Temple antique de Sanxay
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| Temple antique de Sanxay | |||||
Vue générale des vestiges depuis le nord. | |||||
| Localisation | |||||
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| Pays | |||||
| Commune | Sanxay | ||||
| Département | Vienne | ||||
| Région | Nouvelle-Aquitaine | ||||
| Protection | |||||
| Coordonnées | 46° 29′ 47″ nord, 0° 01′ 30″ est | ||||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Nouvelle-Aquitaine
Géolocalisation sur la carte : Vienne
Géolocalisation sur la carte : Rome antique
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Le temple antique de Sanxay est un édifice cultuel, construit et fréquenté pendant l'Antiquité, situé à proximité du hameau d'Herbord, sur le territoire de la commune française de Sanxay, dans le département de la Vienne (région Nouvelle-Aquitaine).
Avec un théâtre et des thermes à vocation thérapeutique, il est l'une des composantes encore visibles du site antique de Sanxay, qui est très vraisemblablement celui d'une agglomération secondaire pictone qui s'est développée à partir d'un sanctuaire des eaux daté de l'époque augustenne. Il est construit dans la seconde moitié du Ier siècle et, comme l'ensemble du site, fréquenté jusque dans le courant du IIIe siècle.
Il est construit sur le plan général d'un fanum (temple à plan centré), mais il se distingue par sa cella octogonale entourée d'une galerie péristyle en forme de croix grecque, au centre d'un péribole presque carré de près de 3 900 m2 fermé par quatre portiques. Il est difficile de définir à quel dieu il est voué, mais une double dédicace à Apollon et Mercure, dont les cultes sont liés à l'eau, offre une hypothèse plausible de réponse à ce problème.
Les ruines gallo-romaines de Sanxay, dont celles du portique et de l'enceinte du temple, sont connues depuis longtemps, mais elles ne sont classées au titre des monuments historiques qu'en 1882 à l'occasion de la seule campagne de fouilles importante qui se déroule entre 1881 et 1883, sous la conduite de l'archéologue belge Camille de La Croix.

Le temple de Sanxay est l'une des composantes d'un site antique qui est certainement celui d'une agglomération secondaire. Celle-ci se trouve à l'extrême ouest du département de la Vienne, en limite de celui des Deux-Sèvres[C 1], à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Poitiers[F 1]. Le nom de « site d'Herbord », parfois donné à cet ensemble de vestiges antiques, est celui d'un hameau voisin[P 1].
Dans l'Antiquité, le site de Sanxay se situe dans le territoire des Pictons, en bordure d'un couloir de circulation mettant en relation les provinces du nord de la Gaule et la Bretagne insulaire d'une part, et les régions du sud et l'Hispanie d'autre part. La proximité de Limonum (Poitiers) joue certainement un rôle important[A 1]. L'agglomération semble occuper, dans l'Antiquité, le centre d'un réseau de voies ; celles-ci n'ont toutefois pas perduré après l'abandon du site dès le haut Moyen Âge[C 2].
| Image externe | |
| Évocation de l'agglomération de Sanxay sur le site de Jean-Claude Golvin. | |
En l'état actuel des connaissances, les vestiges de l'agglomération secondaire sont répartis sur un peu moins de 25 hectares[C 3] et s'inscrivent, à l'exception du théâtre et d'un petit fanum, sur un terrain alluvionnaire descendant en pente douce dans le lobe convexe d'un méandre de la rive gauche de la Vonne[1] qui emprunte l'un des plis hercyniens[A 1]. Outre le temple, cette partie du site comprend une vaste esplanade dotée en son centre d'une tholos circulaire (notée « petit temple » sur le plan et dans les publications de Camille de La Croix), d'un ensemble thermal à la fonction complexe et plusieurs fois remanié ainsi que de nombreux bâtiments dont la destination ne peut être précisée car ils sont détruits ou enfouis et n'ont encore fait l'objet d'aucune fouille récente[A 2].
L'alignement parfait observé entre, de l'ouest à l'est, la cella du grand temple, la tholos de l'esplanade et le fanum de la rive droite[C 4] ne peut être fortuit ; ces trois édifices à vocation religieuse, même si un doute subsiste pour la tholos[F 2], s'inscrivent dans un programme architectural global du site[A 2],[n 1].
Historique
Chronologie du monument

Des monnaies gauloises et républicaines, décrites par le numismate Anatole de Barthélemy, sont retrouvées à l'emplacement du temple, mais il est difficile d'en tirer des conclusions sur l'ancienneté de l'occupation humaine[C 5] en raison de l'incertitude sur la durée de circulation de ces pièces[A 4],[5].
Fréquenté entre les règnes d'Auguste et de Claude, un premier édifice cultuel est édifié sur le site[n 2]. Il n'en subsiste que quelques vestiges du mur d'enceinte, dans l'angle sud-est, et des traces d'une aire de crémation sacrificielle sous une branche du portique, avec sept niveaux successifs d'occupation[C 6]. La cella, vraisemblablement construite en bois à l'emplacement du grand temple qui lui a succédé[C 7], a totalement disparu, ses vestiges sans doute détruits lors des fouilles du XIXe siècle[A 5]. Ce premier temple, consacré au culte de l'eau, est probablement voué à Apollon et/ou Mercure[A 6].
Le grand temple semble édifié en plusieurs étapes : la cella et sa galerie remontent sans doute à la première moitié du Ier siècle et recouvrent les vestiges du précédent temple et son aire de crémation, alors qu'au moins l'un des portiques, qui clôture la cour vers l'est, fait l'objet d'une modification plus tardive (début ou première moitié du IIe siècle)[A 7].
Aucune monnaie postérieure au IIIe siècle n'est retrouvée dans le temple, ce qui suggère qu'à cette époque le monument est abandonné — le même constat s'applique aux autres monuments du site — probablement victime des effets de la crise du troisième siècle puis de la montée en puissance du christianisme sous l'impulsion locale d'Hilaire de Poitiers et de Martin de Tours. Après examen des monnaies et médailles qu'il a trouvées, mais qui n'ont pas été inventoriées à l'époque et dont beaucoup d'entre elles ont été perdues[P 2], Camille de La Croix estime pour sa part que le temple est détruit « vers l'an 436 »[7].
Un four à chaux, qui recoupe l'un des portiques périphériques du temple, témoigne de cet abandon : à une époque indéterminée[F 1], il a servi à l'extraction de la chaux contenue dans des éléments calcaires de décor et de sculpture du temple[A 8]. La récupération a été presque systématique pour les blocs de grand appareil calcaire jusque dans les fondations des bâtiments[F 3].
Mentions historiques, fouilles et études
Un manuscrit du moine bénédictin Léonard Fonteneau, mort en 1780, mentionne pour la première les vestiges d'une « station gallo-romaine » à Sanxay[P 3] ; la nature des édifices n'est toutefois pas précisée[F 1],[C 8]. Il faut attendre 1865 pour qu'une commission dirigée par Alphonse Le Touzé de Longuemar soit chargée par la Société des antiquaires de l'Ouest de faire les premiers relevés sur le site, mais, faute de crédits, aucune fouille ne peut être engagée[A 9] ; par contre, ces travaux, même rudimentaires, suscitent la curiosité de promeneurs et de collectionneurs privés ou institutionnels, qui commencent à piller les ruines[P 4].

La première et la seule campagne de fouilles sur l'ensemble du site intervient entre 1881 et 1883[P 5] ; elle est l'œuvre du père jésuite belge Camille de La Croix[P 6]. Les terrains sont simplement loués pour le temps des fouilles, et de La Croix doit rendre les parcelles dans un état apte à l'agriculture en fin d'opération : il lui faut combler les excavations et débarrasser le sol des pierres, y compris vestiges archéologiques, gênant les labours[F 3]. Il lève des plans précis du site, réalise des dessins, prend des photos et publie un premier compte-rendu, dans lequel les monuments (thermes, théâtre, temples et « habitations ») sont identifiés et décrits[8] — le rapport final de ses fouilles n'est jamais publié[P 7]. La seconde moitié du XIXe siècle voit d'ailleurs se déployer en France une intense activité archéologique, principalement tournée vers les monuments de l'Antiquité romaine[9].
Les ruines gallo-romaines de Sanxay, incluant nommément les thermes, le théâtre, l'enceinte et le portique, sont classées au titre des monuments historiques par arrêté du [10] et, dans le prolongement, Jean Camille Formigé puis son fils Jules à partir de 1924[F 4], tous deux architectes en chef des monuments historiques, effectuent un relevé de ces ruines[A 10].
La reprise des fouilles archéologiques dans les thermes, le temple et le théâtre, entre 1985 et 1994, renouvelle la vision de l'ensemble du complexe ; ces opérations accompagnent la mise en valeur du site[11]. En outre, à la même époque, des investigations (sondages et prospection géophysique) montrent que certaines structures périphériques sont toujours présentes, enfouies mais non détruites après les fouilles de Camille de La Croix[A 10].
Description


Le temple de Sanxay correspond à la définition générique d'un fanum : il se présente comme un édifice cultuel à plan centré d'inspiration celtique. La forme octogonale de sa cella, sans être la plus répandue, n'est pas exceptionnelle[12]. La galerie à portique qui entoure la cella, par contre, affecte un plan unique en l'état actuel des connaissances ; elle développe quatre branches aux quatre points cardinaux, bien plus étendues qu'à Cassinomagus (Chassenon, en Charente), où elles se limitent à des escaliers d'accès au podium du temple[A 11]. Cette conception donne au temple un « aspect majestueux »[13] et témoigne, selon Myriam Fincker et Francis Tasssaux, d'une « architecture savante »[14].
Le temple proprement dit est implanté en position centrale dans un péribole délimité par quatre galeries ou portiques ; cet ensemble, comme dans la plupart des cas quand aucune contrainte ne s'y oppose (topographie, monument antérieur) est orienté vers l'est[15].
Le sol naturel sur lequel le temple est établi constitue une terrasse en légère pente du nord vers l'est et le sud, ce qui a nécessité des travaux de remblaiement pour asseoir le monument sur une surface horizontale et a entraîné des disparités importantes dans l'architecture de ses composantes. C'est ainsi que la terrasse supérieure, qui supporte le temple, domine de 8,60 m celle qui, plus proche de la rivière, est destinée aux thermes ; entre les deux et à un niveau intermédiaire (3,40 m en contrebas du temple[C 9]), se trouve l'esplanade à la tholos[A 12], dont le sol accuse une légère pente vers le sud et l'est[F 5].
Cella

De forme octogonale et construite en opus vittatum, la cella s'inscrit dans un cercle de 13 m de diamètre ; intérieurement, sa largeur maximale est de 8,87 m. Ses fondations sont constituées d'un anneau de blocs calcaires non jointifs destinés à drainer l'eau d'une nappe phréatique[n 3]. Son mur en petit appareil, large de 1,40 à 2 m, est renforcé intérieurement dans chaque angle par un pilastre engagé large de 1,10 m peut-être destiné à supporter la toiture[F 6] ; la présence de ces pilastres confère à la cella un plan intérieur de forme dodécagonale[P 8]. Elle comporte deux portes simples — et non deux doubles portes géminées comme l'écrivait Camille de La Croix[P 8] —, à l'est et à l'ouest, mais cette dernière ne permet pas une communication directe avec la cour du temple ; leurs piédroits sont des blocs de grand appareil[A 13]. Le sol est sans doute revêtu d'un dallage, même si aucun élément n'en a été retrouvé[C 9]. Rien ne démontre que cette cella ait été pourvue du sous-sol voûté que Jean Camille Formigé représente sur ses aquarelles[A 14] mais dont son fils Jules reconnaît le caractère hypothétique[F 7].
Ces différentes caractéristiques suggèrent que des fenêtres l'éclairent en partie haute et qu'elle se termine par une toiture conique ou à huit pans[P 8] ou par une coupole de pierre pourvue à son sommet d'un oculus[16] ; sa hauteur peut être estimée à 23 m, compte tenu de ses dimensions au sol[A 15].
Lors des fouilles de 1882, l'inspecteur général des monuments historiques Juste Lisch attribue les ruines de la cella à celle d'un château d'eau, contre l'avis de Camille de La Croix et de Marius Vachon[17].
Portique cruciforme

Ce portique est l'un des éléments architecturaux qui confèrent sa singularité au temple de Sanxay. Il semble épouser la forme de la cella, ménageant autour de cette dernière un couloir de circulation d'environ 4 m de large[P 9]. En réalité, quatre de ses côtés, orientés vers les quatre points cardinaux, s'allongent pour former les quatre bras d'une croix grecque[18] ; ces extensions mesurent 7,75 m de long et 7,05 m de large[P 9]. Le portique s'inscrit ainsi dans un cercle de 38,44 m de diamètre[A 14].

Les murs de ce portique, larges de 1,20 m[P 9], supportent des colonnes corinthiennes à fût partiellement rudenté qui servent de support à une toiture de tuiles sur charpente en bois, en toit à deux pans sur les branches et en appentis contre le mur de la cella entre elles[P 10]. Compte tenu de leur diamètre (0,80 m), la hauteur de ces colonnes est estimée à 8 m, ce qui permet d'imaginer la hauteur minimale de la toiture du portique[A 14].
Le sol de circulation de ce portique, dont le revêtement n'est pas connu, s'établit à 0,88 m au-dessus du niveau de la cour, comme celui des galeries limitant l'espace de celle-ci[A 14] ou celui de la cella[F 6].
Une terrasse relie la branche orientale du portique cruciforme, dont elle possède la largeur, au portique de façade. Elle ne possède sans doute pas de toiture[P 10] mais elle est pourvue, de part et d'autre, de deux dispositifs très dégradés interprétés comme des escaliers étroits permettant d'accéder au sol de la cour en contrebas[A 15] ; Albert Grenier, pour sa part, y voyait plutôt des socles de statues[19], reprenant ainsi l'hypothèse de Jean Camille Formigé[F 6].
Portiques et galeries périphériques
Le péribole du temple est une cour fermée par quatre structures, galeries ou portiques selon le cas, dont la conception architecturale est largement dictée par les contraintes topographiques. Deux des portiques possèdent à l'origine un étage, disposition passée inaperçue lors des fouilles au XIXe siècle car cet étage a entièrement disparu[A 12].
À l'ouest, c'est une galerie qui ferme la cour. Elle repose sur le sol naturel au nord et sur un remblai au sud. Son mur en petit appareil[F 8] ne possède, au niveau de son sol, aucune ouverture directe sur la cour et, vers l'extérieur, seule une porte décentrée permet d'y accéder et Albert Grenier en fait le principal accès à l'esplanade[1], ce que démentent les études plus récentes[A 8] ; elle donne également dans le portique nord[A 16].
Le portique nord, dont le niveau de sol bétonné est partiellement préservé au XIXe siècle[F 9], communique avec la galerie ouest. Large de 5,70 m, il est ouvert sur la cour dont le séparent 22 colonnes surmontées de chapiteaux corinthiens[C 10] et supportant un plafond doté d'une charpente en bois, d'une hauteur estimée de 6,80 m. Il est fermé vers l'extérieur[A 17]. À l'angle de ce portique et de celui de l'est se trouvent deux salles à la fonction indéterminée[P 11] ; Camille de La Croix y voyait une « conciergerie » et un réservoir[20] alors que Jules de la Marsonnière interprétait ce second local comme « l'étable où les victimes attendaient l'heure du sacrifice »[21].
Le portique méridional se compose de deux étages, dont le supérieur, qui devait ouvrir sur la cour, a disparu. L'étage inférieur est enterré côté cour et sert à retenir son remblai, mais il est ouvert à l'extérieur au niveau des terrains avoisinants, en contrebas. Intérieurement, ses murs et sans doute sa voûte sont recouverts d'un enduit peint en rouge[A 16] avec, probablement, des motifs décoratifs plus complexes[C 11].

Le portique oriental est celui qui commande l'accès au temple. C'est le plus monumental et celui dont l'architecture est la plus complexe. À l'instar du portique méridional, il comporte deux étages dont seul l'inférieur, un cryptoportique servant à retenir le remblai de la cour, est conservé. Vers l'est, regardant l'esplanade à la tholos, il présente une série d'arcatures aveugles issue d'une modification datée du IIe siècle destinée à le renforcer. Vers l'ouest, le mur, distant du précédent de 7,70 m[P 12] et enterré, est lisse. Le cryptoportique, entièrement clos, est une succession de voûtes qui reposent sur trois rangées de vingt colonnes et qui servent à supporter le poids de l'étage supérieur, ouvert vers la cour du temple. Trois escaliers prennent appui sur l'arcature aveugle du premier étage[F 10]. Aux deux extrémités, ils sont étroits et donnent dans les portiques perpendiculaires (nord et sud) ; au centre, il est beaucoup plus large et permet d'accéder au temple, au centre de la cour. En raison de la déclivité du terrain, ces escaliers sont de hauteur croissante du nord au sud[P 13],[22]. L'architecture de l'étage n'est pas connue, mais il faut imaginer, côté extérieur, un mur plein renforcé de pilastres (et non de colonnes comme le suggère Jean Camille Formigé sur sa proposition de restitution) et, côté intérieur, un portique à colonnade ouvert sur la cour. L'ensemble est interrompu, en son centre, par le porche monumental qui permet d'accéder à la terrasse précédant la galerie cruciforme du temple ; aux deux extrémités nord et sud, deux dispositifs de taille plus réduite débouchent dans les galeries correspondantes[A 18].

Cour

Grâce aux remblais apportés et retenus par les portiques au sud et à l'est, le sol de la cour, qui mesure 62,39 × 61,10 m, est plan et horizontal. Surbaissé de 0,88 m par rapport à celui des portiques périphériques et de la galerie cruciforme, il est recouvert de cailloux[A 17] et non d'un dallage comme l'envisageait Albert Grenier[P 11].
Dans la partie occidentale de la cour, dans l'axe du temple, un massif calcaire d'un mètre de côté est sans doute la base d'un autel plutôt que celle d'une statue[A 19].
Le bras oriental du portique cruciforme se prolonge par la terrasse qui rejoint la galerie constituant la façade de la cour, formant avec elle une allée surélevée qui sert de perron au temple proprement dit. Bien qu'elle soit reliée à la terrasse par deux escaliers, la cour ne devait pas recevoir beaucoup de visiteurs par ces accès étroits[A 15].
Souterrain

Un souterrain maçonné, haut de 2 m, large de 0,76 m[P 14] et creusé d'un caniveau, relie l'angle sud-est de l'enclos, qu'il traverse en biais vers le nord-ouest, aux soubassements du portique cruciforme ; à ce niveau, un regard d'un mètre de côté et profond de 3 m[F 11] est pratiqué dans les dalles qui couvrent le souterrain qui, au-delà, se prolonge par une canalisation en terre cuite jusqu'aux fondations de la cella où cette canalisation s'insère dans une niche[C 7]. À l'autre extrémité, le caniveau rejoint un vaste bassin situé au sud du temple et mesurant 38,60 × 9,90 m pour une profondeur de 1,60 m[P 15] ; de ce côté, une porte ouverte dans la galerie méridionale du temple, prolongée par un petit escalier, permet d'accéder au souterrain[A 7].
Grâce à ce dispositif, l'eau de la source située sous la cella est acheminée jusqu'au bassin dont la fonction est très certainement religieuse[A 20]. En effet, le rôle de ce souterrain n'est pas celui d'un simple égout[P 16] ; dès 1960, Albert Grenier s'interroge à ce sujet mais sans apporter de réponse, commettant comme Jean Camille Formigé et Camille de La Croix[F 11] l'erreur de penser que la canalisation n'est pas reliée à la cella[13].