Chromosome X
chromosome sexuel
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Le chromosome X est l'un des deux chromosomes sexuels de l'être humain et de certains animaux (l'autre chromosome sexuel étant le chromosome Y). Il fait partie du système XY de détermination sexuelle.

Caractéristiques du chromosome X humain
L'image ci-contre illustre la richesse génétique du chromosome X à comparer avec le chromosome Y. La zone en vert localise le centre de l'inactivation.
- Nombre de paires de bases : 154 824 264
- Nombre de gènes : 931
- Nombre de gènes connus : 766
- Nombre de pseudogènes : 380
- Nombre de variations des nucléotides (polymorphismes nucléotidiques) : 320 997
Le chromosome X humain présente deux propriétés inhabituelles :
- chez les individus XX (les femmes), une inactivation réduit au silence l'un des deux chromosomes X, assurant ainsi que l'activité des gènes liés au chromosome X est équivalente à celle des individus XY (les hommes) ;
- environ 30 % du chromosome X est constitué d'éléments transposables de type LINE-1 (rétrotransposons L1), le double de la proportion moyenne observée dans les autosomes. En 1998 on a émis l'hypothèse que ces séquences L1 pourraient faciliter l'inactivation, mais en 2026 on a montré que ce sont au contraire les particularités de la réplication de l'ADN qui font du chromosome X inactivé un « refuge » favorable à de nouvelles insertions d'éléments L1[1].
Inactivation du chromosome X ou lyonisation
Les hommes ont un seul chromosome X et les femmes deux chromosomes X. Ce chromosome X supplémentaire n'aboutit pas à une « surproduction » des protéines codées par ce chromosome. Par exemple, les facteurs de coagulations comme le facteur VIII est codé par un gène situé sur le chromosome X. Les femmes ne possèdent pas pour autant deux fois plus de facteur VIII.
Il existe donc chez les femmes une inactivation de l'un des deux chromosomes[2] qui prend une forme condensée et visible, le corpuscule de Barr ou corps de Barr. Ce « corpuscule » se situe généralement dans le noyau de la cellule, sous la membrane interne de l'enveloppe nucléaire.
Le processus d’inactivation est épigénétique et aléatoire, se faisant au stade précoce du blastocyste, et se transmet d'une génération cellulaire à l'autre. La moitié des cellules de la femme sont sous la dépendance du chromosome X paternel et l'autre moitié sous la dépendance du chromosome X maternel. Les tissus somatiques féminins sont des mosaïques génétiques[3].
Ce processus d’inactivation a été soupçonné par Mary F. Lyon en 1961 et est aussi parfois appelé « lyonisation ».
Pour comprendre certains mécanismes, il est important de savoir que le chromosome X est inactivé par un centre d'inactivation (situé sur le chromosome X) : quand celui-ci sera inactivé, des enzymes vont aller sur le centre d'inactivation et se propager le long du chromosome pour inactiver la plupart des gènes.
Par conséquent, si un des deux chromosomes X subit une translocation avec, par exemple, le chromosome 21 alors, dans les cellules où le chromosome X inactivé est celui touché par la translocation, une partie du chromosome 21 sera inactivée tandis qu'une autre partie du chromosome X ne le sera pas.
Anomalies chromosomiques décrites au niveau du chromosome X
- Syndrome de Klinefelter : 47,XXY
- Syndrome triple X : 47,XXX ou trisomie X
- Syndrome de Turner : 45,X
- Duplication du gène MECP2
- Délétions impliquant le gène SHOX
- Ichtyose lié à l'X (X-linked_ichthyosis (en)) par délétion du gène STS
- Incontinentia pigmenti due à la mutation du gène nemo
Gènes localisés sur le chromosome X
De nombreux gènes situés sur le chromosome X sont en cause dans des retards mentaux, ce qui pourrait expliquer, entre autres, qu'il y ait davantage de garçons porteurs d'un handicap mental que de filles[a]. Par contre, l'incontinentia pigmenti est une pathologie essentiellement féminine.
| Gène | Nom | Locus | Syndromes associés |
|---|---|---|---|
| Retards mentaux syndromiques | |||
| FMR1 | Xq27.3 | Syndrome de l'X fragile (site FRAXA) | |
| ARX | Xp22.1 | Syndrome de Partington, syndrome XLAG (X-linked lissencephaly with abnormal genitalia) ou « syndrome de Berry-Kravis », Syndrome de Proud, spasmes infantiles liés à l'X (syndrome de West) | |
| MECP2 | Xq28 | Syndrome de Rett, syndrome de la duplication du gène MECP2, PPM-X (psychosis, pyramidal signs, macroorchidism),
retard mental avec spasticité (Meloni) | |
| NEMO | Xq28 | Code la protéine NEMO (IKKg), sa mutation est responsable de l'Incontinentia pigmenti | |
| CDKL5 | STK9 | Xp22 | Variant du syndrome de Rett, crises partielles précoces +/- spasmes infantiles (syndrome de West)
ISSX |
| PQBP1 | Xp11.23 | Renpenning syndrome, Sutherland syndrome, Golabi-Ito-Hall syndrome | |
| XNP | Xq13.3 | Syndrome ATR-X (alpha thalassémie RM lié à l’X) Syndrome de Juberg-Marsidi, Syndrome de Chudley-Lowry,Syndrome de Smith-Fineman-Myers, Syndrome de Carpenter-Waziri, Syndrome de Holmes-Gang, Syndrome de Martinez | |
| JARID1C/ SMCX | Xp11.22 | Microcéphalie | |
| DCX | Xq23 | Syndrome SCLH (subcortical laminar heterotopia), XLIS | |
| OPHN1 | Xq12 | Retard mental lié à l’X avec hypoplasie cérébelleuse | |
| PHF8 | Xp11.22 | Syndrome de Siderius-Hamel | |
| PHF6 | Syndrome de Borjeson-Forssman-Lehmann | ||
| Gènes causant un RM non syndromique (pour le moment) | |||
| FMR2 | X fragile site FRAXE (RM non spécifique léger) | ||
| GDI1 | |||
| AGTR2 | |||
| ZNF41, ZNF 81, ZNF 674 | Gènes des Zinc finger proteins | ||
| IL1RAPL1 | Interleukine 1 receptor accessory protein like 1 | ||
| TM4SF2/TSPAN7 tétraspanine 7 | |||
| DLG3 | |||
| FTSJ1 | |||
| FACL4 | |||
| PAK3 | |||
| MECP2 | Syndrome de Rett[4] | ||
| SLC6A8 | Xq28 | Déficit en transporteur de la créatine | |
| PLS3 | Plastine 3 | ||
| FUNDC1 | |||
| Tous les autres… | |||
Source : Pr des Portes[pas clair], décembre 2006.
Maladies localisées sur le chromosome X
- La nomenclature utilisée pour localiser un gène est décrite dans l'article de celui-ci
- Les maladies en rapport avec des anomalies génétiques localisées sur le chromosome X sont :
