Sutton Courtenay
localité britannique du comté anglais d'Oxfordshire
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Sutton Courtenay est un village et une paroisse civile de l'Oxfordshire, au Royaume-Uni.
| Pays | |
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| Nation constitutive | |
| Région | |
| Comté cérémonial | |
| District non métropolitain | |
| Baigné par | |
| Coordonnées |
| Population |
3 055 hab. () |
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| Statut |
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| Code postal |
OX14 |
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| Indicatif téléphonique |
01235 |
| Site web |
Situé au bord de la Tamise, il abrite notamment The Abbey et Manor House, deux manoirs remontant à l'époque médiévale. L'écrivain George Orwell et l'homme politique Herbert Henry Asquith sont enterrés dans le cimetière de l'église paroissiale.
Toponymie
Sutton est un nom d'origine vieil-anglaise qui désigne une ferme ou un village (tūn) situé au Sud (sūth) d'une autre ferme ou d'un autre village. Celui de l'Oxfordshire est attesté pour la première fois vers 870 sous la forme Suthtun, qui devient Sudtone dans le Domesday Book, compilé en 1086. L'élément Courtenay, qui fait référence à la famille qui détient le manoir de Sutton au XIIe siècle, est attesté pour la première fois en 1284[1].
Géographie
Sutton Courtenay est un village de l'Oxfordshire, un comté de l'Angleterre du Sud-Ouest. Il est situé dans le sud du comté, sur la rive gauche de la Tamise, à 3 km au sud de la ville d'Abingdon-on-Thames. Oxford est à une quinzaine de kilomètres au nord et Londres à une centaine de kilomètres à l'est.
Administrativement, Sutton Courtenay appartient au district non métropolitain de Vale of White Horse. Cette région fait historiquement partie du Berkshire. Le village fait partie du hundred d'Ock, nommé d'après l'Ock (en), une rivière qui coule juste au nord. De 1894 à 1974, il est rattaché au district rural d'Abingdon (en) de 1894 à 1974[2]. Le , date d'entrée en vigueur du Local Government Act 1972, les districts ruraux sont abolis et le territoire de celui d'Abingdon est rattaché à l'Oxfordshire[3].
Histoire
Le Domesday Book indique qu'en 1086, le manoir de Sutton est partagé entre le roi Guillaume le Conquérant et l'abbaye d'Abingdon. Le village compte alors 74 foyers[4].
Le premier membre de la maison de Courtenay mentionné en rapport avec le village de Sutton est Renaud de Courtenay. Il y possède des terres en 1160-1161 et le roi Henri II lui concède le manoir à une date inconnue entre 1175 et 1184. Après sa mort, en 1191, il se transmet parmi ses descendants. L'un d'eux, Hugues de Courtenay, hérite en 1335 du titre de comte de Devon. Le manoir reste dans cette famille juqu'à la guerre des Deux-Roses. En 1461, le comte Thomas de Courtenay, fidèle à la maison de Lancastre, est exécuté après la victoire yorkiste de Towton et ses titres et biens sont confisqués par la couronne[5].
En 1462, le roi Édouard IV accorde le manoir de Sutton Courtenay à l'un de ses partisans, le baron Walter Devereux (en). Celui-ci le conserve jusqu'à la bataille de Bosworth, en 1485, où il est tué au service de Richard III. Henri VII rend le titre de comte de Devon et les domaines des Courtenay à Édouard Courtenay (en), un cousin éloigné de Thomas. Le manoir de Sutton Courtenay est détenu de 1489/1490 à 1512 par Élisabeth, une sœur de Thomas, et son mari Hugh Conway (en), puis de 1512 à 1527 par Catherine, la veuve du comte Guillaume de Courtenay. Leur fils Henri, marquis d'Exeter, en hérite, mais il est exécuté en 1538 pour avoir conspiré contre le roi Henri VIII et ses biens et titres font retour à la couronne[5].
Le manoir de Sutton Courtenay reste la possession des souverains anglais jusqu'en 1628, lorsque le roi Charles Ier le vend à un groupe de citoyens de Londres. Il est racheté deux ans plus tard par William Craven, dont les biens sont confisqués par le Parlement durant l'interrègne. Sutton Courtenay est alors acquis par Samuel Wightwick (en). William Craven retrouve ses biens après la Restauration Stuart et le manoir reste la propriété des comtes de Craven (en) jusqu'au début du XIXe siècle. Il est ensuite vendu à plusieurs reprises et passe notamment entre les mains de Robert Loyd-Lindsay[5]. Celui-ci en fait don en 1895 à Henry Edith Arthur Lindsay, de la famille des comtes de Crawford (en), à l'occasion de son mariage avec Norah Bourke. Après la Seconde Guerre mondiale, cette dernière, veuve, le revend à David Astor (en), le rédacteur en chef du journal The Observer[6].
Politique
Le ward (district électoral) de Sutton Courtenay, qui s'étend également sur la paroisse civile voisine d'Appleford-on-Thames, élit un des 38 membres du conseil de district de Vale of White Horse (en). Lors des élections locales de 2023, ce siège est remporté par le candidat libéral-démocrate[7]. Pour les élections au conseil de comté de l'Oxfordshire (en), Sutton Courtenay appartient à la division de Drayton, Sutton Courtenay & Steventon, remportée en 2025 par le libéral-démocrate Peter Stevens[8].
Pour les élections à la Chambre des communes, Sutton Courtenay appartient à la circonscription de Didcot and Wantage (en) depuis les élections générales de 2024[9].
Démographie
Au recensement de 2011, la paroisse civile de Sutton Courtenay comptait 2 421 habitants[10].

Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments
La paroisse civile de Sutton Courtenay abrite 63 monuments classés. Trois d'entre eux sont de grade I, le plus élevé, réservé aux « édifices d'un intérêt exceptionnel » : il s'agit de l'église paroissiale et des manoirs de The Abbey et Norman Hall. Un autre manoir, Manor House, est un monument classé de grade II*, le niveau intermédiaire de protection[14].
L'église paroissiale de Sutton Courtenay est dédiée à tous les saints. Ce bâtiment de style roman remonte pour ses plus anciennes parties (la nef et le clocher) au XIIe siècle. Le chancel est un ajout du XIIIe siècle, les collatéraux et la claire-voie du XIVe siècle et le porche sud du XVe siècle. Elle constitue un monument classé depuis 1966[15].
Le manoir de The Abbey est à l'origine une dépendance de l'abbaye d'Abingdon. Construit au XIIIe siècle, avec des agrandissements des XVIe et XVIIe siècles, c'est un monument classé depuis 1952[16]. Racheté par David Astor (en) en 1958, il accueille l'association d'aide aux réfugiés Ockenden Venture (en) dans les années 1960, puis le Namibia Centre (en) dans les années 1970. Il est acquis en 1980 par une fondation, le New Era Centre, qui le convertit en retraite spirituelle[17].
Le Norman Hall date de la fin du XIIe siècle. Il aurait été construit pour Robert, un fils cadet de Renaud de Courtenay[18]. C'est un monument classé de grade I depuis 1952[19].
La Manor House remonte au XIIe siècle, avec des agrandissements des XVIe et XVIIe siècles. Il est aussi appelé « Brunces Court » ou « Brunts Court » au Moyen Âge en référence à la famille qui y est tenancière pour le compte des Courtenay. C'est un monument classé de grade II* depuis 1952[20].
- The Abbey.
- Le Norman Hall.
- The Manor House.
Personnalités liées
- Mathilde l'Emperesse, impératrice du Saint-Empire qui revendique le trône d'Angleterre de 1135 à 1153, serait née à Sutton en [21].
- Le Premier ministre Herbert Henry Asquith (1852-1928) a pour maison de campagne Mill House and The Wharf (en) de 1912 à sa mort[22]. Il est enterré dans le cimetière de l'église paroissiale, tout comme sa femme Margot (1864-1945)[23] et leur fils Anthony (1902-1968), réalisateur de cinéma[24]. Son arrière-petite-fille, l'actrice américaine Helena Bonham Carter a racheté Mill House en 2006[25].
- L'écrivain George Orwell (1903-1950) est inhumé dans le cimetière de l'église[26].
- L'illustratrice Margaret Belsky (en) (1919-1989) est morte à Sutton Courtenay[26]. Son mari, le sculpteur tchèque Franta Belsky (en) (1921-2000), et sa deuxième femme, la sculptrice tchèque Irena Sedlecká (en) (1928-2020), sont enterrés dans le cimetière de l'église[27].
- Le lexicographe Robert Burchfield (en) (1923-2004) passe la fin de sa vie à Sutton Courtenay et ses cendres sont enterrées dans le cimetière de l'église[28].
- La tombe de George Orwell.
- La tombe de Herbert Henry Asquith.
