Sœur Marie Stella
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Sœur Marie Stella Kouak, parfois appelée Sœur Marie Stella de l’Incarnation, née le à Dapaong (région des Savanes, Togo), est une religieuse hospitalière catholique togolaise, infirmière de formation et fondatrice de l’association « Vivre dans l’Espérance » (VIE), engagée dans la prise en charge des personnes vivant avec le VIH/sida et des orphelins du sida au Togo. Elle est parfois surnommée par les médias « la religieuse aux mille enfants » ou « sœur SIDA », en référence à son action sociale et sanitaire[1].
Jeunesse et formation
Marie Stella Kouak est née à Dapaong dans une famille nombreuse. Son père est instituteur. En raison des difficultés économiques familiales, elle est confiée dans son enfance à des proches, puis prise en charge par l’une de ses sœurs, infirmière, qui influence son orientation professionnelle. En 1990, elle entre chez les Augustines hospitalières de Saint-Amand-les-Eaux, devenant la première novice africaine de cette congrégation présente à Dapaong depuis 1962. Elle poursuit des études d’infirmière en Belgique et complète sa formation religieuse en France, tout en suivant un enseignement théologique. Durant cette période, elle est confrontée personnellement à la question du VIH/SIDA, notamment à travers la maladie et le décès de son frère, expérience qui marquera durablement son engagement[2],[3],[1],[4].
Engagement sanitaire et social
Retour au Togo et constat sanitaire
De retour au Togo en 1998, Sœur Marie Stella est affectée à l’hôpital pédiatrique Yendube de Dapaong. Elle observe alors une augmentation du nombre d’enfants souffrant de malnutrition et porteurs du VIH, souvent contaminés à la naissance. À cette époque, la région ne dispose que de peu de structures de prise en charge et les personnes séropositives sont fréquemment victimes de stigmatisation sociale[1],[5],[4].
Création de Vivre dans l’Espérance
Le , elle fonde l’association Vivre dans l’Espérance (VIE), avec le soutien de sa congrégation et de bénévoles laïcs togolais. L’association se donne pour missions de la prise en charge médicale et psychosociale des personnes vivant avec le VIH, l’accompagnement des orphelins du sida, la prévention et la sensibilisation contre le VIH et la lutte contre les discriminations liées à la séropositivité. L’association devient par la suite une ONG reconnue par les autorités togolaises[1],[6],[5],[4].
Développement des structures
Sous la direction de Sœur Marie Stella, VIE met progressivement en place plusieurs structures : des actions mobiles de dépistage et de suivi en milieu rural, un dispensaire, devenu par la suite l’hôpital Maguy, ouvert à l’ensemble de la population, des maisons d’accueil pour enfants, des dispositifs de placement en familles élargies, des projets éducatifs, agricoles et de formation professionnelle. Selon les données communiquées par l’association et reprises par la presse, plus de 5 000 orphelins du SIDA ont été accompagnés depuis la création de VIE, et plusieurs milliers de patients VIH suivis médicalement dans la région des Savanes[1],[6],[5],[4].
Approche et convictions
Sœur Marie Stella affirme inscrire son action dans une démarche inspirée par la foi chrétienne, tout en travaillant avec des personnes de toutes confessions et origines sociales. Son engagement repose sur une approche combinant soins médicaux, accompagnement social, éducation et sensibilisation communautaire[3],[6],[5].
Publications
Elle a coécrit avec la journaliste Sophie Laurant :
- 2013: Vivre dans l’Espérance, Bayard Éditions
- 2021: Notre combat nous grandit, Bayard Éditions[7]