Uncaria guianensis
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Uncaria guianensis Aubl. J.F.Gmel., est une espèce de plantes à la famille des Rubiaceae. C'est une liane ligneuse, néotropicale, pourvue de crochets.
Cette plante médicinale est connue en Guyane sous les noms de herbe à crochets[2], liane à crochets[3], griffe de chat, et radié Guadeloupe, piquant Guadeloupe (Créole), alainapa, rapara'ɨ (Wayãpi) ou jupindá, unha-de-gato (Portugais)[4]. On l'appelle ailleurs Uña de gato, Paraguayo ou vincaria (Espagnol) et cat's claw (Anglais)[5].
Le nom de genre Uncaria vient du latin uncus signifiant "crochet", "ongle" ou "griffe", en référence aux crochets, dérivés de branches réduites, servant à s'accrocher dans la végétation. L'épithète spécifique guianensis fait référence à la Guyane où elle a été décrite pour la première fois par Aublet[6].
Description


Liane ligneuse portant des épines courbes, longues de 1,5–2 cm. Les feuilles mesurent 7–13,5 × 2,5–7 cm de long et les stipules de 5-15 mm. Les inflorescences en capitules sont groupées par 1 à 9, mesurant 2-3 cm de diamètre chacune, suspendues par des pédicelles longs de 1-3 mm. Le limbe du calice mesure 2 à 3 mm de long. Le tube des corolles est long de 4,5–7 mm, pour des lobes longs de 1,5-3 mm. Les fruits sont des capsules de 15–25 × 4–7 mm, suspendues à un pédicelles atteignant jusqu'à 5 mm de long. Les graines mesurent 6,5–8,5 mm de long[7].
Répartition
On rencontre cette espèce dans les forêts du nord de l'Amérique du Sud : Colombie, Équateur, Pérou, Brésil, Bolivie, Venezuela (Delta Amacuro, Bolivar (bassin de Río Botanamo, Río Caroní, Río Caura et Río Paragua), Amazonas (Río Siapa), District fédéral, Zulia))[7].
Écologie
Cette liane à crochet pousse dans les végétations ripicoles, les forêts humides, les forêts semi-décidues à sempervirentes de plaine et de basse montagne, jusque dans les savanes, entre 50 et 500 m d'altitude[7].
Utilisation
Cette liane à crochets écérés est à l'origine de douloureuses blessures chez les piroguiers. Les fragments de la tige d'Uncaria guianensis portés à ébullition servent à confectionner un poison de chasse chez les Wayãpi de l'Amapá.
Cette liane est surtout très employée depuis le bassin amazonien jusqu'au piémont des Andes, pour ses nombreuses propriétés en médecine traditionnelle[4] :
- gargarismes contre les ulcérations de la bouche (Aluku en Guyane)[2]
- traitement anticancéreux (communautés forestières des pays andins)
- tiges pour le soin des diarrhées et douleurs d'estomac (Chácobo de Bolivie[8] et Yanomami du Brésil[9])
- décoction de feuilles pour guérir la grippe et la tuberculose (Amérindiens du nord-ouest du Guyana)[10].
On lui connaît de puissantes propriétés anti-inflammatoires (pour soigner l'arthrose[11], et la dégradation des cartilages[12]), et on l'emploie dans le traitement de certains cancers et du diabète.
Chimie
Uncaria guianensis contient beaucoup de principes actifs tels que catechine, alcaloïdes, beta-Sitostérol, campestérol, kaempférol, catéchol, pyrocatéchol, acide chlorogénique, acide ellagique, acide gallique, hypéroside, acide oléanolique, rutoside, stigmastérol, acide ursolique) et proanthocyanidine B1[13] et B2[14], dans la racine.
Des alcaloïdes oxindoliques[15] ont été isolés des feuilles et tiges d'Uncaria guianensis, ainsi que des hétérosides glycosidiques de l'acide quinovique[16]. Plusieurs médicaments ont été développés dans différents pays à partir de cette drogue dont les propriétés anti-inflammatoires, cicatrisantes et antioxydantes ont été confirmées. On observe une demande croissante en matière première, principalement issue de la cueillette en milieu naturel. Uncaria guianensis fait l'objet d'abondantes récoltes par des firmes pharmaceutiques étrangères (de même que l'espèce proche Uncaria tomentosa (Willd. ex Schult.) DC.).

