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Simon-François de La Marche

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Simon François de La Marche (ou Delamarche, et « citoyen Lamarche »[1]), né en 1754 à Paris où il a été guillotiné le , est un haut fonctionnaire français.

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Simon-François de La Marche
Le Supplice de Manon Roland (détail, 1874) vu par Laslett John Pott : La Marche est représenté à ses côtés dans la charrette.
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Biographie

Origines et débuts professionnels

D'origine bourgeoise parisienne, liée à une famille ayant accumulée des charges de commissaire-priseur et de notaire[2], Simon-François de La Marche est un ancien commis de la Ferme générale : il est en effet à ce titre affecté à la 8e division des Contributions directes réorganisées à partir de par Louis-Hardouin Tarbé[3]. Cependant, lors de sa mise en cause en janvier- (cf. ci-dessous), il a affirmé être d'origine modeste, fils d'un père artisan et avoir été dans sa jeunesse, marin.

Caricature de Jean-Baptiste Lesueur montrant un paysan monté à Paris pour changer ses assignats au bureau central (gouache, musée Carnavalet.

Avant la dissolution de la Ferme (effective en ), membre de la Municipalité de Paris, il avait été nommé le en remplacement de Jean-Louis Brousse-Desfaucherets, directeur du Bureau de l'échange des assignats[4], un lieu de change ouvert aux détenteurs de titres émis par la Caisse d'escompte. Il tient ce poste d'abord au « Palais Cardinal », puis vieille rue du Temple, jusqu'au . Il est ensuite reconduit par Bertrand Dufresne à ce même poste et bientôt, on appela ce lieu « Bureau de M. Delamarche ». Il tient son rôle jusqu'au  : par un décret du , le même bureau fut chargé désormais de faire l’échange des petits assignats contre de la monnaie. Le décret précise que « les chefs d'ateliers de manufactures pourront se présenter au bureau de M. de la Marche, vieille rue du Temple, munis de leur patente et d'un certificat de leur section, pour y recevoir un mandat, lequel pourra être d'une somme au-dessus de cinq livres, mais jamais au-dessus de cent livres ». Cette caisse fut assiégée, dès son établissement, par une foule se précipitant pour changer des assignats dont elle ne pouvait rien faire ou qu’elle était contrainte de céder à perte. Mais le bureau était obligé de mettre une certaine lenteur dans ses opérations, ne pouvant disposer de plus de 200 000 livres par semaine, livrées en espèces par la Monnaie de Paris[5].

Directeur général des assignats et arrestation

Il est ensuite nommé directeur général de la fabrication des mêmes assignats par Clavière, ministre des Contributions du au [6].

Au cours de la séance à la Convention nationale du jeudi [7], c'est d'abord l'examen du rapport de Henri Auguste et Desrotours commandé par le Comité des finances à propos de la refonte générale des monnaies sous les signes de la République[8]. En fin de séance, et après avoir débattu sur les conclusions de ce rapport, la direction générale de la fabrication des assignats semble visée. En sa séance du , coup de théâtre, Augustin Frécine propose un décret de nationalisation de la fabrication des assignats et accuse Lamarche et Clavière d'incompétence dans leur organisation face à la demande croissante de billets[9].

En sa séance du suivant, la Convention examine la réponse de Lamarche à son principal détracteur, qui est en fait Robert Jean-Jacques Arthur[10], lequel avait commencé à accumuler des griefs contre lui depuis [11]. Ces accusations sont avant tout d'ordre politique : Arthur accuse Lamarche d'avoir eu un comportement suspect durant les massacres de septembre 1792. Elles sont le prétexte ensuite à un débordements de reproches concernant la gestion de Lamarche, que celui-ci démontre n'être que des calomnies. Le silence relatif de Clavière durant cette audition n’est peut-être pas très surprenant lorsqu’on sait que, lui-même est sur le point d'être soupçonné d’être un agent de l’étranger, et d'avoir notamment détourné près de quatre millions qui auraient servi à financer des missions occultes à l’étranger et à alimenter les caisses des Émigrés. La défense de Lamarche prend donc la forme d'un long plaidoyer qui en définitive va porter ses fruits : des commissaires sont nommés pour vérifier ses comptes, après son arrestation comme prévaricateur. Peu de temps après les journées du 31 mai et du 2 juin 1793 et de la chute de Clavière, on l’emprisonna. Il fut libéré le suivant[12].

Nouvelle arrestation et mort

Début , en réactivant l’accusation de complot amorcée par Arthur, pour s’être rendu aux Tuileries, auprès du roi, lors de la journée du 10 août 1792[13], Lamarche est de nouveau arrêté. Le motif d'inculpation précise : « complot tendant à provoquer la guerre civile, en armant les citoyens les uns contre les autres, et dont les suites ont couté la vie à un nombre de citoyens dans la journée du 10 août 1792 ». C'est en ces termes qu'il est traduit devant le Tribunal révolutionnaire en sa séance du 18 brumaire an II. Il est condamné à la peine capitale avec effet immédiat[14]. Au petit matin, il monta à l’échafaud avec Manon Roland, place de la Révolution. Très accablé, celle-ci tâcha de lui rendre un peu de courage et parut y parvenir[15]. Il aurait dû être exécuté après Manon Roland, mais c’est le contraire qui eut lieu[15].

Clavière jusque-là placé en résidence surveillée, reçoit une assignation à comparaître devant le Tribunal révolutionnaire le , et choisit de se suicider.

Notes et références

Voir aussi

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