Une nuit sur le mont Chauve

poème symphonique de Modeste Moussorgsky From Wikipedia, the free encyclopedia

Une nuit sur le mont Chauve (en russe : Ночь на лысой горе, Notch' na lissoï gorie) est un poème symphonique composé par Modeste Moussorgski en 1867. Inspiré par des œuvres littéraires et des légendes russes, Moussorgski composa un « tableau musical », littéralement La nuit de la Saint-Jean sur le mont Chauve, sur le thème d'un sabbat de sorcières se déroulant sur le mont Chauve la veille de la Saint-Jean (fête traditionnelle de Kupala chez les peuples slaves), qu'il acheva cette même nuit, le 23 juin 1867. Avec Sadko op. 5 (tableau musical, 1867) de Nikolaï Rimski-Korsakov, c'est l'un des premiers poèmes symphoniques composés par un compositeur russe[1].

Durée approximative12 min
Dates de composition1867
Faits en bref Genre, Musique ...
Une nuit sur le mont Chauve
Image illustrative de l’article Une nuit sur le mont Chauve
Modeste Moussorgski, 1865.

Genre poème symphonique
Musique Modeste Moussorgski
Durée approximative 12 min
Dates de composition 1867
Dédicataire Vladimir Stassov
Création
dans le cadre des Concerts symphoniques russes sous la direction de Rimski-Korsakov
Création
française
1889
orchestre des concerts Colonne dirigé par Rimski-Korsakov, au Trocadéro, Exposition universelle de 1889, Paris
Versions successives
  • 1886 : orchestration posthume de Nikolaï Rimski-Korsakov qualifiée de « fantaisie pour orchestre »
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Bien que Moussorgski fût fier de cette œuvre de jeunesse, son mentor, Mili Balakirev, refusa de la mettre en scène. Afin de sauver ce qu’il considérait comme un matériau de valeur, Moussorgski tenta d’intégrer la musique d'une nuit sur le mont Chauve, réarrangée pour solistes vocaux, chœur et orchestre, dans deux projets ultérieurs : l’opéra-ballet collaboratif Mladá (1872) et l’opéra La Foire de Sorotchintsy (1880). Cependant, Une nuit sur le mont Chauve ne fut jamais jouée sous aucune forme du vivant de Moussorgski[2].

Édition de 1886 orchestrée par Moussorgsky publiée par la maison V. Bessel et Cie.

Il existe plusieurs versions de cette oeuvre orchestrale. Les deux versions les plus notables sont orchestrées par l'auteur et par son ami Rimski-Korsakov. Moussorgski termine son travail durant l'été 1867, à l'occasion d'un séjour dans la maison de son frère à Minkino. Rimski-Korsakov orchestre la partition en 1886, cinq ans après la mort du compositeur, et la qualifie de « fantaisie pour orchestre ». Certains spécialistes de la musique considèrent cette version comme une composition originale de Rimski-Korsakov, bien qu'elle s'inspire de la dernière version de la musique de Moussorgski pour La Foire de Sorochyntsi :

« Je n’ai guère besoin de rappeler au lecteur que la pièce orchestrale universellement connue sous le nom d'Une nuit sur le mont Chauve de Moussorgski est une composition orchestrale de Rimski-Korsakov inspirée de la version ultérieure de la musique du Mont Chauve que Moussorgski avait préparée pour La Foire de Sorotchintsy[3]. »

 Gerald Abraham, musicologue et spécialiste de Moussorgski, 1945

Cette version est créée sous la direction de Rimski-Korsakov le dans le cadre des Concerts symphoniques russes. La version originelle, plus âpre, plus slave, publiée en 1968 gagne progressivement en notoriété.

Une version de 1933, interprétée par l'Orchestre Symphonique de Londres dirigé par Albert Coates, sert de substrat sonore pour le court métrage d'animation homonyme réalisé sur leur original écran d'épingles par le graveur d'origine russe Alexandre Alexeïeff et sa jeune maîtresse américaine Claire Parker.

Il existe également deux versions conduites par le chef d'orchestre du XXe siècle Leopold Stokowski, dont l'une a été utilisée dans le film d'animation de 1940 de Walt Disney Fantasia.

Composition

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Une nuit sur le mont Chauve (Moussorgski)
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La pièce est inspirée d'une nouvelle de Nicolas Gogol, La Nuit de la Saint-Jean, qui met en scène le sabbat des sorcières. Le titre initial en était : Nuit de la Saint-Jean sur le mont Chauve. Moussorgski aurait écrit son œuvre après une promenade sur la colline de Lysa hora (en) non loin de Kiev[4].

Hormis dans le cadre de l'opéra, Moussorgski a peu écrit pour l'orchestre : un scherzo (1858), une marche nocturne (1861), un intermezzo (1867) et un poème symphonique (1867)[5].

L'œuvre a été retravaillée plusieurs fois par le compositeur, avec une version chorale en 1872, puis comme interlude orchestral de l'un de ses opéras en 1873. Nikolaï Rimski-Korsakov fait une réorchestration de cette troisième version en 1908 et c'est cette dernière qui reste la plus jouée. Fantasia, le dessin animé de Walt Disney sorti en 1940, utilise encore une autre version où le final se mêle à l’Ave Maria de Franz Schubert (orchestration de Leopold Stokowski, qui publia également une version indépendante et légèrement différente).

La musique suit un programme établi :

Voix souterraines, apparition des esprits des ténèbres puis de Tchernobog (divinité des ténèbres dans la Russie païenne)

• Adoration de Tchernobog

• Sabbat des sorcières

• Sonnerie de la cloche du village et évanouissement des apparitions

• Aube naissante.

L'exécution de la pièce dure environ douze minutes.

Moussorgski réutilisa à plusieurs reprises la matière orchestrale, en 1872 comme partie de l'acte III de l'opéra (finalement jamais terminé) Mladá, puis en 1880 comme intermezzo final de l'acte II de l'opéra (resté inachevé) La Foire de Sorotchintsy.

Chorégraphies

En 1929, Bronislava Nijinska chorégraphie l'œuvre de Moussorgski pour les Ballets russes, avec des décors et costumes de Nathalie Gontcharova.

Une chorégraphie remarquable de la Nuit sur le mont chauve a été faite en 1983 par Igor Moïsseïev[6]. Dans cette œuvre, la musique de Moussorgski alterne avec des arrangements de musiques traditionnelles ukrainiennes et des percussions.

Autres utilisations

Quelques enregistrements renommés

Bibliographie

Les ouvrages suivants de Michel Dimitri Calvocoressi ont d'abord été édités en français :

  • Michel Dimitri Calvocoressi, Modest Mussorgsky: His Life and Works, London, Rockliff,
  • Michel Dimitri Calvocoressi et Gerald Abraham, Mussorgsky, London, J. M. Dent & Sons, coll. « Master Musicians Series »,

Notes et références

Articles connexes

Liens externes

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