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Union juive française pour la paix

organisation juive laïque française From Wikipedia, the free encyclopedia

L’Union juive française pour la paix (UJFP) est une organisation juive laïque, universaliste et antisioniste. Très critique de la politique israélienne envers le peuple palestinien, l'association écrit que ce dernier est soumis « à une politique de colonisation, d'apartheid et d'épuration ethnique »[1]. L'UJFP incarne une ligne proche de la gauche radicale et de la Ligue Communiste Révolutionnaire, dont sont issus plusieurs de ses fondateurs[réf. souhaitée].

Fondation
Sigle
UJFPVoir et modifier les données sur Wikidata
Forme juridique
Association déclaréeVoir et modifier les données sur Wikidata
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Union juive française pour la paix
Logo de l'Union juive française pour la paix.
Histoire
Fondation
Cadre
Sigle
UJFPVoir et modifier les données sur Wikidata
Type
Forme juridique
Association déclaréeVoir et modifier les données sur Wikidata
Domaine d'activité
Autres organisations fonctionnant par adhésion volontaire (France)Voir et modifier les données sur Wikidata
Objectif
Expression juive sur les conditions d’une paix juste au Proche-Orient
Siège
Pays
Organisation
Affiliation
Idéologie
Publication
Site web
Identifiants
RNA
SIREN
OpenCorporates
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Positions

Si aujourd'hui « l’UJFP se déclare antisioniste »[2], sa position a été décrite de manière plus nuancée par le passé comme a-sioniste ou post-sioniste[3]. L'UJFP ne se déclare pas opposée à l'existence de l'État d'Israël, et indique dans sa charte que plusieurs solutions étatiques au conflit israélo-palestinien sont possibles[2]. En revanche, elle déclare que

« [Ce conflit] ne peut être résolu qu’en mettant un terme à la domination d’un peuple par un autre, et en mettant en œuvre le droit à l’autodétermination pour le peuple palestinien, y compris le droit de créer son propre État indépendant. Le retrait d’Israël des territoires occupés depuis 1967 constitue une étape nécessaire à l’accomplissement de l’autodétermination palestinienne. »[2]

Les membres de l'UJFP ne sont en particulier pas d'accord avec les positions du CRIF, le Conseil représentatif des institutions juives de France, et souhaitent porter une parole juive et antisioniste pour éviter un amalgame entre juif et sioniste dans la population française[1]. Enfin, l'association lutte contre toutes les formes d'oppression, en particulier contre l'islamophobie, l'antisémitisme, le racisme anti-Roms, les discriminations envers les femmes ou le colonialisme[1].

Les positions soutenues par l'UJFP lui vaut en retour des critiques, notamment de la part de l'UEJF[4] ou du CRIF[5]. Selon la sociologue Martine Cohen, « ce sont des antisionistes qui flirtent avec l'antisémitisme, qui résument Israël à la colonisation en ignorant toute la dimension de mouvement national juif et de son histoire au XIXe siècle », affirmant que l'UJFP est souvent perçue comme « infréquentable » au sein de la communauté juive[6].

L'antisémitisme d'une association pourtant portée par des juifs serait une forme de haine de soi[3]. L'association de son côté rejette ces accusations d'antisémitisme contre lequel elle déclare lutter et considère plutôt que c'est la captation de la parole juive par l'état d'Israël et sa politique de domination du peuple palestinien qui favorisent l'antisémitisme[2].

Historique

L'UJFP représente un courant internationaliste qui a toujours existé dans la population juive[7],[8]. Ainsi, dans les pays de l'est avant la seconde guerre mondiale, le Bund est un mouvement socialiste juif qui se développe parallèlement et en opposition au sionisme.

L'Union juive française pour la paix est une association loi de 1901 fondée à Paris, lors de la fête de Pessa'h, en par Richard Wagman[2],[9]. Initialement créée comme section française de l’Union Juive Internationale pour la Paix, disparue depuis, l'UJFP est devenue en 2002 membre fondateur de la Fédération des Juifs européens pour une Paix juste (EJJP)[10].

Fondée dans le contexte des accords d'Oslo, elle connait plusieurs centaines d'adhésions avec l'arrivée au pouvoir d'Ariel Sharon en Israël[11].

Depuis , l'UJFP publie une revue trimestrielle, De l'autre côté.

En , l'UJFP publie le « Manifeste des enfants cachés » et dresse un parallèle entre le crime de solidarité et les enfants cachés pendant l'Occupation de la France par l'Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale[12],[13].

En , Eyal Sivan, essayiste et réalisateur franco-israélien, tourne avec l'UJFP dix vidéos pédagogiques, en libre accès sur internet[14], ayant pour but de « déconstruire les stéréotypes concernant les Juifs »[15].

Le , jour de l'attaque du Hamas contre Israël, la coordination nationale de l'UJFP écrit un communiqué intitulé « Ça suffit le concert des nations pro-israélien ! Résister à un occupant est légitime ! »[16]. Tout en indiquant que les faits sont à cette date encore flous et que la stratégie du Hamas fait débat au sein de l'association, ce communiqué souligne les violences coloniales commises par Israël sur la population palestinienne, et présente la résistance – y compris armée – à ces violations du droit international comme justifiée. Quelques jours plus tard, un second communiqué est plus critique sur l'action du Hamas assimilée à des crimes de guerre[17], tout en soulignant à nouveau les responsabilités israéliennes et celles de la communauté internationale. Ces deux communiqués ont généré un dépôt de plainte par l'association Jeunesse française juive pour apologie du terrorisme début , puis une perquisition au domicile du directeur de publication de l'UJFP en septembre [18]. Par la suite, l'association se mobilise au côté d'associations pro-palestiniennes et appelle à de nombreuses reprises à manifester contre la réponse israélienne à cette attaque.

Affaires judiciaires

En , l'UJFP intervient juridiquement en soutien au Collectif Palestine vaincra dans la procédure en référé qui conteste la dissolution de ce dernier par le gouvernement devant le Conseil d'État[19]. La requête, également défendue par l'Union syndicale Solidaires et par l'Association France Palestine Solidarité obtient gain de cause et la dissolution est suspendue[19],[20]. La requête est finalement rejetée au fond le et la dissolution confirmée[21],[22].

En , l'UJFP se porte partie civile pour des crimes de complicité de génocide et d’incitation à la commission d’un génocide[23]. Les faits « sont des actions très concrètes et précises sur lesquelles enquête l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité et les crimes de haine » d'après les avocates de l'association[24] : des civils sont accusés d'avoir empêché l'acheminement de camions d'aide humanitaire à la frontière de la bande de Gaza. Bien que les faits ne se soient pas déroulés sur le territoire français, une plaignante est franco-palestinienne et surtout certains des auteurs présumés ont la nationalité française. La plainte peut donc être instruite en France et aboutit à l'interrogation auprès des gendarmes de trois membres d’Israel Is Forever en France, ainsi qu'à deux mandats d'amener début 2026 visant des franco-israéliennes résidant en Israël[24].

En , le Parquet national antiterroriste ouvre une enquête préliminaire pour « financement du terrorisme » à la suite d'une plainte d'une association contre les envois de fonds de l'UJFP vers la bande de Gaza. Les financements à Gaza passent par Amir Eleiwa, relais local de l'UJFP et d'Humani’Terre, une association elle aussi visée en France par une enquête pour « financement du terrorisme »[25]. La banque Crédit Coopératif ferme les comptes de l'association, tout en déclarant y être obligée et ne pouvoir pas en donner la raison[25],[26]. L’UJFP indique avoir trouvé une nouvelle banque et poursuivre son activité à Gaza. Traditionnellement orientée vers le soutien aux paysans du territoire palestinien (financement d’un château d’eau, de canalisations, de pépinières…), cette action a été redirigée après le début de la guerre de Gaza vers une réponse humanitaire d’urgence (livraison de tentes et de repas, soutien à la scolarisation...)[26].

Publications

Outre de nombreux communiqués et articles présents sur son site internet, l'association est autrice de deux ouvrages.

Militants connus

Certains militants célèbres sont aujourd'hui décédés :

Notes et références

Voir aussi

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