Suicide en Suisse
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Le suicide en Suisse avec un taux de 10,7 en 2015 (hommes 15,5, femmes 6,0), publié par l'Organisation mondiale de la santé, est « normalisé selon l'âge », tentant de contrôler les différences de structure par âge à des fins de comparaison internationale. Le taux suisse de suicide standardisé est similaire aux taux de la France voisine (12,7 ; hommes 19,0, femmes 5,9), de l'Autriche (11,7 ; hommes 18,5, femmes 5,3) et de l'Allemagne (9,1 ; hommes 14,5, femmes 4,5). Il est légèrement inférieur à la moyenne européenne de 11,93 et proche de la moyenne mondiale, qui est de 10,67[2],[3].
Le taux de suicide brut (non standardisé) suisse est un peu plus élevé ; en 2014, 1 029 personnes se sont suicidées sans assistance (754 hommes, 275 femmes), soit un taux de 12,5 pour 100 000 (18,5 hommes, 6,6 femmes). Y sont exclus 742 suicides assistés (320 hommes, 422 femmes) ; la plupart des suicides assistés concernaient des personnes âgées atteintes d'une maladie en phase terminale[4].
Les statistiques suisses des causes de décès par années de vie potentielle perdues (AVP) de 2014 estiment les suicides à 12 323 AVP pour les hommes (12 % des AVP toutes causes de décès) et 4 750 AVP pour les femmes (8 % des AVP toutes causes de la mort). Les taux standardisés d'AVP pour 100 000 personnes par rapport à la population standard européenne de 2010 (Eurostat 2013) sont de 327,0 pour les hommes (29 heures par habitant) et de 128,6 (11 heures par habitant) pour les femmes[5].
Le taux de suicide diminue continuellement depuis 1980 jusqu'au années 2000[6]. Vers 2010, cette tendance à la réduction s'arrête[4]. Le pic des années 1980 est précédé d'un taux historiquement bas de 17 pour 100 000 dans les années 1960. Le ratio hommes—femmes est réduit de 6:1 à la fin du XIXe siècle à environ 2,5:1 depuis. En 1881, le taux de suicide des hommes est de 42 pour 100 000, près de 2,5 fois la valeur moderne, tandis que le taux de suicide des femmes est de 7 pour 100 000, comparable à la valeur moderne[6].
Les cantons suisses dont le taux de suicide est plus élevé sur la période 2001-2010 sont Appenzell Rhodes-Extérieures pour les hommes (37 %) et le canton de Schaffhouse pour les femmes (10 %) ; le canton dont le taux de suicide est le plus bas est le Tessin italophone (hommes 14, femmes 5), qui avoisine statistiquement l'Europe du Sud, mais qui est nettement supérieur à l'Italie voisine (5,4 en 2015)[7].
Une statistique des méthodes de suicide compilées sur la période 2001-2012 constate que la méthode de suicide choisie par les hommes est le suicide par arme à feu (29,7 %), suivi par la pendaison (28,7 %), l'intoxication médicamenteuse (16,5 %), le saut d'une hauteur (9,8 %) et le suicide sur une voie ferrée (7,9 %). Les chiffres pour les femmes sont nettement différents, la méthode la plus utilisée étant l'intoxication médicamenteuse (38,8 %), avec un taux plus élevé pour le saut d'une hauteur (16,0 %) et le suicide sur une voie ferrée (9,5 %), mais un taux plus bas concernant la pendaison (18,5 %) et le suicide par arme à feu (3,0 %)[8].