Technique du piano
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Technique physique du piano
Doigts

Les pianistes posent leurs doigts sur le clavier de plusieurs façons : à plat ou arrondis, recroquevillés, étendus. Certains semblent utiliser surtout les poignets ou les bras, les doigts ayant une moindre importance.
Les doigts arrondis ont une plus grande précision, ils rendent le son plus net, voire sec. On appelle cela le « jeu perlé, brillant ». Les doigts à plat sur le piano ou légèrement sur-inclinés rendent un son plus clair, plus fort, et plus coloré[1].
L'abaissement du doigt sur le clavier est appelé l'attaque. C'est une tension du muscle dans la paume, immédiatement suivie d'une détente.

Poignet
Le poignet joue un rôle primordial. Avec le bras et l'épaule, il garanti la souplesse des gestes et la fluidité de la musique.
Épaules
Les épaules détendues jouent un rôle dans la souplesse générale. Elles donnent de la puissance aux accords et aux passages fortissimo, que l'on peut jouer légèrement penché vers l'avant (dos toujours droit) et en transmettant tout le poids du haut du corps au bras par les épaules.

Particularités techniques du piano
Doigtés
Le doigté consiste à choisir quel doigt jouera quelle note dans un passage donné. Un bon doigté permet de jouer le plus confortablement possible. Il permet d'interpréter un passage avec aisance. Debussy ne mettait pas de doigté dans la musique qu'il éditait. Comme il le dit dans la préface de ses douze études pour piano, c'est à l'interprète de découvrir quel doigté lui convient le mieux et non pas à l'éditeur d'influencer de quelque façon que ce soit le jeu du pianiste par un doigté suggéré.[réf. nécessaire]
Chopin, par contre, prescrivait certains doigtés car ils utilisaient selon lui des caractéristiques particulières à chaque doigt. Il recommandait les doigtés non seulement pour la facilité d'exécution, mais aussi en tant qu'aide à produire certaines qualités de timbre et de son.[réf. nécessaire]
Équilibre sonore des deux mains
Le problème de l'équilibre sonore des deux mains vient d'un constat : la majeure partie de la musique pour piano est écrite pour la main droite.
Comme on utilise aussi la main gauche, il faut trouver un équilibre. La main gauche, quand elle est juste un accompagnement (accords, arpèges…) ne doit pas prendre le dessus sur la mélodie, jouée par la main droite.
Certains morceaux demandent autre chose : les morceaux polyphoniques (fugues, inventions à plusieurs voix, canons…) nécessitent un travail sur les plans sonores. Il s'agit de choisi ce que l'on doit faire entendre. On travaille alors voix par voix. Ensuite, on joue ensemble deux puis trois voix jusqu'à ce que l'on ait trouvé un équilibre. Il se fait en fonction des phrases, des enchaînements, des articulations et de la sensibilité de l'interprète.
Enfin, les œuvres plus importantes sont écrites aussi bien pour la main gauche que pour la main droite. Dans l'Étude révolutionnaire de Chopin, le thème est à la main droite, mais la main gauche balaye le clavier : il faut avoir une parfaite égalité main gauche / main droite.
Techniques liées aux styles musicaux
Les œuvres pour piano de la période classique, Mozart et Haydn, ne demandent pas une technique particulière. Presque toujours, les mêmes motifs techniques se retrouvent. Le jeu dans Mozart et Haydn consiste en un toucher clair, lumineux, et d'une extrême précision.
Techniques du piano romantique
Les techniques, dans les œuvres pour piano de la musique romantique, résident principalement dans leurs styles. Les pièces romantiques sont souvent très « bémolisées » : Liszt, Chopin apprécient ces tonalités, peu employées avant eux.
Certaines œuvres de Chopin se caractérisent par l'indépendance des mains : elles présentent un rythme binaire à la main droite, et ternaire à la main gauche (le Nocturne opus 72 (en)), voire des groupes de 11 ou 20 notes à la main droite tandis que la main gauche joue des croches (le Nocturne opus 9 no 1).
Techniques du piano impressionniste
L'exécution d'une œuvre, comme Clair de Lune de la Suite bergamasque de Debussy, exige une complémentarité entre le jeu des deux mains, ainsi qu'une fluidité de la main gauche.
La difficulté d'une pièce de Debussy (même dans ses morceaux les plus simples, apparemment), est de créer une ambiance et des couleurs sonores, propres au caractère de l'œuvre.
Méthodes pour apprendre le piano
Compositeurs et la jeunesse : albums
Jean-Sébastien Bach
Bach a consacré de nombreuses compositions à l'éducation de ses enfants. Ces petites pièces en contrepoint sont de difficultés variables, elles abordent autant les difficultés techniques que les difficultés musicales. Schumann recommandait le travail assidu de Bach pour acquérir une bonne technique pianistique.
- Petits préludes et fugues
- Le petit livre d'Anna Magdalena Bach
- Inventions à deux et trois voix
- Le Clavier bien tempéré
Wolfgang Amadeus Mozart
Mozart n'a pas directement écrit de pièces pour la jeunesse. Ses propres compositions d'enfant peuvent servir de pièces éducatives.
- Menuett kV 1 (1e) [1764]
- Menuett kV 2 [1762]
- Allegro kV 3 [1762]
- Menuett kV 4 [1762]
- Menuett kV 5 [1762]
- Allegro kV 9a [1764 ?]
- Klavierstück (Pièce de piano) kV 33B.
- Menuett kV 61 g II [1770]
- Menuett kV 94 [1769]
- Das Londoner Notebuch (Le carnet musical de Londres) kV Anhang 109 B Nr. 1 [1764]. Il s'agit d'un carnet musical du tout jeune Mozart, avec des compositions simples et variées.
Robert Schumann
Robert Schumann a composé un recueil de pièces pour la jeunesse. Elles sont souvent reprises dans les recueils des méthodes de piano. Quelques Sonates pour la jeunesse sont moins connues.
- Album für die Jugend (Album pour la jeunesse), op. 68
- Klaviersonaten für die Jugend (Sonates pour la jeunesse), op. 118
À la fin de chacune des éditions de l'Album pour la jeunesse, il a écrit de petits conseils très utiles. Schumann vénérait Bach et estimait que connaître le Clavier bien tempéré de Bach est un gage de qualité pour tous les pianistes.
Piotr Ilitch Tchaïkovski
Inspiré par Schumann, le compositeur russe compose un album pour la jeunesse en 24 pièces faciles.
- Album pour la jeunesse, op. 39
Claude Debussy
Les 6 pièces pour enfants de Claude Debussy sont difficiles à bien interpréter. Elles requièrent une technique affirmée. La première pièce du recueil Docteur Gradus ad Parnassum (pastiche des exercices de Muzio Clementi) reste un excellent exercice pour les doigts et la régularité du son.
- Children's corner. Petite suite pour piano. L 113 [1908]
Aram Khatchatourian
Ce compositeur russe arménien composa un recueil de 10 pièces pour la jeunesse, un peu mélancoliques, et de difficultés variables.
- Tableaux de l'enfance
Sergueï Prokofiev
La musique de Prokofiev pour enfants n'est pas techniquement des plus faciles, mais permet une bonne introduction à son style musical.
- Musique pour enfants, douze pièces faciles, op. 65 [1935]
Dmitri Chostakovitch
Dimitri Chostakovitch a composé un recueil de 10 danses dites « des poupées », parfaitement adaptées à un débutant. Ces pièces préparent l'oreille à une approche harmonique moderne.
- Danse des poupées
Béla Bartók
Avec Mikrokosmos et ses 153 pièces progressives, réparties en 6 volumes progressifs, Béla Bartók, a mis en place tout un projet pédagogique. Il passe en revue les problèmes techniques majeurs du piano (arpèges, octaves, gammes, phrasé, staccato, legato, etc.) et traite de tous les aspects sonores de la musique moderne (clusters, accords muets en résonance, dissonances, percussivité du piano, etc.). Les 3 premiers volumes sont destinés aux élèves débutants. Les pièces des volumes suivants (4 à 6) ne sont pas d'un abord musical facile, avec leurs fortes dissonances, leurs harmonies subtiles, leurs fréquents changements de mesure, leur tempo rapide, etc. Elles permettent de se faire une idée de la richesse musicale de la musique post-romantique.
- Mikrokosmos, volumes 1 à 6
- Pour les enfants, recueil de pièces pour piano en deux volumes. Le premier volume est basé sur des chansons hongroises, le second sur des chansons slovaques.
Professeurs et élèves : recueils et méthodes
Les manuels d'apprentissage du piano les plus courants sont des recueils de pièces sélectionnées par des pédagogues du piano en fonction de leur niveau de difficulté. La gradation de ces difficultés se fait de différentes manières :
- soit par l'indication du niveau estimé en termes de difficulté : « très facile », « facile », « assez facile », « petite moyenne force », « moyenne force », « assez difficile », « difficile », « très difficile » ;
- soit par l'indication d'un niveau de classe de conservatoire français : « Préparatoire 1 », « Préparatoire 2 », « Élémentaire 1 », « Élémentaire 2 », « Moyen 1 », « Moyen 2 »... ;
- soit par une numérotation progressive : volume 1, volume 2, volume 3, volume 4, etc.
Un recueil a marqué l'enseignement du piano en France : Les classiques favoris du piano de Théodore Lack, en 10 volumes, Éditions Henry Lemoine. Ces volumes présentent des partitions annotées par l'éditeur. Elles sont très précises du point de vue des nuances et du phrasé, sans oublier le doigté, les indications de pédales et de métronome. Théodore Lack affirme en préface que le texte original des compositeurs y est « scrupuleusement respecté » ; il dit aussi que « les œuvres des grands Maîtres d'autrefois […] parmi les plus justement célèbres » s'étendent de François Couperin à Franz Liszt, en passant par des « grands maîtres » un peu moins « célèbres » tels que Dussek, Steibelt, Czerny, Hummel… Ce livre reflète la pédagogie musicale et l'état de la recherche musicologique de l'époque.
De nos jours, les recueils progressifs d'apprentissage du piano proposent, à côté des grands maîtres classiques, des compositeurs modernes ou contemporains. Dans les manuels récents, les compositeurs sont Joaquin Turina, Arnold Schönberg, Luciano Berio, Bohuslav Martinů, Enrique Granados, Francis Poulenc, Emmanuel Chabrier, etc. Un regain d'intérêt pédagogique se porte sur les sonates de Domenico Cimarosa, connu pour ses opéras. Ces dix dernières années, des méthodes de piano classique en ligne ont fait leur apparition. Elles associent en général un apprentissage en format vidéo (cours de piano) et des applications pédagogiques de solfège ; des partitions et d'autres outils d’apprentissage sont aussi proposés.
Exercices techniques
Les albums pour la jeunesse et les recueils didactiques abordent les difficultés techniques du piano au travers d'œuvres musicales de qualité. Mais certains pédagogues ont préféré isoler les difficultés techniques et les extraire de tout contexte musical et de toute notion d'interprétation.
L'un des recueils, dans cette dernière perspective, est Le pianiste virtuose en 60 exercices, calculés pour acquérir l'agilité, l'indépendance, la force et la plus parfaite égalité des doigts ainsi que la souplesse des poignets de C. L. Hanon. Ces exercices concentrent toutes les difficultés rencontrées dans les œuvres des maîtres : gammes dans tous les tons majeurs et mineurs, arpèges, octaves, octaves brisés, tierces, sixtes, passages des pouces, tremolo, trille simple, trille double, trille quadruple, etc.
Johannes Brahms s'est également livré à ce type d'abstraction technique. Dans ses 51 exercices pour le piano, il confronte le pianiste à des difficultés techniques ponctuelles, isolées de tout contexte musical.

