Tuerie (Préault)

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Date
Matériau
Dimensions(H × L)
109 × 140 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
Tuerie
Artiste
Date
Matériau
Dimensions (H × L)
109 × 140 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
No d’inventaire
Inv. 3264, inv. 2009.108.1Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation

Tuerie est une sculpture en bronze réalisée par Auguste Préault en 1834.

Un guet-apens artistique

La Tuerie apparaît dans un contexte de naissance du romantisme en sculpture[1]. En effet, la sculpture romantique n'apparaît qu'au Salon de 1831, soit plus de 10 ans après Le Radeau de la Méduse de Théodore Géricault qui fait figure de manifeste du romantisme en peinture[2]. Mais cette naissance se fait dans la douleur[3]. Car la sculpture romantique naquit sous le règne de Louis-Philippe et que ses jurys de Salons ont fait preuve d'un conservatisme et d'une dureté extraordinaires à l'égard de la nouveauté romantique[3]. Cela représente une vraie tragédie pour ces sculpteurs romantiques puisque le Salon est leur moyen privilégié pour se faire connaître et donc avoir des commandes[1]. En effet, c'est souvent à partir du Salon que les sculpteurs trouvent des acheteurs et des commanditaires privés ou publics, et cela est d'autant plus important que l'événement est couvert par la presse[1].

Auguste Préault (sculpteur) et Célestin Nanteuil (graveur), Les Parias, 1834.

À partir de 1834, le jury devient de plus en plus sévère jusqu'à atteindre un tel niveau en 1840, que les œuvres romantiques sont presque systématiquement refoulées[4]. Préault en fait les frais avec sa Tuerie qui devient le bouc émissaire du jury[5]. En fait, Préault a présenté cinq œuvres à ce Salon de 1834 dont Les Parias (un groupe d'inspiration sociale), Juif arménien (un buste en plâtre) et deux médaillons colossaux parmi lesquels on trouve probablement l'Aulus Vitellius[6],[7],[8]. Mais le jury les refuse toutes à l'exception d'une seule, la Tuerie, que Jean-Pierre Cortot entend « accrocher cet ouvrage au Salon comme on suspend le malfaiteur au gibet », il souhaite en faire un exemple de ce qu'il ne faut pas faire en sculpture, un exemple effrayant pour la jeunesse[6],[9]. Le jury estime d'ailleurs que l'œuvre desservira d'elle-même son auteur[5]. L'année suivante, toutes ses œuvres sont refusées[5].

Description

Cette œuvre est un bas-relief présentant une mêlée de personnages hurlants et disproportionnés[10],[11]. En haut à gauche, un homme noir semble violer une femme échevelée qui serre un enfant mort contre son sein et saisit de l'autre main l'homme à la gorge[10]. À côté de l'homme noir se trouve un chevalier impassible, au visage maigre[10]. En bas à droite, un homme au corps athlétique porte sur le torse une blessure ouverte[10]. Au-dessus de lui une tête d'homme aux yeux hagards surgit de la chevelure de la femme à l'enfant[12]. En bas à gauche, on peut voir un visage de femme aux yeux clos.

Analyse

Notes et références

Annexes

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