Solution à deux États

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Affiche d'un mouvement pacifiste : les drapeaux israélien et palestinien et le mot « paix » écrit en arabe et en hébreu. De telles images sont diffusées par les partisans de la solution à deux États.

La solution à deux États est un projet de règlement du conflit israélo-palestinien proposant la création de deux États distincts dans la région géographique de Palestine, l'un palestinien et l'autre israélien. Elle s'oppose à la solution à un seul État, dit « État binational », dans lequel vivraient juifs et arabes.

Elle trouve son origine dans la résolution 181 des Nations unies adoptée le 29 novembre 1947 qui recommande un plan de partage de l'ancienne Palestine mandataire et de la création de deux États : l'État d'Israël (sur 56 % du territoire de la Palestine mandataire) et un État arabe (42 % du territoire), avec un statut spécial pour la ville de Jérusalem (2 % du territoire). Son rejet par la partie arabe, qui proposait un État binational, marque le début du conflit israélo-palestinien.

En 1974, la résolution 194 des Nations unies sur le « règlement pacifique de la question de la Palestine » appelle à « deux États, Israël et la Palestine... côte à côte à l'intérieur de frontières sûres et reconnues », ainsi qu'une « résolution juste de la question des réfugiés, conformément à l'ONU »[1],[2],[3]. La dernière résolution, en , est adoptée par 165 voix contre 6 avec 6 abstentions[4], Israël et les États-Unis ayant voté contre[5]. Selon cette résolution, les frontières de l'État de Palestine seraient « fondées sur les frontières d'avant 1967 », comprenant donc la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem-Est avec la vieille ville, principal point d'achoppement de cette solution. Durant le sommet arabe de Fès de 1982, le concept est adopté par des dirigeants palestiniens[6]. Cependant, le gouvernement israélien considère cette tentative des Palestiniens pour obtenir la reconnaissance de l'État de Palestine, unilatérale, comme incompatible avec un accord négocié à deux États.

La solution à deux États est régulièrement examinée par les principales parties au conflit dans le cadre du processus de paix israélo-palestinien, notamment lors de la conférence de Madrid (1991), des accords d'Oslo (1993), du Sommet de Camp David II (2000), du sommet de Taba (début 2001), de l'Initiative de paix arabe (2002), proposée au sommet de la Ligue arabe 2002, ou encore de la conférence d'Annapolis (2007).

Résolution 242 de l'ONU et reconnaissance des droits des Palestiniens

La première proposition de création de deux États, juif et arabe, remonte à 1937, lors de la Commission Peel, en Palestine mandataire[7]. Elle est rejetée par la communauté arabe de Palestine[8],[9], et acceptée par la plupart des dirigeants juifs[réf. nécessaire]. En 1947, le plan de partage de la Palestine propose aussi une solution à deux États, avec Jérusalem sous contrôle international. La solution à deux États a été fondée par la Résolution 181 des Nations unies, adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU le 29 novembre 1947, 33 pays votant pour, 13 contre et 10 s'abstenant. Le plan de partition est accepté par les dirigeants juifs[réf. nécessaire], mais rejeté par les dirigeants arabes et palestiniens, qui souhaitaient un État unique regroupant Arabes et Juifs[10]. La Guerre israélo-arabe de 1948-1949 met fin au mandat britannique, avec les accords d'armistice israélo-arabes de 1949. À l'issue de cette guerre a lieu l'exode (fuite ou expulsion) de 711 000 palestiniens, ce que les Palestiniens nomment Nakba[11]. Parallèlement, 700 000 juifs fuient les pays arabes[12].

Après la guerre des Six-Jours, le Conseil de sécurité des Nations unies fait passer, à l'unanimité, la résolution 242 qui demande le retrait des territoires occupés d'Israël. En échange, la « clôture de toute revendication ou état de belligérance » et la « reconnaissance de la souveraineté, de l'intégrité territoriale et de l'indépendance politique de chaque État de la région » seraient appliquées. L'Organisation de Libération de la Palestine (OLP, fondée en 1964), critique cette résolution. D'après elle, c'est une réduction du conflit au problème des réfugiés[13]:18. En , 56 États membres proposent que la « question de la Palestine » figure à l'ordre du jour de l'Assemblée générale. En , l'assemblée générale énonce les droits des Palestiniens, qui comportent « le droit à l'autodétermination sans interférence extérieure », « le droit à une indépendance et une souveraineté nationales », et « le droit de regagner leurs propriétés ». Depuis, ces droits sont affirmés chaque année[2].

Acceptation d'une solution à deux États par l'OLP

Dans les années 1970, l'homme politique palestinien Said Hammami (en) laisse entendre que l'OLP accepte la solution à deux États[14],[15] qui reçoit le soutien de l'Assemblée générale des Nations unies[16]. En , il est proposé au Conseil de sécurité de rétablir les frontières d'avant 1967. Les États-Unis y mettent leur véto : selon eux, la solution à deux États est pertinente mais doit être négociée par les parties[17].

Le , la Déclaration d'indépendance de la Palestine se réfère au plan de partage de la Palestine de 1947 et plus généralement aux « résolutions de l'ONU depuis 1947 ». Elle est interprétée comme une reconnaissance, indirecte, de l'État d'Israël et une acceptation de la solution à deux États. Le plan de partition est évoqué pour légitimer l'État palestinien. Ultérieurement, le soutien à Israël est clarifié[18],[19].

Mahmoud Abbas réaffirme en 2025 la nécessité d'« un État palestinien démilitarisé aux côtés d’Israël. » Selon lui, « la déclaration d’un État palestinien n’est pas dirigée contre Israël, mais constitue une voie vers la paix et la sécurité pour les deux peuples. L’espoir commence aujourd’hui, et nous devons désormais veiller à poursuivre la mise en œuvre de la paix. Tout Israélien qui croit en la paix est notre frère[20]. »

Point de vue israélien

Le rejet du plan de partage de la Palestine des Nations unies de 1947 par les dirigeants arabes a toujours été perçu comme un refus profondément enraciné de reconnaître la légitimité d’un État juif sur quelque partie de la Palestine que ce soit. Pour les dirigeants juifs, toute proposition de solution à deux États représentait une tentative sérieuse de parvenir à une solution juste et équilibrée, qui réconciliait les revendications historiques des Juifs sur cette terre avec un désir pragmatique de coexistence. Ce plan qui prévoyait la création d’un État juif et d’un État arabe, a été accepté par les dirigeants juifs comme un compromis raisonnable pour l’établissement d’une patrie. En revanche, son rejet par les dirigeants arabes et palestiniens a renforcé, pour de nombreux Israéliens, la perception d’un refus de reconnaître les aspirations nationales juives, accentuant ainsi l’idée que l’autodétermination juive en Israël était menacée sur le plan existentiel[21].

Après les guerres de 1948, 1967 et 1973, qui ont consolidé cette conviction, toute proposition israélienne d’échanger des terres contre la paix était considérée comme un sacrifice important pour un État stratégiquement vulnérable. Chaque refus a intensifié le scepticisme quant au fait que les dirigeants palestiniens privilégiaient l’opposition à la coexistence. En Israël, la reconnaissance de son droit à exister en tant qu’État juif était considérée comme la pierre angulaire de tout processus de paix. Le rejet répété de ce principe a suscité des doutes quant à la possibilité d’une véritable acceptation et d’une paix durable, même avec des compromis territoriaux. Cette crainte a alimenté la perception selon laquelle l’objectif ultime des dirigeants arabes pourrait être la dissolution définitive de l’État juif.

Un autre point critique le droit au retour des réfugiés palestiniens et leurs descendants, est considéré comme incompatible avec un État juif et menace l’équilibre démographique d’Israël. Ce droit au retour est perçu comme une atteinte existentielle à la souveraineté juive en Israël, alimentant ainsi de nouveaux doutes quant à l'engagement palestinien en faveur d’un Israël sûr et à majorité juive. Par conséquent le rejet en 1948 de deux États est interprété non seulement comme un revers diplomatiques, mais également comme une preuve d’une réticence fondamentale à reconnaître la légitimité d’Israël et sa volonté de paix. Cela alimente le scepticisme quant à la possibilité d’obtenir la paix par une reconnaissance authentique de l'existence sécurisée et indépendante d'Israël.

Les propositions successives en faveur d'une solution à deux États ont provoqué un débat considérable au sein d’Israël et, du point de vue israélien, ont entraîné des concessions douloureuses mais jugées nécessaires – telles que des propositions de division de Jérusalem ou de retrait de certains territoires – comportant toutes des risques importants dans la poursuite de la paix. Lorsque ces efforts ont été rejetés ou n’ont suscité aucune contre-offre, ils ont été interprétés comme la preuve d'une réticence des Palestiniens à s’engager dans de véritables négociations. De plus, les divisions internes palestiniennes, entre des groupes tels que le Fatah et le Hamas, ont posé d'importants obstacles à la paix ; chaque concession israélienne a été affaiblie par des groupes qui rejetaient fondamentalement le droit d'Israël à exister. Le rejet explicite d’Israël par le Hamas a accru les craintes qu’un accord de paix avec un groupe puisse être compromis par un autre. Pour de nombreux Israéliens, cela reflétait à la fois une opposition idéologique et une incapacité pratique à s’entendre sur les conditions d'une paix stable.

Après sa prise de pouvoir dans la bande de Gaza en 2007 le Hamas a cependant modéré sa position et cherché un compromis avec Israël. Il a indiqué à plusieurs reprises être prêt à assouplir son programme pour parvenir à un règlement négocié avec les Israéliens et leur a proposé une trêve durable à cet effet ; ses dirigeants ont reconnu implicitement l'existence d'Israël « en acceptant la solution à deux États », au moins temporairement, sur la base du retrait israélien dans les frontières du 4 juin 1967 (à la veille de la guerre des six jours)[10].

Efforts diplomatiques

  • Reconnaissance d'Israël seulement
  • Reconnaissance d'Israël et de l'État palestinien
  • Reconnaissance de la Palestine seulement
  • En 1975, l'Assemblée générale crée le Comité pour l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien. En 1976, le Comité présente deux séries de recommandations, l'une concernant le droit des Palestiniens au retour dans leurs foyers et leurs propriétés, et l'autre leurs droits à l'autodétermination, à l'indépendance nationale et à la souveraineté. Le Conseil de sécurité a discuté des recommandations mais ne parvient à aucune décision en raison du vote négatif des États-Unis[13]. Après le début de la Première Intifada (1987), un travail diplomatique est exercé pour tenter d'instaurer la solution à deux États : il commence avec la Conférence de Madrid de 1991. En 1993, les accords d'Oslo divisent officiellement la Palestine en trois territoires administratifs et encadrent légalement les frontières entre Israël et la Palestine. Le sommet de Camp David en 2000, et en , et les négociations à Taba en , ne débouchent sur aucune décision. Le déclenchement de la deuxième Intifada en 2000 montre la désillusion du public palestinien face aux accords d'Oslo et convainc de nombreux Israéliens que les négociations sont vaines. Loin d'aboutir à la paix, les accords d'Oslo ont renforcé la colonisation et l'occupation[22].

    Les dirigeants saoudien et américain discutent de la solution à deux États[23]. En 2002, le prince Abdallah d'Arabie saoudite propose l'Initiative de paix arabe, soutenue à l'unanimité par la Ligue arabe. Elle est cependant rejetée par le gouvernement israélien qui refuse d'en débattre. George W. Bush, en 2002, annonce son soutien pour un État palestinien, ouvrant la voie de la résolution 1397 du Conseil de sécurité des Nations unies (en), soutien de la solution à deux États[24].

    En , le conflit Fatah-Hamas, qui oppose deux organisations palestiniennes, aboutit au contrôle de la bande de Gaza par le Hamas. L'autorité palestinienne est fragmentée en deux lignes politiques qui revendiquent chacune la représentation du peuple palestinien. Le Fatah contrôle l'autorité palestinienne en Cisjordanie et le Hamas gouverne Gaza.

    En , lors de la conférence d'Annapolis, trois parties - Israël, l'OLP et les États-Unis - s'accordent sur la solution à deux États. Cependant, aucun accord n'est conclu.

    Le , l'assemblée générale de l'ONU reconnaît à la Palestine le statut de « membre observateur », avec 138 voies contre 9 et 46 abstentions.

    En 2013-2014, John Kerry, alors secrétaire d'État des États-Unis, guide des pourparlers de paix qui ne débouchent sur aucun accord.

    Viabilité

    En 2010, les pourparlers doivent reprendre. Cependant, l'extension des colonies israéliennes, soutenue par le gouvernement israélien, réduit les terres dont l'État palestinien disposerait. Les Palestiniens et Israéliens pacifistes doutent alors de la viabilité de cette solution[25].

    En , d'après le rapport des chefs de mission de l'Union européenne sur Jérusalem-Est, le déploiement des colonies et la fragilité de la population de Jérusalem-Est et de la zone C rendent peu probable la solution à deux États[26]. Ce rapport est rejeté par le ministère israélien des affaires étrangères, qui le juge « fondé sur une description partielle, biaisée et unilatérale du terrain »[27].

    En , le Conseil de l'Union européenne déclare sa « profonde préoccupation face aux développements sur le terrain qui menacent de rendre impossible une solution à deux États »[28].

    Le , le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou annonce la construction de 3 000 nouveaux foyers à Jérusalem-Est, dans la zone E-1[29],[30]. L'Australie estime que cette construction « menace la solution à deux États ».

    De nos jours, l'intensification de la colonisation israélienne, la fragmentation des Palestiniens dans des enclaves isolées en Cisjordanie, la séparation de celle-ci d'avec la bande de Gaza, la division du leadership palestinien et le refus du gouvernement israélien de tout État palestinien rendent la perspective d'une solution à deux États particulièrement lointaine[22].

    Près de 700 000 colons juifs vivent dans les territoires palestiniens. Colons et Palestiniens sont soumis à des lois et des tribunaux différents, et seule la population juive bénéficie de la plénitude de ses droits. En outre, les Palestiniens ne bénéficient d'aucune protection contre les décisions de l'armée d'occupation et les exactions des colons. C'est sur cette base que de nombreuses organisations non gouvernementales (ONG) israéliennes, palestiniennes et internationales, ainsi que la Cour internationale de justice, qualifient le régime israélien d'apartheid[22]. Les deux tiers de la Cisjordanie (la zone « C ») ont été annexés de facto par Israël : plus de 700 kilomètres de mur ont été érigés par les autorités d’occupation visent à retrancher ce territoire du reste de la Cisjordanie[31].

    L'historien Jean-Pierre Filiu note que la « solution à deux États » telle que défendue par le droit international (Cour internationale de justice) « est très favorable aux Juifs israéliens puisqu’elle leur attribue plus des trois quarts d’un espace partagé avec le peuple palestinien, pourtant aussi nombreux qu’eux. » Le territoire palestinien ne correspondrait qu’à 23 % de la Palestine historique, pour 77 % à Israël dans les frontières de sa reconnaissance internationale en 1949[31].

    La Cisjordanie dans la solution à deux États

    L'illégalité des colonies israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est est affirmée par des résolutions de l'ONU[32]. Lors du retrait du Sinaï en 1982, et de celui de Gaza en 2005, certaines sont évacuées par l'armée israélienne. Plus de 50 compensations post-évacuation sont proposées pour les propriétés abandonnées[33].

    Opinion publique

    De nombreux Israéliens et Palestiniens, ainsi que la Ligue arabe, acceptent la solution à deux États avec les « frontières de 1967 »[34]. D'après un sondage de 2002 fait par la PIPA, 72 % des Palestiniens et Israéliens soutiennent la solution à deux États fondés sur les frontières de 1967, à condition que chaque partie soit coopérative[35]. D'après un sondage Gallup, 70 % des Palestiniens de Cisjordanie, 48 % des Palestiniens la bande de Gaza et 52 % des Israéliens soutiennent « un État palestinien indépendant à côté de l'État d'Israël »[36].

    L'opinion sur la solution à deux États varie selon la formulation de la question posée. Selon des journalistes israéliens, les Palestiniens ne sont pas prêts à accepter un État juif[37],[38]. Un sondage du département d'État des États-Unis indique que « 78 % des Palestiniens et 74 % des Israéliens pensent qu'un accord de paix menant à deux États qui vivent côte-à-côte en bons voisins » est « essentiel ou souhaitable »[39].

    En Palestine

    Dans un sondage de 2007, trois quarts des Palestiniens sondés (de la bande de Gaza ou de Cisjordanie) approuvaient la solution à deux États ou l'État binational, 46 % préférant la solution à deux États et 26 % la solution d'un État binational[40],[41].

    En 2021, un sondage réalisé par le Centre palestinien de recherche politique et d'enquête a révélé que 39 % des Palestiniens soutenaient « le concept de la solution à deux États », tandis que 59 % ont déclaré le rejeter[42]. Selon ce même sondage, 29 % des Palestiniens privilégiaient la solution à un État, dans lequel Palestiniens et Juifs seraient égaux[42]. La baisse du soutien à la solution à deux États dans l'opinion palestinienne est à relativiser dans son interprétation : les Palestiniens ne se détournent pas de cette solution parce qu'ils n'en veulent plus, mais parce qu'ils la jugent désormais irréalisable, selon le chercheur Thomas Vescovi[22].

    Des associations pacifistes israéliennes, constatant que les seuls visages d’Israël rencontrés dans la vie quotidienne des Palestiniens sont les troupes d'occupation et les colons, organisent des rencontres entre Palestiniens et Israéliens pour favoriser la compréhension mutuelle[43].

    En Israël

    Dans les sondages israéliens, la solution à deux États rencontre également un soutien majoritaire qui se dégrade[44]. En 2014, un sondage d'Haaretz demande : « Considérez que dans le cadre d'un accord, la plupart des colonies seront annexées à Israël, Jérusalem sera divisée, les réfugiés ne retourneront pas en Israël et il y aura un arrangement de sécurité strict, soutiendriez-vous cet accord ? ». 35 % des Israéliens répondent oui[45]. Les partis politiques opposés aux négociations avec les Palestiniens dominent la vie politique israélienne depuis les années 2000, tandis que ceux qui défendaient ce projet s'en sont éloignés. L' analyste politique Dalia Scheindlin indique : « Définir une solution à deux États à travers des négociations avait disparu des préoccupations. Les partis de gauche n’en parlaient même plus. Leurs leaders se disaient : “Il nous reste tellement peu d’électeurs, essayons d’attirer plutôt ceux du centre.” Cela a eu pour effet d’éradiquer toute idée politique sur la résolution du conflit. C’est un des facteurs qui ont permis la droitisation de toute la société[46]. »

    En 2025, 63 % des Israéliens de confession juive se déclarent opposés au « principe de la création d’un État palestinien indépendant et démilitarisé » selon The Israel Democracy Institute[47]. D'autres sondages montrent un niveau d'hostilité à la solution à deux États encore plus élevé[48].

    La classe politique israélienne y est également très largement opposée. En 2024, le Parlement israélien a très majoritairement voté contre tout projet d’État palestinien : ils n’étaient que neuf députés sur cent-vingt à le soutenir[49]. En 2025, en réaction à la reconnaissance de l’État palestinien par plusieurs pays occidentaux, le Premier ministre Benyamin Netanyahou affirme : « J’ai un autre message pour vous : cela n’arrivera pas. Aucun État palestinien ne verra le jour à l’ouest du Jourdain », tout en annonçant qu'il allait intensifier la politique de colonisation des territoires palestiniens[49]. Les chefs de l'opposition, comme Naftali Bennett, Yaïr Lapid et Yaïr Golan, ont également clamé leur hostilité à l’existence d'un État palestinien[48].

    Alternatives

    État binational

    Des propositions comme l'octroi de la citoyenneté palestinienne ou le permis de résidence aux colons juifs, en échange de la suppression des installations militaires israéliennes de Cisjordanie, sont soumises par Yasser Arafat, Ibrahim Sarsur, et Ahmed Qurei[50],[51],[52].

    L'idée est exprimée à la fois par des partisans de la solution à deux États[53] et par ceux des colons et courants conservateurs et fondamentalistes dans le judaïsme israélien[54], qui, en s'opposant à tout retrait, sont plus attachés à la terre d'Israël qu'à l'État d'Israël.

    Solution à quatre États

    Rejetant toute perspective d’État palestinien, même démilitarisé, le gouvernement israélien de Benyamin Netanyahou divise le territoire palestinien en trois entités distinctes : les territoires occupés par l'armée israélienne (Jérusalem-Est, plus de la moitié de la bande de Gaza et « zone C » de la Cisjordanie), la partie de la Cisjordanie administrée par l'Autorité palestinienne (zones « A » et « C », soit un tiers de ce territoire) et la partie de la bande de Gaza administrée par le Hamas[31].

    Notes et références

    Bibliographie

    Articles connexes

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