Tuerie de Valensole

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Fait reprochéHomicide
Chefs d'accusationAssassinat
PaysDrapeau de la France France
Tuerie de Valensole
Valensole au début du XXe siècle
Valensole au début du XXe siècle

Fait reproché Homicide
Chefs d'accusation Assassinat
Pays Drapeau de la France France
Ville Valensole (Alpes-de-Haute-Provence)
Lieu Ferme des Courrelys
Nature de l'arme Arme à feu et autres objets
Date
Nombre de victimes 5 morts
Jugement
Statut Affaire jugée
Tribunal Tribunal de Digne-les-Bains
Date du jugement 16 et 17 septembre 1929
Recours Aucun
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Tuerie de Valensole
Géolocalisation sur la carte : Alpes-de-Haute-Provence
(Voir situation sur carte : Alpes-de-Haute-Provence)
Tuerie de Valensole

La tuerie de Valensole ou Affaire de Valensole est un quintuple assassinat qui s'est déroulé le dimanche dans une ferme dénommée « ferme des Courrelys », à proximité du bourg de Valensole dans les Basses-Alpes (actuellement Alpes-de-Haute-Provence).

Il s'agit du meurtre de cinq personnes, Adrien et Antonia Richaud, agriculteurs et gérants d’un domaine agricole, leurs enfants Clément et Roger (3 et 11 ans) ainsi que leur domestique Auguste Amaudric, sauvagement assassinés dans la ferme du domaine. Les adultes ont été tués par arme à feu et les enfants à coups de pieds de chaise et de brique chauffante prise dans la cheminée.

Découverte de la scène de crime

Dans la soirée du dimanche , peu après l’heure du repas, Alexandre Ughetto, âgé de 18 ans, se rend à la ferme des Courrelys, à Valensole. Il sera rejoint très peu de temps après par son ami Mucha Witkowski, âgé de 16 ans. Alexandre Ughetto tue tout d'abord M. Richaud, gérant de la ferme, à l'extérieur de celle-ci. Les deux jeunes vont ensuite pénétrer dans la ferme et abattre successivement Mme Richaud, puis le domestique Auguste Amaudric avant de battre à mort avec des pieds de chaises, les enfants du couple Richaud. Ils recherchent ensuite de l'argent, motif du vol, puis ils s'enfuient du lieu de leurs crimes, laissant les corps des victimes sur place[1].

Selon le journal Le Petit Provençal du , le corps de la première victime, Monsieur Michaud est découvert quatre jours plus tard, le matin du par le jeune Armand Mégy, demeurant dans la ferme la plus proche et ami du jeune Clément. Celui-ci, effrayé, alertera le voisinage puis la gendarmerie locale. Les militaires, accompagnés du maire, du Dr Gaillard, médecin du village et d'un juge de paix, se rendent sur les lieux et découvrent les corps des autres victimes en pénétrant dans la ferme.

Liste des victimes

Les cinq victimes demeuraient dans la ferme des Courrelys à Valensole, au moment des faits[2] :

  • Adrien Richaud (46 ans), agriculteur gérant et demeurant dans la ferme des Courrelys;
  • Antonia Richaud (41 ans), née Sisteron, agricultrice, son épouse;
  • Clément Richaud (11 ans), leur fils ainé;
  • Roger Richaud (3 ans), leur dernier fils;
  • Auguste Amaudric (51 ans), employé de la ferme.

Lieu du crime

Selon Joris Delavenne, alias McSkyz, auteur d'un ouvrage sur des affaires criminelles sordides, la ferme des Courrelys est positionnée en hauteur, non loin du bourg de Valensole une commune de la Haute-Provence, située non loin de Manosque. C'est un secteur rural, cultivé et entouré d'autres domaines agricoles avec leurs fermes.

Enquête

Les deux assassins s'enfuient sans laisser de traces mais l'enquête de gendarmerie avance rapidement car ces deux personnes, très jeunes et étrangères à la région, sont rapidement repérées, notamment en raison du vol et de l'usage de la bicyclette du domestique sur lequel ils ont laissé la plaque d'identification du propriétaire. Leur cavale durera trois jours et elle se terminera dans le quartier de Trescol de la ville d'Alès, dans le Gard, où ils s’étaient fait embaucher dans une mine[3].

Sous la direction du commissaire Guibbal, responsable de la 9e brigade mobile de Marseille, assisté de l'inspecteur Robert Sébeille l'enquête est rapidement menée[4] afin de retrouver ceux que le magazine Détective, dénommait « Les bouchers de Valensole »[5].

Procès et sentence

Jules-Alexandre Ughetto
Naissance
Décès (à 19 ans)
Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence)
Nationalité Française
Palais de justice de Digne-les-Bains

Le procès qui débute le à la Cour d'assises des Basses Alpes, installée au tribunal de Digne-les-Bains durera deux jours. Celui-ci sera dirigé par le Président Guérin[6].

Alexandre Ughetto, n’a pas atteint l'âge de la majorité mais il a tout de même l’âge minimum pour être jugé comme un adulte. Il est condamné à mort par la cour d'assises et guillotiné en janvier 1930. Lors de l'audience, son père, entendu comme témoin à la barre, a déclaré[7]:

«  Messieurs les jurés, faites votre devoir. Je réclame la peine de mort pour mon fils. »

Joseph Mucha dit « Witkowski », 16 ans jugé en tant qu'enfant, certainement sous l'influence de son aîné, a écopé de vingt ans de détention et dix ans d’interdiction de séjour sur le territoire. Ce fait divers a longtemps perduré dans la mémoire collective et Valensole fut surnommé «  Le pays du crime »[8].

Un article paru, dans Police Magazine le 1er août 1937, indique qu'Alexandre Ughetto fut la personne la plus jeune à avoir été guillotinée en France, ce qui restera vrai jusqu'en 1939 avec l'exécution d'André Vitel en 1939. L'article insiste également sur l'origine étrangère des deux criminels[9].

Dans la culture populaire

Notes et références

Annexes

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