Thé au Cameroun

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La production de thé au Cameroun commence au milieu du XXe siècle et se focalise sur du thé noir CTC de milieu de gamme destiné majoritairement à l'exportation vers le Soudan et le Tchad et minoritairement à la consommation locale.

Son histoire est marquée par les nombreux conflits qui traversent le pays, que ce soit la décolonisation, la privatisation, les tensions entre le Cameroun francophone et anglophone, ou l'insurrection de Boko Haram.

Cueilleuse de thé au Tole Tea Estate, près de Buéa (1959). Archives nationales du Royaume-Uni.

Les colons allemands expérimentent la culture du thé sur les pentes du mont Cameroun dans la région du Sud-Ouest[1]. Ainsi, les premiers théiers sont plantés en 1914 à Tolé[2]. La production ne commence véritablement que dans les années 1950 et 1960, avec la création d'une plantation publique en 1952, la construction d'une usine de thé noir CTC en 1954, l'établissement d'une seconde plantation à Ndu en 1957 et la création d'une usine orthodoxe en 1962[3]. Une troisième plantation voit le jour en 1985 à Djuttitsa (Bafou), dans la région de l'Ouest[3].

La production de thé souffre du manque d'investissement gouvernemental, ainsi que de la concurrence d'autres cultures plus lucratives[3].

En 1994, à la suite de la crise économique que le pays traverse, les trois plantations sont proposées à la privatisation, ce qui dégrade les conditions de travail[3],[4]. Les femmes, majoritaires dans le travail de cueillette, mènent le mouvement social qui comprend des années de grève et dénoncent la corruption qui acccompagne la revente des jardins de thé[4]. Un autre point de conflit est que les plantations se trouvent au Cameroun anglophone, tandis que la décision de privatiser est prise par et profite à des personnes du Cameroun francophone[4]. Enfin, les chefferies Bakweri réclament la restituation de leurs terres ancestrales, qui leur ont été confisquées lors de la colonisation allemande[4],[5]. Les plantations sont finalement revendues à un consortium sud-africain en et deviennent la Cameroon Tea Estates (CTE)[4].

La protestation est toujours active à Tolé dans les années 2010[6] tandis qu'elle est résolue à Ndu à la suite du changement de gérant ainsi que de l'aide financière apportée par l'Union européenne (UE)[3]. Le conflit avec Boko Haram complexifie la production, plusieurs routes se retrouvant fermées[7].

En 2002, une nouvelle plantation voit le jour à Dawara, dans la région du Nord-Ouest[3].

Production

Commerce

Notes et références

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