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Siège de Gaza (2023-2025)

phase de l'offensive terrestre israélienne de 2023 dans la bande de Gaza From Wikipedia, the free encyclopedia

Le siège de Gaza fut une bataille de la guerre de Hamas-Israël qui opposa, de à , les Forces de défense israéliennes (Tsahal, en anglais : Israel Defense Forces (IDF)) aux groupes armés dirigés par l’organisation terroriste Hamas dans la ville de Gaza, le principal centre urbain de la bande de Gaza.

Date -
Casus belli Attaque terroriste du en territoire israélien (opération Déluge d'Al-Aqsa), suivie l'offensive militaire israélienne visant le démantèlement du Hamas (opération Épées de fer) et la libération des otages.
Issue Encerclement de Gaza—ville, puis Cessez-le-feu
Faits en bref Date, Lieu ...
Siège de Gaza
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Gaza—ville pendant la guerre de Gaza de -
Informations générales
Date -
Lieu Gaza—ville, bande de Gaza
Casus belli Attaque terroriste du en territoire israélien (opération Déluge d'Al-Aqsa), suivie l'offensive militaire israélienne visant le démantèlement du Hamas (opération Épées de fer) et la libération des otages.
Issue Encerclement de Gaza—ville, puis Cessez-le-feu
Changements territoriaux Occupation partielle de la ville de Gaza par Tsahal
Belligérants
Drapeau d’Israël Israël (Tsahal) Hamas

Jihad islamique palestinien
Front populaire de libération de la Palestine
Front démocratique pour la libération de la Palestine

Comité de résistance populaire
Commandants
Yahya Sinwar ()
Mohammed Deïf ()
Forces en présence
Brigades Izz al-Din al-Qassam
Brigades Al-Qods
Brigades d'Abou Ali Moustapha
Brigades de résistance nationale
Brigades Al-Nasser Salah al-Din
Pertes
Tsahal : 100 à 160 ± incertitude Milices : 3 500 ± incertitude 5000 Civils : 13 000 ± incertitude 16000
Ces bilans conservent une valeur estimative : Tsahal ne segmente pas ses pertes matérielles ou humaines par théâtre d'engagement individuel, tandis que les autorités locales et organisations terroristes ne distinguent pas les victimes civiles des effectifs combattants.

Guerre de Gaza depuis 2023

Coordonnées 31° 30′ nord, 34° 28′ est
Géolocalisation sur la carte : bande de Gaza
(Voir situation sur carte : bande de Gaza)
Siège de Gaza
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Ces opérations s'inscrivirent dans l'offensive terrestre israélienne lancée à la suite de l'attaque menée par le Hamas contre Israël le .

Après avoir encerclé la ville au début du mois de , les forces israéliennes pénétrèrent progressivement dans plusieurs quartiers de Gaza—ville et y menèrent des opérations de combat urbain contre les différents groupes armés.

Les affrontements se concentrèrent notamment autour d'infrastructures gouvernementales, de quartiers densément urbanisés et de plusieurs complexes hospitaliers, dont l'hôpital Al-Shifa.

Malgré l'occupation temporaire d'une partie importante de la ville par les forces israéliennes et les pertes subies par les organisations armées palestiniennes, ces dernières conservèrent une capacité opérationnelle dans plusieurs secteurs de Gaza—ville.

Le siège prit fin le avec l'entrée en vigueur du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas[note 1][réf. nécessaire]. À cette date, les Forces de défense israélienne se retirèrent du nord de la bande de Gaza tandis que le Hamas demeurait l'autorité de facto dans la ville.

Encerclement de Gaza—ville

Contexte de l’encerclement

« Nous allons détruire les infrastructures du Hamas, le quartier général du Hamas, l’établissement militaire du Hamas, et retirer ces phénomènes de Gaza et de la Terre. Ils ne peuvent pas vivre parmi des peuples civilisés humains. »[2]

 Yoav Gallant

À la suite de l’opération Opération Déluge d'al-Aqsa (en arabe : عَمَلِيَّةُ طُوفَانِ ٱلْأَقْصَى), l'attaque menée par le mouvement islamiste Hamas contre l’État d’Israël le , les autorités israéliennes annoncent le lancement d'une offensive terrestre (l’Opération Iron Swords (en hébreu : מִבְצָע חַרְבוֹת בַּרְזֶל), en français : Épées de fer [note 2]) dans la bande de Gaza (en arabe : قِطَاع غَزَّة) avec pour objectifs déclarés de démanteler les capacités militaires du Hamas et d'obtenir la libération des otages détenus dans l'enclave[3],[4].

Gaza—ville (en arabe : غَزَّة), principal centre urbain, administratif et économique de la bande de Gaza, est considérée plus tard, en septembre 2025 par l’État d’Israël comme l'un des bastions du mouvement islamo-terroriste ainsi qu'un centre important pour ses infrastructures militaires[5].

Après plusieurs semaines de frappes aériennes et d'opérations préparatoires[6],[4], Tsahal lance son offensive terrestre le [4]. La progression vise notamment à isoler Gaza—ville du reste de la bande de Gaza, à couper les principales voies de communication reliant le nord et le sud du territoire et à exercer une pression croissante sur les groupes armés présents dans la ville.

Isolement de la ville

« L'armée israélienne a appelé à plusieurs reprises les habitants du nord de la bande de Gaza à se déplacer vers le sud alors qu'elle tente de combattre le Hamas dans le nord. Mais des frappes aériennes israéliennes visent également le sud de ce territoire. »[7]

 Agence Belga

Au début du mois de , les forces israéliennes poursuivent leur progression dans le nord de la bande de Gaza et atteignent les abords de Gaza—ville. Le , l'armée israélienne annonce avoir encerclé la ville[8],[9], achevant ainsi une manœuvre destinée à séparer le nord de l'enclave du reste du territoire[10].

Cette progression s'accompagne d'affrontements avec les différents mouvements terroristes Hamas, le Jihad islamique palestinien et d'autres groupes armés opérant dans le secteur[11],[12].

L'encerclement s'inscrit dans une stratégie visant à réduire progressivement les capacités opérationnelles des groupes armés par la prise des principaux axes routiers, la destruction d'infrastructures militaires et l'interruption partielle des lignes logistiques[Interprétation personnelle ?][13].

Malgré cette pression tactico-israélienne, les milices continuent de mener des embuscades, des tirs antichars et des attaques depuis des réseaux souterrains, ralentissant l'avancée israélienne dans plusieurs secteurs de la ville[14].

Affrontement urbain

Après l'encerclement de Gaza—ville, Tsahal poursuit sa progression dans plusieurs secteurs urbains de la ville.

Les opérations visent les quartiers considérés comme des centres de commandement et de soutien logistique des groupes armés. Les combats se concentrent progressivement dans les zones densément bâties[15], où l'environnement urbain limite l'avantage technologique de l’IDF. L'avancée israélienne s'accompagne d'opérations de reconnaissance, de frappes aériennes et d'engagements terrestres menés quartier par quartier.

Les autorités israéliennes déclarent chercher à démanteler les infrastructures militaires du Hamas, tandis que les groupuscules armés tentent de ralentir la progression adverse en utilisant le tissu urbain, les bâtiments résidentiels (ou autres, incluant les infrastructures hospitalières), la population et les réseaux souterrains comme éléments de défense.

Situation humanitaire dans l’encerclement

L'encerclement et les combats périphériques et urbains qui l'accompagnent provoquent des déplacements de population à l'intérieur de la bande de Gaza[16].

Les autorités israéliennes appellent les habitants du nord de l'enclave à rejoindre les zones situées au sud[17], tandis que les organisations humanitaires alertent sur les difficultés de déplacement des civils dans un contexte de bombardements et de combats.

« Non au déplacement depuis la Cisjordanie, non (à l’intérieur de la bande de) Gaza, et non au déplacement depuis Gaza vers l’Egypte. »[18]

 Ismael Haniyeh, chef de l’organisation terroriste Hamas

Un facteur supplémentaire contribuant probablement à la dégradation de la situation humanitaire, et qui pourrait paraître un cas de bouclier humain sur l’entièreté de la population subissant les combats urbains[19], réside dans l’impossibilité rencontrées par la population civile pour évacuer les zones de combat, le Hamas et les autres groupes terroristes armés entravent les déplacements de civils[20],[21].

Les combats urbains et les opérations militaires menées dans la ville affectent de nombreuses infrastructures civiles (notamment des établissements scolaires, des bâtiments administratifs et complexes hospitaliers). Certains de ces sites font l'objet d'accusations réciproques entre les belligérants concernant leur utilisation à des fins militaires[4].

Avancées dans Gaza—ville et combats urbains

Bataille de l'hôpital Al-Shifa

Contexte

« Cette guerre de Gaza est un grand jugement déclenché par Israël en réponse aux horreurs infligées par le Hamas après des années d’hostilités incessantes. Et le passage à Shifa est une part cruciale du grand jugement.

Plus tôt les Israéliens révéleront au monde les atouts terroristes du Hamas cachés là-bas, plus tôt ils dévoileront le cynisme mortel qui a toujours guidé le groupe terroriste palestinien, ses soutiens régionaux et ses boucs émissaires en Occident. »[22]

 Mark Dubowitz

L'hôpital Al-Shifa, principal complexe hospitalier de Gaza—ville, occupe une place centrale dans les opérations militaires menées dans la ville durant le siège[23].

Dès le début de l'offensive israélienne sur la bande de Gaza, les autorités israéliennes et américaines affirment que le Hamas, ainsi que d'autres groupes armés, utilisent le complexe hospitalier et les infrastructures souterraines situées à proximité à des fins militaires[24],[25].

Selon Israël, ces installations abritent notamment des postes de commandement, des centres logistiques et des infrastructures souterraines destinées aux opérations armées[24]. Le Hamas rejette ces accusations.

Toutefois, au cours du conflit, plusieurs éléments matériels présentés par Israël ainsi que diverses enquêtes et analyses alimentent les débats relatifs à l'utilisation militaire du complexe. La présence d'infrastructures souterraines, la découverte d'armes et l'exploitation présumée du site par le Hamas constituent alors un enjeu majeur des opérations menées dans le secteur[26].

Siège du complexe

Au cours du mois de , l'intensification des combats autour de l'hôpital entraîne une dégradation rapide des conditions de fonctionnement du complexe[27]. Les pénuries de carburant, d'électricité, de médicaments et d'équipements médicaux affectent directement les capacités de prise en charge des blessés ainsi que les milliers de civils réfugiés dans l'établissement[28].

Considérant le secteur comme un objectif militaire prioritaire, l'àIDF intensifie les opérations autour d'Al‑Shifa. Les combats opposant Tsahal au Hamas (et autres groupuscules armés) se rapprochent progressivement du complexe hospitalier[29].

De nombreuses organisations et gouvernements expriment leur inquiétude quant à la situation des patients, du personnel médical et des personnes déplacées présentes sur le site[30]. Les civils demeurent les principales victimes de la dégradation des conditions sanitaires et sécuritaires provoquée par les combats[31].

Prise de l'hôpital

Dans la nuit du au , les Forces de défense israéliennes lancent l'Opération Local surgery à l'intérieur du complexe hospitalier. Les autorités israéliennes déclarent rechercher des infrastructures militaires, des centres de commandement et des équipements utilisés par le Hamas dans le cadre de ses activités armées[32].

À l'issue de l'opération, l'armée israélienne annonce avoir découvert des armes, des tunnels, des locaux utilisés par le Hamas ainsi que diverses infrastructures qu'elle présente comme liées à l'activité militaire du mouvement[33]. Ces découvertes sont mises en avant par Israël pour justifier l'opération menée contre le complexe hospitalier[33].

Le Hamas conteste les conclusions israéliennes et nie avoir utilisé l'hôpital comme centre de commandement. L'ampleur exacte de l'utilisation militaire du complexe demeure néanmoins un sujet de débat et d'analyse dans les mois suivant l'opération.

Extension des combats urbains

« Nous avançons… Rien ne nous arrêtera. »[34]

 Benjamin Netanyahu

À la suite de l'opération menée contre le complexe hospitalier Al‑Shifa, l'IDF poursuit sa progression dans plusieurs quartiers de Gaza—ville[35], notamment ceux de Rimal, Sabra, Tal al‑Hawa, Sheikh Radwan, Al-Daraj, Tuffah et Choujaïya.

L'objectif déclaré de Tsahal demeure le démantèlement des infrastructures militaires du Hamas et des autres groupes armés opérant dans le nord de la bande de Gaza[36]. Les opérations prennent la forme d'une campagne de combat urbain caractérisée par des affrontements rapprochés, des opérations de reconnaissance[37], la destruction de positions fortifiées ainsi que la recherche de tunnels et d'infrastructures souterraines utilisées par les organisations terroristes[36], [38].

Malgré la pression exercée par les forces israéliennes et les pertes subies par plusieurs unités combattantes, le Hamas, le Jihad islamique palestinien et autres groupes armés conservent une capacité d'action dans plusieurs secteurs de la ville[37], où ils mènent des embuscades, des tirs antichars, des frappes au mortier et diverses attaques contre les unités israéliennes[38].

Les combats contribuent à la destruction d'infrastructures civiles et administratives[39] dans plusieurs quartiers de Gaza—ville et aggravent les conséquences humanitaires du siège. À la fin de l'année , Tsahal contrôle ou conteste une partie importante des secteurs urbains de la ville, tandis que les groupes armés palestiniens continuent de mener des opérations de résistance ou de guérilla dans plusieurs zones densément bâties.

Combats dans le secteur de Jabaliya

À partir de la seconde moitié de , les forces israéliennes concentrent une partie de leurs opérations autour du secteur de Jabaliya (en arabe : جباليا), au nord de Gaza—ville.

Un champ de ruines en place d'habitations, les conséquences des combats urbains intenses entre les IDF et les milices armées (Jabaliya, )

Considérée par Israël comme l'un des principaux bastions militaires du Hamas (dans le nord de la bande de Gaza)[40], la zone fait l'objet d'opérations terrestres destinées à neutraliser les combattants et à détruire les infrastructures utilisées par les groupes armés palestiniens.

Les combats y demeurent particulièrement intenses malgré la progression israélienne, les organisations armées continuant de mener des attaques contre les unités de Tsahal à l'aide d'engins explosifs improvisés et d'embuscades urbaines[41]. Israël affirme progressivement avoir démantelé une partie importante des capacités militaires du Hamas dans le secteur, tandis que les groupes armés palestiniens poursuivent leurs opérations défensives et revendiquent plusieurs attaques contre les forces israéliennes[41].

Les affrontements contribuent à la destruction d'une partie importante de l'environnement urbain et compliquent davantage la situation humanitaire dans le nord de l'enclave.

Bataille de Choujaïya

Les combats se déplacent vers le quartier de Choujaïya (Shuja'iyya, en arabe : الشجاعية), à l'est de Gaza—ville, où les forces israéliennes rencontrent une résistance particulièrement soutenue.

Bastion armé de la ville, le secteur est caractérisé par une forte densité urbaine et la présence de réseaux souterrains utilisés par les groupes armés palestiniens[42].

Les unités israéliennes y mènent des opérations combinant frappes aériennes, appui blindé et progression de l'infanterie afin d'identifier et de détruire les positions défensives ennemies. Les combattants du Hamas et d'autres organisations armées recourent pour leur part à des embuscades, des tirs antichars et des attaques menées depuis des infrastructures souterraines[42].

Les affrontements provoquent des destructions dans le quartier et illustrent les difficultés rencontrées par les belligérants dans un environnement urbain dense. Malgré les avancées revendiquées par Israël, les groupes armés palestiniens continuent d'opérer dans le secteur durant plusieurs semaines[43].

Prise des infrastructures administratives

Parallèlement aux combats menés dans les différents quartiers de Gaza—ville, les forces israéliennes ciblent plusieurs infrastructures administratives et gouvernementales associées à l'administration du Hamas. Au cours du mois de , Tsahal prend le contrôle de bâtiments officiels, de postes de police, de structures judiciaires et du Conseil législatif palestinien situé dans la ville. Israël présente ces opérations comme participant à son objectif de démantèlement des capacités militaires et de gouvernance du Hamas dans la bande de Gaza.

Au-delà de l'intérêt opérationnel, plusieurs de ces sites possèdent une valeur symbolique en raison de leur rôle dans l'exercice du pouvoir du mouvement islamiste sur l'enclave depuis . Les autorités israéliennes diffusent notamment des images de soldats opérant à l'intérieur de bâtiments gouvernementaux afin d'illustrer la progression de leurs forces dans la ville. Malgré ces avancées, les structures politiques et administratives du Hamas ne disparaissent pas et continuent d'exercer une influence dans plusieurs secteurs de la bande de Gaza durant le conflit.

Le , selon deux Think tank, le bataillon Sabra-Tal al-Islam (Tal al-Hawa) des brigades al-Qassam demeure toujours sur le front malgré les lourdes pertes. Les brigades al-Qassam poursuivent leurs attaques contre l'avancée de l'adversaire et résistent aux opérations de nettoyage derrière la ligne de front israélienne. Les attaques signalées par le Hamas comprennent une embuscade contre un convoi israélien de huit véhicules à Sabra et Tal al-Hawa et des explosions d'engins piégés antipersonnel dans le quartier de Zaytoun, au sud de la ville de Gaza[44].

Tsahal signale le une opération dans le quartier de Bakshi, au sud de la ville de Gaza, contre le bataillon Nuseirat de la brigade Centrale du Hamas. Israël commence à étendre son offensive vers le centre de Gaza, utilisée par le Hamas et ses alliés pour mener des attaques contre les forces de Tsahal dans la ville[45].
L'armée israélienne annonce le « contrôle opérationnel » du quartier de Shuja'iyya et la destruction du bataillon Shuja'iyya du Hamas, affirmant que l'unité n'a menée aucune attaque la semaine dernière. Cependant, d'autres milices palestiniennes continuent le combat autour de Shuja'iyya et dans les quartiers environnants, les brigades des martyrs d'Al-Aqsa et les brigades Al-Qods signalant la poursuite des combats avec ceux-ci[45].

Au , la poursuite des combats est signalée dans le quartier chic d'Al-Rimal alors que Tsahal annonce avoir localisé et détruit un vaste complexe souterrain utilisé par les dirigeants du Hamas. Les forces palestiniennes au sud de la ville de Gaza poursuivent leurs opérations pour repousser les avancées israéliennes dans le centre de la bande de Gaza depuis le sud de la ville de Gaza et les combats se poursuivent à Juhor ad-Dik où des lance-roquettes sont capturés par Tsahal[46].
Les forces israéliennes annoncent opérer dans Jabaliya, progressant bâtiment par bâtiment utilisés par les combattants palestiniens pour mener leurs embuscades à l'aide d'armes légères. Les brigades Al-Qods et les brigades al-Qassam revendiquent une embuscade combinée contre les forces israéliennes à l'intérieur d'une maison à l'est de Jabaliya tandis que les brigades d'Abou Ali Moustapha combattent au RPG contre Tsahal avançant dans le quartier Cheikh Radwan qui, selon l'ISW, conserve d'importantes capacités défensives de la milice palestinienne. Le bataillon Radwan est jugé efficace au combat malgré la pression intense de Tsahal[46].

Le 13e bataillon de la brigade Golani est retiré de la bande de Gaza pour une période de repos de 48 heures après 21 jours de combats intenses à Shuja'iyya au cours desquels l'unité signale avoir réussi à nettoyer le quartier en dénombrant 44 tués au combat depuis le . Selon les médias iraniens, ce retrait signifie une défaite israélienne[46]. La veille de Noël, les forces palestiniennes poursuivent leurs attaques dans les quartiers de Jabaliya et de Cheikh Radwan, dans la ville de Gaza, à l'aide de munitions antipersonnel, de RPG et de roquettes thermobariques. Le quartier de Cheikh Radwan reste l'un des derniers quartiers de la ville où les milices palestiniennes revendiquent continuellement des attaques quasi-quotidiennes contre les forces israéliennes.
Les forces d'opérations spéciales israéliennes ont localisé un quartier général du Hamas au sud de la ville de Gaza, composé d'un réseau de tunnels à plusieurs niveaux relié aux infrastructures d'eau et d'électricité qui permettait aux combattants de se déplacer entre différents secteurs de la ville[47].

Le , l'armée israélienne affirme avoir sécurisé deux écoles et saisi des engins piégés dans des sacs de l'UNRWA. les brigades Al-Qassam et Al-Qods résistent à Daraj al-Tuffah par des tirs combinés de tireurs d'élite et de RPG contre l'infanterie débarquée de Tsahal[48]. La 36e division israélienne ayant combattu dans les quartiers de Zeïtoun, Shuja'iyya, Rimal et Xhati (à Gaza) est éloignée de la ville puis déployée vers le centre de la bande contre le bataillon al-Bureïj du Hamas, comptant environ 1 000 combattants[49].

Tentative de nettoyage des poches de résistance (janvier 2024)

Des soldats de la brigade du Nahal (relevant de la 162e division israélienne), en collaboration avec les forces d'opérations spéciales israéliennes, découvrent le une importante usine d'armes lors de raids dans les quartiers d'Al-Daraj et de Tuffah. Un réseau de tunnel mène à une importante galerie de 100 mètres de long contenant un site de production de missiles où des composants d'armes de précision sont retrouvés, des images du site partagées par Tsahal montrant la conception d'un moteur de missile de croisière et d'une ogive, indiquant la possible implication iranienne dans le conflit[50].

Au , le Hamas nie avoir perdu son réseau de commandement et de contrôle dans la bande de Gaza et publie des vidéos des opérations des brigades al-Qassem dans le nord de Gaza, y compris dans le quartier Cheikh Radwan, mais les vidéos sont datées de fin . Selon l'ISW, le réseau de commandement et de contrôle du Hamas a été démantelé, mais ses forces présentes dans la ville de Gaza ne sont pas encore vaincues, en particulier dans le sud de la ville, où le bataillon Zaïtoun dispose d'un refuge arrière dans le gouvernorat central. D'après l'hypothèse de l'ISW, les forces du Hamas restantes dans le nord de la bande de Gaza modifient leur stratégie pour fixer les forces israéliennes dans la zone afin de les empêcher de se déplacer vers le sud[51].
Les forces israéliennes se sont « repositionnées » dans la ville de Gaza après s'être retirées de plusieurs quartiers de la ville au cours des deux dernières semaines[51]. Les combattants restants du Hamas sont désormais passés en « mode guérilla » après la mort de la plupart des commandants de bataillon du mouvement armé palestinien, annonce l'armée israélienne[52].

Le , alors que des forces israéliennes sont redéployées dans l’axe nord de Gaza, les brigades Al-Qassam affirment avoir tendu une embuscade à un Namer israélien, tuant plusieurs soldats. L'attaque est ensuite diffusé en ligne par le groupe paramilitaire[53]. Le lendemain, Tsahal déclare que le Hamas a commencé à reformer des unités dans les parties occupées du nord de Gaza[54].

L'armée israélienne annonce le une opération de nettoyage en déployant une unité de la taille d'une division pour faire face aux infiltrations du Hamas dans le nord de Gaza, faisant 120 morts parmi les militants palestiniens. Elle fait également état de la découverte d'un prétendu « centre de données » du Hamas sous le siège de l'UNRWA en plus des armes à l'intérieur du quartier général[55]. Selon le commissaire général de l'UNRWA Philippe Lazzarini, celui-ci n'avait aucune connaissance de l'existence du tunnel, pointant le manque d'expertise et son incapacité à inspecter les dessous des locaux[56].

Retour progressif des combattants et insurrection dans le nord de Gaza (février – avril 2024)

Situation militaire signalée en février 2024 dans le nord de la bande de Gaza, dont Gaza-ville.

Une insurrection éclate dans le nord de la bande de Gaza, centrée autour de la ville de Gaza assiégée après l'annonce d'Israël sur la liquidation de 12 bataillons des brigades al-Qassam le [57],[58]. Plusieurs groupes paramilitaires, dirigés par les brigades du Hamas, commencent à réapparaître dans des territoires auparavant dégagés, démontrant l'échec d'Israël à sécuriser complètement le nord après 4 mois d'intenses bombardements et 3 mois d'invasion terrestre.

Offensive contre les forces d'occupation

Les brigades palestiniennes se sont réorganisées, puis ont consolidé les zones auparavant nettoyées par forces israéliennes tout en ayant réhabilité les services civils tels que les forces de police[59].

Les brigades Al-Qassam étendent leur offensive sur Tel al-Hawa début février, ciblant deux autres chars et une excavatrice, et documentant la traque d'un soldat d'occupation israélien avec un fusil sniper[60]. Elles étendent ensuite leurs opérations à l'ouest de la ville de Gaza dans l'axe d'al-Taqaddum et documentent la traque d'un autre soldat israélien[61].

Opérations israéliennes à Zeitoun

Fin février, les forces israéliennes ciblent le district de Zeitoun (en), dans le sud-ouest de la ville de Gaza, avec deux brigades, annonçant attaquer les paramilitaires au corps à corps et avec des frappes de missiles.

L'armée israélienne reconnait la forte résistance des paramilitaires à Zeitoun, admettant des victimes lors de trois engagements différents contre l'adversaire le . Les combats sont principalement menés par les brigades al-Qassam et al-Qods, avec un soutien mineur de petits groupes paramilitaires[62].

Reprise des attaques contre Gaza-ville (mai 2024 – décembre 2024)

L'intensité des attaques reprend dans la ville de Gaza à la mi-mai. De violents affrontements entre les forces israéliennes et le Hamas sont signalés à Gaza-ville, Jabaliya et Nousseirat, tandis que les combats se poursuivent dans et autour de Rafah, les forces terrestres israéliennes avançant dans les quartiers d'Al-Jneina et d'Al-Brasil[63],[64]. Les forces israéliennes ciblent avec un drone un groupe de personnes dans les rues Al-Jalaa et Al-Oyoun, dans le centre de la ville de Gaza, provoquant au moins trois morts et des blessés[65]. Un point d'accès Internet est également ciblé le , tuant au moins quatre personnes et en blessant grièvement d'autres[66]. Deux jours plus tard, un avion israélien bombarde l'école Al-Jaouni, qui abritaient des personnes déplacées dans le camp de réfugiés de Nousseirat, tuant quatre personnes[67].

Les 18 et , plusieurs bombardements aériens tuent au moins 21 civils (dont des femmes et des enfants) dans plusieurs quartiers de Gaza[68],[69]. Le , les brigades al-Qassam affirment avoir tué un nombre indéterminé de soldats israéliens dans le quartier de Tel al-Zaatar, au nord de la ville de Gaza[70]. Un soldat israélien du bataillon 222 est blessé dans le nord de Gaza le [71]. Les forces israéliennes attaquent le quartier d'Az-Zawayda, tuant au moins 10 personnes, dont des femmes et des enfants[71]. Une attaque israélienne touche une maison appartenant à la famille Abou Zaida dans la région de Bir an-Naaja, au nord de Gaza, tuant au moins six personnes[71]. Le , de nouvelles frappes aériennes israéliennes auraient tué dix personnes dans la ville de Gaza[72].

Le , l'armée de l'air israélienne cible une maison dans le quartier d'al-Fakhoura, près du camp de réfugiés de Jabaliya, tuant au moins cinq personnes. Une autre maison est bombardée dans le quartier de Sheikh Radwan, au nord de la ville de Gaza, tuant deux personnes[73]. Au moins 10 personnes sont tuées dans le quartier de Shabiyah, dans la ville de Gaza[73]. Le , l'armée de l'air israélienne bombarde une maison appartenant à la famille al-Batran dans la région de Zarqa, au nord de la ville de Gaza, tuant cinq personnes, dont une mère enceinte et son enfant[74].

Le , au moins 28 Palestiniens sont tués après un bombardement israélien contre trois maisons dans la ville de Gaza[75].

Le , les équipes de secours de la ville de Gaza découvrent soixante corps de palestiniens dans les districts de Tel Al-Hawa et de Sabra après une semaine d'attaques contre la ville par les forces israéliennes[76].

Le , trois soldats réservistes israéliens sont tués, dans le centre de la bande de Gaza, deux dans l'explosion d'une bombe, et le troisième dans des combats[77].

Cessez-le-feu et fin du siège (janvier 2025)

Un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas entre en vigueur le . Le même jour, l'armée israélienne se retire de la totalité du nord de Gaza[78]. Les premiers transferts d'otages israéliens détenus par le Hamas à la Croix-Rouge se déroulent dans la ville de Gaza au milieu d'une importante foule de Palestiniens en liesse[79]. Des membres du Hamas sont déployés dans toute la ville pour l'occasion[80],[81],[79] (notamment pour y contrôler la foule[79]), probablement dans une démonstration de force pour démontrer qu'Israël n'a pas atteint son objectif d'« éliminer » le groupe terroriste[81].

Crimes contre les civils

Selon Oxfam à la fin de 2023, environ 500 000 Palestiniens, ainsi que 200 Israéliens, sont pris au piège dans un « siège à l'intérieur d'un siège » au nord de la bande de Gaza[82]. Fin , il ne resterait que 300 000 Palestiniens survivants encore dans la ville en ruines[83].

Établissements médicaux

En temps de guerre, les installations médicales sont considérées comme des lieux protégés et leur utilisation à des fins militaires constitue un crime de guerre. Cependant, il est démontré que le Hamas utilise des hôpitaux et d’autres installations médicales telles que des ambulances, et exploite notamment un important centre de commandement et de contrôle situé sous l’hôpital Al-Shifa de Gaza-ville. Ghassan Abu-Sittah, médecin résident à al-Shifa, qualifie cette affirmation d'« excuse farfelue » pour le bombarder[84]. En réponse aux allégations de Tsahal, le médecin norvégien Mads Gilbert déclare qu’Israël dispose d'un historique bien documenté d’attaques contre des établissements de santé civils sans jamais fournir de preuves réelles qu’ils sont utilisés à des fins militaires[85],[86]. Selon Amer Abu Awash, membre de la force d'élite Nukhba du Hamas et interrogé menotté par les FDI, une grande partie des infrastructures souterraines du Hamas se trouve sous les hôpitaux, placées là pour qu'Israël « ne les frappe pas »[87],[88].

Bombardements intensifs de la ville

Dommages causés par une frappe aérienne israélienne sur le quartier de Rimal dans la ville de Gaza, .

Le , Israël bombarde l'une des dernières boulangeries de la ville de Gaza[89] et d'autres ont notamment détruit les bateaux de pêche et le port de Gaza[90],[91].

Le , des dizaines de personnes sont tuées après une frappe aérienne contre l'école al-Falah, dans le quartier de Zaytoun[92],[93].

Dans le nord de la bande de Gaza, y compris Gaza-ville, le nombre de bâtiments endommagés ou détruits atteint 80 %[94],[95]. De Zaytoun, l'un des quartiers les plus densément peuplés de Gaza avant la guerre, il ne reste que des ruines[96]. En , un habitant décrit la situation actuelle : « Des destructions à grande échelle, au-delà de toute description. Nos maisons ont été détruites. Il ne reste plus rien de nos biens »[97].

Famine

Vidéo aérienne diffusée par Tsahal lors de la fusillade du convoi humanitaire d'Al-Rashid le 29 février 2024.

La ville de Gaza étant isolée du reste de la bande de Gaza, celle-ci est frappée par une grave famine. Cette situation est aggravée par les bombardements israéliens, ayant entraîné la détérioration des infrastructures et des services de base[98]. Les frappes aériennes ont détruit les infrastructures alimentaires, telles que les boulangeries et les minoteries, provoquant une pénurie généralisée de produits de première nécessité en raison du blocus prolongé de Gaza[99]. Cette situation provoque la famine pour plus d'un demi-million de Gazaouis et s'inscrit dans une crise humanitaire plus vaste. Dans le nord de la bande de Gaza, un tiers des enfants de moins de deux ans souffrent de malnutrition aiguë[100].

En février, en raison de la diminution des réserves alimentaires, les éleveurs palestiniens ont dû abattre des chevaux pour nourrir la population locale[101].

Le , lors d'une une émeute de la faim, plus de 118 palestiniens meurent et plus de 760 sont blessés autour d'un convoi humanitaire dans la rue Al-Rashid dans la ville de Gaza[102],[103]. Cet incident a lieu alors que de nombreux gazaouites pillent le convoi humanitaire, dans une situation de disette voire de famine[103] organisée par les forces israéliennes[104]. L'armée israélienne reconnait des « tirs limités » par des soldats israéliens se sentant « menacés »[105], mais une équipe de l'ONU ayant visité le lendemain du drame l'hôpital Al-Shifa de Gaza, qui a accueilli un grand nombre de blessés, déclare avoir vu « un grand nombre de blessures par balles »[106]. D'autres ont été victimes du mouvement de foule, certains auraient péri écrasés par les camions d'aide humanitaire[83].

Réactions

  • Drapeau des Nations unies Nations unies : le Haut-commissaire de l'ONU exprime sa préoccupation quant au fait que les « attaques disproportionnées d'Israël... pourraient constituer des crimes de guerre »[107].
  • Drapeau des États-Unis États-Unis : le président américain Joe Biden déclare lors d'un discours : « Je pense que nous avons besoin d'une pause »[107].
  • Drapeau de l'Algérie Algérie : [non-confirmé] le Parlement algérien vote à l'unanimité pour autoriser le président Abdelmadjid Tebboune à entrer militairement en guerre aux côtés de la Palestine mais plusieurs sources affirment que cette information est fausse car l’armée de l’air et la marine algérienne n’ont pas la capacité de rentrer en guerre contre Tsahal qui dispose d’une armée de l’air plus moderne, sophistiquée et surtout soutenu par les États-Unis qui disposent de plusieurs navires en Méditerranée orientale. L'Algérie est le deuxième pays arabe cherchant à entrer en guerre contre Israël, après la déclaration de guerre du Yémen à Israël deux jours auparavant[108],[109].
  • Drapeau des Émirats arabes unis Émirats arabes unis : les Émirats arabes unis avertissent qu’il existe un risque de débordement régional de la guerre à Gaza, tout en travaillant « sans relâche » pour obtenir un cessez-le-feu humanitaire[110].
  • Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite : l'Arabie saoudite annonce une campagne gouvernementale visant à collecter de l'aide humanitaire pour Gaza, qui permet de récolter plus de 60 000 dons d'une valeur de 17 millions de dollars au cours des premières heures. Le roi Salmane fait un don de 8 millions de dollars, tandis que le prince héritier Mohammed ben Salmane fait un don d'environ 5,3 millions de dollars. Les responsables saoudiens publient des déclarations condamnant le bombardement israélien de Gaza, appelant de toute urgence à un cessez-le-feu et à la création d'un État palestinien[111].
  • Drapeau d'Oman Oman : le ministère des Affaires étrangères d'Oman exige la création d'un tribunal international pour enquêter sur les crimes de guerre commis par Israël à Gaza. Le ministère appelle également à « la poursuite des criminels de guerre dans tous les massacres commis » et condamne les attaques contre deux écoles abritant des civils, l'entrée d'un hôpital et un réservoir d'eau public au cours des dernières 24 heures[112].
  • Drapeau de la Turquie Turquie : le président turc Recep Tayyip Erdogan annonce rompre tout contact avec Benjamin Netanyahu en raison des actions d'Israël à Gaza. Erdogan déclare : « Netanyahu n'est plus quelqu'un à qui nous pouvons parler. Nous l'avons écarté »[112].
  • Drapeau du Honduras Honduras : le président hondurien Xiomara Castro rappelle son ambassadeur en raison de « la grave situation humanitaire dont souffre la population civile palestinienne dans la bande de Gaza ». Le ministère israélien des Affaires étrangères critique cette décision et déclare que celui-ci ignore le droit d’Israël à se défendre contre le Hamas[112].
  • Drapeau du Qatar Qatar : le ministère qatari des Affaires étrangères condamne fermement le bombardement israélien de l'école et de l'hôpital Al-Fakhoora à Gaza[113].
  • Drapeau d'Afrique du Sud Afrique du Sud : Le président sud-africain Cyril Ramaphosa, accuse Israël de « crimes de guerre » et « génocide » à Gaza. Et demande un cessez-le-feu, le déploiement d’une force rapide de l’ONU pour « surveiller la cessation des hostilités » et « protéger les civils »[114].

Notes, références et traduction

Voir aussi

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