Synagogue de Bad Königshofen im Grabfeld (1904-1938)

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La synagogue de Bad Königshofen im Grabfeld avant la Seconde Guerre Mondiale.

La synagogue de Bad Königshofen im Grabfeld, construite en 1903-1904 au 1 Bamberger Straße (anciennement: An der Untereßfelder Straße), à Bad Königshofen im Grabfeld, petite ville thermale de l'État de Bavière dans l'arrondissement de Rhön-Grabfeld, est ravagée par les nazis lors de la nuit de Cristal. En délabrement après la Seconde Guerre mondiale, le bâtiment est détruit en 1952.

La communauté au Moyen Âge

Située au carrefour des routes Bamberg-Fulda et Schweinfurt-Erfurt, la ville de Königshofen, bien desservie par les transports dans les siècles passés, abrite déjà des Juifs au Moyen Âge. Cependant, on sait peu de choses sur eux. En 1298, la communauté de Königshofen est en grande partie anéantie lors du pogrom de Rintfleisch. La persécution suivante touche la communauté accusée d'empoisonnement lors de la peste noire en 1348-1349. Après les persécutions de la période de la peste, il n'y a plus aucune trace d'un établissement juif dans la ville pendant plus de 200 ans.

Du XVIIIe siècle à l'arrivée au pouvoir d'Hitler

La communauté juive moderne va exister jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Son origine remonte au XVIIIe siècle. Depuis 1746, des Juifs sont mentionnés à Königshofen. Selon une liste trouvée par l'historienne Elisabeth Böhrer dans un dossier des archives d'État de Wurtzbourg, quatre pères de famille juifs sont nommément cités pour l'année 1763 en tant que « Schutzjuden (Juifs protégés) habitant dans le Hochstift et payant un impôt à la Chambre de la cour princière ». En 1789, il y a également quatre familles de Schutzjuden et en 1794 six familles dans la ville.

Au cours du XIXe siècle, le nombre d'habitants juifs évolue comme suit : 22 personnes juives en 1800, 22 en 1810, 24 en 1813, 21 en 1830, 25 en 1839, 38 en 1848, 50 en 1867 représentant 2,5 % des 2 027 habitants de la ville, 64 en 1871, 68 en 1880, 81 en 1890, 89 en 1900, 101 en 1910. En raison de l'arrivée continue de nouveaux habitants en provenance des communes rurales environnantes, le nombre maximum d'habitants juifs est atteint vers 1925.

Lors de l'établissement des listes de matricules en 1817, cinq chefs de famille juifs sont immatriculés à Königshofen avec mention d'un nouveau nom de famille et de leur activité: Jacob Abraham Einstädter: commerce de détail; Isak Abraham Einstädter: commerce de détail; Löb Abraham Einstädter, négociant; Salomon Levi Strauß, commerce de détail; Behrmann Feist Friedmann, négociant ou depuis 1826, David Friedmann, taverne.

La communauté juive dispose d'une synagogue, d'une école religieuse et d'un mikvé (bain rituel). L'école est installée au milieu du XIXe siècle avec la salle de prière dans la maison appartenant à la communauté juive dans la Rathausstraße. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, l'école religieuse fonctionne en étroite relation avec l'école religieuse de Trappstadt, village située à km, les deux communautés se partageant le même professeur de religion. Les morts de la communauté sont enterrés dans le cimetière juif de Kleinbardorf à km jusqu'en 1920, puis dans un cimetière propre à Königshofen (sur le territoire d'Ipthausen).

Vers 1925, alors que la communauté compte 130 membres soit 6,8 % d'une population totale d'environ 1 900 habitants, les responsables de la communauté sont : Karl Einstädter (président de 1907 à 1932), Jacob Engel, Sali Haas, Albert Malzer et Moses Blechner. Heinrich (Heinz) Adler-Heller est l'enseignant, hazzan (chantre) et shohet (abatteur rituel). Il donne des cours de religion à l'école religieuse de la communauté, qui compte alors 11 enfants juifs scolarisés. Il donne également des cours de religion dans les communes environnantes, par exemple à Höchheim. Les associations juives sont les suivantes : Israelitische Frauenverein (Association des femmes israélites) dont l'objectif est la bienfaisance; la Chewra Kadischa (Société du dernier devoir) apportant l'aide aux personnes endeuillées ; la Synagogenchorverein (Association de la chorale de la synagogue) et la Concordia. La communauté synagogale de Trappstadt à 8 km à l'est de Königshofen, qui ne compte plus que 19 personnes juives et en 1932 seulement 15 personnes, est rattachée à Königshofen. La communauté dépend du rabbinat de district de Burgpreppach. Durant l'année scolaire 1932-1933, le professeur Adler-Heller enseigne encore à 18 enfants à l'école religieuse. Depuis 1932, le président de la communauté juive est Sali Haas, qui succède à Karl Einstädter. Le trésorier de la communauté est Alfred Malzer.

La période nazie et la fin de la communauté

En 1933, à l'arrivée au pouvoir d'Hitler, 94 personnes juives vivent à Königshofen. Les nazis s'étaient déjà fait remarquer depuis plusieurs années, notamment par les profanations du cimetière juif de la communauté de Königshofen à Ipthausen en 1921, 1925 et 1933. En raison des représailles croissantes et des mesures de boycott, 32 habitants juifs vont quitter la ville jusqu'en 1936. Les marchands de bétail juifs ont pu se maintenir relativement longtemps, jusque vers 1937. De 1936 à 1938, l'enseignant Justin Bernheimer enseigne aux neuf enfants juifs de Königshofen en âge d'être scolarisés ainsi qu'aux enfants de Höchheim. Avant la nuit de Cristal en , 69 habitants juifs réussissent à émigrer dont 32 vers les États-Unis, ou se sont installés dans d'autres villes allemandes comme Meiningen, Francfort-sur-le-Main, Berlin. Cinq sont décédés dans la ville. Après ce pogrom de , d'autres vont émigrer, si bien qu'au début de l'année 1940, seuls 16 membres de la communauté juive vivent encore à Königshofen. Les six derniers doivent quitter leur maison les et et déménager dans la ville voisine de Kleineibstadt, d'où ils sont déportés en à Kraśniczyn, près de Lublin.

Le mémorial de Yad Vashem[1] de Jérusalem et le Gedenkbuch - Opfer der Verfolgung der Juden unter der nationalsozialistischen Gewaltherrschaft in Deutschland 1933-1945[2] (Livre commémoratif – Victimes des persécutions des Juifs sous la dictature nazie en Allemagne 1933-1945) répertorient 38 habitants nés, ou ayant vécu longtemps à Königshofen parmi les victimes juives du nazisme. Il existe cependant une incertitude sur quelque unes de ces personnes, qui pourraient appartenir à d'autres communautés juives de localités portant également le nom de Königshofen.

Histoire de la synagogue

Notes et références

Bibliographie

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