Un taxi pour Tobrouk
film de Denys de La Patellière, sorti en 1961
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Un taxi pour Tobrouk est une coproduction internationale dramatique ouest-allemand-britanno-hispano-français réalisé par Denys de La Patellière et sorti en 1961.
René Havard
Lino Ventura
Maurice Biraud
Charles Aznavour
| Réalisation | Denys de La Patellière |
|---|---|
| Scénario |
Denys de La Patellière René Havard |
| Musique |
Georges Garvarentz Charles Aznavour |
| Acteurs principaux |
Hardy Krüger Lino Ventura Maurice Biraud Charles Aznavour |
| Sociétés de production |
Continental Franco London Film SNE Gaumont Procusa |
| Pays de production |
|
| Genre |
Film dramatique Film de guerre |
| Durée |
95 minutes ( |
| Sortie | 1961 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Synopsis
La nuit du réveillon de Noël 1941, les divers personnages du film vivent chacun leurs festivités. Le capitaine Ludwig von Stegel quitte sa famille dans son château de Poméranie ; le brigadier Théo Dumas est accueilli par une famille anglaise à Londres tout en pensant à son bistrot du faubourg Montmartre ; François Gensac quitte sa grand-mère à Ablis pour rejoindre Londres après « s'être toujours ennuyé » ; Samuel Goldmann quitte la France à bord d'un bateau pour éviter les persécutions antisémites ; Paolo Ramirez, condamné à mort, prépare son évasion de prison.
En à Tobrouk dans la Libye occupée par les Allemands, un commando du LRDG des FFL vient de perpétrer une attaque contre une position allemande. Leur lieutenant est tué, les quatre survivants se retrouvent livrés à eux-mêmes. À bord de leur véhicule, le commando se dégage de Tobrouk, en direction d’El-Alamein mais se perd dans le désert. L'équipage est survolé par un avion allemand et décide de masquer sa nationalité, car les Allemands capturent beaucoup de véhicules anglais. L'appareil, pourtant allemand, n'attaque pas le véhicule. Ramirez tire cependant sur l'avion à la mitrailleuse. Il le touche mais l'avion a le temps d'incendier le véhicule. Le commando essaie de sauver « la radio, la flotte » mais en vain. Dès lors, sans vivres ni eau, ni radio, le commando se sépare. Les « durs » Ramirez et Dumas sont décidés à marcher pour tout tenter ; les « intellectuels » Gensac et Goldmann préfèrent attendre la mort sur place, sans se fatiguer. Finalement, ils partent tous les quatre sans but précis, à la recherche d'une chance de survivre. Après une longue marche, ils découvrent les traces d'un véhicule. Ils les suivent et surprennent une patrouille allemande. Bien embusqués, ils abattent les quatre soldats allemands et se dirigent vers leur véhicule.
L'officier allemand von Stegel a échappé au massacre. Après avoir enterré les soldats allemands, ils partent pour rallier les lignes anglaises avec leur prisonnier. Le capitaine von Stegel prévient le commando qu'ils se dirigent vers une zone de sable mou ; ceux-ci ne l'écoutent pas et s'enlisent. À court d'essence, ils se rapprochent des lignes allemandes. Réussissant à s'intégrer à un convoi ennemi pour se ravitailler et ayant au préalable assommé von Stegel, ils échappent à la menace d'un prisonnier français reconnaissant Goldmann, criant instinctivement son nom. Les Français quittent la colonne allemande et poursuivent leur route. Lors d'un nouvel ensablement, le capitaine von Stegel s'empare du véhicule, fait prisonniers les quatre Français puis retourne vers Tobrouk. Au volant, le brigadier ensable volontairement le véhicule et les quatre Français refusent de le dégager. Après une très longue période d'observation, épuisé, le capitaine finit par s'endormir et les quatre Français reprennent le contrôle de la situation. Par hasard, ils se retrouvent à devoir traverser un champ de mines et de barbelés en plein désert. Une fois engagés, ils hésitent à poursuivre et reculent sur leurs traces. Descendus tous deux du véhicule, l'Allemand évite alors à Dumas de sauter lui aussi sur une mine ; Gensac, descendu à son tour pour aider Dumas, est victime de l'explosion de l'un de ces engins, se retrouvant grièvement blessé. À proximité d'El Alamein, ils s'arrêtent pour faire une piqûre à François. Le brigadier souhaite ne pas remettre l'officier allemand aux autorités et s'éloigne, réfléchissant aux moyens de le laisser s'enfuir.
À proximité, un blindé allié repère le véhicule allemand et le détruit par un coup au but, tuant les quatre rescapés. Dumas est seul survivant. Le film se termine avec le défilé de la victoire où Dumas, ému au souvenir de l'équipée, se fait vertement reprendre par un spectateur pour avoir conservé sa casquette, au passage des troupes. Confus, il répond : « Excusez-moi, je pensais à autre chose ».
Fiche technique
- Titre : Un taxi pour Tobrouk
- Réalisation : Denys de La Patellière
- Scénario : Denys de La Patellière et René Havard, adapté du roman de ce dernier
- Dialogues : Michel Audiard
- Assistant réalisateur: Pierre Granier-Deferre
- Photographie : Marcel Grignon
- Chef Électricien : Marcel Policard
- Décors : Paul-Louis Boutié
- Montage : Jacqueline Thiédot
- Musique : Georges Garvarentz et Charles Aznavour (pour « La Marche des Anges » sur la mélodie de Les Anges dans nos campagnes[1])
- Affichiste : Clément Hurel
- Société de production : Gaumont
- Pays de production : France, Grande-Bretagne, Allemagne de l'Ouest, Espagne
- Langue : français, anglais, allemand
- Lieu de tournage : désert de Tabernas, Province d'Almería (Andalousie, Espagne)
- Format : noir et blanc procédé Dialyscope - Format 35 mm - 2,35:1 - mono
- Genre : Film dramatique, Film de guerre
- Durée : 95 minutes
- Date de sortie[2] :
- France :
Distribution
- Hardy Krüger : capitaine Ludwig von Stegel
- Lino Ventura : le brigadier Théo Dumas
- Maurice Biraud : François Gensac
- Charles Aznavour : Samuel Goldmann
- Germán Cobos (VF : Marcel Bozzuffi) : Jean Ramirez
- Roland Ménard : le narrateur (non crédité)
- Principaux rôles
- Lino Ventura
(Théo Dumas) - Charles Aznavour
(Samuel Goldmann) - Maurice Biraud
(François Gensac) - Hardy Krüger
(Ludwig von Stegel) - Germán Cobos
(Paolo Ramirez)
Tournage
Le film n'a pas pu être tourné en Afrique du Nord en raison du refus des compagnies d'assurance face à l'instabilité qui régnait avant l'indépendance algérienne. Il a donc été réalisé dans une région désertique du sud-est de l'Espagne près d'Almería[3].
Dans l'impossibilité de disposer de matériel militaire, les camions allemands ont été reconstitués à partir de transporteurs de légumes. Quant aux chars, il s'agit de tracteurs recouverts de décors[3].
Accueil
Le film a été vu par 4 946 000 spectateurs[4], et a reçu le Grand prix du cinéma français 1961[4].
Analyse
Dialogué par Michel Audiard, ce film montre l'absurdité des situations qui se créent pendant une guerre dès que les soldats discutent et que la guerre ne règle évidemment pas. Pour certains critiques, l'antimilitarisme[5],[6] est le fil conducteur du film.
Le film est une adaptation du roman éponyme de René Havard. D'après Pierre Bellemare, Un taxi pour Tobrouk serait la version fortement modifiée d'une histoire réelle de deux soldats danois et allemand s'étant perdus lors d'une poursuite au Groenland en 1943 puis ayant fait le chemin de retour, à demi-morts, ensemble[7],[6]. L'histoire réelle a également fait en 2012 l'objet d'un film, Into the White.
Michel Audiard fait dire au personnage de François Gensac joué par Maurice Biraud la réplique devenue célèbre[8] : « Deux intellectuels assis vont moins loin qu'une brute qui marche[9]. »