Tetrataenium candicans

nom accepté * ''Tetrataenium candicans'' From Wikipedia, the free encyclopedia

Tetrataenium candicans, anciennement Heracleum candicans Wall. ex DC., est une espèce de plantes herbacées vivaces de grande taille du sud de Himalaya, de la Chine (Tibet, Sichuan, Yunnan, Qinghai) à l'est au Pakistan (Swat, Hazara, Murree) à l'ouest en passant par l'Inde (Cachemire), le Népal, le Bhoutan et la Birmanie (Mandalay, Shan)[1]. On la rencontre entre 1 800 et 4 500 m d'altitude[2].

Dénomination

La plante n'a pas de nom français, le Compte-rendu floristique et phytosociologique du voyage de la Société botanique de France au Ladakh (2016) emploie Semenovia (Heracleum) candicans (photographie p. 24, à 3 800 m)[3].

En chinois 白亮独活 (bái liàng dú huó) Angélique pubescente blanche ou 白独活 (Bái Dú Huó) Angélique pubescente. En anglais, White Leaf Hogweed.

Description

La plante mesure de 1 à 1,5 m de haut (eFloradeIndia mentionne m), elle est recouverte d'un duvet de poils doux et blancs. La racine est cylindrique brun-jaune et épaisse. La tige est dressée, creuse, côtelée et très ramifiée dans sa partie supérieure. Les feuilles basales et des feuilles inférieures ont un log pétiole de 10 à 15 cm de long. Le limbe mesure de 15 à 30 cm de long et est penné une ou deux fois. Les feuilles terminales irrégulièrement dentelées mesurent de 4 à 7 cm de long et de 2 à 4,5 cm de large. Les pédoncules larges ombelles (24 à 40 cm) font 15 à 30 cm de long. La floraison a lieu en mai-juin et la fructification de septembre à octobre[4].

Taxonomie

De Candolle (1830) dans sa section Sect. III. SPRONDYLION Hoffen, umb. décrit 11. H. Candicans (Wall! mss.) en Inde septentrionale à Dehradun et à Kumaon[5], le spécialiste de la flore indienne Nathaniel Wallich (1786–1854) l'a mentionnée en 1832 dans Journal of the Asiatic Society of Bengal, d'où son nom traditionnel Heracleum candicans Wall. ex DC.[6]. En 1959, Panovna Mandenova (1907-1995) qui révise la tribu des Pastinaceae est amené à différencier le genre Tetrataenium (DC.) Manden. du genre Heracleum qui en devient une section. Le 2e Symposium International sur les Ombellifères (1977) y inclus sur base morphologique T. rigens, T. olgae, T. nepalense, T. sprengelianum, H. ceylanicum, H .bivittatum, T. candicans (Wallich ex de Candolle) Mandenova. ex H. candicans et H. canescene[7]. Les travaux Downie et al. et Logacheva et al. (2010) prouvent que Tetrataenium n'est pas monophyletique, le clade Candicans doit être réattribué. Ce que font en 2019 Qun-Ying Xiao et al.[8] et Lu Kang et al. sur la base d'importants séquençages. Selon eux, Tetrataenium candicans var. candicans (Wall. ex DC.) Manden. est une plante de la sous-tribu des Tordyliinae, une lignée d'Apiacées appartenant à la tribu desTordylieae qui compte 15 genres[9].

Phylogénie

Phylogénie de Qun-Ying Xiao et al. (2019)

Le génome chloroplastique de T. candicans a une structure circulaire de 147 335 pb, avec 129 gènes, dont 85 gènes codant des protéines, 36 gènes d'ARNt et 8 gènes d'ARNr. Une analyse phylogénétique de 31 plastomes montre la proximité de T. candicans avec Semenovia gyirongensis et de Cnidium officinale, elle a un ancêtre commun avec Heracleum moellendorffii[2].

Phylogenie Apiaceae et Araliaceae chez Lu Kang et al. (2019)[9]

Lu Kang et al. (2019) montrent une proximité avec T. yunnanense, Semenovia transiliensis et Semenovia gyirongensis qui constituent à eux 4 les Tordyliinae, immédiatement proche de la coriandre Coriandrum sativum.

Variétés

  • H. candicans var. candicans,
  • H. candicans var. obtusifolium (Wall. ex DC.) F.T.Pu & M.F.Watson[1] synonyme de H. obtusifolium (Wall. ex DC.) FTPu & MFWatson[10]

Huile essentielle

Les graines fraîches et mûres contiennent respectivement 0,65 et 0,82 % d'huile essentielle. Les principaux composants sont : l'acétate de bornyle, l'acétate d'amyle, le pentanoate d'hexyle, le caproate d'hexyle, l'isovalérate de n-butyle, l'isobutyrate de n-hexyle, l'acétate d'octyle.

L'huile essentielle de racine de la souche cultivée est majoritairement d’α- et de β-pinène, puis de myrcène, le germacrène D, etc.[11]. Celle de la feuille contient 28,9 % de y-amorphène, 21,1 % de caryophyllène, 9,7 % de β-bisabolène, 9,6 % d'α-humulène[12]. Une autre analyse d'huile essentielle de feuille collectée dan l'Uttarakhand a donné 18,6 % de germacrène D, 11,8 % de 1, 8-cineole , 5,2 % d'oxyde de caryophyllène[13]. Ces huiles sont connues pour la variabilité de leur composition.

Utilisation

La plante est sur collectée comme source de Xanthotoxine ce qui menace sa survie à l'état sauvage[14]. Une étude de 6 populations, de 2 vallées du district de Kullu, dans l’Himachal Pradesh a montré une densité satisfaisante dans la zone d'étude pour éviter le statut de plante menacée[15]. Une population sauvage a été domestiquée à en Inde en vue de sa mise en culture[11]. Un guide de culture a été publié en 2010[16].

Pharmacologie

La racine contient du bergaptène, de l'héraclénine, de l'héraclénol, de l'isopimpinelline, de la xanthotoxine, de la subérosine, de l'impératorine, du 8-géranyloxypsoralène, de l'angélicine, de l'acide stéarique et du β-sitostérol. Son goût est amer. En médecine chinoise elle est utilisée en décoction, en poudre ou trempée dans du vin. Elle est prescrite en usage interne pour traiter l'asthme et la polyarthrite rhumatoïde[9] ainsi que contre le rhume, la toux, les douleurs rhumatismales, la lèpre et les rhumatismes[4]. Les racines d’H. candicans et d’H.yunngningense sont antipyrétiques et diaphorétique dans certaines régions de Chine[17].

En médecine traditionnelle indienne elle est employée comme aphrodisiaque, tonique, relaxante et pour le traitement des affections cutanées[17].

Notes et références

Annexes

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