Soit un réseau de ℝn de covolume. Dans toute région de ℝn de volume strictement supérieur à , et dans tout compact de volume , il existe points distincts dont les différences appartiennent à [3].
Si alors il existe un point de appartenant à au moins de ces parties.
La preuve en est simple: en notant l'indicatrice de toute partie de , on a donc la fonction est strictement supérieure à en au moins un point.
Les translatés du domaine fondamental par les vecteurs à coordonnées entières forment une partition de ℝn, donc leurs intersections avec forment une partition de . Or la mesure de Lebesgue est invariante par translation. Par conséquent:.D'après le principe des tiroirs, il existe donc au moins un point et vecteurs distincts tels que . Les points sont alors distincts, et leurs différences sont bien à coordonnées entières, ce qui termine la première démonstration[3].
Le principe de la deuxième démonstration consiste à placer des translatés de M en chaque point entier d'un pavé, et à comparer le volume de leur réunion et la somme de leurs volumes.
Supposons, sans perte de généralité, que est borné. On considère un entier m > 0, et à chaque vecteur α à coordonnées entières comprises entre 0 et m, on associe le translaté M + α. Pour δ tel que M soit inclus dans [–δ, δ]n, tous ces translatés sont inclus dans le pavé [–δ, m + δ]n, comme illustré sur la figure. Pour m assez grand, on a (m + 1)nλn(M) > k(m + 2δ)n, c'est-à-dire:.On conclut, comme dans la première démonstration, grâce au principe des tiroirs[7].
Cette troisième démonstration ne s'applique que si est cubable. Pour tout entier , notons le nombre de points de appartenant à . Ce nombre est équivalent à quand , donc est strictement supérieur à pour suffisamment grand. Or modulo, les éléments de ne forment que classes. L'une d'entre elles contient donc au moins des points considérés, c'est-à-dire qu'il existe tel que contienne points distincts de . Les différences sont bien à coordonnées entières, ce qui termine cette troisième démonstration[8].
↑ (en) H. F. Blichfeldt, «A new principle in the geometry of numbers, with some applications», Trans. Amer. Math. Soc., vol.15, , p.227-235 (lire en ligne).
1 2 (en) Jesús A. De Loera, Raymond Hemmecke et Matthias Köppe, Algebraic and Geometric Ideas in the Theory of Discrete Optimization, SIAM, (lire en ligne), p.41-42.
↑ (en) Carl Douglas Olds, Anneli Lax et Giuliana Davidoff, The Geometry of Numbers, MAA, , 174p. (lire en ligne), chap.9 («A new principle in the geometry of numbers»), p.119: «The credit for this breakthrough goes to Hans Frederik Blichfeldt, who in 1914 published a theorem from which a great portion of the geometry of numbers follow».
↑ (en) Pascale Gruber et Cornelis Gerrit Lekkerkerker, Geometry of Numbers, Wolters-Noordhoff et North-Holland, , 2eéd. (1reéd. 1969, 510 p.), 731p. (lire en ligne), p.42-43.
↑ Le cas du théorème de Blichfeldt est démontré ainsi dans (en) Carl Douglas Olds, Anneli Lax et Giuliana Davidoff, The Geometry of Numbers, MAA, , 174p. (lire en ligne), p.69-73.