Tresses
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Localisation
Commune de l'aire d'attraction de Bordeaux située dans son unité urbaine sur le plateau de l’ Entre-deux-Mers[1] (70 à 80 m d’altitude), au contact de la métropole de Bordeaux, la commune de Tresses s’étend entre la route nationale 89 au nord et la route départementale 936 au sud. Une fraction communale s'étend au-delà de la RD 936 au contact des communes de Bouliac et Carignan-de-Bordeaux. Le cœur de la commune de Tresses se place à mi-distance de ces deux grandes voies de communication : la mairie, l’église, les écoles, divers équipements, un pôle médical et un ensemble de commerces matérialisent cette centralité. Toutefois, les entreprises liées à l’économie de l’agglomération bordelaise s’installent le long de la RD 936 désormais reliée à la rocade[2].
Aujourd’hui, Tresses connaît une situation comparable à la totalité des communes qui se trouvent sous l’influence de la métropole bordelaise. Elle peut se targuer des caractères d’une commune rurale en raison de l’emprise encore très forte des activités agricoles et des espaces naturels. En même temps, sa population croît principalement au rythme des mouvements migratoires en provenance de l’agglomération bordelaise. Ces nouveaux venus y conservent leur emploi. En 1999, sur 1700 actifs, moins de 300 (une soixantaine d’artisans et de commerçants auxquels il faut ajouter leurs salariés) ont une profession dans la commune de Tresses, tous les autres partent travailler dans l’unité urbaine, c'est-à-dire la métropole de Bordeaux et les communes limitrophes.[Passage à actualiser]
Communes limitrophes
Les communes limitrophes sont Artigues-près-Bordeaux, Bouliac, Carignan-de-Bordeaux, Fargues-Saint-Hilaire, Floirac, Pompignac et Yvrac.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[3]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche[4]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[5] et est dans la région climatique Aquitaine, Gascogne, caractérisée par une pluviométrie abondante au printemps, modérée en automne, un faible ensoleillement au printemps, un été chaud (19,5 °C), des vents faibles, des brouillards fréquents en automne et en hiver et des orages fréquents en été (15 à 20 jours)[6]. Elle est en outre dans la zone H2c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[7],[8].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 12,8 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 14,2 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 885 mm, avec 11,8 jours de précipitations en janvier et 6,7 jours en juillet[3]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Villenave-d'Ornon à 11 km à vol d'oiseau[9], est de 14,3 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 904,1 mm[10],[11]. La température maximale relevée sur cette station est de 41,7 °C, atteinte le ; la température minimale est de −16,8 °C, atteinte le [Note 1].
Urbanisme
Typologie
Au , Tresses est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[12]. Elle appartient à l'unité urbaine de Bordeaux[Note 2], une agglomération intra-départementale regroupant 73 communes, dont elle est une commune de la banlieue[Note 3],[13],[14]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Bordeaux, dont elle est une commune de la couronne[Note 4],[14]. Cette aire, qui regroupe 275 communes, est catégorisée dans les aires de 700 000 habitants ou plus (hors Paris)[15],[16].
Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (66,1 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (80,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (48,2 %), zones urbanisées (24,9 %), cultures permanentes (14,7 %), forêts (6,1 %), prairies (3,2 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (2,9 %)[17]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].
Aménagement et développement du territoire communal

La stratégie du conseil municipal et de son maire (en place depuis trente ans) consiste à répartir les programmes immobiliers dans le temps afin qu’il ne soit plus nécessaire de construire de nouveaux équipements, scolaires notamment. De plus, une part de ce nouveau bâti doit comprendre des logements sociaux, la commune ne respectant pas encore les impératifs de la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain). Le POS (plan d’occupation des sols) établi au début des années 1980, transformé récemment en PLU (plan local d’urbanisme) porte cette volonté et encadre les évolutions futures.
Cette planification dans le temps et dans l’espace est d’autant plus aisée que les terres appartiennent à quelques grands propriétaires. Si quelques importantes opérations immobilières (Hameau de Perrin, Les Peupliers, La Séguinie…) résultent de la mise en lotissements d’anciennes terres agricoles, quelques amples domaines viticoles constituent un frein efficace (en raison de leur valeur foncière et financière) à la poussée urbaine et canalisent les zones constructibles le long des principales voies de circulation. Ces vastes ensembles viticoles de plusieurs dizaines d’hectares encerclent le village : entre le centre-bourg et la RN89, les propriétés Sénailhac et Lauduc ; entre le centre-bourg et la limite Pompignac, château Lisenne; s’y ajoutent quelques exploitations plus petites au sud de la RD 936.
De ce fait, l’urbanisation future n’est possible que dans la proximité du centre-bourg, notamment sur une partie des terres inexploitées du Domaine de Palot, ainsi que sur les parcelles comprises entre la route conduisant à Mélac et celle menant à Carignan. La principale opération immobilière actuelle est la ZAC (zone d’aménagement concertée) de la Séguinie où sont associés habitat locatif (dont une majorité de logements sociaux) et individuel. Toute une série d’actions ont renforcé l’attractivité du centre-bourg. Ainsi est née une « allée marchande » où se regroupent aujourd’hui quelques commerces (boucherie, supérette) et surtout un grand nombre de services à la personne : banques et assurances, pharmacie, coiffeurs… En outre, quelques ambulants proposent tous les samedis des produits alimentaires sur le marché qui se tient face à la mairie.
L’achèvement de la rocade rive droite, la mise à deux fois deux voies de la RD 936 de la rocade jusqu'au départ de la future déviation de Fargues-Saint-Hilaire, donnent une réelle attractivité à cet axe pour accueillir des activités économiques consommatrices d’espace. L’implantation d’un Jardiland sur le territoire d'Artigues conforte cette vocation commerciale et artisanale. La plupart des entreprises s’alignent en façade de la route départementale. La présence voyante de deux affaires de transport, l’existence de nombreux garages, de stations d’essence, témoignent de l’ampleur des flux de circulation en raison de la proximité de l’échangeur sur la rocade. Dans une seconde phase, on voit naître des zones d’activités de taille modeste, toutes installées sur la commune de Tresses. Leur remplissage a été lent, mais la demande se fait de plus en plus forte. Les retombées fiscales (taxe professionnelle unique) sont aujourd’hui partagées par l’ensemble des bourgs de la Communauté de Communes des Coteaux bordelais à laquelle adhère Tresses.
Quatre fois plus d’habitants sur un demi-siècle
L’évolution de la population sur près de cinquante ans met en évidence le passage d’une commune rurale à celui d’une commune périurbaine. En 1962, Tresses comptait à peine 1 000 habitants répartis entre près de 300 résidences principales. Les indicateurs démographiques étaient positifs : plus de naissances (122) que de décès (80) et un solde migratoire positif. Le recensement de 1968 a enregistré une progression minime de la population (+ 128) reposant toujours sur un solde naturel favorable et l’arrivée de migrants.
Le changement de rythme est intervenu dans les années 1970. Déjà le recensement de 1975 relevait 600 habitants supplémentaires et quelque 200 constructions nouvelles dans des lotissements. Le recensement suivant, en 1982, a confirmé cette tendance : Tresses comptait 1000 résidents de plus, soit 2 695 habitants et quelque 300 nouveaux pavillons. Comme le solde naturel a peu changé (moins de 200 naissances pour un peu plus de 100 décès), il faut chercher du côté des migrations les raisons de cette mutation. La construction de deux nouveaux ponts durant cette décennie a mis la commune à moins de vingt minutes du centre de Bordeaux. Elle peut donc accueillir des familles à la recherche de la nature et disposant d’une voiture. Toutefois, la majorité des nouveaux venus provenait des communes proches de la métropole de Bordeaux : Cenon, Floirac et Lormont. Les classes moyennes installées dans les grands ensembles, où des problèmes commençaient à apparaître, ont été attirées par les disponibilités et les prix du foncier. De part et d’autre du centre-bourg, dans les lotissements construits le long de la route départementale reliant Pompignac et Tresses à Cenon, se sont implantées des familles aux revenus modestes.
En 2007, le recensement avance la valeur provisoire de 3 928 habitants, soit un peu de 1 000 de plus qu’en 1982, essor réalisé plus lentement cette fois-ci, en un quart de siècle. La commune demeure toujours très attractive puisque les migrations continuent d’assurer l’essentiel de cette croissance, mais l’implantation des constructions est maintenant sous contrôle.
La société tressoise
Le rôle des mouvements migratoires dans l’évolution de la population explique en grande partie les caractères démographiques de la population de Tresses. C’est une commune jeune si on se réfère au moins de 25 ans qui représentent un peu plus de 30 % des résidents alors que ce pourcentage est de 25 % environ pour la France entière. Paradoxalement, le taux de natalité est particulièrement bas (moins de 10‰), en baisse régulière, tout en restant supérieur au taux de mortalité (8‰). Ceci résulte de la venue de jeunes couples avec des enfants. Pour autant, la part des adultes de 25 à 60 ans (55 %) est inférieure de 3 % à ce que l’on observe pour l’ensemble de la population française parce que les jeunes adultes qui entrent sur le marché du travail quittent la commune. C’est donc la tranche des 40 à 59 ans qui domine avec un peu plus du tiers de la population.
Des données disponibles en 1999 sur la population active il est possible de mettre en exergue que 90 % des Tressois ont un emploi, valeur sensiblement identique chez les hommes et les femmes. Comme dans le reste du pays, ce sont les jeunes qui ont le plus de mal à décrocher un travail et ce sont eux qui sont le plus souvent en temps partiel. À noter que le quart de la population active de Tresses est titulaire de la fonction publique, pourcentage plus élevé chez les femmes que chez les hommes.
Le revenu moyen des ménages tressois (2004) s’établit à un peu plus de 21 000 euros par an, valeur sensiblement identique à celle d'Artigues, moindre qu’à Bouliac (plus de 26 000 euros par an), mais près de deux fois plus élevée que les revenus des ménages des communes voisines de la CUB (Cenon, Floirac et Lormont). L’analyse des catégories sociales montre que plus de la moitié de la population active appartient au groupe des ouvriers (en recul) et des employés (80 % sont des femmes), pour un quart aux professions intermédiaires, le reste se répartissant entre les cadres (12 %) et les artisans/commerçants. Au recensement de 1999, on ne compte plus que quatre agriculteurs déclarés. Cette composition sociale n’est guère éloignée de celle observée en France. La principale particularité tient au fait que 80 % des habitants de Tresses sont propriétaires de leur résidence principale, ce qui témoigne d’une réelle capacité d’investissement, surtout depuis une dizaine d’années en raison de la flambée des prix sur le foncier et le bâti. Le nombre des locataires (environ 20 %) s’accroît en relation avec l’effort réalisé pour proposer des logements sociaux et permettre aux jeunes ménages de demeurer sur la commune.
Si les Tressois font leurs achats dans les grandes surfaces de l’agglomération, si leur vie culturelle bénéficie de l’offre de la ville de Bordeaux et de quelques communes de la CUB, ils ont aussi une vie sociale très forte sur leur territoire en s’impliquant dans un nombre élevé d’associations et en profitant d’une multitude d’activités de loisirs. En raison de la jeunesse de la population, du dynamisme des adultes, la demande est très forte. La commune a dû investir dans de coûteux équipements pour satisfaire cette demande en constante progression : salle de basket, terrains de tennis couvert, stade de football, salle polyvalente, « maisons » pour loger les différentes associations. Ainsi, plusieurs immeubles du centre-bourg ont été achetés pour répondre à cette demande. Cet effort se vérifie aussi sur le plan des commerces et des services qui ont été fixés au cœur du bourg pour en accroître la centralité.
Perspectives

Le PLU qui table sur 6 000 habitants à Tresses à l’horizon 2020, consacre la poursuite du développement des activités économiques le long de la RD 936 et affirme vouloir préserver l’environnement et la vocation viticole. Ces objectifs paraissent réalistes au regard de l’évolution au cours des vingt dernières années. Toutefois, ils pourraient être contrariés ou réorientés en raison des dynamiques à l’œuvre sur l’ensemble de l’agglomération bordelaise. L’accélération de l’étalement urbain dans les communes de l’Entre-deux-Mers induira forcément des pressions sur le territoire Tressois en relation avec la croissance des flux de circulation. Si la commune n’est pas directement concernée par les déplacements qui transitent par la voie rapide en provenance du Libournais, il n’en est pas de même de la RD 936 empruntée par des rurbains qui s’installent de plus en plus loin au rythme de la montée des prix du foncier et des terrains disponibles dans les communes rurales. Ce trafic de plus en plus dense (plus de 15 000 véhicules par jour en 2004) a nécessité la mise à deux fois deux voies depuis la rocade tandis que la déviation de Fargues-Saint-Hilaire s’annonce à l’horizon 2010-2015 afin de faire disparaître le bouchon qui paralyse cette commune aux heures de pointe. Non seulement la RD 936 supportera des trafics intolérables pour toute vie résidentielle, mais il est à craindre en plus, dans la continuité de la situation actuelle, que le développement du bâti, tant en limite de voirie que dans les zones d’activités proches, offre tous les défauts de l’urbanisme non maîtrisé des entrées de ville.
En outre, le reste du territoire communal n’est pas à l’abri des transferts de circulation. En premier lieu, la RD 241, qui dessert toute une série de zones habitées (Sallebœuf, Pompignac, Tresses, une partie d'Artigues), voit son débit augmenter au rythme des constructions qui se multiplient dans les communes. Cette voie est aussi utilisée chaque fois que des difficultés de circulation se manifestent sur la RD 936, notamment dans le franchissement de Fargues-Saint-Hilaire car elle constitue un moyen de rejoindre Bordeaux-centre ou de se connecter à la rocade. Si les récents travaux sur la RD 241 freinent la vitesse des véhicules et sécurisent la traversée du bourg de Tresses, il n’en reste pas moins que le trafic devrait continuer de croître. Plus déterminant encore, la RD 241E3, parallèle à la rocade, est empruntée par les véhicules chaque fois que cette dernière et, par ricochet, la voie rapide en direction de Libourne enregistrent des embarras de circulation. Là encore le nombre de véhicules progresse régulièrement.
Les éléments qui précèdent montrent que Tresses est tout à la fois aux portes de la CUB et de l’Entre-deux-Mers. Les réflexions sur les orientations futures devront s’inscrire dans ces contraintes. Se pose déjà et se posera encore plus dans le futur la question des liens que la commune entretiendra avec le cœur du noyau urbanisé de l’agglomération de Bordeaux. La majeure partie des actifs y travaille tandis que d’autres salariés, dans d’autres communes, viennent travailler à Tresses. Ce chassé-croisé prendra de l’ampleur avec la construction de nouvelles zones d’activités dans le cadre de l’intercommunalité. La dispersion de l’habitat en raison du modèle pavillonnaire rend difficile le développement des transports en commun comme le montre le taux d’occupation médiocre sur les dessertes départementales, mises en place par le Conseil Général, transitant par Tresses. Enfin, si la planification territoriale est un facteur indispensable en matière de maîtrise de l’aménagement, de prévision dans le développement économique et de préservation de l’environnement, il n’a jamais empêché que l’urbanisation progresse dans les espaces les mieux protégés. Il n’est qu’à observer ce que sont devenus les coulées vertes dans le schéma directeur de l’agglomération bordelaise ! La commune de Tresses est en première ligne, au contact des communes de la CUB déjà très fortement et souvent très densément occupées. Nul doute que la réflexion sur son avenir passe par une analyse intégrant une perception plus globale des dynamiques territoriales sur les marges de la métropole.
Risques majeurs
Le territoire de la commune de Tresses est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), mouvements de terrains et séisme (sismicité faible)[18]. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle[19].
Les mouvements de terrains susceptibles de se produire sur la commune sont des tassements différentiels[20].

Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. La totalité de la commune est en aléa moyen ou fort (67,4 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les 1 815 bâtiments dénombrés sur la commune en 2019, 1 815 sont en aléa moyen ou fort, soit 100 %, à comparer aux 84 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM[21],[Carte 2].
La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982, 1983, 1987, 1988, 2009, 2013, 2020 et 2021, par la sécheresse en 2002, 2003, 2005 et 2011 et par des mouvements de terrain en 1999[18].
Toponymie
De Trecias à Tressis, la forme définitive du nom s'est fixée seulement au XVIe siècle. Il tiendrait son origine de la distance par rapport à Bordeaux : altération du latin « Ad Tres Leucas » à trois lieues.
Histoire
Aux origines de la commune de Tresses
De nombreux vestiges préhistoriques témoignent de l'occupation ancienne de cette partie de l’Entre-deux-Mers. Tresses fut sans doute en ces temps reculés peu favorable à d’importants établissements humains. Les plus anciens vestiges découverts en différents secteurs de la commune appartiennent au Paléolithique moyen (Moustérien) et pourraient dater de 30 000 à 40 000 ans avant notre ère. Ils ont été abandonnés par l'Homme de Néandertal (Homo neanderthalensis), qui vécut là sous des conditions climatiques généralement assez rudes. La découverte de deux haches polies à Tresses marque l'époque Néolithique pendant laquelle les premiers habitants sédentaires s'installèrent sur notre sol (- 5000 à - 2200 avant notre ère). La première hache a été signalée par M. Piganeau en 1897, dans son «Répertoire archéologique du département de la Gironde» ; la seconde a été découverte par M. Alfonso Munoz en 1975 à Daureille, à peu de distance de l'église (dans les vignes du château Palot).
L'occupation du sol à l'époque gallo-romaine est ensuite représentée à Tresses par des vestiges archéologiques découverts entre le village du Mayne et le château d'eau. Ce sont tout d'abord des fragments de tuiles romaines plates à deux bords verticaux nommées Tegulae dont la jonction était assurée par d'autres tuiles semi-circulaires, les Imbrices. Il y a également de nombreux tessons de poteries des IIe et IIIe siècles, une monnaie du Bas-Empire, une fusaïole, des fragments d'amphore et des poids de métier à tisser. Des scories de fer de haute époque y indiquent également la présence d'un site métallurgique ancien. Plus près de nous dans le temps, c'est la découverte de deux sarcophages à Mélac qui est signalée par M. de Mensignac dans une communication à la société archéologique de Bordeaux en 1890 (ces deux vestiges ont disparu depuis cette époque). À l'époque médiévale, la petite prévôté de l'Entre-deux-Mers qui était sous la juridiction des maires et jurats de Bordeaux et qui faisait partie de la banlieue bordelaise, se composait des paroisses de Cenon, Floirac, Bouliac, Tresses, d'une partie de Latresne et d'Artigues, de la partie nord-ouest de Carignan, et d'une partie de Lormont.
Le premier texte concernant la vigne à Tresses figure dans le cartulaire de l'église collégiale Saint-Seurin de Bordeaux, en l'an 1152. Nous sommes à l'époque d'Aliénor d'Aquitaine, épouse de Henri Plantagenêt, roi d'Angleterre. Il s'agit d'un très intéressant texte de donation par Raimond dit Sacriste, pour des biens qu'il possède à «MELAG» (Mélag, devenu depuis Mélac, n'était pas encore au XIIe siècle rattaché à la paroisse de Tresses). En juillet 1245, un autre texte du même notaire (Fort Baudres) concerne un échange entre l'abbé de Sainte-Croix de Bordeaux et le captal de La Trône (seigneur de Latresne). Il y est question de l'artigue (une terre défrichée) d'Aurelha en la paroisse de Tresses. Ce lieu-dit est toujours planté en vignes derrière l'église et il est devenu, au cadastre, Daureille. Du Moyen Âge au XVIIIe siècle, les vins de Tresses, comme ceux du Bordelais en général, ne présentaient aucune des qualités actuelles; ce n'était qu'un «Claret» très ordinaire, peu coloré et peu alcoolisé. Ils étaient exportés vers l’Angleterre et l'Europe du Nord-Ouest.
Agrandie de la paroisse de Mélac au XIIIe siècle, doté d'une église romane et d'un clocher fortifié, Tresses était un village d'agriculteurs, la vigne étant présente comme le prouve le plus ancien texte connu, daté de 1260, faisant mention de la vente d’une parcelle viticole.
Tresses pendant la Révolution
Les trois ordres, clergé - noblesse - tiers état, étaient représentés à Tresses pendant la Révolution. Dans les châteaux et les domaines importants, résidaient les membres de la bourgeoisie et de la noblesse : Jean de Senailhac, à la «Mothe» de Tresses (où il décédera en l'an 1800) ; Pierre Malbec, procureur au Parlement de Bordeaux et son épouse, Anne-Marie de Biré, au château Biré ; la famille de Calmeilh, en son château de Fontemille à Mélac ; M. Lemith, citoyen américain dont le domaine deviendra plus tard «La Séguinie» (il s'absente souvent pour affaire à l'île de Saint-Domingue) ; Jean Laporte, agent de change, à Lisennes ; Jean-Pierre Balguerie, négociant à Palot ; M. Fabre, négociant, propriétaire à Caboy, qui est l'ancien nom du village de Fabre. Deux communautés religieuses possédaient des métairies, vignes, prés, terres labourables, châtaigneraies et landes. Il s'agissait des religieuses de Notre Dame de Bordeaux et du collège Saint-Raphaël (petit séminaire). Quant au curé Dupuch, il était installé à Tresses depuis l'année 1783 et habitait à l'ancienne Cure qui existe toujours au bourg, toute proche de la salle des sports. Ses revenus le situaient au niveau d'un artisan moyen ou d'un paysan aisé. La dispense fiscale et les dons reçus de ses fidèles lui assuraient, avec l'exploitation d'une terre et d'un pré, une vie correcte. Nous possédons moins d’informations sur le reste de la société tressoise. Le vin, à cette époque, restait bien entendu la boisson privilégiée. La viande, le plus souvent de porc dans notre région, était consommée parcimonieusement, sauf dans la couche sociale favorisée où elle était le signe et le symbole de l'aisance matérielle ! Le meunier de «La Trimouille» traitait le grain appartenant aux producteurs ou aux boulangers. Il était payé en nature, en général au seizième du volume des grains moulus.
L'automne de 1787 avait été exécrable après un été médiocre. Les pluies retardèrent les vendanges et le vin de Tresses fut de mauvaise qualité. Octobre et novembre, noyés d'averses, détrempèrent les champs et entravèrent les labours et les semailles. Suivit un hiver sans caractère, marqué par une douceur inhabituelle. De telles conditions furent particulièrement néfastes aux céréales. Restait l'espoir des semailles de printemps ; on s'y employa dès les premiers jours. Mars fut très frais et retarda la germination. Vint ensuite juin 1788, très chaud et orageux : les céréales furent échaudées. Après ces conditions climatiques, les producteurs de Tresses récoltent en 1788, environ deux fois et demie leur semence et cet échaudage généralisé à travers l'ensemble du pays sera la cause d'une disette dont les conséquences historiques seront incalculables. Au début de l'année 1789, la misère est grande et le curé de Camarsac, non loin de Tresses, signale des familles entières se nourrissant d'herbages cuits ! D'août 1788 à avril 1789, le prix du blé accuse des hausses supérieures à 30 %. À la demande du roi chacun des ordres, clergé, noblesse, tiers état, rédigea ses revendications, celles du tiers état retinrent le plus l'attention parce que paysans et bourgeois, se sentant mis à l'écart par les privilégiés et trop dominés par eux, exprimèrent avec vigueur une volonté de réforme. Les Tressois ont vécu, comme les autres sujets du roi, cette étape déterminante qui représente, pour chaque village, le début de la démocratie locale. L'ensemble de la population a été convoquée en mars, conformément aux lettres du roi, en date du 27 janvier 1789 précédent, et à l'ordonnance de Monsieur le Grand Sénéchal de Guyenne du 18 février. L'assemblée procéda à l'élection des deux députés devant porter le cahier à la Sénéchaussée et désigner les députés du Tiers-État à Versailles. Jean Cazimajou dit «Lami», marchand, et Jean Faupier, boulanger, se présentèrent donc le 9 mars 1789 à la réunion des ordres de la Sénéchaussée en la cathédrale Saint-André de Bordeaux.
À la fin de 1789, la loi détermina la création dans chaque ville, bourg et paroisse d'une municipalité comprenant : le maire, les officiers municipaux et un procureur chargé de requérir l'application de la loi et d'en rendre compte au pouvoir public. Ce conseil comportait également des notables en nombre double des autres membres. Ils se joignaient à eux en «Conseil Général» pour les affaires importantes. Ces conseils étaient élus pour deux ans et renouvelés pour moitié chaque année. Les citoyens furent divisés en trois catégories : passifs, actifs et éligibles. En 1790, Tresses comptait 620 habitants dont 120 citoyens actifs et 100 citoyens éligibles. En février, ces Tressois désignèrent la première municipalité en plaçant, comme dans bien d’autres communes rurales, le curé de la paroisse, Jean-François Romain Dupuch au poste de maire. La première municipalité de Tresses, dans le canton de Pompignac, avait donc la composition suivante. Le maire, Jean-François Romain Dupuch, curé de Tresses depuis 1783, élu pour deux ans et cinq officiers municipaux : Raymond Sarpaud cultivateur, Jean Cazimajou, dit «Lami» de Mélac (il avait été élu député aux États Généraux de la Sénéchaussée), Jean Faupier, boulanger (également élu en mars 1789), Pierre Rives (Aimé) cultivateur qui habite sur le grand chemin (de Branne), Pierre Maubilas, forgeron, ainsi que le procureur de la commune : Lahire. S’y ajoutaient 12 notables : Jean Mouchet, Jean Perrotin, Jacques Lafourcade, Bernard Lapaillerie, Jean Rambaud de Jolibois, Vincent Desse de Lescalet, Raymond Gadeuil, Bertrand Clemens (laboureur à Fénelon), Pierre Audinau du Landais, Jean Lafon, Raymond Bonnin, Jean Michel. L'assemblée constituante décida que chaque département serait administré par un conseil général de 36 membres élus pour deux ans, renouvelable par moitié chaque année. À cette occasion, deux Tressois furent désignés pour participer à une première élection : Pierre Rives fils et Jean Cazimajou de Mélac. À Bordeaux, comme dans tout le pays, le premier 14-Juillet fut fêté sur le modèle parisien de la «Fédération» et Tresses désigna cinq députés à la Fédération de Bordeaux. Ce jour-là, le maire et Curé Dupuch rédigea un acte de naissance : « Le 14 juillet 1790 jour de la fédération est né et a été baptisé Jean, fils naturel et légitime de Léonard Audebard »
Un document des archives départementales permet de faire le point sur la population, les impositions et la situation économique en 1790. Tresses comptait une population totale de 620 âmes, dont 120 citoyens actifs payant au moins trois journées de travail, 100 citoyens éligibles aux municipalités, districts et département payant au moins dix journées de travail. Les registres des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse complètent ces renseignements avec : 13 naissances, trois mariages, 14 décès : dont cinq enfants de 18 mois à 13 ans. La garde nationale de Tresses, installée en 1789, comprend deux compagnies soit 120 hommes sous les ordres de Jean Bourges qui en est le colonel. Le document se termine par les observations de la municipalité : «La communauté n'a aucune espèce de fonds pour concourir à la confection des chemins de traverse qui sont si mauvais dans l'hiver ou pour mieux dire les neuf mois de l'année… La Communauté désireroit bien qu'on leur donnat un moyen de rétablir ces chemins, mais il seroit à craindre que si c'étoit à la charge des habitans ils s'y refuseroient se plaignant déjà d'être trop surchargés d'impôts, pour les journaliers leurs journées peuvent suffire à peine pour les faire vivre». À partir de novembre 1790, tous les prêtres chargés d'un culte public prêtèrent serment à la constitution civile. Jean-François Romain Dupuch, curé et maire de Tresses prêta serment et le confirma par une lettre du 26 mars 1791. En novembre 1789, les biens ecclésiastiques avaient été mis à la disposition de la nation. Étaient concernés : les religieuses de Notre-Dame de Bordeaux pour une métairie, aux «Videaux», à Tresses (valeur estimée à 11 860 livres), lecCollège Saint-Raphaël de Bordeaux (petit séminaire) pour leur bien de campagne au «Bourdieu du Collège» à Tresses (d'une valeur de 2 500 livres), la fabrique de Tresses formée de l’ensemble de personnes choisies parmi les notables de la paroisse pour administrer les intérêts de celle-ci, le curé (et maire) Jean-François Romain Dupuch (biens estimés 800 livres). Après la condamnation pontificale de Pie VI en mars 1791, Jean-François Romain Dupuch, curé constitutionnel et maire, se rétracta et quitta ses fonctions en avril 1791 causant par cette attitude une profonde émotion dans la commune. Il fut arrêté le 17 juillet 1792 (il reviendra à Tresses en 1800 et mourra en 1817). Le nouveau curé Dubruel s'installa à fin avril 1791, nommé par l'assemblée électorale du district de Bordeaux. Il prêta serment en présence de Emé Gueu et Jean Cazimajou et, en décembre 1791, il clôtura un registre d'état-civil en utilisant la formule révolutionnaire : « Vivre libre ou mourir. »
Une nouvelle municipalité fut installée en novembre 1791 sous la direction de Jean-Pierre Balguerie, propriétaire du domaine de Palot. À Tresses, cette même année 1791, la fuite des émigrés se poursuivant, des biens nationaux de deuxième origine furent vendus : le château de Fontenille et ses terres à Mélac (estimation 61 500 livres) appartenant à dame Louise Devalon veuve Calmeil émigrée avec ses fils, la propriété Delbos-Laborde et Madronet Saint Eugene. Les biens de M. Pierre Fabre négociant présumé d'émigration et dame de Beynette Marguerite, fille de M. Jean de Senailhac épouse d'émigré, ne seront finalement pas vendus. L'abolition de la royauté fut proclamée le et fit place à la Première République. Le lendemain 22, il est décidé de dater les actes publics de l'an I de la République. Le 8 octobre, les citoyens de la commune de Tresses écrivaient à la Convention pour exprimer leur adhésion à l'abolition de la royauté. Par ailleurs les registres religieux de Tresses sont clôturés le 25 novembre 1792 et le curé Dubruel, membre de la municipalité, est chargé de recevoir les actes destinés à contrôler les naissances, les décès et les mariages des citoyens en qualité d'officier public et non de curé de la paroisse. À Tresses, comme dans l'ensemble de la nation, la situation économique se détériorait. Répondant à une demande «pour faire la balance des consommations avec le produit du sol», Jean-Pierre Balguerie, le nouveau maire, donnait des précisions en juillet 1792 sur la récolte de «Bled» : «Cette année, on a semé dans la paroisse 600 boisseaux pour en recueillir 2 400… La consommation nécessaire étant de 3 384 boisseaux pour les habitants, la récolte est insuffisante ; il faut considérer que les terres de Tresses sont si mauvaises qu'on doit regarder que souvent il y en a qui ne produise pas au-dessus de la semence… »
Le 23 décembre 1792, un nouveau conseil général (terme utilisé à cette époque) est installé à la maison commune de Tresses. Après deux notables élus depuis 1790, c'est maintenant un cultivateur, Emé Gueu de Mélac, qui accède au poste de Maire. Sur les vingt membres de cette nouvelle assemblée municipale, neuf savent lire et écrire : il y a 10 cultivateurs (ou «paysans» suivant les textes), 3 vignerons, 1 laboureur, 1 forgeron, 1 boulanger, 1 charpentier, 1 voiturier, 1 négociant, 1 courtier. En 1793, lorsqu’il s’agit de lever des volontaires pour combattre aux frontières, nul ne se porta candidat à Tresses. C’est par le vote que fut désigné Jean-Baptiste Guibert, « natif de l'îsle d'Oléron », un « étranger » à la commune. Mais ce dernier se fit exempter par le médecin. Le 15 thermidor (2 août 1794), apprenant la chute de Robespierre, la municipalité rédigea à l'intention de la Convention une adresse pour la féliciter d'avoir débarrassé la République des monstres qui voulaient lui ravir la liberté. L'hiver fut très rude à Tresses en cette fin d'année 1794. On pouvait traverser la Garonne sur la glace à Rions en janvier et les vignes gelèrent à Tresses comme dans beaucoup de communes girondines. En l'an VIII, sous le Consulat (1800), une municipalité s'installa à nouveau à Tresses avec à sa tête Jean-Jacques Daguzan qui habitait à Mélac et à Bordeaux
Tresses durant le dix-neuvième siècle
Le plus ancien registre de délibération du conseil municipal conservé aux archives commence le 1er juillet 1838 sous le règne de Louis-Philippe (1830 à 1848). Au cours de la session extraordinaire sous la présidence de M. J. Balguerie aîné, maire, en présence, conformément à la loi, des propriétaires les plus imposés, a été voté l’achat d'un terrain proche de l’église (immeuble P. Mendon) pour la construction de l'école, du logement de l'instituteur et d'un local pour la mairie pour la somme de 600 F couvert par une imposition extraordinaire de cinq centimes (autorisation du Roi) et la construction des bâtiments pour un montant de 5 500 F le tout couvert par des subventions et des emprunts. Les travaux s’achevèrent en 1840. Dans l'impossibilité où se trouvait la commune de fonder une école de filles, les enfants des deux sexes, séparés par une cloison, recevaient les leçons de l'instituteur dans le même local. Le 21 février 1847, nomination du premier garde-champêtre de Tresses, nommé Chamaroche, pour un traitement de 500 francs par an. Appelés à se rendre à Carbon-Blanc à 7 heures du matin, pour les élections des représentants du peuple, le 24 avril 1848, les électeurs de la commune de Tresses, réunis à la mairie dès 5 heures du matin, prirent la direction de la route de Libourne par le chemin de Font-de-Rode. Dans des sols détrempés, ils continuèrent leur marche sur la grande route de Libourne jusqu'au point dit des Quatre Pavillons, et gagnèrent là le chemin direct de Carbon-Blanc où ils arrivèrent à 7 heures précises après avoir retrouvé, un peu avant, Monsieur le maire (Jean Balguerie) qui était venu le matin de Bordeaux pour se joindre à eux. Une charrette avait été mise à la disposition de ceux que l'âge ou des infirmités empêchaient de marcher.
Durant les années 1850, on relève quelques évènements importants : la démission du maire, M. Balguerie, pour raison de santé ; la décision du conseil municipal de fonder une société de secours mutuels dans la commune (création en 1856). Il a été également voté un somme de 2,50 centimes (110 F actuel) pour venir en aide aux indigents. En faveur des bras inoccupés, sont ouverts des travaux sur le chemin de Pompignac, entre Tresses et Artigues. La commune demandait aussi que le facteur desservant les communes d'Artigues, Tresses, Pompignac et Yvrac dépende du bureau de Cenon-La Bastide et non de Carbon-Blanc. Pour des raisons financières les édiles ajournèrent la construction d’une classe pour les filles. Ils adoptèrent (1856) une proposition pour la restauration et l'agrandissement de l’église qui menaçait ruine et décidèrent de refondre la cloche de l'église. Durant la décennie suivante, la vie communale a continué au rythme de quelques évènements : don de Mademoiselle Marie Marès pour les pauvres de la commune, plans, devis et cahier des charges relatifs à la construction d'une maison pour loger le garde-champêtre (1865), débat sur la contenance de la barrique bordelaise. M. Ernest Faure, nouveau maire, fait voter (fin 1870) une somme de 9 500 F au taux de 6 % pour subvenir par tous les moyens aux besoins de la défense nationale et fait préciser les montants affectés aux blessés militaires, aux prisonniers et aux habitants des départements envahis.
Le 11 juillet 1875, M. le maire soumet au conseil les plans et devis pour la construction d'un clocher. La dépense s'élèverait à 12 000 F et serait couverte par une souscription s'élevant à 6 000 F ; pour la différence le conseil vota un emprunt de 4 000 F. Un an plus tard, le nouveau devis pour la construction d'un clocher s’élevait à 15 489 F. Vu l'opposition de la commission des monuments publics de la Gironde à la suppression du vieux clocher, le conseil décida que ce clocher, sans préjudice de la conservation de l'ancien serait établi en avant de la façade principale de l'église avec laquelle il fera corps. À la suite de la circulaire de M. le ministre de l'Instruction publique, M. le maire, Ernest Constantin soumettait au conseil (6 août 1876) les plans et devis dressés en vue de l'agrandissement des locaux affectés tant aux logements de l'instituteur que de l'institutrice qu'à leurs écoles respectives, agrandissement dont l'urgence était plus que jamais démontrée. Mais en février 1877, le conseil municipal abandonnait l'idée d'agrandissement de l'école et approuvait un nouveau projet pour une construction entièrement neuve qui réunirait dans un même corps de bâtiment, les deux écoles, les logements de l'instituteur et de l'institutrice et la mairie sur un emplacement dont il autorisait l'achat soit dans le bourg ou sur ses abords. En 1878, à la suite de la subvention de l’État et du conseil général, la commune achetait le terrain de Mme Ducoux (propriétaire de Lisennes) pour une somme de 2 700 F.
Le 15 août 1883, le conseil municipal, à la suite du rapport de l'architecte du département adressé au Préfet, au sujet du clocher neuf de l'église Saint-Pierre, apprenait que le nouveau clocher, construit en 1877-1878, menaçait de s'écrouler « s'il n'y est fait des réparations d'une certaine importance ». Plus tard, en 1892, le conseil prenait connaissance du devis des réparations du clocher neuf pour une dépense de 4 000 F et exprimait le désir de faire les travaux sans retard. Le 25 octobre 1890 fut ouvert, dans un nouveau bâtiment, le bureau du télégraphe de Tresses dont la gérante sera, jusqu'en 1897, Mme MIQUEL Anaïs, née Peyron, qui, avec son époux Raymond Miquel, fonda une importante famille toujours présente dans la commune, puis ce sera le tour de Mme Gabrielle Labory (dont la famille est aussi présente à Tresses à ce jour). La première ligne téléphonique concerna M. Roussel qui habitait à Videau ; en 1912, le réseau s'amplifiait et le bureau contrôlait douze numéros : 7 à Tresses, 2 à Artigues, 1 à Pompignac et 2 à Sallebœuf dont celui de la famille du célèbre constructeur Gustave Eiffel. En cette fin du XIXe siècle, le préfet de la Gironde demandait au conseil municipal de donner son avis sur l'utilité de l'établissement d'un tramway à vapeur, entre Bordeaux et Camarsac établi sur la route départementale no 136, puis un peu plus tard (1896) sur l'établissement d'un tramway à traction mécanique sur la route nationale no 89 de Bordeaux à Libourne. Les édiles émirent un avis favorable et en profitèrent pour émettre le vœu qu'un pont supérieur soit établi sur le passage à niveau de la rue de la Benauge.
M. le maire donna lecture d'une lettre (1898) adressée par l'association syndicale des viticulteurs propriétaires de la Gironde, le priant de vouloir bien s'associer aux vœux déjà exprimés par un grand nombre de viticulteurs et de sociétés agricoles relatifs à la surélévation des droits sur les vins étrangers entrant en France et faisant à nos vins une déloyale concurrence. Le conseil émit le vœu que des mesures soient prises de façon à éviter l'invasion en France des vins espagnols provenant de la récolte de 1898. C’est que Tresses vivait de la vigne : en 1825, 376 hectares étaient plantés en vignes pour vins rouges et blancs… soit environ 1/3 de la superficie totale de la commune. Face au phylloxera, une seule mesure s'avéra efficace, le greffage systématique des vieux cépages français sur des plants de variétés américaines qui, seules, résistaient à l'attaque de ce fléau. Dès 1897 la surface plantée était remontée à 308 hectares (à comparer avec les 150 ha actuel), 1/3 de blancs et 2/3 de rouges. Dans la vie municipale de ce début du XXe siècle, relevons l’ouverture d’un livret d’épargne pour les enfants, l’installation d’un garde genoux au lavoir, la participation financière à l’achat d’un aéroplane, la pose de quatre plaques émaillées offertes par Michelin et l’installation de l’électricité dans les bâtiments communaux.
De la Grande guerre à la seconde guerre mondiale
Nous sommes en 1914, Tresses comptait moins de 800 habitants, population en légère augmentation par rapport aux années 1850. Face à la guerre, la commune décidait alors de réduire ses dépenses, de répondre positivement à la souscription au profit des blessés militaires. M. le maire adressait ses remerciements à tous les généreux donateurs qui aident inlassablement et par tous les moyens les braves tombés sur le champ de bataille pour la défense du sol national. À Tresses, loin des tranchées, on connaît en 1917 des difficultés du ravitaillement en farine ce qui conduit les édiles à acheter au compte de la commune du riz, des pommes de terre et du maïs pour les rétrocéder aux habitants ou au boulanger communal. Le 11 novembre 1918 l'armistice est signé ! Tresses a sa lourde part de sacrifices humains : 32 de ses enfants sont morts pour une population masculine d'environ 380 personnes. Cela donne un pourcentage de 8,42 %, chiffre inférieur cependant à la moyenne nationale. Le conseil municipal (1919) désirant rendre un hommage aux enfants de la commune qui ont donné leur vie pour la défense du sol national décidait d'élever un monument funéraire sur lequel seront inscrits leurs noms. L'inauguration du monument aux morts pour la France eut lieu le dimanche 24 juillet 1921.
Alors que la grande crise de 1929 pointait à l’horizon, le conseil municipal de Tresses considérait le moment venu de se préoccuper de réunir les fonds nécessaires à l'électrification complète de la commune. La somme à couvrir au moyen d'obligations remboursables en trente ans et portant intérêt voisin de 3,5 % avoisinait 125 000 F, déduction faite du concours de l'État et de la société concessionnaire. Trois ans plus tard, M. le maire rendait compte de l'état des travaux d'électrification qui touchent à leur fin. L’accès à l’électricité n’excluait pas la défense des intérêts locaux. Ainsi, sur la proposition de M. Hector Armenaud, le conseil décide d'adresser la lettre suivante à M. le Préfet (1933) : «Nous faisant l'écho des doléances de la population de Tresses, nous protestons respectueusement mais énergiquement contre la quasi interdiction de fabrication des piquettes édictée par la loi du 8 juillet 1933. La piquette est une boisson légère, fraîche et saine, de tous temps appréciée par nos populations laborieuses, et au point de vue hygiénique … Nous demandons un peu plus de liberté quand cette liberté ne nuit à personne et le droit de boire de la piquette, puisque nous aimons cette piquette ; nous protestons contre son interdiction et nous demandons une modification rapide de la loi qui nous brime.»
Le 11 février 1934, le maire fait connaître les prix approximatifs établis par l'ingénieur du service vicinal pour le cylindrage en partie (1 000 m) et le goudronnage en totalité du chemin de Mélac. Dans cette période qui précède la seconde guerre mondiale, les conseils municipaux se font l’écho des préoccupations nationales. Ainsi, en 1938 le conseil municipal de Tresses adressait à M. le président Daladier et à son gouvernement l'expression de sa vive gratitude pour le dévouement dont ils avaient fait preuve pour le maintien de la paix et leur faisait confiance pour assurer une politique d'ordre et de concorde, indispensable à la prospérité du pays.
Tresses pendant l’occupation allemande
Après l'arrivée des réfugiés fuyant devant les troupes allemandes, les troupes d'occupation s’installaient à Tresses en juillet 1940. Le clos Gassiot (à l'emplacement actuel du bureau de poste), propriété de M. Lolivier, sera jusqu'en 1944 le siège de la Kommandantur du secteur. Quelques demeures de la commune serviront également au logement des militaires affectés aux services. Un an plus tard (1941) le conseil municipal de Tresses demandait à l'autorité allemande la remise d'armes, déposées à la mairie, pour la protection de volontaires désirant exercer par groupes la surveillance des exploitations agricoles dans lesquelles les vols se multiplient (la réponse fut, bien entendu, négative !).
En présence de MM. Lucien Deluga, Maurice Miot, Albert Courget, Marc Armenaud se tenait le 13 juillet 1941 la dernière séance du conseil municipal de Tresses élu en 1935. Pierre Pucheu, ministre de l'intérieur du gouvernement de Vichy prenait l'arrêté (novembre 1941) de dissolution du conseil municipal de la commune de Tresses et instituait, dans la commune de Tresses, une délégation spéciale habilitée ainsi composée : président, M. Pechin Albert ; membres: MM.Brunie Jacques et Balguerie Pierre. Cette délégation spéciale, décidait : «Il est créé sur le territoire de la commune de Tresses une régie communale d'exploitation de jardins communaux sur des terrains situés à Tresses ; d'une contenance de 2 ha 91 a 50 ça au lieu-dit «Fontaine Marguerite»(bassin d'étalement actuel). Le 15 mai 1943, la délégation spéciale donnait son accord pour la scission du canton de Carbon-Blanc en deux cantons, l'un urbain (canton de Cenon) et l'autre rural (canton de Carbon-Blanc). Tresses se rattachait au canton de Cenon.
Un groupe de résistance existait à Tresses. Il avait été créé par M. Jean Pierre Darracq (instituteur) et faisait partie du mouvement de Libération Nord. Son activité depuis 1943 s'était manifestée par la constitution d'un dépôt de matériel militaire, l'hébergement de prisonniers Nord-Africains évadés, ainsi que de réfractaires du STO (service du travail obligatoire). Au moment de la déroute des armées françaises en 1940, Messieurs Marc et Robert Armenaud avaient camouflé sous une grange de Fénelon, deux véhicules de l'armée : une voiture tourisme Peugeot 202 et un camion Renault 4 tonnes, portant un matricule minéralogique militaire. Ce matériel a été remis aux troupes des Forces Françaises de l'Intérieur au moment de la libération.
Le 28 août 1944, les forces du maquis occupaient Bordeaux où la foule enthousiaste a manifesté bruyamment sa joie toute la journée. Il en était de même à Tresses ! La Kommandantur installée dans le bourg avait plié bagages depuis plusieurs jours. Le château Biré réquisitionné pour les officiers avait été également vidé de ses occupants. Sur la place du maréchal Pétain, la plaque installée non loin de la mairie fut martelée ce jour-là afin de rendre l'inscription illisible. La première réunion (29 octobre 1944) de la nouvelle délégation spéciale nommée après la Libération était présidée par Marc Armenaud. La cloche sonna à la volée le 8 mai 1945 pour célébrer la fin de la deuxième Guerre Mondiale et de nombreux Tressois et Tressoises tirèrent la corde ; certains laissèrent une trace écrite sur les murs : «Caroline Garcia a eu la joie de sonner la cloche pour la fin de la guerre - Vive la paix» Entre mai et juillet 1945, c'est le retour des prisonniers de guerre et des travailleurs du STO (service du travail obligatoire) : 32 Tressois, prisonniers depuis 1940, retrouvent leurs familles.
La période récente
Au lendemain de la guerre, la commune choisit comme maire Jean-Léon Soubie. Ce dernier fera deux mandats, tout comme Simone Couailhac puis Marc Armenaud. Depuis 1977, Jean Pierre Soubie administre la commune de Tresses. Parmi les événements qui ont marqué cette vie municipale au cours de la seconde moitié du XXe siècle, notons en 1952 la remise en service de la «prison de la commune» pour le cas où des vagabonds viendraient se présenter, la restauration intérieure du chœur de l'église (1963), l’inauguration de l'école maternelle (1964), la construction du château d'eau (1968-1969), l’agrandissement de l'école primaire (1975), la construction de la salle des sports (1976) pour répondre aux attentes du club de basket. Suivront, sous le mandat de l’actuel maire, l’aménagement d'un foyer rural dans le bourg (1977), le nouvel agrandissement de l'école primaire avec un restaurant scolaire et quatre classes afin de répondre aux demandes d’une population en croissance, l’aménagement d'un premier terrain de tennis à Pétrus (1979).
Au cours des années 1980 sont mis à disposition une salle polyvalente, la première zone artisanale, une Allée marchande, un premier terrain de tennis couvert tandis que des travaux de modernisations sont réalisés à la mairie et à l’église. Plus récemment, années 1990, on peut retenir l’ouverture de la gendarmerie, la poursuite du développement des zones d’activités, la construction des ateliers municipaux et la bibliothèque. De plus les édiles achètent une série de bâtiments dans le centre du village afin de donner un toit aux associations et aux services communaux. C’est aussi dans cette phase que la commune achète (1998) le château de la Séguinie et son parc.
Politique et administration
La commune de Tresses appartient à l'arrondissement de Bordeaux. À la suite du découpage territorial de 2014 entré en vigueur à l'occasion des élections départementales de 2015, la commune est transférée de l'ancien canton de Floirac supprimé dans le canton de Créon remodelé[22],[23]. Tresses fait également partie de la communauté de communes des Coteaux Bordelais, membre du Pays du Cœur de l'Entre-deux-Mers.
Tendances politiques et résultats
Liste des maires
Jumelages
| Ville | Pays | Période | ||
|---|---|---|---|---|
| Fuenmayor | Espagne | depuis | ||
Démographie
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[28]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[29].
En 2023, la commune comptait 5 290 habitants[Note 5], en évolution de +14,75 % par rapport à 2017 (Gironde : +6,76 %, France hors Mayotte : +2,36 %).






