Il est auditionné avec trois autres candidats à la présidence du HCERES le par une commission présidée par la secrétaire générale du gouvernement Claire Landais[6], après un processus démarré un an auparavant, au cours duquel 160 chercheurs avaient opposé leur candidature à celle de Thierry Coulhon[7],[8],[9]. En , Thierry Coulhon avait affirmé qu’il fallait «donner à l’évaluation son plein impact, c’est-à-dire construire, ou plutôt reconstruire, le lien entre l’évaluation et l’allocation des moyens»[10], se prononçant ainsi en faveur d'une évaluation quantitative de la recherche étroitement liée à son pilotage[11].
Sous un mot d'ordre d'unification des grandes écoles et des universités[14], il préconise pour ces dernières un traitement de choc comportant en particulier l'institutionnalisation de la sélection à l'entrée. La solution qu'il envisage pour résoudre le problème du travail supplémentaire que demanderait cette sélection de «faire travailler plus les enseignants-chercheurs pour mener à bien cette sélection» suscite certain scepticisme[15], tandis que son interprétation des difficultés des EPST - «les organismes sont aujourd’hui étranglés par leur masse salariale car ils ont choisi de recruter beaucoup de chercheurs» - inquiète les personnels des établissements concernés[16].
Le , Thierry Coulhon est nommé président du Haut Conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (Hcéres) par Emmanuel Macron.
Ce vote est largement contesté pour plusieurs raisons.
Le parlement vote majoritairement contre sa nomination sans atteindre les trois cinquième pour être défavorable.
Il est aussi nommé directement par le président de la république comme président du Hcéres le même jour où il est nommé personnalité qualifiée pour ce même conseil, alors que le président du Hcéres doit être issu de ses membres.
En 2019, il a auditionné des candidatures avec le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche avant qu'il ne soit indiqué qu'aucune candidature ne faisait l'affaire, ce que le conseil de déontologie, saisi par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, réprouve sans s'y opposer à la condition que la procédure de recrutement soit reprise intégralement.
Enfin, les membres du comité d'examen des candidatures n'est pas publié comme c'est le cas habituellement, et se révèle intégrer deux personnes en conflits d'intérêts avec Thierry Coulhon[18],[19].
Thierry Coulhon participe le , aux côtés notamment de Jean-Michel Blanquer, Mathieu Bock-Côté, Pascal Bruckner, Jean-François Braunstein, Claude Habib, Emmanuelle Hénin, Jacques Julliard, Pierre Manent, Bernard Rougier, Pierre-Henri Tavoillot et Pierre Vermeren, au colloque Après la déconstruction: reconstruire les sciences et la culture organisé dans un amphithéâtre de la Sorbonne par le Collège de philosophie[20] avec le soutien du Comité Laïcité République, qui vise à battre en brèche les approches théoriques qui prennent «l'oppression comme grille exclusive d'analyse du réel», qui s'oppose à «la pensée woke» et la «cancel culture», aux approches constructivistes et plus spécifiquement aux études sur la «race» ou le genre[21]. Une tribune signée par soixante-quatorze universitaires publiée dans Le Monde le 5 janvier 2022 dénonce cette «rhétorique réactionnaire [qui vise] à éliminer du vocabulaire des sciences sociales des termes tels que racisme systémique, privilège blanc, racisation, intersectionnalité, décolonialisme, termes prétendument dénués de toute rationalité, [et rappelant] le politiquement correct du début des années 1990.»[22].
↑T. Coulhon, «Pour entrer dans le XXIesiècle, repartons du Moyen Age!: Unir grandes écoles et universités est un impératif pour refondre l’enseignement supérieur», Libération, (lire en ligne)
↑Patrick Monfort, «Toujours les mêmes lubies réactionnaires: supprimons le CNRS et tout fonctionnera mieux!», La Vie de la recherche scientifique, no410, , p.1 (lire en ligne)
↑David Larousserie, «Le conseiller de l'Elysée Thierry Coulhon présidera le Haut Conseil de l'évaluation de la recherche», Le Monde, , p.12 (lire en ligne)
↑Olivier Monod, «Avant sa nomination à la tête d'une autorité d'évaluation, le conseiller recherche de Macron sur le gril au Parlement», Libération, (lire en ligne)