Synagogue de Mondovi

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Synagogue (XVIIIe siècle)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Bien culturel italien (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Synagogue de Mondovi
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Localisation
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La synagogue de Mondovi, en Italie, a été construite dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. En raison de l'absence de Juifs à Mondovi, la synagogue n'est plus en service.

Mondovi est une petite ville de la province de Coni dans la région du Piémont en Italie. Située à 25 km à l'est de Coni (Cuneo), elle compte actuellement environ 22 600 habitants.

Du Moyen Âge au XVIIe siècle

Détail de la fresque "Croce brachiale" dans l'église Santa Croce de Mondovi, représentant la Synagogue chevauchant un bouc décapité.

Des documents attestent d'une petite présence juive à Monregalese (région de Mondovi) à partir du début du XVe siècle. Mondovi, à l'époque, est un des principaux centres du Piémont, siège à partir de 1388 d'un vaste diocèse. La présence de l'Inquisition, située au centre du diocèse explique l'installation plus tardive de Juifs à Mondovi que dans les autres villes du Piémont.

Cependant l'arrivée des premiers Juifs peut avoir été antérieure, car une fresque de l'église de Santa Croce de Mondovi, la Croce brachiale, peinte par un disciple de Giovanni da Modena vers 1450, représente la synagogue comme symbole de toutes les hérésies, sous les traits d'une femme qui, à cheval sur un bouc dont elle tient la tête tranchée, est poignardée par une des mains de la croix. Une telle représentation, qui renvoie à la synagogue de Satan dans l'Apocalypse, peut difficilement se comprendre en l'absence de Juifs[1].

Aux XVe et XVIe siècles, les Juifs continuent à s'installer à Mondovi, comme on peut le constater par les nombreux actes de vente et de commerce conservés dans les archives du diocèse. Ce flux est souvent interrompu par des poussées sporadiques de persécutions, souvent liées à la disparition de jeunes enfants chrétiens, dont on accuse les Juifs.

À la fin du XVIe siècle, des banquiers juifs, dont Aron Sacerdote, commencent à s'établir en ville, et a y pratiquer le prêt d'argent, profession alors interdite au Chrétiens. Par contre, dans les villages avoisinants de Fiamenga et de Vicoforte, situés respectivement à 5 et 6 km au sud-est de Mondovi, les Juifs se spécialisent dans la production de vers à soie et de filature textile. C'est à cette époque que se crée l'embryon d'une modeste communauté.

Le temps du ghetto puis de l'émancipation

En 1724, en application des dispositions royales de Victor-Amédée II de Savoie, les Juifs sont confinés dans un ghetto. Mondovi est divisé en deux parties, le Mondovi Breo en bas près de la rivière Ellero et sur la colline, l'ancien Mondovi ou Mondovi Piazza. Les autorités décident que les 64 Juifs habitant Mondovi, mais aussi la région avoisinante, à Carrù, Bene Vagienna, Dogliani, Vicoforte, Fiamenga et Ceva, doivent s'installer dans les quelques maisons qui leur sont réservées dans la zone centrale de la partie supérieure de la ville, à Mondovi Piazza, quartier de Vico, à côté de la fraternité Saint-Antoine, entre la voie Pizzo et la Piazza d'Armi. Le ghetto de Mondovi, contrairement aux autres ghettos de la péninsule, est le seul, en raison de sa configuration, à ne pas avoir été fermé par des portes.

En 1761, le recensement fait état de douze familles juives à Mondovi. En 1839, la communauté compte 79 hommes et 68 femmes.

Par décrets du , du et du , le roi Charles-Albert de Savoie, par le statut albertin, accorde aux Juifs l'égalité complète des droits religieux et civils. Le ghetto est alors officiellement aboli, et les Juifs ont dorénavant la liberté de leur lieu de résidence. La communauté juive de Mondovi atteint son apogée avec deux cents membres à la fin du XIXe siècle.

À partir de cette date, son importance va rapidement décroître avec une forte immigration interne, principalement des jeunes vers les villes universitaires et les grands centres industriels de Turin et de Milan. Le dernier rabbin, Ferrucio Servio, quitte Mondovi en 1905 quand il ne reste plus que dix familles. La synagogue n'a jamais été électrifiée, avant sa récente restauration, et n'a été ouverte que brièvement en 1924 pour un mariage. En 1931, comme plusieurs autres petites communautés de la région, la communauté de Mondovi est rattachée à celle de Turin.

La période fasciste et la fin de la présence juive

Au second semestre 1938, plusieurs décrets signés par le chef du gouvernement Benito Mussolini et promulgués par le roi Victor-Emmanuel III, légitiment une vision raciste de la « question juive ». L'ensemble de ces décrets et documents cités constituent l'ensemble des Leggi razziali (lois raciales). À cette date, seulement onze juifs vivent encore à Mondovi. Ceux-ci sont alors systématiquement persécutés, sans qu'il n'en résulte aucune manifestation publique de protestation ou de solidarité. En septembre, Delfina Ortona, professeur de littérature au collège est congédié. Quelques mois plus tard, la famille Bassani perd le contrôle de l'aciérie dont elle est propriétaire. Marco Levi, directeur et copropriétaire de l'usine de céramique Besio, est obligé de vendre ses parts aux actionnaires non-juifs, et de démissionner. Moïse Levi met sa banque en liquidation, et celle-ci est rachetée par la Banco Popolare di Novara.

Après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, de nombreux Juifs se réfugient à Mondovi. Leur présence est minutieusement vérifiée par le commissaire préfectoral, qui, après l'invasion allemande du nord de l'Italie, transmettra ses dossiers au commandant allemand de la place, Schmidt. La perception d'un danger imminent conduit la majorité des Juifs à trouver refuge et protection dans les grandes villes ou à la campagne auprès de justes, civils ou religieux.

Seul le professeur Delfina Ortona est arrêté et interné au camp de concentration de Borgo San Dalmazzo, et déporté le au camp de Fossoli puis à Auschwitz, où il est assassiné à l'arrivée[2].

Les persécutions fascistes puis nazies balayent les derniers vestiges de la présence juive à Mondovi. Après la Seconde Guerre mondiale, il ne reste plus qu'un seul Juif, l'entrepreneur et banquier Marco Levi, propriétaire de l'usine de céramique Besio. Célibataire et sans enfants, il décède en 2001. Dix ans avant sa mort, il fonde le Musée de la céramique de Mondovi[3].

La synagogue

Notes

Références

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