Yehouda Be’eri
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Biographie
Naissance
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Shlomo Yehouda Be’eri (en hébreu : שלמה יהודה בארי), surnommé « Yenouka » (désignant un enfant prodige), né le 3 mai 1988 à Holon en Israël, est un rabbin israélien.

Son influence s'étend au-delà des cercles religieux traditionnels, le quotidien Haaretz le qualifiant en 2025 de « tzaddik d'un nouveau genre » en raison de son impact social et médiatique[1].

Né à Holon[2], son parcours est considéré comme atypique dans le monde rabbinique[1]. Ses origines familiales sont diverses : son grand-père paternel, Rav Shlomo, est un descendant des sages du Yémen et a étudié avec les grands kabbalistes de Jérusalem. Son grand-père maternel, Rav Yehudah, a fait son aliyah (immigration en Israël) d'Alep, en Syrie [3]. Le choix de son prénom, « Shlomo Yehouda », est d'ailleurs le résultat d'un compromis entre sa grand-mère paternelle (qui voulait « Shlomo ») et sa mère (qui voulait « Yehudah »)[3].

Il déménage en Espagne avec ses parents pour des raisons économiques[2]. Son père, décrit comme un homme simple, travaille durement pour subvenir aux besoins de sa famille et économise pour acheter des livres de Torah à son fils[2], le jeune Shlomo Yehouda refusant initialement de demander des ouvrages pour ne pas peser sur la situation financière difficile de ses parents[4].

D'Espagne, il retourne seul en Israël à l'âge de 13 ans et est élevé par sa grand-mère[1]. Cet isolement est, selon lui, le creuset d'une connexion personnelle et précoce avec Dieu, la prière et la lecture des Psaumes étant ses principaux refuges[5].

Il commence à donner des cours de Torah dès l'âge de 14 ans, sans bénéficier du « lignage familial » ou de la « formation officielle » qui caractérisent souvent les grandes figures rabbiniques[1]. Le Rav Be'eri attribue sa sensibilité spirituelle aux difficultés de son enfance, qui l'ont poussé à l'introspection et à chercher une connexion avec le Divin[3].

Son surnom « Yenouka » lui est donné à l'âge de 16 ans par le kabbaliste Hakham Avraham Haï, après avoir trouvé instantanément une référence dans le Zohar que le sage cherchait[5]. Le surnom de « Yenouka » (ou Yanuka, terme araméen)[6], tiré du Zohar, désigne un enfant prodige doté de capacités spirituelles exceptionnelles[7].

De nos jours, à l'âge adulte, il accueille chaque semaine des fidèles à Rishon LeZion[8],[9]. Il leur prodigue ses enseignements et des bénédictions pour les aider à surmonter leurs difficultés[8].

Il est marié à Adel Be'eri, qui donne également des cours de Torah. Le couple a quatre enfants[10].

Approche et enseignement

Le Rav Be’eri met l’accent sur la prière (téfila) vécue comme connexion spirituelle, la téchouva (retour vers Dieu) et le tikkoun hamidot (renforcement/affinement des qualités), la joie (sim’ha), l’étude conjointe du Talmud, des maîtres médiévaux, des commentaires hassidiques et du Zohar, et le recours au chant et à la musique (nigounim) comme instruments de raffinement de l’âme[11].

Il insiste ainsi particulièrement sur le rôle de la musique, qu'il considère comme un moyen de « révéler l'essence intérieure d'une personne » et de la connecter à sa source véritable[3]. Il est lui-même pianiste et compositeur, et conclut chacun de ses cours de Torah par un interlude musical[3]. Il explique que la musique est un chemin vers la « simplicité » (pashtut) et que plusieurs de ses compositions sont nées de moments d'intense émotion ou d'épreuve, comme Yesh Tikva (Il y a de l'Espoir) ou Levad BaDerech (Seul sur le Chemin)[5].

Son enseignement met fortement l'accent sur l'honneur mutuel (kavod ha-briyot) et l'amour d'Israël (ahavat Yisrael), qu'il présente comme l'antidote à la haine gratuite (sinat hinam) et la cause des catastrophes. Il appelle régulièrement à des rassemblements sur l'honneur de l'autre et la bienveillance[4]. Sa méthode d'étude est décrite comme une immersion totale, où l'étudiant doit se connecter aux figures des Tzaddikim (Justes) et considérer l'étude de la Torah comme un moyen de se connecter à Dieu, insistant sur la joie (sim'ha) et la responsabilité dans l'étude [12].

Le Rav insiste sur le fait que l'étude de la Torah doit être motivée par la quête de Dieu et non par l'ambition personnelle, qualifiant l'étude motivée par la fierté de « poison mortel » (sam demavta, סם־דמַוותא)[5]. Il rejette l'idée de la compétition dans le monde de la Torah, affirmant que le but de l'étude n'est pas l'acquisition de données (qu'un ordinateur pourrait faire), mais la quête de l'Auteur derrière le texte[5].

Son style est décrit comme transcendant les clivages habituels de la société religieuse israélienne (ni hassidique, ni lituanien, ni séfarade, ni traditionnel), attirant des disciples de tous horizons, y compris des laïcs et des ultra-orthodoxes[1]. Il est notable pour sa neutralité politique : contrairement à de nombreux rabbins influents en Israël, il refuse de s’aligner sur un parti ou un courant politique spécifique, ce qui lui permet d’attirer des fidèles de tous horizons, y compris des politiciens du Likoud (droite) et du Shas (extrême droite)[7]. Cette position de non-alignement est considérée comme un facteur de son succès auprès d’un public diversifié, mais est également citée comme une raison pour laquelle il est moins couvert par la presse ultra-orthodoxe[7]. Il est également mentionné qu’il n’a jamais demandé de paiement pour ses cours et ses bénédictions, et que jusqu’à récemment[Quand ?], il était dans une situation financière difficile, ne recevant des dons importants que depuis la dernière année[7].

Vision de la Kabbale

Dans ses enseignements sur la Kabbale, le Rav Be’eri insiste sur le rôle de l'Arizal (Rabbi Isaac Luria) non pas comme un innovateur, mais comme un révélateur qui a « simplement dévoilé ce qui était caché, scellé et dissimulé dans le Saint Zohar » [13]. Il enseigne que le fondement de la spiritualité et de la proximité avec Dieu réside dans l'isolement (hitbodedout) et l'intention (kavana) [13]. Face aux défis et à la tristesse de la génération actuelle, il transmet un message d'espoir, affirmant que l'Arizal dirait : « Soyez forts. Arrêtez d'avoir peur. Les Cieux ne sont pas en colère contre vous – ils vous aiment – soyez forts. Le Saint, béni soit-Il, est comme un père qui veut embrasser son fils » [13]. Il distingue également l'approche de l'Arizal de celle du hassidisme, expliquant que si le Baal Shem Tov cherchait à « faire descendre les Cieux vers l'homme », l'Arizal visait à « élever l'homme vers les Cieux », les deux méthodes ayant pour but final la dévotion à Dieu[13].

Position théologique sur les "miracles"

Concernant les nombreux témoignages de « miracles », particulièrement de guérisons, qui lui sont attribués, le Rav Be'eri adopte une position théologique claire. Il attribue les « miracles » à la prière, affirmant : « Je ne fais pas de miracles ; je les dirige vers le Ciel par la prière. Je distribue des prières, c’est la médecine à laquelle je crois, que Dieu lui-même donne vie »[7]. Il insiste sur le fait qu'il encourage ses fidèles à suivre les avis médicaux, voyant son rôle comme celui d'un intermédiaire spirituel qui permet de voir le miracle se produire « avec le médecin »[14]. Il attribue 100 % des miracles à Dieu seul, se considérant simplement comme un « canal » ou « le marteau qui frappe le clou »[5]. Il suggère que Dieu accomplit aussi des miracles par pitié pour lui, pour alléger l'immense fardeau émotionnel lié à l'écoute quotidienne de tant de récits tragiques[5].

Un récit largement diffusé dans les médias ultra-orthodoxes concerne une « note étonnante » (HaPetek HaMufla) écrite par le Rav Be'eri. L'histoire rapporte qu'un jeune homme marié, dont l'épouse était enceinte, a consulté le Rav, angoissé par le diagnostic des médecins qui prévoyaient avec certitude que l'enfant naîtrait avec un syndrome grave. Le Rav l'aurait alors encouragé, lui assurant que « tout ira bien » et que « l'enfant naîtra sain et sauf ». Il lui aurait remis une note scellée, lui demandant de ne l'ouvrir que 24 heures après la naissance. L'article affirme que l'enfant est né en bonne santé, sous césarienne et que la note contenait la date et l'heure exactes de la naissance, ainsi que la mention « Césarienne à la place du syndrome. Dans la joie » [15]. Ce type de récit contribue à sa réputation de Tzaddik doté de capacités prophétiques.

Popularité

Plusieurs médias israéliens décrivent l'engouement du public et l'ampleur du phénomène autour de Shlomo Yehouda Be’eri et rapportent des récits de « miracles » et de guérisons qui lui sont attribués par des fidèles. Ces affirmations relèvent du témoignage et ne sont pas corroborées par des études indépendantes[7],[16]. Le même corpus médiatique souligne son audience hebdomadaire à Rishon LeTsion et la diffusion virale de ses enseignements ; Ynetnews l’a par ailleurs classé récemment parmi les personnalités juives influentes de l’année[17]. Son influence s'étend également à la culture populaire, le duo de DJ israéliens Vini Vici ayant utilisé un message spirituel du Rav sur le pouvoir de la musique lors de l'ouverture de leur set au festival Tomorrowland en 2025[18]. De plus, il attire de nombreuses personnalités publiques et artistes israéliens, tels que les musiciens Amir Benayoun et Ofer Levi, qui le consultent régulièrement [10]. Son entourage gère une présence active sur les réseaux sociaux, notamment TikTok et YouTube, qui contribue à sa popularité, bien que le Rav lui-même n'ait pas de téléphone personnel et ne soit pas directement impliqué dans la gestion de ces plateformes [10].

L'ampleur de son influence se traduit également par des faits concrets. En juillet 2025, une collecte de fonds menée par ses institutions permet de récolter plus de 23 millions de shekels, destinés notamment à l'édition de ses ouvrages et à la diffusion de ses enseignements[1].

Relations avec d'autres figures rabbiniques

Malgré son parcours non conventionnel, le Rav Be'eri établit des liens avec d'autres figures rabbiniques importantes. Son ascension rapide et son succès provoquent des « persécutions » de la part de certains rabbins établis, qui l'auraient qualifié de « démon » et auraient tenté de faire annuler ses propositions de mariage (shiddukhim)[7]. Ces « persécutions » l'auraient poussé à s'isoler pendant une période, ne donnant des cours qu'à un cercle très restreint de disciples[7].

Il n'a pas étudié dans une yeshiva formelle, mais seul ou avec des haveroutot (partenaires d'étude)[2]. Il aurait notamment étudié avec le Rav Moshe Halberstam (mort en 2006), un rabbin de la Edah HaChareidis (communauté ultra-orthodoxe de Jérusalem), qui l'aurait mis à l'épreuve sur ses connaissances du Talmud et des Tossafot, reconnaissant son érudition précoce[4]. Il a également étudié la Kabbale avec Hakham Avraham Hai de Pardes Katz (mort en 2016)[2].

Son statut est reconnu par plusieurs figures rabbiniques. Le Gaon Rav Moshe Mordechai Karp témoigne qu'il est « unique dans notre génération, un maître de tout le Talmud », le Gaon Rav Shammai Kehat HaCohen Gross le qualifie de « Sefer Torah (livre de la Torah) dont je sais que beaucoup se sont rapprochés de la Sainte Torah grâce à lui », et le Gaon Rav Gamaliel HaCohen Rabinowitz le qualifie de « grand érudit de la Torah et homme de bon sens et de perspective, comme nos Maîtres »[4].

Be'eri développe un lien particulier avec la figure de Rabbi Shimshon d'Ostropol (1600-1648) et organise des prières sur sa tombe[2].

Controverses et oppositions

Le Rav Be’eri fait face à une opposition significative au sein de certains cercles ultra-orthodoxes. Selon le commentateur haredi Israel Cohen, des facteurs tels que son absence de « cour » ou d'institution établie, ainsi que son utilisation des réseaux sociaux et de la musique le transforment en un « facteur étranger » au sein de l'établissement haredi[19].

Cette opposition s'est manifestée par des tentatives de diffamation. En octobre 2025, il est révélé que des sources anonymes financent des campagnes de diffamation et de calomnie contre lui, allant jusqu'à la distribution de tracts et des allégations d'« appels au meurtre » selon ses partisans, une affaire qui est médiatisée par l'émission télévisée israélienne HaTzinor (Channel 13 )[19].

Dans une interview, le Rav détaille lui-même l'ampleur des difficultés qu'il subit, notamment :

  • Sabotage de mariages : Ses détracteurs, n'expliquant pas l'étendue de son savoir sans un lignage rabbinique établi, ont propagé des rumeurs selon lesquelles ses connaissances provenaient d'un « démon » ou de la Sitra Achra (forces d'impureté), ce qui a conduit à l'annulation systématique de ses propositions de mariage[5],[20].
  • Trahison : Le jour de ses fiançailles, il fut arrêté par la police militaire pour ne pas s'enrôler. Un rabbin qui prétendait l'aider a profité de son arrestation pour dire à la famille de la fiancée qu'il s'était enfui, sabotant ainsi délibérément la relation [5],[20].
  • Tentative d'empoisonnement : Après son mariage, alors qu'il reprenait ses cours, ses persécuteurs ont tenté de l'empoisonner en versant du poison dans sa bouteille d'eau au milieu d'un cours. Il a déjoué la tentative en sentant une odeur étrange [5],[20].

Il rejette fermement l'idée qu'il serait le Messie, affirmant que « la lumière du Messie est en chaque Juif » et que l'important est de chercher « comment faire venir le Messie »[20].

Bibliographie

Liens externes

Références

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