Tulsi Gabbard
femme politique américaine
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Tulsi Gabbard (prononcé en anglais : [ˈtʌlsi ˈɡæbərd][a]) est une militaire et femme politique américaine, née le à Leloaloa (Samoa américaines). Elle est directrice du renseignement national (DNI) depuis 2025 et lieutenant-colonel de l'armée de terre de réserve des États-Unis.
| Tulsi Gabbard | ||
Portrait officiel de Tulsi Gabbard en 2025. | ||
| Fonctions | ||
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| 8e directrice du renseignement national | ||
| En fonction depuis le (1 an, 2 mois et 18 jours) |
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| Président | Donald Trump | |
| Gouvernement | Administration Trump II | |
| Prédécesseur | Avril Haines | |
| Représentante des États-Unis | ||
| – (8 ans) |
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| Élection | 6 novembre 2012 | |
| Réélection | 4 novembre 2014 8 novembre 2016 6 novembre 2018 |
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| Circonscription | 2e district d'Hawaï | |
| Législature | 113e, 114e, 115e et 116e | |
| Prédécesseur | Mazie Hirono | |
| Successeur | Kai Kahele | |
| Biographie | ||
| Date de naissance | ||
| Lieu de naissance | Leloaloa (Tutuila, Samoa américaines) | |
| Nationalité | Américaine | |
| Parti politique | Parti démocrate (2002-2022) Indépendante (2022-2024) Parti républicain (depuis 2024) |
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| Profession | Assistante parlementaire Militaire |
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| Religion | hindouisme[1] | |
| Résidence | Kailua (Hawaï[1]) | |
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| Directeurs du renseignement national Représentants des États-Unis pour Hawaï |
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Elle est d'abord représentante du deuxième district d'Hawaï à la Chambre des représentants des États-Unis de 2013 à 2021, en tant que membre du Parti démocrate. Elle se présente sans succès aux primaires du Parti démocrate pour l'élection présidentielle de 2020.
Tulsi Gabbard change peu à peu de bord politique : elle relaye régulièrement la propagande de guerre du régime de Bachar el-Assad[2] ; elle relaye aussi la propagande de Vladimir Poutine sans la remettre en question, y compris de la désinformation. En , elle quitte le Parti démocrate et se dit politiquement indépendante[3].
Puis, en , elle se rallie clairement à la candidature de Donald Trump pour l'élection présidentielle et participe activement à sa campagne, avant, en octobre, de rejoindre le Parti républicain[4]. Après 2021, elle relaie les mensonges sur de supposées fraudes électorales[2].
En , le président élu Trump la désigne pour devenir directrice du renseignement national dans son futur cabinet. Elle est confirmée à ce poste le .
Biographie
Famille et carrière politique locale
Tulsi Gabbard naît à Leloaloa, aux Samoa américaines, et grandit à Hawaï[5]. Elle est la fille de Mike Gabbard (en) et Carol Gabbard (née Porter)[6] ; son père est sénateur d'État, un des trente-cinq membres du Sénat d'Hawaï, de confession catholique[7] et d'origine samoane et européenne[6], et sa mère est membre du Conseil de l'éducation d'État (State Board of Education (en)) d'Hawaï[8] et une hindoue convertie[7]. Tulsi Gabbard se convertit à l'hindouisme, comme sa mère, durant son adolescence[7].
En 2002, Tulsi Gabbard est élue à la Chambre des représentants d'Hawaï pour un mandat[9]. Alors âgée de 21 ans, elle devient la plus jeune parlementaire de l'État d'Hawaï[10]. Elle rejoint l'Army National Guard d'Hawaï en 2003[9]. L'année suivante, elle sert douze mois en Irak[11] dans une unité médicale[7]. À son retour, elle travaille pour le sénateur démocrate Daniel Akaka[11]. Elle est déployée au Koweït en 2008[5].
Diplômée en commerce international[5] de la Hawaii Pacific University (en) en 2009, elle est élue au conseil municipal d'Honolulu en 2010[9], où elle représente le 6e district[12].
Représentante des États-Unis
En 2011, lorsque la représentante Mazie Hirono choisit de se présenter au Sénat, Gabbard annonce sa candidature à la Chambre des représentants des États-Unis dans le deuxième district d'Hawaï pour lui succéder[13]. Si elle est conservatrice au début de sa carrière politique, s'opposant à l'avortement, au mariage homosexuel et à ce qu'elle appelle les « extrémistes homosexuels », elle dit avoir changé d'avis sur ces questions après avoir servi dans des pays oppressifs[Lesquels ?][14]. Quelques mois avant les primaires démocrates, elle est donnée perdante face au maire d'Honolulu, Mufi Hannemann. Elle remporte cependant la primaire avec 55 % des voix contre 34 % pour Hannemann[13]. Désormais grande favorite pour l'élection générale, elle démissionne de son mandat de conseillère municipale[12]. Le , elle est élue représentante avec plus de 80 % des suffrages[10]. Elle est la première personne de confession hindoue et la première femme samoane élue au Congrès des États-Unis[15],[5].
Elle est réélue en novembre 2014 avec près de 79 % des voix face à Kawika Crowley, son adversaire de 2012[1]. Lors des primaires démocrates de 2016 pour la présidence de l'Union, elle quitte la vice-présidence du Comité national démocrate pour soutenir Bernie Sanders, notamment pour ses positions en matière de politique étrangère[16]. Elle est réélue en novembre 2016 pour un troisième mandat, battant son adversaire, Angela Kaaihue, par 140 000 voix (81,2 % contre 18,8 %).
Après l'élection de Donald Trump en , elle rencontre celui-ci dans sa Trump Tower de New York[17]. Elle est considérée comme une potentielle membre de son cabinet[17]. Bien que démocrate progressiste, elle se rapproche sur certains points de Trump : elle critique notamment Barack Obama qui refuse de parler d'« islam radical »[pas clair] et vote pour une loi républicaine augmentant les contrôles sur les réfugiés en provenance d'Irak et de Syrie[16]. Elle est pressentie pour devenir ambassadrice des États-Unis aux Nations unies mais le poste est finalement proposé à la gouverneure Nikki Haley[7].
Ambition présidentielle
Le , Tulsi Gabbard annonce qu'elle sera candidate à l'élection présidentielle de 2020, dans le cadre des primaires du Parti démocrate[18]. À cette occasion, des experts observent sur différents réseaux sociaux et médias basés à Moscou ce qu'ils pensent être une campagne de propagande russe en soutien à la candidate[19],[20]. Hillary Clinton l'accuse d'être appuyée par les républicains, à la satisfaction des Russes[21], ce à quoi Tulsi Gabbard répond qu'Hillary Clinton mène une campagne visant à détruire sa réputation[22].
Elle obtient des résultats décevants et ne parvient pas à dépasser la barre des 2 % des voix, excepté lors du scrutin organisé dans les Samoa américaines, où elle réunit 29,3 % des suffrages exprimés[23]. Largement distancée dans les sondages, elle se retire de la course le et apporte son soutien à Joe Biden[24].
Conformément à ce qu'elle avait annoncé lors de sa campagne présidentielle, elle n'est pas candidate à sa réélection au Congrès lors des élections de 2020[25].
Ralliement à la campagne de Donald Trump en 2024
Lors de la campagne pour l'élection présidentielle de 2024, Tulsi Gabbard se rallie au candidat républicain Donald Trump en , et affirme dans une interview à CNN début qu'elle serait intéressée, en cas de victoire, d'occuper un des postes du cabinet présidentiel, notamment celui de secrétaire d'État ou celui de secrétaire à la Défense[26].
Directrice du renseignement national
Le , le président élu Donald Trump annonce son intention de nommer Tulsi Gabbard au poste de directrice du renseignement national au sein de sa seconde administration[27].
Après une série d'auditions au cours desquelles elle est confrontée à une opposition non négligeable, le Sénat la confirme à ce poste le avec 52 votes « pour » et 48 « contre », aucun sénateur démocrate n'ayant voté en sa faveur[28],[29]. Elle prête serment le jour même dans le Bureau ovale devant la nouvelle procureure générale des États-Unis Pam Bondi, en présence de Donald Trump[28],[30],[31].
En tant que directrice du renseignement national, elle fait partie d'un groupe de très hauts responsables de l'administration Trump (John Ratcliffe, directeur de la CIA ; Mike Waltz, conseiller à la sécurité nationale ; Pete Hegseth, secrétaire à la Défense ; J. D. Vance, vice-président ; Susie Wiles, cheffe de cabinet ; Stephen Miller, souvent présenté comme l'idéologue de l'équipe de D. Trump), directement impliqués dans le scandale de la fuite d'un groupe de discussion du gouvernement américain. Le Sénat la reconvoque en mars 2025 dans le cadre de cette affaire ; elle confirme avoir été à l'étranger au moment des échanges, mais refuse de préciser au Sénat si elle utilisait alors son téléphone professionnel ou personnel[2].
Une fois à la tête du renseignement national, elle fonde une task force chargée d'améliorer la transparence et l'efficacité du renseignement américain et de « restaurer la confiance dans la communauté du renseignement et mettre fin à l'arsenalisation du gouvernement contre les Américains », appelée Director's Initiatives Group. Composée d'officiers de haut rang loyaux à la nouvelle administration et bénéficiant de prérogatives importantes, l'unité lance notamment ses propres enquêtes sur l'assaut du Capitole le , les origines de la pandémie de Covid-19 ou le syndrome de La Havane, ainsi que sur la réduction du budget de la communauté du renseignement[32].
Cependant, elle n'est pas associée à l'enlèvement de Nicolás Maduro en janvier 2026 et perd en influence au sein de l'administration américaine. À partir de février 2026, elle est de plus en plus contestée au sein du camp républicain, notamment au Sénat, et fait l'objet d'appels à la démission. Selon Intelligence Online, elle conserve malgré tout le soutien de la Maison-Blanche[33]. The Wall Street Journal révèle début février 2026 qu'elle fait l'objet d'une plainte déposée par un lanceur d'alerte[34], qui lui reproche d'avoir « empêché la diffusion d'une note de la NSA portant sur une conversation entre deux individus liés à des services de renseignement étrangers à propos de Jared Kushner »[33].
Prises de position et propagande
Elle promeut le désengagement américain dans la guerre civile syrienne et la fin des livraisons d'armes aux groupes rebelles, et rencontre Bachar el-Assad en [35]. Elle suscite des critiques en refusant de condamner les crimes de celui-ci[36]. Elle met également en doute les preuves de crimes de guerre commis par le régime syrien notamment l'attaque chimique de Khan Cheikhoun, en publiant un texte truffé d'erreurs factuelles, ainsi que l'attaque chimique de Douma, en reprenant la propagande de Damas[37],[38],[39],[40],[41].
Tulsi Gabbard se fait également le relais de la propagande du Kremlin[41], soutenue notamment par une agence de communication et des donateurs qui soutiennent Vladimir Poutine et Narendra Modi[42]. Elle critique les sanctions à l'encontre de la Russie, et ses déclarations sont sources de controverses, notamment lorsqu'elle partage de fausses informations issues de la propagande de guerre russe lors de l'invasion de l'Ukraine[43],[44].
En 2025, interrogée par le Sénat, elle reste néanmoins fidèle au soutien autrefois manifesté à Edward Snowden, quand elle avait, à la Chambre des représentants soutenu l'abandon des poursuites à son encontre. En mars 2025, elle refuse de le qualifier de « traître », reconnaissant qu'il « a violé la loi », mais en révélant d'« énormes programmes illégaux et non constitutionnels »[2].
En juillet 2025, elle accuse l'ancien président Barack Obama d'avoir inventé de faux renseignements suggérant que la Russie a influencé la campagne de Donald Trump, ce qui constitue à ses yeux une tentative de « coup d'État ». Tulsi Gabbard dénonce une « conspiration » et réclame des poursuites judiciaires contre Obama et d'anciens chefs du renseignement[45].
Le 18 mars 2026, Tulsi Gabbard, dans une déclaration écrite soumise à une commission parlementaire du Sénat, soutient que l'Iran n'avait pas essayé de relancer ses activités d'enrichissement nucléaire détruites dans des frappes américano-israéliennes en juin 2025 qui avaient anéanti leur potentiel militaire. Elle contredit ainsi les déclarations du président Donald Trump sur l'un de ses objectifs de la guerre contre l'Iran[46].
Historique électoral
Chambre des représentants des États-Unis
| Année | Tulsi Gabbard | Républicain | Libertarien |
|---|---|---|---|
| 2012 | 80,54 % | 19,46 % | — |
| 2014 | 78,75 % | 18,65 % | 2,60 % |
| 2016 | 81,16 % | 18,84 % | — |
| 2018 | 77,4 % | 22,6 % | — |