Franco London Film
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| Franco London Film | |
| Création | 1934 |
|---|---|
| Disparition | 1974 |
| Fondateurs | Henry Deutschmeister |
| Forme juridique | Société anonyme |
| Siège social | Paris |
| Activité | Production cinématographique |
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Franco London Film[a] est une société française de production et d'exportation de films, fondée par le producteur Henry Deutschmeister, qui fut active de 1934 à 1974.
Elle fut l'une des principales sociétés de cinéma en France de l'après-guerre jusqu'à la fin des années 1960, spécialisée dans les coproductions internationales[1].
L'ère Deutschmeister
Après avoir débuté dans l'exportation de films, Henry Deutschmeister fonde la société Paris London Film le , renommée Franco London Film deux semaines plus tard[2],[3]. Deutschmeister profite des débuts du cinéma parlant pour coproduire des longs métrages en plusieurs langues, Haussmann Film assurant la distribution en France et Franco London Film gérant les ventes des films à l'étranger[4].
Le début de la Seconde Guerre mondiale suspend l'activité des sociétés en raison des lois antisémites du régime de Vichy, Deutschmeister étant juif[5]. En 1941, le Comité d'organisation de l'industrie cinématographique nomme un administrateur provisoire pour Franco London Film et cinq autres sociétés « israélites » liées[6]. Elles sont mises en liquidation en [7].
À la Libération, Franco London Film reprend son activité. D'après Deutschmeister, 23 % des films français exportés à l'étranger en 1946 sont vendus par Franco London Film[8]. L'année suivante, la société cofonde Majestic Films pour importer et exporter des longs métrages en Italie[9].
Franco London Film devient rapidement l'une des sociétés les plus prospères du cinéma français avec de nombreux succès (Fabiola, La Traversée de Paris, Un taxi pour Tobrouk…) engageant les vedettes de l'époque : Jean Gabin, Brigitte Bardot, Gérard Philipe, Louis de Funès ou encore Bourvil. En 1953, Franco London Film signe un important accord avec la S.N.E. Gaumont, qui assurera la distribution de ses prochaines films[1].
Au cours des années 1960, la fréquentation cinématographique connaît une forte chute suite à l'émergence de la télévision[10]. Franco London Film commence à produire des adaptations en feuilletons télévisés et se développe en rachetant des catalogues, comme celui de Speva Films d'André Paulvé et Michel Safra, d'Excelsa Film ou des titres italiens de Film Costellazione (Les Vaincus, Celle qui passait, Sabotages en mer…)[11],[12]. En 1966, la société Télédis cède à Franco London Film la moitié des droits de plusieurs catalogues de films acquis pour la télévision (des productions Continental Films, Films Pomereu ou encore Star Films)[13].
Henry Deutschmeister meurt en 1969 après avoir lancé la production des Chemins de Katmandou d'André Cayatte[14].
Reprise et faillite
Après la mort de Deutschmeister, Franco London Film est racheté en 1970 par un groupe d'hommes d'affaires montréalais à travers une holding, Franco-Canadians International Films[15]. Le producteur Robert Bradford, passé par Samuel Bronston Productions à Madrid et Hal Roach Studios à Los Angeles, reprend les productions de Franco London Film[16].
Malgré le grand succès de Mourir d'aimer (5,9 millions d'entrées) en 1971, Franco London Film connaît de forts problèmes financiers. En 1973, les catalogues de films et séries sont cédés et un administrateur provisoire prend la tête de la société. Après une projection hors compétition au Festival de Cannes 1973, L'Impossible Objet de John Frankenheimer marque la dernière sortie de Franco London Film, mis en état de règlement judiciaire un mois après. La sortie du film est retardée aux États-Unis suite à la faillite de la société[17]. Les biens de Franco London Film sont mis en liquidation en [18].
En 1981, les dirigeants et le commissaire aux comptes de la société sont condamnés pour la gestion désastreuse ayant mené à la faillite. Depuis sa reprise par des actionnaires canadiens, Franco London Film présentait des irrégularités comptables majeures (bilans falsifiés, dissimulation d'actif, paiements préférentiels). La justice française a estimé que le PDG, Guy Mercier de Sainte-Croix, était en réalité un prête-nom, écarté de la direction financière réelle par le directeur général de fait, Robert Bradford[19].
L'entreprise Franco London Film est radiée du tribunal de commerce de Paris en 1990[20].
Catalogue
La plupart des œuvres coproduites par Franco London Film entre 1948 et 1969 appartiennent aujourd'hui à Gaumont. En 1973, Franco London Film avait cédé la majeure partie de son catalogue de films et séries à Simone Bessy, gérante de Télédis et épouse de Maurice Bessy (administrateur de Franco London Film)[21]. En 2002, Télédis fut racheté par Gaumont[22].
Les productions ultérieures sont détenus par d'autres ayants droit. Les Chemins de Katmandou, Mourir d'aimer, La Mandarine et L'Impossible Objet ont été cédés en 1983 à la société Procidis, qui les a ensuite revendus à LCJ Éditions et Productions en 2011[23]. Chronique d'un couple avait été racheté en 1975 par son réalisateur Roger Coggio via sa société Gerland Productions[18].
Les films produits dans les années 1930 ont été réattribués à d'autres sociétés (La Garçonne aux Films Monfort, Le Disque 413 à FPA France, La Brigade sauvage aux Documents Cinématographiques). Les autres œuvres demeurent inexploitées.