Tsedek!

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Tsedek!
Cortège Tsedek! à la manifestation du 22 novembre 2025 à Paris contre les violences sexistes, sexuelles et de genre.
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Tsedek! est un collectif juif antisioniste, antiraciste et décolonial de gauche français fondé en juin 2023.

Issu en partie de l'Union juive française pour la paix (UJFP), il milite contre l'occupation israélienne des territoires palestiniens, qu'il qualifie d'apartheid. Il refuse de traiter l'antisémitisme comme une forme de racisme distincte des autres.

Le collectif est fondé en juin 2023 par Nadav Joffe[1]. Son nom est tiré du mot hébreu Tsedek, qui veut dire « justice »[2]. Plusieurs membres fondateurs sont issus de l'Union juive française pour la paix, organisation avec laquelle le collectif continue de collaborer régulièrement[3].

Il acquiert une audience plus large à partir de l'attaque du Hamas contre Israël d'octobre 2023. Dans un communiqué publié le jour même, le collectif refuse de qualifier ces attaques d'attentats ou d'actes antisémites, tout en les condamnant comme des crimes de guerre, et insiste sur la nécessité de les replacer dans un contexte colonial[4].

Ses militants participent aux manifestations pour le cessez-le-feu à Gaza au sein d'un cortège juif, aux côtés de l'UJFP et d'autres collectifs juifs de gauche[4].

À l'inverse des collectifs juifs de gauche Golem et Juives et Juifs révolutionnaires, Tsedek! refuse de participer à la marche contre l'antisémitisme du 12 novembre 2023, qu'il considère comme une instrumentalisation par le Rassemblement national et un gouvernement qu'il estime comme pro-israélien[4] et alimentant l'islamophobie et le racisme anti-arabe[2].

En janvier 2024, le collectif anime un ciné-club autour d'une avant-première de La Zone d'intérêt, film de Jonathan Glazer sur la Shoah prévu au Majestic Bastille. La projection est annulée par le groupe Dulac à la suite de pressions assimilant Tsedek ! à des soutiens du Hamas. Un militant du collectif qui devait animer le débat démissionne en conséquence de son poste à la communication du Champs-Élysées Film Festival, géré par ce même groupe. Le réalisateur, le producteur et la compositrice du film publient un message de soutien au collectif, affirmant que sa position n'est pas antisémite[5]. L'événement est reprogrammé[5] le 6 février au cinéma Grand Action, en présence de l'historien Johann Chapoutot et de la chercheuse Sadia Agsous-Bienstein. Chapoutot se retire après avoir pris connaissance du communiqué publié par le collectif le 7 octobre 2023, qu'il juge incompatible avec sa participation, qualifiant l'attaque de massacre terroriste à dimension antisémite. La rencontre finit également annulée, le cinéma invoquant des « pressions extérieures »[6].

En mars 2024, Tsedek coorganise avec l'UJFP un meeting juif international réunissant 500 personnes et une vingtaine d'intervenants venus de toute l'Europe et de Jérusalem, dont la plupart se réclament du diasporisme (en)[1].

L'organisation propose des ateliers de formation à la lutte contre l'antisémitisme[1].

Idéologie

Antisioniste, le collectif estime qu'il est nécessaire, en tant que juifs, de s'opposer à une politique israélienne menée en leur nom, au motif que « le sionisme instrumentalise l'identité juive »[4], et estimant qu'Israël mène une politique d'apartheid. Le collectif se fixe également pour objectifs la lutte contre le racisme d'État en France et refuse de traiter l'antisémitisme comme un racisme exceptionnel et déconnecté des autres formes de racisme, estimant qu'une telle approche risque d'alimenter le ressentiment envers les Juifs tout en empêchant d'analyser les structures produisant le racisme, parmi lesquelles le nationalisme et la suprématie blanche[2].

Il appartient au courant de la décolonialité[2],[3],[7] et intervient régulièrement dans les émissions de Paroles d'honneur, média proche de Houria Bouteldja[7]. Il serait également, d'après Franc-tireur, proche de La France insoumise, et entretiendrait des liens avec l'association Samidoun et le mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions[3].

Structure

Selon le politologue Jean-Yves Camus, il représente un courant marginal mais doté d'une forte présence en ligne[7]. En 2024, il compte entre 70 membres selon Le Monde des religions[4] et plus de 100 membres selon Mediapart[1].

Publication

Références

Voir aussi

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