Thannenkirch
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Localisation
Thannenkirch, un petit village de montagne, est situé sur une hauteur en forme de replat culminant à 630 mètres (Melkerhof) au pied du massif du Taennchel. La mairie se trouve à 480 mètres. Le village est arrosé par le Bergenbach qui prend sa source depuis les forts du massif du Taennchel. Le village se trouve aussi non loin du château du Haut-Koenigsbourg ; une route les relie.
C'est une des 201 communes du parc naturel régional des Ballons des Vosges[1].
Communes limitrophes
Les communes limitrophes sont Bergheim, Ribeauvillé, Rodern et Saint-Hippolyte.
Hydrographie
La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle n'est drainée par aucun cours d'eau[2],[Carte 1].

Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[3]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[4]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental[5] et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée (1 500 à 2 000 mm/an) en toutes saisons et un hiver rude (moins de 1 °C)[6]. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[7],[8].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 9,2 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 16,8 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 169 mm, avec 10,6 jours de précipitations en janvier et 10,3 jours en juillet[3]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Ribeauvillé à 4 km à vol d'oiseau[9], est de 10,3 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 994,9 mm[10],[11]. La température maximale relevée sur cette station est de 36,2 °C, atteinte le ; la température minimale est de −18,8 °C, atteinte le [Note 2].
Urbanisme
Typologie
Au , Thannenkirch est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[12]. Elle est située hors unité urbaine[13]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Colmar, dont elle est une commune de la couronne[Note 3],[13]. Cette aire, qui regroupe 95 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[14],[15].
Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (64,2 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (64,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (64,2 %), zones agricoles hétérogènes (25,2 %), zones urbanisées (10,7 %)[16]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].
Écarts et lieux-dits
- Bienette
- Fox-Farm
- Melkerhof
- Rotzel
- Schillig
- Schwyz
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Die vrowe von Tannekilche (1308) ; Ze Tanneklich (1344) ; Tannenkilch (1370) ; Tannenkyrch (1441) ; Annakirch (1644)[17].
En dépit des apparences, ne vient pas des sapins mais de Sainte Anne : il était Sankt annakirch au XIVe siècle, Sant Annekirch encore cité au XVIIe siècle ; le t de sainte s'est joint au A d'Anne, le San restant finissant de disparaitre[18], suivi de kirche « église », nom d'un ancien ermitage du VIIIe siècle, l'oratoire était connu sous le nom latin de Capella Sancte Anna in Silva (« Chapelle Sainte-Anne dans la Forêt ») construit à proximité de l'ermitage, au pied du Taennchel, près de la source que nous connaissons sous le nom de « Source Sainte-Anne » (St Annabrunnen).
Depuis 1958, nous avons retrouvé la forme ancienne, originelle du nom sur un panneau, érigé à l’entrée sud du village, offert par le sculpteur André Bosshardt, « Ste Annekerich » de 1682.
En conclusion, nous pouvons affirmer que « Thannenkirch » vient de l’Alsacien « d’Annenkirch » (l’église d’Anne) qui résulte de la contraction « D’Sankt Anne, Kerich » (l’Église de Sainte Anne). De ce fait, « Die Tanne » (le sapin), n’a rien à voir avec l’origine du nom du village.
Thannenkirch est situé à la limite linguistique du dialecte alsacien d'origine germanique et du patois français parlé à Lièpvre.
Histoire

Origine du nom
D'après la légende, le village de Thannenkirch trouve ses origines grâce à un ancien ermitage qui aurait existé à partir du VIIIe siècle au pied du Taennchel à côté de la source Sainte-Anne. Vers le Xe siècle, un oratoire dédié à sainte Anne à proximité de majestueux sapins est construit à proximité de l'ermitage. L'oratoire était connu sous le nom latin de Capella Sancte Anna in Silva. Un peu plus tard, cet ermitage sera remplacé par une petite demeure où logèrent quelques religieux désireux de se soustraire de la mondanité et de la cupidité des hommes. Le nom du village a changé plusieurs fois au cours des siècles. En 1205, date de sa première apparition dans les archives, on trouve le nom du village sous la dénomination de Thankilch jusqu'en 1280. Puis entre 1320 et 1626, il est orthographié successivement Tannenkilch, Dannenkilch, Dannekilch, Annakilch, Sankt-Annakirch et finalement Thannenkirch.
Le village appartient d'abord aux nobles de Rathsamhausen puis aux Ribeaupierre
Le village est d'abord occupé par des bûcherons et des charbonniers lorrains qui s'y installent peu à peu. Au XIIIe siècle, le village est aux mains des nobles de Rathsamhausen, puis à partir de 1470, il passe aux sires de Ribeaupierre et reste en leur possession jusqu'à la Révolution. Cependant les sires de Ribeaupierre cèdent le village en fief à partir de 1520 à Guillaume de Walbach, qui doit rétrocéder en échange une partie des dîmes et redevances diverses. À la mort de ce dernier, Thannenkirch passe de nouveau entièrement sous la dépendance des Ribeaupierre. Vers 1585, les habitants de Thannenkirch doivent jurer fidélité au nouveau seigneur des lieux : Egenolf de Ribeaupierre. À la mort de ce dernier, le fils d'Egenolf, encore mineur, est contraint de céder le village en fief, pour la somme de 1 400 florins, à un certain Michel Theurer de Strasbourg.
Des cas de sorcellerie
1588 est l'année où des cas de sorcellerie sont signalés. Presque tous les villages de la région sont en proie à des cas de sorcellerie. Entre 1583 et 1630 quarante quatre femmes sont accusées de sorcellerie à Bergheim le village d'à côté. Elles seront condamnées à mort et mises sur un bûcher.
Les habitants de Thannenkirch (St. Annakerich) ne furent jamais mêlés à ces procès. Cependant, le prévôt du lieu, un certain Hans von Rumelsberg eut la malencontreuse idée d'être trempé dans une affaire de sorcellerie. Une femme de Rorschwyr (Rorschwihr) dont le nom est Barbara se rendra dans une forêt proche de Thannenkirch, à un moment où de gros nuages s'amoncelèrent au-dessus du massif du Taennchel. Poussés par le vent, ces nuages se dirigèrent tout droit vers le village de Rorschwihr, ce qui provoqua un ouragan d'une rare violence. Ce phénomène somme toute assez naturel, déclencha une superstition auprès des habitants.
Elle fut tenue responsable d'être à l'origine de cette tempête et accusée de sorcellerie. Le déclenchement de la tempête avait décimé une partie importante de la vigne et fait d'importants dégâts. Sous le cas de la torture elle avoua être envoûtée par le prévôt de Thannenkirch, ce qui la mena à errer dans les bois. Les juges ne prêtèrent cependant pas foi à ces affirmations, elle fut accusée de sorcellerie et brûlée vive. De nombreux habitants du village de l'époque croient dur comme fer aux cas de sorcellerie. Selon certaines légendes qui circulaient, des sorcières hantaient le village à la recherche de proies faciles, dont les noms ont été divulgués et qui sont soigneusement répertoriés dans les archives de l'époque.
En 1790 on retrouve par exemple encore dans les archives des lieux-dits prétendus ensorcelés qui sont désignés nommément : im bösen Wald et "in der bösen Matt".
La population de Thannenkirch en 1588
À cette époque le village de Thannenkirch était peuplé de deux groupes linguistiques, l'un roman et l'autre alémanique. Le groupe roman était issu du Val d'Orbey et des Vosges et parlait le welche, l'autre communauté était composée d'une souche alémanique qui parlait l'allemand. On trouve à cette époque le « Schultheiss » Hans von Rumelsperg qui n'est d'autre que Jean de Remiremont qui avait la lourde charge de veiller aux droits du seigneur. On trouve aussi quelques artisans francophones dont les noms sont germanisés : Clauss « uf der Seegmühl » (Nicolas de la scierie), Hans der Koler (le charbonnier), Claus Kleindieterich (Nicolas Petitdidier), Zimmermann (le charpentier), Hans der nagelschmid (le forgeron de clous). Tous ces noms ont disparu dans la tourmente de la guerre de Trente Ans. En 1648 un seul nom existait encore : Rumelsperg (1588) qui emprunte alors la forme de Rimelspurger, puis Rimelsbourg. La dernière personne porteuse de ce nom, Élisabeth Rimelsbourg est décédée en 1793 et est aujourd'hui connue sous le nom de Demoulin.
La guerre de Trente Ans
La guerre de Trente Ans et la peste décimèrent une grande partie du village entre 1618 et 1648. À la fin de la guerre de Trente Ans, Thannenkirch ne sera plus peuplé que par six familles. Les Ribeaupierre encouragèrent alors la venue d'habitants des autres vallées. À partir de 1650, on voit arriver une vague d'immigrants lorrains, suivie par des Suisses vers 1685 qui repeuplèrent le village.
Thannenkirch se repeuple à nouveau
En 1776, le village de Thannenkirch est peuplé de 365 habitants. La même année, les propriétaires des houillères de Bergheim obtinrent l'autorisation de faire des sondages dans le ban de Thannenkirch. Après la Révolution, en l'an XII de la République, Thannenkirch compte déjà 554 habitants qui, au XVIIIe siècle s'adonnaient essentiellement à l'agriculture, tout en travaillant pour les tissages de Sainte-Marie-aux-Mines. À partir du XXe siècle, Thannenkirch verra s'élever du sol une série de confortables hôtels et de sanatoriums répondant aux besoins de plus en plus larges d'une partie de la population citadine à la recherche de l'air pur des montagnes.
L'essor du textile au XIXe siècle
Au XIXe siècle, à la suite de l'essor du textile dans le val de Lièpvre, de nombreux habitants de Thannenkirch commencent à se rendre dans les industries de la vallée voisine, abandonnant peu à peu les travaux issus de la montagne : bois, charbon, élevage qui était le lot quotidien des habitants de ce village de moyenne montagne. Le tissage à bras à domicile se développe ainsi dans le village. Un tissage construit par les frères Blech de Sainte-Marie-aux-Mines est installé à Thannenkirch et fonctionne de 1924 à 1961.
La célébration des anciennes coutumes
Tous les ans, une procession a lieu le jour de la Sainte-Anne. Cette coutume est assez ancienne puisqu'elle existait depuis des temps immémoriaux. La source Sainte-Anne (St Annabrunnen) existe toujours en contrebas de la rue Sainte-Anne, à proximité de l'auberge de la Meunière. On y venait à pied de très loin, notamment du Val d'Orbey, du Val de Lièpvre par le sentier des tisserands, et d'ailleurs. La source Sainte-Anne était censée guérir toutes sortes de maux. D'après la légende, les épouses stériles venaient boire copieusement l'eau de cette fontaine qui devait les guérir et les rendre à nouveau fertiles[20].
La Seconde Guerre mondiale
En 1940, l'occupant allemand installe la Kommandantur à l'hôtel Au Touring. Il impose l'ordre nazi avec la germanisation des esprits et l'enrôlement des Malgré-Nous[21]. L'administration allemande change le nom de Thannenkirch qui sonne trop français. Elle supprime le H qui devint Tannenkirch. Ce changement de nom causa bien des soucis pour l'acheminement du courrier, puisqu'une confusion était perceptible entre le village badois qui porte le même nom et le village alsacien. Depuis 1958, l'orthographe du nom du village a repris son ancien nom d'origine : Thannenkirch.
Politique et administration
Découpage territorial
La commune de Thannenkirch est membre de la communauté de communes du Pays de Ribeauvillé[22], un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé le dont le siège est à Ribeauvillé. Ce dernier est par ailleurs membre d'autres groupements intercommunaux[23].
Sur le plan administratif, elle est rattachée à l'arrondissement de Colmar-Ribeauvillé, à la circonscription administrative de l'État du Haut-Rhin, en tant que circonscription administrative de l'État, et à la région Grand Est[22].
Sur le plan électoral, elle dépendait jusqu'en 2020 du canton de Sainte-Marie-aux-Mines pour l'élection des conseillers départementaux au sein du conseil départemental du Haut-Rhin. Depuis le , elle dépend du même canton pour l'élection des conseillers d'Alsace au sein de la collectivité européenne d'Alsace[24].
Liste des maires
Budget et fiscalité 2015
En 2015, le budget de la commune était constitué ainsi[27] :
- total des produits de fonctionnement : 414 000 €, soit 897 € par habitant ;
- total des charges de fonctionnement : 321 000 €, soit 697 € par habitant ;
- total des ressources d’investissement : 138 000 €, soit 300 € par habitant ;
- total des emplois d’investissement : 81 000 €, soit 110 € par habitant.
- endettement : 204 000 €, soit 442 € par habitant.
Avec les taux de fiscalité suivants :
- taxe d’habitation : 12,62 % ;
- taxe foncière sur les propriétés bâties : 6,85 % ;
- taxe foncière sur les propriétés non bâties : 54,09 % ;
- taxe additionnelle à la taxe foncière sur les propriétés non bâties : 50,60 % ;
- cotisation foncière des entreprises : 22,00 %.
Équipements et services publics
Population et société
Démographie
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[28]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[29].
En 2023, la commune comptait 451 habitants[Note 4], en évolution de −2,59 % par rapport à 2017 (Haut-Rhin : +0,88 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Économie
Destination touristique
Après la reconstruction du château du Haut-Koenigsbourg et l'avènement du tourisme de masse, le village de Thannenkirch commence à faire parler de lui comme un endroit où il fait bon vivre. Le village est alors réputé pour sa cure d'air et de repos. L'avènement du tourisme entre les deux guerres est le prélude à un développement du village. Aujourd'hui Thannenkirch est un lieu de repos et de villégiature fort prisés par les amoureux de la nature attirés par la proximité du massif du Taennchel classé zone de tranquillité. Depuis le village de Thannenkirch on peut entamer de nombreux circuits variés en se rendant soit au massif du Taennchel dont le point le plus haut culmine à 992 mètres, mais aussi aux trois châteaux des Ribeaupierre (le Haut-Ribeaupierre, le Girsberg et le Saint-Ulrich). Thannenkirch a une autre particularité bien ancrée dans la tradition: chaque début du mois de juillet on y fête joyeusement la cerise par un défilé de chars et de fanfares avec de nombreuses attractions[32].
Vosges Fox-Farm : un élevage de renards

En 1924 deux frères Jacques et Henri Bernheim créent la « Vosges Fox-Farm », un élevage de renards argentés. Jacques est industriel à Strasbourg et Henri, qui avait émigré aux États-Unis, possédait déjà une renardière. Les riches bourgeoises des années folles sont à cette époque de grandes consommatrices de belles fourrures. Celles des renards argentés sont très recherchées, a tel point qu'elles atteignent des prix faramineux jusqu'à 15 000 francs la pièce alors que le salaire moyen dépassait péniblement à l'époque 100 francs par semaine. Arrive alors la crise de 1929. Le cours des peaux s'effondrent et après sept années d'existence à peine, la Renardière est liquidée, les habitations vendues. Les cages à renards, sont achetées par les habitants de Thannenkirch et transformées en poulaillers[33],[34].


