Taybeh

ville de Cisjordanie située à 30 kilomètres au nord de Jérusalem From Wikipedia, the free encyclopedia

Taybeh, en arabe : الطيبة, est une petite ville de Cisjordanie, dans les Territoires palestiniens occupés, située à 30 kilomètres au nord de Jérusalem et à 12 kilomètres au nord-est de Ramallah. Elle est dans une zone sous administration civile de l'Autorité palestinienne.

MaireDaoud Canaan Khoury
Population1 452 hab. (2010)
Faits en bref Administration, Pays ...
Taybeh
الطيبة
Taybeh
Vue d'ensemble de la ville
Administration
Pays Drapeau de la Palestine Palestine
Gouvernorat Ramallah-Al Bireh
Maire Daoud Canaan Khoury
Démographie
Population 1 452 hab. (2010)
Géographie
Coordonnées 31° 57′ 16″ nord, 35° 18′ 01″ est
Altitude 850 m
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Palestine
Voir sur la carte administrative de Palestine
Taybeh
Liens
Site web http://www.taybehmunicipality.org
    Fermer

    La ville a la particularité d'être encore une localité entièrement chrétienne depuis les premiers temps de l'Église. Elle est considérée comme étant le lieu biblique de la tribu des Benjamin[1] et celui d'Éphraïm dans le Nouveau Testament et aurait changé son nom en Taybeh (ce qui signifie délicieux) au XIIe siècle. Taybeh fait partie du gouvernorat de Ramallah.

    Histoire

    Antiquité

    Selon l'Évangile de saint Jean, Jésus-Christ se serait retiré ici quelque temps avec ses disciples, après la résurrection de Lazare, car les Pharisiens avaient l'intention de le tuer. Le Christ ne serait plus paru en public et aurait demeuré à Éphraïm[2], avant de se rendre dans le désert à huit kilomètres sur une colline, afin de prier et jeûner pendant quarante jours.

    L'impératrice Hélène (mère de Constantin) est venue ici avec un grand campement pendant son pèlerinage en Terre sainte, ordonnant l'édification d'une église sur la colline de Saint-Gédéon[réf. nécessaire]. Une église dédiée à saint Georges est construite au Ve siècle, dont on peut encore admirer les vestiges et qui fait toujours l'objet de fouilles[réf. nécessaire].

    Moyen-âge

    Une autre église est construite par les croisés du royaume de Jérusalem et en Baudouin IV de Jérusalem donne le fort de Saint-Élie, qui se trouve sur une colline au-dessus du village, à Boniface de Montferrat[réf. nécessaire].

    Époque contemporaine

    Le village a été victime d'un pogrom en [3], lorsqu'une employée musulmane de 23 ans habitant le village voisin de Deir Jarir et travaillant à Taybeh dans l'atelier de couture d'un chrétien est tombée enceinte. Elle est retrouvée morte empoisonnée le . Il est établi plus tard qu'elle a été empoisonnée par des membres de sa famille pour accomplir un « crime d'honneur »[4]. En attendant les villageois de Deir Jarir accusent ceux de Taybeh et se répandent pendant deux jours à Taybeh brûlant les maisons des membres de la famille de l'employeur, sans que la police israélienne n'intervienne, tandis que la police palestinienne est retardée par le passage de plusieurs check-points, malgré la demande du consul américain aux autorités israéliennes de leur faciliter le passage. La situation s'apaise grâce à l'intervention des autorités religieuses chrétiennes locales et les conseils des anciens des deux localités[réf. nécessaire].

    Fin , les habitants du village sont harcelés par des colons israéliens, qui allument des incendies, dont un contre une église datant du Ve siècle[5]. De même, trois civils palestiniens sont tués par l'armée israélienne[6],[7].

    Population et société

    Démographie

    Le recensement de à l'époque de la Palestine mandataire donne une population de 1 038 chrétiens et 87 musulmans[réf. nécessaire].

    Taybeh avait une population avoisinant 4 000 habitants en , mais depuis l'occupation par l'armée israélienne, les conditions économiques se sont dégradées et la population est tombée à 2 000 habitants, la main-d'œuvre devant s'employer ailleurs. Des colonies juives se sont installées aux abords, comme celles de Ma'ale Efraim, Ofra, Rimmounim et Ammon (depuis ), provoquant la confiscation de terres et l'interdiction de circuler sur certaines routes pour les Palestiniens[réf. nécessaire].

    Enseignement

    Taybeh possède deux écoles principales primaires et secondaires, l'une dépendant du patriarcat orthodoxe de Jérusalem, l'autre d'une congrégation catholique. Elles scolarisent en tout près de 700 élèves[réf. nécessaire].

    Un atelier-école de tailleurs-sculpteurs de pierre s'est formé à l'initiative d'une association française[8].

    Économie

    Activité industrielle et agricole

    L'endroit était essentiellement agricole, jusqu'à une vingtaine d'années et son économie était concentrée autour de la culture de l'olivier, du figuier et de l'abricotier, ainsi que de la vigne. On y fabrique aussi des fromages réputés[réf. nécessaire]. Taybeh est connu de même comme le seul lieu en Palestine possédant une brasserie. La bière de Taybeh est appréciée par la population locale, avec une variété sans alcool pour la clientèle musulmane. La Brasserie Taybeh (Taybeh Brewery) a été fondée fin 1993 par la famille Khoury[9]. Une Oktoberfest se tient tous les ans à Taybeh, ce qui attire les touristes amateurs de bière[réf. nécessaire].

    Culture locale et patrimoine

    Lieux et monuments

    Églises de Taybeh

    Personnalités liées à la commune

    Charles de Foucauld

    Charles de Foucauld, béatifié en , a visité Taybeh en pendant son premier pèlerinage en Terre sainte. Il y est retourné en et cela l'a mené à écrire Huit jours à Ephrem, retraite de 1898, du lundi après le IVe dimanche de Carême au lundi après le Ve dimanche de Carême (soit du 14 au ). Sa retraite à Taybeh/Ephrem, notamment auprès des ruines de l'église Saint-Georges, a inspiré quarante-cinq pages de ses Écrits spirituels[réf. nécessaire].

    Le Centre de pèlerinage Charles-de-Foucauld, hôtellerie pour pèlerins, a ouvert à Taybeh en , à l'initiative des chevaliers de l'ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem[10].

    Galerie

    Voir aussi

    Bibliographie

    • Pierre Medebielle, scj, Ephrem-Taybeh et son histoire chrétienne, Jérusalem, Imprimerie du patriarcat latin, 1993

    Articles connexes

    Sur les autres projets Wikimedia :

    Liens externes

    Notes et références

    Related Articles

    Wikiwand AI