Test de Miller
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Le test de Miller, également appelé test d'obscénité à trois volets, est un document juridique établi par la Cour suprême des États-Unis pour déterminer si oui ou non un acte de langage peut être qualifié d'obscène : dans l'affirmative, il n'est alors pas protégé par le premier amendement de la Constitution des États-Unis et peut, de jure, être interdit[1].
Le test de Miller a été mis au point à la suite de l'affaire Miller v. Californie[2]. Cette affaire opposait en 1973, le marchand-libraire Marvin Miller et l'État de Californie.
Le document comporte trois parties conditionnelles :
- Si « l'individu moyen, appliquant les normes communautaires contemporaines »[3], peut trouver que l'œuvre, prise dans son ensemble, fait appel à une forme manifeste de lubricité[4] ;
- Si l'œuvre représente ou décrit, d'une manière manifestement offensante, un comportement sexuel ou des fonctions excrétrices, hors du cadre spécifiquement défini par la loi de l'État où elle s'applique[5] ;
- Si l'œuvre, prise dans son ensemble, manque d'une authentique valeur littéraire, artistique, politique ou scientifique[6].
Pour la plupart des juristes, sur le plan éthique, ce test nécessite d'importantes nuances. La première est que le test convoque des « normes communautaires » plutôt qu'une norme nationale. Ce qui offense l'individu moyen à Manhattan, Kansas, peut différer de ce qui offense l'individu moyen à Manhattan, New York. La communauté concernée n'est ici pas définie : cette notion reste floue.
Sur le plan pratique, la pornographie montrant des organes génitaux et des actes sexuels n'est pas ipso facto obscène selon le test de Miller. Par exemple, en 2000, un jury réuni à la cour de Provo, dans l'Utah, n'a pris que quelques minutes pour relaxer Larry Peterman, propriétaire du magasin de location de vidéos Movie Buffs, dans le comté d'Utah. Il avait été accusé de publiciser du matériel obscène, en l'espèce, des vidéos pornographiques, lesquelles étaient en réalité signalées dans une zone protégée du magasin et très clairement indiquées comme « réservée aux adultes ».