Théodore de Colonée
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Théodore de Colonée est un militaire byzantin qui occupe de hautes fonctions lors des règnes de Constant II (641-668) et Constantin IV (669-685).

Théodore est vraisemblablement né à Colonée, proche de la frontière byzantino-arabe, alors que la région connaît une conflictualité particulièrement intense dans le contexte de l'expansion de l'islam. Il semble également d'origine arménienne et détient le titre élevé de patrice. Il figure parmi les généraux les plus importants à la fin du règne de Constant II et fait partie du cercle de dignitaires qui restent auprès de son fils encore mineur, Constantin IV, lorsque Constant II décide de quitter Constantinople pour la Sicile vers 662. Avec le cubiculaire André, il se distingue notamment par son opposition à la demande de Constant II de ramener auprès de lui le reste de sa famille, dont Constantin. André et Théodore incarnent alors le refus des élites de Constantinople de voir le pouvoir impérial s'éloigner de Constantinople, alors même que la ville connaît une pression de plus en plus intense des assauts musulmans. Pour Judith Herrin, dans une époque de grands troubles, Théodore de Colonée incarne la présence dans la cité impériale de nobles issus des provinces anatoliennes, parfois en fuite du fait de la guerre et qui sont de plus en plus nombreux dans l'aristocratie de l'Empire[1].
Par la suite, Théodore de Colonée fait probablement partie de la garde rapprochée de Constantin IV. Selon David Turner, il fait même partie des plus hauts personnages de l'Empire et s'étonne du peu d'attention que lui portent les historiens modernes[2]. Il est notamment listé dans les actes du sixième concile parmi les participants, en 680-681. Il détient alors les fonctions importantes de comte de l'Opsikion, l'un des principaux corps de l'armée byzantine et d'hypostratège de Thrace, soit le commandant des troupes anciennement dirigées par le magister militum pour la Thrace[3]. Il est fort possible qu'il ait reçu la fonction de comte de l'Opsikion après la mort de son précédent détenteur, Mezezios, qui a tenté d'usurper le trône en 668-669[4],[5]. Par ailleurs, n'assistant pas à plusieurs sessions du concile où Constantin IV est également absent, il est possible qu'il ait participé à ses côtés à la campagne contre les Bulgares qui se conclut par la défaite de la bataille d'Ongal[6]. Il faut toutefois préciser que plusieurs historiens, comme John Haldon ou Andreas Stratos, n'associent pas systématiquement Théodore de Colonée avec le général Théodore qui assiste au concile[7].
Enfin, il est mentionné dans les sources en septembre 681. A cette date, Constantin IV a évincé de leurs fonctions de coempereurs ses frères, Héraclius et Tibère pour régner seul. Les soldats du corps des Anatoliques protestent contre cette décision et avancent jusqu'à Chrysopolis, proclamant que l'Empire doit être gouverné sur le modèle de la Trinité, c'est-à-dire par trois empereurs. Constantin envoie alors Théodore de Colonée négocier avec eux. Il parvient à convaincre les leaders de se rendre avec lui à Constantinople pour rencontrer l'empereur mais c'est une tromperie. Ils sont immédiatement arrêtés et exécutés[8].
Notes et références
- ↑ (en) Judith Herrin, The Formation of Christendom, Princeton University Press, (ISBN 9780691219219), p. 215-216
- ↑ Turner 2003, p. 80.
- ↑ Turner 2003, p. 80 (note 47).
- ↑ Turner 2003, p. 81.
- ↑ Leontsini 2001, p. 160-164.
- ↑ Turner 2003, p. 93.
- ↑ Turner 2003, p. 80 (note 46).
- ↑ Turner 2003, p. 83-84.
Sources
- (en) Walter Emil Kaegi, Byzantium Military Unrest, 471-843 : An Interpretation, Amsterdam, Adolf M. Hakkert,
- (grk) Maria Leontsini, Κωνσταντίνος Δ'(668-686): Ο τελευταίος πρωτοβυζαντινός αυτοκράτορας [Constantin IV : le dernier empereur protobyzantin], ΕΚΠΑ, (lire en ligne)
- (en) David Turner, « The Trouble with the Trinity: The context of a slogan during the reign of Constantine IV (668-85) », Byzantine and Modern Greek Studies, vol. 27, , p. 68-119