Sihem Souid

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Sihem Souid
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Sihem Souid, née le 15 février 1981 à Monastir (Tunisie), est une auteure, chroniqueuse, communicante et lobbyiste française[1], ancienne fonctionnaire de police.

Elle est l'auteure de plusieurs livres, dont Omerta dans la police, paru en 2010, qui lui vaut une certaine notoriété. Militante au Parti socialiste au début des années 2010, elle n'a plus d'engagement après son échec aux élections départementales de 2015.

Fonctionnaire de police

Fonctionnaire de police, Sihem Souid est affectée à la Police aux frontières (PAF) à Orly en tant qu’adjointe de sécurité (ADS), puis à la Préfecture de police (PP) à Paris comme adjoint administratif première classe.

Elle est l’auteur du livre Omerta dans la police, paru en 2010, dans lequel elle décrit des délits et des manquements importants à l’éthique et la déontologie professionnelle qu'elle annonce se produire au sein de la police nationale : sexisme, racisme, homophobie, atteinte à la dignité humaine, harcèlement, abus de pouvoir, déni de droit, politique du chiffre. Ce livre lui vaudra suspension administrative, et plainte pour diffamation. Son livre s’est vendu à 35 000 exemplaires en , soit moins de trois mois après sa sortie[2].

Suspendue dix-huit mois dont six avec sursis[3], ou plutôt dont six fermes comme il est précisé dans le documentaire une flic insoumise de Stéphane Krausz et Jean-Marie Montali, par ailleurs « nègre » de son premier ouvrage[4], en 2012, par l’Administration pour non-respect du devoir de réserve le . La Licra estimera dans un communiqué de presse que la sanction est « d’une sévérité inhabituelle », « semble aussi surprenante qu’injuste » et « s’interroge sur la décision du Ministre de l’Intérieur »[5]. Elle est soutenue par Arnaud Montebourg qui publie une tribune dans la rubrique Dialogues du journal Le Monde du , intitulée Pour l'honneur de Sihem Souid[6].

Son action lui vaut d'être « femme de la semaine » à plusieurs reprises dans le magazine féminin Elle[7],[8],[9],[10].

En 2011 elle reçoit de l'association anti-corruption Anticor le Prix Éthique mention spéciale Lanceur d'alerte fonctionnaire, prix remis par le collectif pour soutenir, saluer la « rigueur » et l'« immense courage » de ses récipiendaires[11].

En , elle est condamnée à 1 000 euros d’amende avec sursis pour diffamation envers un ancien directeur de la PAF d’Orly[12]. Le Tribunal a cependant considéré « qu’il n’était «pas établi» que Sihem Souid faisait preuve d'«animosité personnelle» » à l’endroit de son collègue et a reconnu qu'elle « avait pu justifier, à l’appui de ses assertions, "d'un certain nombre d’éléments factuels" »[12].

Politique

Elle a été membre du Parti socialiste, fut responsable de la communication de La Gauche Forte, porte parole d’Arnaud Montebourg[13] pendant la primaire socialiste de 2011[14], puis a participé à la campagne présidentielle de 2012 aux côtés de François Hollande[15].

En , elle est détachée au ministère de la Justice à la demande de Christiane Taubira, où elle est chargée de mission au service de l'accès au droit et de l'aide aux victimes[16],[17].

Elle est candidate aux élections départementales de mars 2015 dans le canton de Gennevilliers, mais est éliminée au premier tour, obtenant 13,17 % des voix.

Communication et lobbying

Guidée et formée par Franz-Olivier Giesbert[18], elle devient chroniqueuse au magazine Le Point[19] à partir de 2011 et intervenante régulière sur les radios.

Elle demande sa mise en disponibilité de la fonction publique fin 2015[20] pour créer sa société de communication et de relations publiques Edile Consulting (ELN Group)[21]. Elle est notamment connue pour avoir travaillé pour le Qatar[1]. Elle contribue notamment à la décision du magazine Le Point de consacrer à l'émir du Qatar sa couverture et seize pages d'entretien en septembre 2022, juste avant la Coupe du monde de football organisée par ce pays[22].

Elle compte aussi parmi ses clients l'Arabie Saoudite, qui fait appel à elle pour gérer son image en France, rejoignant ainsi le Qatar parmi les clients de la communicante[23]. Sihem Souid publie à compte d'auteur aux Éditions L'Harmattan un livre intitulé L'Arabie Saoudite, ce pays méconnu, à la gloire de ce pays, et fait l'apologie dans la presse du Forum pour le dialogue des civilisations créé par ce pays[20].

En avril 2017, elle signe un contrat avec l'Azerbaïdjan[24], puis le Qatar lui renouvelle sa confiance pour gérer la crise du golfe qui l'oppose à l'Arabie saoudite[25].

En 2018, son périmètre est élargi par le Qatar qui lui confie en plus de la France, la Belgique et le Parlement européen[26]. Cette fois-ci, ce n'est plus avec l'ambassade, mais directement avec le Government Communications Office (GCO) que le contrat est établi[26].

Devenue indispensable dans la communication officielle et officieuse du Qatar, selon L'Équipe, elle fait l'objet d'actes de déstabilisation, dans l'objectif de l'affaiblir auprès de son principal client[27].

Le 30 mars 2023, à la suite de l'enquête journalistique Abou Dhabi Secrets, qui a indiqué qu'elle avait été espionnée pour le compte des Émirats arabes unis, Sihem Souid a déposé une plainte contre l'entreprise suisse Alp Services et son fondateur Mario Brero[28],[29],[30].

L'enquête portant sur des soupçons d'abus de biens sociaux révèle que les fonds crédités sur les comptes de sa société correspondent environ à 2,8 millions d’euros entre 2019 et 2023 et proviendraient du Qatar, d’Azerbaïdjan et d’Ouzbékistan[31].

Soupçons d'abus de biens sociaux et recel (2025-)

En décembre 2025, Sihem Souid fait l’objet d’une enquête préliminaire ouverte par le parquet d’Évry pour des soupçons d’abus de biens sociaux et de recel, à la suite d’un signalement de Tracfin, la cellule de renseignement financier du ministère de l’Économie et des Finances.

Dans ce cadre, une perquisition est menée le 10 décembre 2025 par la brigade financière d’Évry à son domicile ainsi qu’à celui de sa fille, accompagnée de gardes à vue et de saisies portant sur des biens immobiliers, des comptes bancaires et des objets de valeur. L’enquête porte sur des flux financiers intervenus entre 2019 et 2025 au sein de sa société ELN Group, notamment des dépenses personnelles et des virements vers une société dirigée par son époux, susceptibles de constituer des infractions pénales selon les enquêteurs[32].

Selon l’enquête menée par la police judiciaire de l’Essonne, près de 900 000 euros auraient été détournés entre 2019 et 2025 depuis les comptes d’ELN Group. L’utilisation supposée à des fins personnelles et la perte de recettes fiscale associée fondent les poursuites[31].

Œuvres

Références

Liens externes

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