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Sous-marin nucléaire d'attaque

sous-marins à propulsion nucléaire From Wikipedia, the free encyclopedia

Les sous-marins nucléaires d'attaque (abrégés en SNA en français et SSN pour « Ship Submersible Nuclear » selon le code OTAN) sont des sous-marins à propulsion nucléaire. Contrairement aux SNLE qui ont pour seule mission la dissuasion nucléaire, les SNA sont destinés à des missions de protection, de renseignement et de projection de puissance.

Le 1er SNA de l'Histoire, l'USS Nautilus en 1955.

Le premier de ce type de navires de guerre fut l'USS Nautilus de l'US Navy qui entra en service en 1955.

Avantages par rapport aux sous-marins classiques

Les sous-marins d'attaque classiques (désignés dans le code OTAN par le code SSK[1]) sont également conçus pour ces missions. La propulsion nucléaire, totalement indépendante de l'atmosphère, apporte aux SNA un avantage déterminant en mobilité et en discrétion :

  • Alors que les sous-marins classiques sont contraints de remonter en surface (ou de recourir à l'immersion périscopique en utilisant un schnorchel) pour alimenter les moteurs diesel en air (oxygène) et ainsi recharger leurs batteries électriques après quelques dizaines d'heures de plongée aux moteurs électriques (quelques jours pour ceux dotés de propulsion AIP), les rendant ainsi détectables et vulnérables, les sous-marins à propulsion nucléaire peuvent rester plusieurs mois en plongée, préservant ainsi leur discrétion.
  • Ils peuvent également conserver longtemps des vitesses importantes en plongée, vitesses qu'un sous-marin classique ne maintient que quelques dizaines de minutes en vidant entièrement ses batteries.

SNA par pays

Voir article connexe pour opérationnel

Chine

Sous-marin nucléaire de la marine de la république populaire de Chine de type 091.

La marine chinoise a mis en service son premier SNA en août 1974, retiré aux alentours de 2000, celui-ci a été transformé en 2016 en navire-musée[2]. Cinq de ses navires du Type 091 (Code OTAN : Classe Han) ont été lancés entre 1970 et 1990[3]. Basés à Qingdao, ils commencent, dans les années 2000, à être relevés par les navires Type 093 (Classe Shang) dont le premier est entré en service en [4] construit à six unités puis par les Type 095 qui doivent entrer en service dans les années 2020[5].

États-Unis

L'United States Navy a été la première marine à utiliser la propulsion nucléaire navale. Dans la seconde moitié des années 1980, elle a aligné jusqu'à 96 SNA en 1987[6] et en envisagé une centaine en 1988.

En novembre 1986, cette flotte comprenait:

Avec le retrait en 1990 du dernier exemplaire de sous-marin conventionnel de la classe Barbel, tous ses sous-marins de combat sont à propulsion nucléaire. Avec la disparition de la marine soviétique, elle dispose, de loin, de la plus importante flotte de sous-marins nucléaire d'attaque avec 50 SNA en [8],[9], chiffres en nette baisse depuis la fin de la guerre froide avec un record de 96 SNA en 1987 et le retrait des premières classes de SNA.
Elle dispose à cette date de :

France

Le Casabianca SNA de la Marine nationale.

Six SNA de classe Rubis sont entrés en service dans la Marine nationale entre 1983 et 1993. Ils sont basés dans le port militaire de Toulon ; les SNLE étant basés à celui de Brest, à l'île Longue[10]. Les Rubis sont la seule classe de sous-marins d'attaque actuellement en service depuis le retrait des derniers sous-marins à propulsion classique en 2001. L’escadrille des sous-marins d’attaque (ESNA) dépend de la Force océanique stratégique qui a assimilé les forces sous-marines à la fin du XXe siècle.

En 2026, seul un sous-marin classe Rubis reste en service, l'Améthyste.

Un programme de remplacement par six SNA du Programme Barracuda (classe Suffren) a démarré le . Le premier bâtiment, le Suffren est lancé le en 2019[11]. D'une longueur de 99 mètres et d'un diamètre de 8,8 mètres, il est armé de missiles de croisière navals, de torpilles lourdes filoguidées F21, de missiles antinavire Exocet SM39 modernisé et de capacité de mouillage de mines. Sa propulsion est hybride : un réacteur à eau pressurisée dérivé des chaufferies équipant les SNLE type Le Triomphant et le porte-avions Charles de Gaulle, deux turbines de propulsion, deux turbo alternateurs et deux moteurs électriques. Son immersion maximale est confidentielle mais peut dépasser 300 mètres de profondeur. Son équipage est de 65 personnes, plus commandos, et sa disponibilité est supérieure à 270 jours par an[12]. Le à Brest, le Suffren entre officiellement au service actif. Le second, le Duguay-Trouin, est livré en 2023. Le troisième, le Tourville, est livré fin 2024[13], il précède les trois derniers prévus pour cette décennie, le De Grasse, qui commence ses essais à la mer fin [14], le Rubis en 2027 et le Casabianca en 2029[15].

Inde

Entre 1988 et 1990, l'Inde a loué à la marine soviétique le sous-marin nucléaire lanceur de missiles de croisière de classe Charlie K-43 sous le nom INS Chakra[16].

Le , la marine indienne a inauguré son premier sous-marin nucléaire fabriqué localement. Le nom du sous-marin connu auparavant sous le nom de code Advanced Technology Vessel est Arihant ce qui signifie « Destructeur d'ennemis ». Bien que dérivé d'un SNA soviétique, il est classé comme SNLE car pouvant emporter de quatre à douze missiles balistiques à charge nucléaire.

En 2012, l'Inde loue pour dix ans, un exemplaire de la classe Akula (russe), le K-152 Nerpa également sous le nom de INS Chakra pour un montant de 920 millions de dollars[17]. Il retourne en Russie en . Un troisième sous-marin serait loué à partir de 2025[18].

Royaume-Uni

Le premier sous-marin de la classe Valiant, le 2e SNA britannique.

Le premier SNA de la Royal Navy fut le HMS Dreadnought mis sur cale en 1959 et entré en service en 1963. Le Royaume-Uni devient ainsi le troisième pays à mettre en œuvre la propulsion nucléaire.

Lors de la guerre des Malouines, l'un des trois SNA dépêchés sur zone, le HMS Conqueror, a effectué le premier torpillage réalisé par un SNA en envoyant par le fond le croiseur ARA General Belgrano argentin[19].

En 1990, 17 SNA sont en service, mais leur nombre après la fin de la guerre froide décroît rapidement.

En 2009, la Royal Navy dispose de huit SNA. Un de la classe Swiftsure, en service jusqu'en 2010, et sept SNA de la classe Trafalgar, mis en service de 1983 à 1991. Fin 2015, sa flotte comporte sept unités, quatre Trafalgar et trois Astute[20]. À terme tous ces sous-marins devraient être remplacés par sept sous-marins de la classe Astute dont le premier exemplaire a été lancé en 2010.

URSS / Russie

Un Alfa en 1983. Ils furent les sous-marins les plus rapides du monde.

Le complexe militaro-industriel soviétique a construit la plus grande flotte de sous-marins nucléaire de l'Histoire durant la Guerre froide.

Au , la marine soviétique disposait d'un total de 371 sous-marins dont 76 SNA et 49 SSGN[21], les sous-marins nucléaires étant construits sur 4 chantiers navals[22].

La Russie dispose en 2010 d'une flotte de 18 SNA dont seulement huit sont opérationnels.

Elle se compose de huit Akula, deux autres se trouvant en réserve, sept SNA de la classe Victor III (en) et de trois SNA de la Classe Victor[23].

1re génération

Le 1er SNA soviétique K-3 de la classe November est construit par le chantier naval Sevmash de Severodvinsk, lancé le , et déclaré opérationnel le [24].

2e génération

  • Classe Alfa : Mise en service en 1972, total de 6 exemplaires de série du projet 705 fut construit, entre 1974 et 1983, et mis en service au sein de la Flotte du Nord. Retiré du service en 1997.

3e génération

4e génération

  • K-278 Komsomolets ou Projet 685 Plavnik. Projet de développement pour la 4e génération

Comparaison des caractéristiques des principaux SNA

Davantage d’informations Caractéristique, Suffren ...
Comparaison des principales caractéristiques des sous-marins d'attaque en service
Caractéristique Suffren Rubis Los Angeles Virginia Oscar Akula Iassen Astute
PaysFrance États-Unis RussieRoyaume-Uni
Mise en service2022-20291983-1993 1976-19962004- 1980-19911984-20012013-2010-
Unités construites/à construire (2026)4/26/0 62/027/16 13/015/03/66/1
Longueur99,5 m73,6 m 110 m115 m 134 m (I), 154,8 m (II)110,6 m139 m97 m
Diamètre8,8 x 7,3 m7,6 x 6,4 m 9,75 x 11 m10,3 m 18,2 x 9 m13,6 x 10,4 m13,5 x 9,4 m11,3 x 10 m
Déplacement en plongée5 300 t2 670 t ~7 200 t~7900 t 18 300 t~13 000 t13 800 t7 800 t
Vitesse25 nœuds (46 km/h)25 nœuds (46 km/h) 32 nœuds25 nœuds (46 km/h) 35 nœuds35 noeuds (65 km/h)28 noeuds (52 km/h)29 nœuds (54 km/h)
Profondeur350 m300 m 450 m> 240 m 520 m520 m450 m> 300 m
Équipage6570 127135 130738598
Armement4 tubes de 533 mm (torpilles F 21, MdCN, missiles SM-39 Exocet ou mines),
24 armes
4 tubes de 533 mm (torpilles F 17, missiles SM-39 Exocet ou mines),
14 armes
4 tubes de 533 mm (26 torpilles Mk 48, missiles Sub-Harpoon,Tomahawk ou mines)

12 tubes de lancement verticaux CLS Mk 45 pour Tomahawk

12 silos et 4 tubes
65 armes
24 missiles P-700 Granit (3M45)

6 tubes lance-torpilles à l'avant (4 × 533 mm, 2 × 650 mm)

4 tubes 533 mm (28 armes) et 4 tubes 650 mm (12 armes)

ou 8 tubes 533 mm ( 40 armes) || 8 silos (32 à 40 armes) 8 à 10 tubes torpilles (24-30 armes) || 6 tubes de 533 mm,
38 armes

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Projets de SNA

Plusieurs nations ont tenté ou tentent d'avoir des sous-marins nucléaires dans leur marine militaire.

Argentine

En , le général Nicolaides, nommé chef d'état-major après la Guerre des Malouines, s'était prononcé pour l'acquisition d'un sous-marin nucléaire à cause du rôle déterminant joué par ce système d'arme dans la défaite argentine. Dans l'opinion, la nécessité de disposer d'un tel bâtiment demeure pour pouvoir conquérir les Malouines. Le , le ministre de la défense argentin, Nilda Garré, annonce un projet d’équipement de bâtiments de la marine avec un système de propulsion nucléaire. On spécule alors que le sous-marin ARA Santa Fe (en) de la classe TR 1700 pourrait être équipé d'un réacteur nucléaire à la fin des années 2010[25].

Australie

Le , le gouvernement australien a annoncé vouloir mettre en œuvre des sous-marins nucléaires dans le cadre d'un nouveau pacte avec les États-Unis et le Royaume-Uni nommé AUKUS. L'effectif devrait être de 8 SNA dotés de systèmes de propulsion nucléaire de technologie américaine[26].

Brésil

La marine brésilienne a décidé de se lancer dans ce domaine en 1979. En , elle nomme un organisme de coordination générale pour son programme de développement de sous-marin nucléaire[27].

Le plan d'équipement et d'articulation de la marine brésilienne décidé en 2010 prévoit entre autres la construction de 6 SNA d'ici 2047[28]. Ce programme se nomme SN-BR.

La conception du premier d'entre eux nommé Álvaro Alberto débute le , il est alors prévu que celle-ci devrait se terminer en 2015, que la construction commence en 2016 à Itaguaí, pour se terminer en 2023, avec les essais à quai puis en mer. Le sous-marin devant alors entrer en service actif en 2025[29].

Mais, à la suite de restrictions budgétaires, il est décidé fin 2015, bien que son premier moteur construit par Jeumont-Schneider ait été livré en [30] que sa construction soit reportée à 2025[31]. Il subit de TR2S nombreux retards et fin 2020, les suivants (quatre prévus en 2020) ne seront probablement pas commandés avant 2023/2024. La mise en service de l'Álvaro Alberto n’étant pas alors prévue avant 2033/2034[32].

La marine brésilienne a approuvé la construction de SN-BR le . La découpe de la première tôle à finalement lieu le [33].

En 2026, son entrée en service est repoussé à 2038 au plus tôt, l’intégration d’un réacteur compact et suffisamment puissant reste le point dur à maîtriser[34]

Les caractéristiques ont évolué avec le temps pour l'Álvaro Alberto. À l'origine la marine brésilienne annonce un déplacement de 6 000 t, une longueur de 100 m, un équipage de 100 personnes et une profondeur de 350 m[35], en date de 2016, on indique un déplacement de 2 700 t ce qui en fait l'un des plus petits SNA d'attaque au monde équipé d'une chaudière nucléaire électrogène à eau pressurisée RENAP-50 de 48 mégawatts[36] construit au centre expérimental Aramar de Iperó[37]. En 2017, on annonce une longueur de 90 m et un équipage de 70 marins[38].

Canada

À la fin des années 1980, le gouvernement canadien, désireux de contrôler le Passage du Nord-Ouest avait envisagé d'acquérir 12 sous-marins nucléaires d'attaque français de la classe Rubis, pour la marine canadienne. Une concurrence sérieuse opposa à cette occasion la France et le Royaume-Uni qui voulait vendre ses sous-marins de type Trafalgar, mais la fin de la guerre froide et les difficultés budgétaires conduiront à l'abandon de ce projet[39].

Corée du Nord

En , lors de la réunion du Parti des travailleurs, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a annoncé que son pays a mené à bien un plan visant à se doter d'un sous-marin nucléaire. « De nouvelles recherches de planification pour un sous-marin nucléaire ont été menées à bien et sont sur le point d'entrer dans le processus d'examen final », a-t-il déclaré. Lors de cette réunion il a également déclaré que « les États-Unis d'Amérique sont le plus grand ennemi de la Corée du Nord »[40]. Il n'a pas précisé s'il s'agit d'un sous-marin nucléaire de type SNA ou de type SNLE.

Corée du Sud

La Corée du Sud envisage de doter ses forces navales de sous-marins nucléaires d’attaque depuis les années 2000. Après que le constructeur naval Philadelphia Naval Shipyard a été repris par le groupe sud-coréen Hanwha en 2024, la Corée du Sud a décidé de construire un premier sous-marin à propulsion nucléaire dans les chantiers navals de Philadelphie[41].

Italie

L'Italie avait envisagé en 1959 de se doter de sous-marins nucléaires d’attaque, mais les États-Unis ne souhaitèrent pas apporter leur aide et le projet fut abandonné. Le premier SNA italien aurait dû s’appeler Guglielmo Marconi. À ce jour, l'Italie n'a aucun sous-marin nucléaire.

Pays-Bas

Le principe de la construction d'un SNA est annoncé en par les Pays-Bas et un premier crédit d'études est dans le budget de la défense de 1965. En , le ministre de la Défense déclare que son gouvernement s'intéresse au projet de construction de la classe Rubis alors à l'étude en France. Les États-Unis auraient refusé toute aide à ce projet, qui est resté sans suite[42].

Suède

La marine suédoise a planché entre 1957 et 1962 sur le projet A-11A de petit sous-marin nucléaire d'attaque. C'était une des trois versions envisagées de la classe Sjöormen qui finalement a une propulsion diesel classique[43].

Notes et références

Voir aussi

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