Syndrome IPEX
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| Syndrome IPEX | |
| Classification et ressources externes | |
| CIM-10 | GroupMajor.minor |
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| CIM-9 | ? |
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Le syndrome d'immunodérégulation, de polyendocrinopathie et d'entéropathie lié au chromosome X appelé syndrome IPEX est une maladie rare associant un déficit immunitaire, une polyendocrinopathie et une entéropathie. C'est une affection récessive liée à une mutation du gène FOXP3 situé sur le chromosome X. Cette mutation provoque un défaut de régulation de la réponse immunitaire induisant des atteintes auto-immunes, des réactions allergiques dues à l'absence d'une population de lymphocytes : les lymphocytes T régulateurs.
En 1949, le caractère « Scurfy » est apparu spontanément au sein d'une lignée murine. Il s'agit d'un caractère transmis de façon récessive lié au chromosome X. Les souris montrent des symptômes proches de ceux de l'IPEX comme des atteintes cutanées et digestives, et meurent de façon précoce aux alentours du vingt-quatrième jours de vie. Les souris « Scurfy » constituent ainsi un modèle animal de la maladie[1].
En 1982, Powell et al.[2] ont fait des études génétiques sur des familles atteintes par le syndrome. Ils ont ainsi montré que cette maladie est liée au chromosome X.
En 2001, des études de liaison dans les familles atteintes et les travaux chez la souris scurfy ont abouti à l'identification du locus foxp3 sur le chromosome X[3].
Population touchée
Cette maladie se manifeste toujours chez le jeune garçon. Elle apparaît le plus souvent au cours du premier mois de vie et peut être très rapidement fatale pour le nourrisson. Les enfants dont la maladie ne s'est pas développée dès la naissance ont une espérance de vie qui dépasse rarement 8 ans.
Symptômes
Le syndrome IPEX provoque les symptômes[4] suivants :
- Une diarrhée profuse, liquidienne, sécrétoire et rarement glairo-sanglante, causant un retard important de croissance staturo-pondérale.
- Une dermatite de type atopique et diffuse, pouvant être de type psoriasis, ichtyose ou eczéma[5].
- Un diabète insulinodépendant de type I.
- Apparition de complications infectieuses ou virales.
Ces symptômes sont souvent associés à des signes d'auto-immunité comme des anémies hémolytiques, des troubles hydroélectriques, des hyper ou hypothyroïdies, une atteinte rénale, une alopécie[5]. Tous ces symptômes sont liés à une présence anormale d'auto-anticorps dans l'organisme. Cette maladie est proche d'autres syndromes atteignant le système immunitaire comme le syndrome de Wiskott-Aldrich.
Diagnostic
Le diagnostic est effectué à partir du tableau clinique observé chez l'enfant. La découverte néonatale de diabète de type I, de diarrhées graves couplées à l'apparition d'eczéma, de signes d'auto-immunité (présence d'auto-anticorps notamment contre l'harmonine et la villine[6], deux protéines exprimées dans le rein et le tube digestif, ce qui pourrait en expliquer les symptômes) entraînera un bilan immunologique et une recherche de mutation du gène FOXP3. D'autres examens comme une coloscopie accompagnée de biopsies, une recherche de diabète de type I, un dosage des IgE en plus du bilan immunitaire standard, permettront de confirmer le diagnostic.
Traitements et perspectives
- Traitements des symptômes :
- un traitement endocrinien (insulinothérapie par exemple)
- des transfusions sanguines
- une rééquilibration hydroélectrolytique intaveineuse pour compenser les pertes diarrhéiques
- une alimentation parentérale exclusive
une immunosuppression médicamenteuse pour diminuer les réactions auto-immunes et allergiques. Ce traitement présente une toxicité à long terme et l'augmentation d'infections opportunistes ainsi que des risques de récidive de la maladie[7].
La greffe de moelle osseuse permet d'apporter des cellules souches saines capables de se différencier en lymphocytes T régulateurs fonctionnels et donc de restaurer, en théorie définitivement, la régulation normale des réponses immunitaires[8]. Elle constitue la meilleure option thérapeutique chez les patients ayant peu d'atteinte des organes[9], même si les effets secondaires liés à la prise d'immunosuppresseurs sont non négligeables (toxicité, sensibilité aux infections, maladie du greffon contre l'hôte,...).
- Perspective : la thérapie génique
Elle viserait à substituer le gène foxp3 défectueux du patient par un gène foxp3 fonctionnel au sein des cellules souches hématopoïétiques.
