Théâtre antique de Sanxay

From Wikipedia, the free encyclopedia

Théâtre antique de Sanxay
Image illustrative de l’article Théâtre antique de Sanxay
Le théâtre, vue vers la Vonne en arrière-plan.
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Commune Sanxay
Département Vienne
Région Nouvelle-Aquitaine
Protection Logo monument historique Classé MH (1882)
Coordonnées 46° 29′ 42″ nord, 0° 01′ 20″ ouest
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Théâtre antique de Sanxay
Théâtre antique de Sanxay
Géolocalisation sur la carte : Nouvelle-Aquitaine
(Voir situation sur carte : Nouvelle-Aquitaine)
Théâtre antique de Sanxay
Théâtre antique de Sanxay
Géolocalisation sur la carte : Vienne
(Voir situation sur carte : Vienne)
Théâtre antique de Sanxay
Théâtre antique de Sanxay
Géolocalisation sur la carte : Rome antique
(Voir situation sur carte : Rome antique)
Théâtre antique de Sanxay
Théâtre antique de Sanxay

Le théâtre antique de Sanxay est un édifice de spectacles situé à proximité du hameau d'Herbord, sur le territoire de la commune française de Sanxay, dans le département de la Vienne (région Nouvelle-Aquitaine).

Il fait partie, avec un sanctuaire thermal et un grand temple, de la parure monumentale du site antique de Sanxay ; les recherches de la fin des années 2010 suggèrent que ce site est celui d'une agglomération secondaire qu'aucune source antique ne mentionne[1].

Les caractéristiques architecturales de ce monument le rapprochent du vaste groupe des théâtres gallo-romains à vocation mixte, conçus pour pouvoir accueillir des spectacles variés. Adossé à la pente de la rive d'un cours d'eau, sa capacité est d'environ 6 600 personnes pour un diamètre d'un peu moins de 89 m. La date précise de sa construction ne peut être définie, pas plus que celle de son abandon, mais l'agglomération de Sanxay, d'une façon générale, est progressivement délaissée aux IIIe et IVe siècles.

La seule campagne de fouilles importante se déroule entre 1881 et 1883 sous la conduite de l'archéologue belge Camille de La Croix, alors que le site est connu depuis longtemps mais n'a jamais été étudié jusqu'alors. Les vestiges du théâtre, comme ceux d'autres éléments du site (grand temple et sanctuaire), sont classés comme monuments historiques en 1882.

Dans la géographie française contemporaine, Sanxay se trouve en limite ouest du département de la Vienne, au contact des Deux-Sèvres, à une trentaine de kilomètres à l'ouest de Poitiers. Sa proximité avec le hameau moderne d'Herbord fait que le site antique est parfois dénommé « site d'Herbord »[P 1].

Dans l'Antiquité, le site de Sanxay est implanté en territoire picton, au bord d'un couloir de circulation mettant en relation les provinces du nord de la Gaule et la Bretagne insulaire d'une part, et les régions du sud et l'Hispanie d'autre part. La proximité de Limonum (Poitiers) joue certainement un rôle important[A 1].

Image externe
Évocation du sanctuaire de Sanxay sur le site de Jean-Claude Golvin.

L'agglomération secondaire dont les vestiges sont répartis, en l'état actuel des connaissances, sur un peu moins de 25 hectares[1], est presque entièrement inscrite dans le lobe convexe d'un méandre de la Vonne qui emprunte l'un des plis hercyniens, sur un terrain alluvionnaire en pente douce de la rive gauche[A 1].

Photographie en couleurs des ruines d'un théâtre antique dont la partie basse est inondée.
Le théâtre inondé.

Le théâtre est l'une des rares exceptions : il est construit sur la rive opposée, concave, là où la rivière a attaqué le substrat en calcaire dolomitique du Jurassique inférieur (de l'Hettangien au Pliensbachien)[2] et où la pente naturelle du terrain est forte ; ceci permet d'édifier le théâtre en appui sur cette pente et de réduire les maçonneries de la cavea. À l'époque contemporaine, la Vonne qui coule presque au pied du théâtre inonde périodiquement son orchestra qui, à l'altitude de 122 m, ne se situe qu'à un mètre au-dessus du niveau moyen de la rivière[A 2].

Ce théâtre est ouvert au nord-ouest, parallèlement au cours de la Vonne, dans la direction des principaux bâtiments cultuels du sanctuaire de l'autre côté de la rivière et notamment d'une tholos disparue au XIXe siècle mais qui se trouvait au centre d'une vaste esplanade[P 2],[F 1] ; elle est notée « petit temple » sur le relevé de Camille de La Croix[P 3]. Ce lien entre édifice de spectacles et monuments cultuels est fortement pressenti, entre autres, à Neung-sur-Beuvron (Loir-et-Cher)[3] et à Aquis Segeste (Loiret), où une disposition analogue est observée[4]. L'orientation du théâtre se rapproche de celle préconisée par Vitruve car elle préserve en grande partie les spectateurs du soleil lors des manifestations aux heures les plus chaudes de la journée et évite leur éblouissement[5].

Historique

Chronologie

Le site du théâtre est déjà fréquenté à l'époque néolithique, comme en témoigne une hache en diorite  il s'agit peut-être d'un objet votif  retrouvée lors des fouilles au XIXe siècle ; c'est lors de ces mêmes opérations que deux tombes « gauloises » sont signalées à proximité du théâtre mais rien ne permet de préciser la datation de celle qui fut fouillée[A 3],[6].

Propositions de date pour la construction du théâtre


Il n'est pas possible, à partir des éléments de mobilier archéologique conservés, qui ne proviennent peut-être même pas tous du théâtre lui-même, de proposer une datation fiable pour sa construction. Les estimations vont du milieu du Ier au IIIe siècle. La forme et l'architecture du monument ne renseignent pas davantage sur ce point[F 2].

L'abandon du théâtre coïncide peut-être avec le déclin général du site de Sanxay au cours du IVe siècle, tout d'abord lié aux problèmes économiques et politiques que connaît l'Empire romain à cette période (crise du troisième siècle) puis, dans un second temps, à l'essor du christianisme sous l'influence régionale d'Hilaire de Poitiers et Martin de Tours. Un incendie a pu sceller de manière brutale la fin de l'occupation du site[A 4].

Fouilles, recherches et mise en valeur du site

Premières recherches

L'emplacement des vestiges est connu depuis longtemps, et les ruines ont servi de carrière de pierres soit par réutilisation directe des moellons soit après extraction de la chaux qu'ils contiennent. C'est dans un manuscrit du moine bénédictin Léonard Fonteneau, mort en 1780, que les vestiges d'une « station gallo-romaine » à Sanxay sont mentionnés pour la première fois[P 4] ; personne ne se prononce toutefois sur la nature des édifices[10],[11]. Ce n'est qu'en 1865 qu'une commission dirigée par Alphonse Le Touzé de Longuemar est chargée par la Société des antiquaires de l'Ouest de faire les premiers relevés sur le site mais, faute de crédits, aucune fouille ne peut être engagée[A 5] ; par contre, ces travaux suscitent la curiosité de promeneurs et de collectionneurs privés ou institutionnels qui commencent à piller les ruines[P 5].

Travaux de Camille de La Croix

Plan en couleurs des vestiges d'un site antique avec en vert les monuments encore visibles.
Relevé des vestiges par Camille de La Croix. En vert, les structures toujours visibles.

Du au [P 6], le jésuite Camille de La Croix entreprend à ses propres frais (environ 50 000 F) un important travail de déblaiement des ruines avec l'aide d'une quinzaine d'ouvriers (entre 15 000 et 60 000 m3 déplacés) ; les drapeaux belge et français flottent au-dessus du chantier[P 7]. Les terrains étant simplement loués pour le temps des fouilles, il doit faire vite, combler les excavations en fin d'opération et débarrasser le sol des pierres, y compris vestiges, gênant les labours[12]. Des plans précis du site sont levés, des dessins réalisés, quelques photos prises et une publication éditée avant la fin des fouilles[C 1],[n 2]. Auguste-François Lièvre, ancien président de la Société archéologique et historique de la Charente, regrette que le fouilleur « ne se soit pas résigné à ignorer, tout au moins provisoirement, et à décrire sans conclure, au lieu de demander à son imagination des solutions illusoires »[14]. En outre, les contraintes techniques, les méthodes de fouilles alors en usage et la faiblesse de la documentation écrite conduisent à une perte importante et irrémédiable d'informations[A 6]. À l'époque, cette découverte est malgré tout considérée comme « (la plus importante faite en Gaule) depuis celle du temple de Mercure au Puy-de-Dôme »[15]. Un parallèle est même parfois établi, comparant de La Croix pour les fouilles de Sanxay et Heinrich Schliemann pour la découverte de Troie[A 7].

Le constat immédiat semble moins alarmant pour le théâtre, dont les vestiges sont laissés à l'air libre ; en revanche, ils se dégradent peu à peu[A 8] et des sondages faits au XXIe siècle montrent que Camille de La Croix a déblayé le sol jusqu'au-dessous des niveaux antiques, mais sans noter de manière rigoureuse la stratigraphie rencontrée[16].

Les objets retrouvés, quant à eux, ne sont que sommairement décrits, ne sont pas répertoriés et une partie est dispersée, entre autres par les fouilleurs qui en distribuent à leurs amis[P 9]. Une partie de ce mobilier archéologique est conservée et exposée au musée Sainte-Croix de Poitiers. Toutefois, en l'absence de classement et d'inventaire lors de leur découverte, il est difficile, voire parfois impossible de savoir si ces objets proviennent du théâtre ou d'un autre composant du site de Sanxay[A 9].

Monuments historiques et investigations modernes

Dessin en noir et blanc des ruines d'un théâtre antique.
Dessin du théâtre par Jean Camille Formigé en 1917.

Les vestiges du théâtre, du temple et du sanctuaire sont classés comme monuments historiques dès 1882[17]. Les parcelles qui supportent ces vestiges, soit l'équivalent de 4 ha sur les 14 ha fouillés, sont acquises par l'État en 1884 et 1885 après ouverture d'une souscription nationale[18] et malgré l'opposition de l'un des propriétaires du théâtre[P 10]. Jean Camille Formigé puis son fils Jules, tous deux architectes en chef des monuments historiques, effectuent alors un relevé de ces ruines. Une toiture de protection est construite au-dessus du sanctuaire[A 10].

La Société des amis de Sanxay est créée en 1927. Entre autres activités, elle organise dans le monument des représentations théâtrales jusque dans les années 1950, avec une interruption pendant la Seconde Guerre mondiale[P 11].

Photographie de nuit du public d'une manifestation théâtrale.
Soirées lyriques de Sanxay en 2019.

De 1985 à 1994, la mise en valeur du site s'accompagne, sous la direction de Pierre Aupert, de la reprise des fouilles archéologiques dans le sanctuaire, le temple et le théâtre, aboutissant à une nouvelle vision de l'ensemble du complexe[F 3],[19]. À cette occasion, quelques sondages réalisés dans les zones périphériques montrent que certaines structures découvertes par de La Croix et réputées détruites sont seulement ensevelies. À partir de 1998, les trois ensembles visibles, théâtre, temple et sanctuaire, font l'objet de relevés précis[A 11]. Toutefois, depuis les travaux de de La Croix et jusqu'en 2009, aucune fouille d'ampleur n'a été entreprise sur l'édifice de spectacles. Il a, en revanche, fait l'objet de plusieurs campagnes de restauration compliquant la lecture de ses vestiges[20].

À la fin des années 2000, de nouveaux travaux intéressent l'ensemble du site et réévaluent l'importance de ses aménagements à caractère non religieux pour en faire une agglomération secondaire à part entière dont le théâtre est l'un des éléments[11] mais dont le nom s'est perdu[1].

Chaque année depuis 2000, le théâtre accueille au mois d'août les Soirées Lyriques de Sanxay, un festival d'art lyrique et d'opéra[21]. Public et acteurs soulignent à cette occasion les qualités acoustiques du théâtre, même dans son état actuel de partielle destruction ; une étude conduite en 2011 confirme scientifiquement cette impression[22].

Description

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI