Sitt al-Mulk
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Titre
Régente de l'Empire fatimide
–
| Titulature | Princesse fatimide |
|---|---|
| Dynastie | Fatimides |
| Naissance |
al-Mansuriyya |
| Décès |
(à 52 ans) al-Qâhira |
| Père | al-‘Azîz |
Sitt al-Mulk (née en à al-Mansuriyya et morte le à al-Qâhira) est une princesse fatimide, fille du cinquième calife fatimide al-‘Azîz, demi-sœur du sixième calife fatimide al-Hâkim, et tante du septième calife fatimide al-Zâhir. À la disparition d’al-Hâkim en 1021, elle assura la continuité de la dynastie fatimide en plaçant al-Zâhir, jeune fils d’al-Hâkim, sur le trône et en devenant régente. Elle redressa l’empire fatimide et mit fin à la politique désastreuse de son demi-frère, avant de mourir en 1023. Après sa mort, l’administration tiendra sous tutelle le jeune calife.
La fille privilégiée et influente du calife al-Azîz
Sitt al-Mulk (ou Sayyidat al-Mulk) est née en à al-Mansuriyya (près de Kairouan). Son père est le prince Nizâr (futur calife al-Azîz) et sa mère, une esclave (une umm al-walad) appelée al-sayyida al-Azîziyya dans les sources[1]. Elle arriva en Égypte en 973 à l’âge de trois ans et demi, lorsque le califat fatimide partit d’Ifriqiya pour s’installer à al-Qâhira (nouvelle capitale fondée au nord de Fustât) sous le règne d‘al-Mu’îzz[2]. Son père devint calife en 975. Les sources attestent que le calife al-Azîz aimait énormément sa fille unique : il lui fit ainsi construire un palais et la dota d’une garde rapprochée[3]. De plus, Sitt al-Mulk exerçait une certaine influence politique sur son père (elle participa à mettre fin à la disgrâce du vizir Ibn Nastûrus en 989 par exemple)[3]. Sitt al-Mulk avait presque quinze ans, lorsque son demi-frère al-Mansûr (le futur calife al-Hâkim) naquit en 985, d’une mère chrétienne. Lorsque la mère de Sitt al-Mulk mourut en 995, celle-ci fut très affectée, pleura sur son tombeau durant un mois selon Maqrîzî, et le calife récita lui-même la prière des morts[2].
Une princesse fatimide particulièrement influente
Sitt al-Mulk ne va jamais se marier, comme toutes les autres princesses, filles des imams-califes fatimides. Selon l’historien Heinz Halm, cela découlerait d’une politique visant à ne pas faire naître plusieurs prétendants au trône[4]. Les princesses avaient un rôle social précis dans la politique fatimide. Les femmes de la famille royale fatimide étaient éloignées de la politique, et grâce aux multiples présents et apanages qu’ils leur étaient offerts, elles avaient une fortune considérable. À leur mort, en l’absence de descendance, cette fortune revenait à l’État, et durant toute leur vie les femmes fatimides mirent en place des fondations charitables et construisirent des bâtiments publics religieux et non-religieux[5] : elles menèrent une politique d’évergétisme. Ainsi, Sitt al-Mulk finança la construction de puits, citernes, bains, etc.[1]
Particulièrement favorisée par son père, la fille d’al-Azîz dépassa son rôle de princesse fatimide et entra dans le cercle politique du palais, jusqu’à avoir une influence sur les décisions de son père. La famille propre de la princesse avait de plus une place importante à la cour fatimide, ce qui confortait sa place politique. Ainsi l’oncle de Sitt al-Mulk fut-il nommé patriarche de Jérusalem par le calife vers 985[6].
La tentative avortée de prise de pouvoir en 996
Le calife al-Azîz mourut subitement le à Bilbays, alors que la princesse avait vingt-six ans[7]. Accompagnée de courtisans (dont le cadi et le Porte-Parasol, du nom de Raydân) et de la garde du palais, elle alla au plus vite à al-Qâhira pour occuper le palais du calife[7]. Les sources sont assez vagues sur cet événement, et selon l’auteur Ibn al-Qalânisî, elle voulait placer sur le trône son cousin fils de ‘Abd Allâh b. al-Mu’izz, dont elle serait tombée amoureuse[8]. Il n’y a aucune certitude sur ce récit, mais il est certain que la princesse a tenté de prendre le palais califal et d’intervenir dans les affaires de l’État. Dans tous les cas, cette tentative échoua et la princesse fut arrêtée par l’eunuque du palais Bardjawân[8]. Bardjawân fit alors proclamer calife le jeune prince al-Mansûr (al-Hâkim), demi-frère de Sitt al-Mulk, qui n’avait que onze ans[8]. Le jeune calife fut donc sous la tutelle des puissants de la cour fatimide, avant de réellement prendre le pouvoir en main autour de 1000[9].