Tanio

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Autres nomsLorraine
StatutNaufrage en 1980
Tanio
illustration de Tanio
Proue du navire Tanio en train de sombrer.

Autres noms Lorraine
Type Pétrolier
Histoire
Lancement 1958
Statut Naufrage en 1980
Équipage
Équipage 39 marins lors du naufrage
Caractéristiques techniques
Longueur 191,9 mètres
Tirant d'eau 10,6 mètres
Carrière
Armateur Petromad
Pavillon Madagascar
IMO 5212397

Le Tanio est un pétrolier malgache, lancé en 1958 sous le nom de Lorraine, rebaptisé en 1974, qui a fait naufrage le au large de la côte nord du Finistère. L'accident entraîne une marée noire, catastrophe environnementale majeure sur les côtes bretonnes, la mort de quatre membres d'équipage et la disparition de quatre autres, dont le capitaine. 31 autres marins sont secourus par hélitreuillage[1]. La catastrophe du Tanio est la dernière d'une série de marées-noires en Bretagne dans les années 1970.

En 2024, le naufrage du Tanio provoque toujours des pollutions occasionnelles significatives, dues aux fuites de l'épave[2].

Le navire Lorraine en 1974, avant d'être rebaptisé Tanio.

Lors de son dernier voyage, le Tanio réalise une livraison entre Wilhelmshaven en Allemagne de l'Ouest et Civitavecchia en Italie de 25 972 tonnes de fioul no 2 (fioul à haute teneur en souffre, type IFO 380, très visqueux), réparties dans 33 citernes. Le navire transporte également 740 tonnes de fioul no 1 et 170 tonnes de diesel pour sa propulsion[1]. Il est équipé par l'armateur Petromad (société malgache de transport pétrolier), le propriétaire du navire étant la société Loca-France International Leasing dans un montage juridique complexe impliquant les sociétés Cruz del Sol (Panama), le Groupe Worms (France), Petromer (Bordeaux), Gardelia (Panama) et Elf-Allemagne[3].

Le vendredi , vers 6 h 30 du matin, le Tanio est au large de l'île de Batz quand il se casse en deux à la suite d'une avarie, alors qu'il traverse une tempête avec des vents de force 9 à 11 sur l'échelle de Beaufort selon les sources. La partie avant dans laquelle se trouvent huit hommes d'équipage coule assez vite, entraînant les marins avec elle. La partie arrière se maintient à flot. L'arrivée d'un premier hélicoptère Super-Frelon à 8 h 32 permet d'hélitreuiller les trente et un membres d'équipage restés sur la partie arrière du navire.

L'origine de l'avarie reste en 2024 inexpliquée. Le Tanio s'était vu attribuer la plus haute cote de sécurité par la société Veritas en septembre 1979 et le gros temps ne peut être seul la cause d'une telle rupture du navire.

Les remorqueurs de haute mer Abeille Flandre et Abeille Languedoc sont envoyés pour porter assistance au pétrolier, en particulier pour empêcher la dérive sur les rochers de la partie arrière du navire, encore flottante. Ils arrivent sur site à 15 h et 20 h. Au lendemain matin du naufrage, Jean Bulot, commandant de l'Abeille Languedoc, décide d'envoyer par voie marine deux hommes d'équipage à bord du Tanio dérivant pour établir la remorque, l'hélicoptère de l'armée se faisant attendre. L'opération est donc effectuée en embarcation légère, au péril de la vie des marins, dans une houle de 6 à 7 mètres. La partie dérivante du Tanio est située à un demi-mille marin des Roches Douvres lors de sa prise en charge en remorque, à 11 h 7 le samedi . La destination du remorquage est incertaine jusqu'au lundi , aucun port ne souhaitant accueillir le navire en remorque chargé de 7 500 tonnes de fioul. Les marins de l’Abeille Languedoc remorquant le Tanio doivent attendre 36 heures à distance des côtes avant que la destination ne soit fixée au port du Havre, où ils arrivent le , mais ne peuvent accoster que le [4],[5]. Le , 7 530 tonnes de fuel no 2 et 511 tonnes de fuel no 1 (de propulsion) ont été extraites de la partie arrière du Tanio dans le port du Havre.

Plus tard[Quand ?], des experts du ministère des Transports ont souligné des réparations grossières de fissures dans les cuves du Tanio, simplement colmatées à l'aide de ciment, lors de leur inspection de la partie arrière de l'épave, en cale sèche[réf. nécessaire].

L'épave de la partie avant, immergée entre 80 et 90 mètres de profondeur, est d'abord colmatée entre le et le . Elle est ensuite vidée de 5 100 tonnes de fioul par des opérations de pompage dans les mois qui suivent le naufrage. Ces opérations prennent fin le . Une quantité inconnue de fioul reste piégée dans l'épave et il a été établi par le CEDRE qu'il s'en échappe encore en 2020[6] et 2024[2].

Catastrophe écologique

Crise sociale et politique

Annexes

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