Thermes romains de Santa Laurina

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Thermes romains de Santa Laurina
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Les thermes romains de Santa Laurina sont les vestiges d'un établissement de bains de l'époque romaine situé à Aléria en Haute-Corse.

L'histoire de ces thermes, implantés au pied de la colline sur laquelle est construite la ville antique et à proximité du fleuve Tavignano, est mal connue : ils sont peut-être construits vers la fin du IIe siècle apr. J.-C. pour être abandonnés un siècle après, au plus tard. Le débat reste ouvert quant à leur possible réutilisation comme basilique paléochrétienne. Ils sont fouillés partiellement au tournant des années 1950 et 1960 mais il est possible d'identifier la plus grande partie des salles qui les composaient.

Leurs vestiges, parfois conservés sur une hauteur de plus de m, sont inscrits au titre des monuments historiques en 2007.

Plan simplifié du site antique d'Aléria.

Les thermes romains de Santa Laurina sont situés dans une boucle du Tavignano, au pied de la pente accentuée qui limite le plateau où est localisée la ville antique d'Aléria, au nord-est de cette dernière[1],[2]. À l'altitude de seulement m au-dessus du niveau de la mer à l'époque contemporaine, ils se trouvent en limite de, et partiellement sous, la route royale no 198 devenue la route territoriale 10. La construction de cette artère majeure du réseau corse s'est faite à partir de 1839[3] sur un remblai de plusieurs mètres qui a enseveli une partie des thermes ; des matériaux provenant de ce monument ont en outre été prélevés pour l'édification du remblai[4].

Ces thermes sont peut-être en relation avec le port[5] ; selon Olivier Jehasse et Frédérique Nucci, ils seraient ceux d'une mansio établie en bordure de la voie reliant Mariana à Pallas dont le trajet aux abords d'Aléria est toutefois mal connu[6].

Description

Le site dégagé a une superficie d'environ 350 m2 mais sa partie occidentale reste ensevelie sous la route territoriale 10[7],[5]. Le bâtiment principal fait 45 m de long sur près de 20 m de large[8]. Il est particulièrement bien conservé, protégé par les éboulements d'une falaise ; certains murs atteignent une hauteur de 5 ou 6 m[5],[8],[1]. Les maçonneries font appel à de l'opus incertum ou de l'opus mixtum incluant des rangés de galets alternant avec des lits de terres cuites architecturales[9]. Certains murs sont ornés d'un décor blanc dans un cadre rouge sur fond bleu[10]. Des vestiges de plaques de marbre sont retrouvés, participant au revêtement du sol[11].

Plan des thermes[12].

Le plan établi par Paul Pironin à l'issue des fouilles de Jean Jehasse, revu et complété par Alain Bouet, permet d'affecter un usage aux principales salles du complexe et de retracer le parcours de l'usager à l'intérieur des thermes[5] ; ce parcours pourrait commencer par la palestre, si la cour se trouvant à l'entrée remplit bien cette fonction[13].

Après s'être dévêtu dans l'apodyterium (vestiaire), auquel des latrines sont attenantes, l'usager passe dans le frigidarium, grande pièce rectangulaire non chauffée de plus de 26 m de long et large de 6,50 m, qui présente deux piscines à l'une de ses extrémités. L'une de ces piscines est semi-circulaire dans une abside ; l'autre, plus petite est de plan carré[8],[14].

Le parcours se poursuit par un passage dans le tepidarium (bain tiède) d'une surface de 23 m2 équipé d'une vasque d'un diamètre de 3,20 m ou dans le destrictarium, une salle de soins de 17 m2 communiquant directement avec les deux précédentes. Tepidarium et destrictarium sont chauffés par le sol grâce à des hypocaustes[5].

L'étape suivante se déroule dans le laconicum (étuve sèche) de 11 m2 dont l'hypocauste en partie détruit permet de voir les canalisations souterraines puis dans le caldarium (salle chaude)[8],[14]. Deux solia, installés dans cette dernière salle, sont des banquettes en maçonnerie sur lesquelles les usagers peuvent s'asseoir[5].

La sortie des thermes se fait en reprenant le chemin inverse, sans obligation toutefois de repasser par le laconicum selon un « circuit semi-circulaire et semi-rétrograde »[15].

Bien que cela ne puisse être attesté, le site était probablement alimenté en eau courante par le Tavignano, disposition facilitée par la faible différence de niveau entre les deux. Un praefurnium, attenant au caldarium, assurait le chauffage de certaines pièces, mais d'autres dispositifs du même type, non retrouvés, existaient sans doute ailleurs sur le complexe[5].

Histoire

Références

Voir aussi

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