La Marine mauritanienne a été créé en 1966 sous la forme d’une unité de marine, qui est devenue en 1976 l'actuelle Direction de la Marine nationale[9]. Sa mission est de protéger les eaux territoriales du pays, qui comptent parmi les plus poissonneuses du monde[9],[7], avec un littoral long de 750 kilomètres et une zone économique exclusive de 235 000 kilomètres carrés[1]. Elle s'occupe, entre autres, de la maitrise des risques liés à l'activité en mer : accidents, naufrages, pollutions, etc. Afin d’être en mesure de remplir ces missions délicates, la Marine mauritanienne a consenti des dépenses importantes pour agrandir sa flotte[9].
En 2014 a été annoncé un plan quinquennal qui comprenait l’acquisition de deux patrouilleurs de 60 mètres de long et la création de trois nouvelles compagnies de fusiliers marins[1]. Dans ce cadre, le Timbédra et son sister-ship identique, le Gorgol (P632), ont été commandés au chantier naval chinois Huangpu Wenchong Shipbuilding[1] en 2014, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI)[6], dans le cadre d’un contrat d’une valeur de 42 millions de dollars[6],[7],[8],[10]. Ils ont été réceptionnés en 2016[1].
La cérémonie de mise en service des deux patrouilleurs a eu lieu le 25 mai 2016[6],[8] à la base navale de Nouadhibou[6], en présence du Président de la république islamique de Mauritanie, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, de membres du gouvernement, du chef d'état-major général des armées et du commandant de la marine nationale, du wali de Dakhlet Nouadhibou, du président de sa zone franche, des autorités administratives et municipales et des élus locaux, ainsi que d’officiers de la marine nationale et de plusieurs autres personnalités[10]. Le ministre de la défense, Diallo Mamadou Bathia[7],[6], a prononcé une allocution. Il a déclaré que le nom des deux patrouilleurs, Gorgol et Timbédra, est celui de deux régions du pays[6],[8] qui ont chacune ses caractéristiques propres. Il a été choisi par le Chef de l’État dans le but de renforcer l’unité nationale[10].
Ces patrouilleurs à grande vitesse peuvent intervenir sur de longues distances et peuvent naviguer dans toutes les conditions de mer. Ils sont équipés de moyens de détection, de communication, de défense et d’armement très développés. Ils sont en mesure de remplir toutes les missions de souveraineté : patrouille, contrôle, surveillance des points d’entrée par la mer sur le territoire national, sauvetage, police de la navigation et de la pêche[7],[10], lutte contre la piraterie[6], contre les divers trafics en haute mer et contre la pollution marine[7],[10]. Le ministre de la Défense a déclaré que ces navires amélioreraient la sécurité des frontières, la marine mauritanienne étant désormais en mesure de faire face à toute menace provenant de la mer[6]. Ils contribueront à protéger les côtes mauritaniennes contre le pillage des importantes ressources halieutiques du pays par des bateaux de pêche étrangers. La pêche illégale a des conséquences environnementales néfastes, mais elle constitue surtout un important manque à gagner pour la Mauritanie. Les activités de pêche représentent en effet 4 à 6% du produit intérieur brut (PIB) et environ 25% des rentrées en devises du pays[7].