Turpin (archevêque)

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SexeHomme
ActivitéArchevêque
Première apparitionChanson de Roland XIe siècle
Dernière apparitionChronique de Weihenstephan XIVe siècle
Turpin
Turpin en couverture de la Chronique de Turpin(Codex Calixtinus, vers 1150).
Turpin en couverture de la Chronique de Turpin
(Codex Calixtinus, vers 1150).

Sexe Homme
Activité Archevêque
Première apparition Chanson de Roland XIe siècle
Dernière apparition Chronique de Weihenstephan XIVe siècle

Turpin (parfois Tirpin, Trepin, Torpin, Torpins, Turpis ou encore Terpin)[1] est un personnage légendaire[2], archevêque, compagnon de Charlemagne et de Roland de Roncevaux dans la Chanson de Roland et plusieurs textes médiévaux. Dans la Chanson de Roland, il est davantage dépeint comme un baron que comme un archevêque, prenant notamment part aux combats[3]. Il est peut-être inspiré de Tilpin, archevêque de Reims au VIIIe siècle, ce qui lui vaut de figurer parmi les douze pairs de Charlemagne. Mais il ne rend jamais visite à son diocèse et même après la défaite de Roncevaux, dans les versions dans lesquelles il survit, il ne se rend pas à Reims[4]. Selon la Chronique de Turpin, aussi appelée Pseudo-Turpin[5], datée du XIIe siècle, qui raconte les aventures de Charlemagne en Espagne, il serait mort à Vienne, en Isère[6].

Dans la Chanson de Roland

Le personnage de Turpin est lié à ceux de Charlemagne et de Roland qu'il accompagne dans des chansons de geste du cycle carolingien composées à partir du XIe siècle. Sa plus ancienne mention se trouve probablement dans la Nota Emilianense, un très court texte en latin rédigé vers 1065 dans la marge d'un manuscrit et résumant l'histoire de Roland. Il y est cité dans une liste de neveux de Charlemagne : « Il avait à ce moment-là douze neveux […] parmi eux on nomme Roland, Bertrand, Ogier à l'Épée Courte, Guillaume au Nez Courbé, Olivier et l'évêque Turpin »[7],[note 1].

Mais c'est la chronique qui lui est attribuée, dite Chronique de Turpin, qui popularise le personnage, repris ensuite dans de nombreuses gestes dont la Chanson de Roland, Fierabras, Aspremont... Le Roman de Notre-Dame de Lagrasse lui attribue un rôle important dans la fondation de l'abbaye de Lagrasse.

Dans la Chanson d'Aspremont

La littérature médiévale est souvent avare de description des personnages. Mais la Chanson d'Aspremont, une chanson de geste populaire de la fin du XIIe siècle qui constitue par certains aspects un prologue à la Chanson de Roland[8], fournit de nombreux détails sur Turpin. Elle commence par le présenter sous les traits d'un archevêque encore jeune, aimable, généreux et prêt à combattre pour son roi comme un véritable chevalier (Aspremont, 105-119)[9]. Elle poursuit par un portrait flatteur de son physique :

Droite ot la janbe et le pié bien qarré,
Molt li avint avoir esperonné.
Plate ot la cuisse et le jenoil formé,
Baise la hance, lone et droit le costé,
Et ot le piz gros et bien ancharné,
Lonc col et droit, par les espaules lé,
Groz ot les braz et molt bien ancharnez,
Granz mains et blanches come flor an esté.
Clers ot les iaulz et le vis coloré :
En tot l'ost n'ot si bel coroné.

(L'archevêque) a la jambe droite et le pied bien taillé,
Et il fait beau le voir piquer les éperons;
Il a la cuisse musclée et le genou bien formé,
La hanche basse, les flancs allongés et droits,
La poitrine large et bien en chair,
Le cou long et droit, les épaules puissantes,
Les bras épais et charnus,
Les mains grandes et blanches comme la fleur en été.
Ses yeux sont clairs et son visage coloré :
Il n'y a pas dans l'armée de plus beau tonsuré. (Aspremont, 8036-8045)[10]

La chanson le laisse ensuite se présenter lui-même au pape : il est né à l'étranger, moine pendant dix ans à Jumièges, élu abbé mais avant d'accéder à cette charge, il est nommé archevêque de Reims (Aspremont, 8055-8065)[11].

Historicité

Notes et références

Annexes

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