Sôtan-gitsune
From Wikipedia, the free encyclopedia

Sôtan-gitsune (宗旦狐?, « le renard-Sōtan ») est un renard métamorphe (化け狐, bake-kitsune?) dont la légende est transmise au temple Shōkoku dans l’arrondissement de Kamigyō à Kyoto. Comme son nom l’indique, il aurait pris l’apparence de Sen Sōtan, personnalité pionnière de Lignée des Sen (ja) dans le domaine de la cérémonie du thé. Ce renard serait ainsi apparu à plusieurs reprises dans des cérémonies du thé[1].
Un jour, une cérémonie du thé conduite par Sen Sōtan fut organisée au temple Shōkoku. Sa manière d’assurer les préparations pour la cérémonie (点前, temae?) était si remarquable que non seulement les invités présents, mais même ses disciples, pourtant habitués à le voir pratiquer, en furent toujours autant fascinés. Cependant, après que Sōtan eut quitté les lieux, celui-ci réapparut, s’excusant d’être arrivé en retard. Comme cette situation se reproduisit à plusieurs reprises, les disciples en vinrent à soupçonner l’existence d’un faux Sōtan[2].
Quelque temps plus tard, profitant de la présence du véritable Sōtan chez lui, les disciples confrontèrent l’autre Sōtan dans la salle destinée à la cérémonie. Celui-ci dû admettre qu’il était un imposteur : il déclara être un vieux renard (古狐, furugitsune?) vivant dans les bosquets aux abords du temple, admirant depuis longtemps l’art du thé de Sōtan et souhaitant un jour pouvoir l’imiter. Il promit de ne plus causer d’ennuis, reprit sa forme animale et s’enfuit. Les disciples, impressionnés par les manières du canidé, ne se lancèrent pas à sa poursuite[3].
Le temps passa, arriva la fin de la période Édo. Le renard prit alors l’apparence d’un jeune moine itinérant (雲水, unsui?) pour étudier au temple. Il pratiquait la méditation assise avec les autres moines, participait à la quête d’aumône (托鉢, takuhatsu?) et, parfois, apportait son aide pour redresser les finances du monastère. On le voyait aussi jouer au go devant le portail du temple. Pris par la partie, il arrivait qu’il laisse apparaître sa queue de renard, mais les habitants, sachant sa véritable nature, continuaient de le fréquenter sans le rejeter[3].
Un été, durant la fête des morts (お盆, Obon?), un marchand de tofu du quartier se retrouva presque en faillite. Le renard apporta de nombreuses feuilles de lotus, lui conseillant de les vendre pour acheter du soja. Grâce à cela, la boutique fut sauvée. Le marchand voulut remercier son bienfaiteur en lui préparant un mets réputé être apprécié des renards : des tempura à base de rongeur. Mais le goupil refusa, disant que manger cela lui ferait perdre ses pouvoirs, mais ses yeux restaient irrésistiblement fixés sur le plat, et il finit par le goûter. Aussitôt, il reprit sa forme animale. Des chiens du voisinage se mirent alors à aboyer. En fuyant dans la panique, il glissa et tomba dans un puits, où il trouva la mort[4]. Une autre version affirme qu’il aurait été abattu par un chasseur[5], ou encore qu’ayant pressenti sa fin, il aurait donné une dernière cérémonie du thé avant de se retirer[1].
Ému par la fidélité du renard qui avait tant œuvré au bien du temple, les adeptes lui fit ériger un sanctuaire sous le nom de Sōtan Inari (宗旦稲荷?) et en fit le protecteur du pavillon monastique. Aujourd’hui encore, le sanctuaire est encore utilisé pour la vénération dans l’enceinte du temple[2].
Notes et références
- (jp) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en japonais intitulé « 宗旦狐 » (voir la liste des auteurs).
Bibliographie
- (ja) 健司 村上, 京都妖怪紀行 - 地図でめぐる不思議・伝説地案内, 角川書店, coll. « 角川oneテーマ21 », (ISBN 4-047-10108-7)
- (ja) 頼寿 井上, 京都民俗志, 岡書院, , 416-417 p. (lire en ligne)
- (ja) 日本博学倶楽部, お江戸の「都市伝説」, PHP研究所, , 46-47 p. (ISBN 978-4-569-66995-3)
- (ja) 和雄 福井, « 千宗旦とキツネ », 上京・史蹟と文化, 上京区文化振興会, vol. 49, , p. 7-9 (lire en ligne)
- (ja) 敏明 蔵田, 京都魔界探訪 : 古都一二〇〇年の歴史に潜む怨霊と妖魔の痕跡を辿る, 扶桑社, coll. « 扶桑社ムック », (ISBN 978-4-594-61095-1), p. 56
Voir aussi
| Textes fondateurs | ||
|---|---|---|
| Héros et personnages célèbres | ||
| Divinités | ||
| Créatures légendaires |
|
|
| Lieux sacrés | ||