Télémaque (navire)
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| Le Télémaque | |
Le brick Le Télémaque. | |
| Autres noms | Quintanadoine |
|---|---|
| Type | Brick |
| Fonction | Transport |
| Histoire | |
| Chantier naval | Thibault |
| Fabrication | Bois |
| Lancement | 1772 |
| Statut | Naufrage le |
| Équipage | |
| Commandant | Jacques-Adrien Quemin |
| Longueur de coque | 26 m |
| Caractéristiques commerciales | |
| Capacité | 120 tonneaux |
| Carrière | |
| Propriétaire | Louis Durand |
| Pavillon | |
| modifier |
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Le Télémaque, rebaptisé Quintanadoine, est un brick qui coula le en rade de Quillebeuf.
Le , le Télémaque quitte le port de Rouen. Trois jours plus tard, il sombre alors qu'il est au mouillage à Quillebeuf. Selon des rumeurs infondées, il transportait les trésors des abbayes de Jumièges, de Saint-Georges de Boscherville, les joyaux de la Couronne ou même le tout[1].
En raison de la rumeur selon laquelle le Télémaque aurait transporté une cargaison de grande valeur, plusieurs tentatives de sauvetage ont été entreprises. Peu après l'annonce du naufrage, le gouvernement français sur ordre de de La Luzerne, ministre de la Marine, a lancé une opération de sauvetage du navire. Malgré l'envoi de 300 hommes sous la direction d'un ingénieur en chef de Cherbourg, ces efforts restèrent vains. En , un entrepreneur du nom de Magny obtint par contrat le droit de tenter le sauvetage pendant trois ans. Malgré des investissements financiers considérables (65 000 francs) et une prolongation des droits de sauvetage pour trois années supplémentaires, Magny dut abandonner ses efforts[2]. En 1841, un autre investisseur, David, tenta sa chance, mais ne parvint pas à réaliser de progrès significatifs[3].
En 1842, un Anglais du nom de Taylor mit en place une méthode innovante pour renflouer le Télémaque. Il fonda une société anonyme dotée d'un capital de 200 000 francs et développa un système consistant à enfoncer de grands pieux autour de l'épave et à ériger un échafaudage dessus. Des chaînes et des barres de fer furent placées autour de la coque du navire et fixées à un pont mécanique mobile afin de soulever l'épave à marée haute. Cette technique connut un succès temporaire, mais dut être abandonnée en raison de mauvaises conditions météorologiques et de difficultés financières. Taylor s'enfuit, laissant derrière lui une dette de 28 000 francs et plusieurs mois de salaires impayés à ses ouvriers. Après s'être enfui à Londres, Taylor y trouva de nouveaux fonds et prévoyait de reprendre ses travaux à l'été 1843. À cette fin, il annonça qu'il abandonnerait la méthode de sauvetage utilisée jusqu'alors et qu'il utiliserait à la place une cloche de plongée anglaise pour accéder directement au contenu de l'épave. On ne sait toutefois pas à ce jour si Taylor a effectué une nouvelle tentative de sauvetage.
En 1902, un ingénieur civil nommé M. Bouaud obtint une licence pour récupérer les restes du Télémaque, mais ses plans n'aboutirent à aucun résultat concret. En 1927, Henri-Robert Vallée, directeur des mines, tenta d'utiliser des plongeurs pour explorer le lit de la Seine à Quillebeuf et cartographier les chemins que le trésor aurait pu emprunter en raison des forts courants. Cependant, ces efforts furent contrecarrés par l'administration française et la tentative de plongée fut abandonnée.
En 1938, de nouvelles possibilités techniques ont ravivé l'intérêt pour la chasse au trésor, donnant un nouvel élan à la récupération du navire. Un entrepreneur parisien du nom d'André Crestois[4] remporta un appel d'offres et engagea l'ingénieur Théodore Laffite pour mener à bien la récupération. Ils commencèrent leur travail en et il leur fallut six mois pour localiser l'épave, identifiée par la présence de troncs d'arbres et de barils de pétrole dans sa coque. Les plongeurs finirent par remonter à la surface plus d'objets que jamais auparavant, notamment des chandeliers en bronze, des serrures, une cloche et des roulettes de pieds de table. Le , on sortit de l'eau le tronçon avant du navire long de 16,75 m. Malgré ces découvertes, le succès réel fut limité[5] et les travaux furent interrompus par la Seconde Guerre mondiale.
Après la guerre, en 1952, Théodore Laffite obtint une nouvelle autorisation qui lui garantissait 90 % des trésors potentiels si la récupération était couronnée de succès. Malheureusement, il ne trouva pas le soutien financier nécessaire.
Jean Cocteau, dans son Journal Le Passé défini, à la date du 9 mai et du , évoque une autre tentative de renflouement.
Il inspire l'auteur François Lange pour son roman Le Secret du Télémaque, publié aux éditions du Palémon, en [6].