Union slave (mouvement)
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La Russie aux russes |
| Fondation |
Septembre 1999 |
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| Dissolution |
29 juin 2010 |
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Le Mouvement national-socialiste « Union slave » (en russe : Национал-социалистическое движение «Славянский союз», romanisé : Natsional-sotsialisticheskoye dvizheniye «Slavyanskiy soyuz») est une ancienne organisation russe néonazie fondée en 1999 par Dimitri Demouchkine[1],[2]. En 2010, elle est bannie par le Tribunal municipal de Moscou[2],[3]. Le site web du groupe renvoie à de nombreux documents concernant la négation de la Shoah ainsi qu'à des œuvres d'Adolf Hitler. Son logo organisationnel est un svastika stylisé et les initiales du groupe, « SS » en russe, sont les mêmes que celles utilisées par la Schutzstaffel allemande lors de la seconde guerre mondiale[2]. Le parti est également notoire pour promouvoir une tradition d'extrême droite, « aryenne » de la mythologie slave[4]. L'organisation est décrite comme ultranationaliste et antisémite[5],[6].
L'Union slave est fondée en septembre 1999 par Dimitri Demouchkine[2]. À l'automne 2000, un conflit éclate au sein de la direction de l'Unité nationale russe, par conséquent, le 21 septembre 2000, lors d'une assemblée plénière fermée des dirigeants des seize sections régionales, il est annoncé qu'Alexander Barkashov, le fondateur et chef du mouvement, avait été expulsé des rangs de l'Unité nationale russe[7]. En octobre 2000, le mouvement patriotique modéré d'O. Kassin Renaissance russe est établi sur la base des divisions de Moscou et de Stavropol de l'Unité nationale russe. Dimitri Demouchkine se sépare également de l'Unité nationale russe, fondant son propre mouvement Union slave[8].
Europe-Asia Studies qualifie l'Union slave d'organisation russe néonazie la mieux connue, bien qu'elle souligne qu'elle n'a que très peu de membres[9]. Avec l'Union pannationale russe, il s'agit de l'unique organisation d'extrême droite en Russie à avoir disposé de bases permanentes utilisées comme camps d'entraînement. Les principales activités du parti implique l'entraînement paramilitaire ainsi que des attaques racistes à petite échelle. Officiellement, le parti affirme ne promouvoir aucune activité violente, bien que certains membres individuels de l'organisation ont été jugés pour des actes de violence jusqu'à l'interdiction du parti en 2010. En 2006, Demouchkine est arrêté, soupçonné d'être impliqué dans l'attaque d'une mosquée dans la ville de Iakhroma. En septembre 2008, un autre chef de l'Union slave est arrêté pour le meurtre d'un Tadjik et d'un Daghestanais[9].
Le bureau du procureur général de la Fédération de Russie liste l'Union slave comme l'une des "associations extrémistes les plus actives" de Russie en 2009, avec des associations tel que la Société nationale-socialiste, le Mouvement contre l'immigration illégale, ou encore la Fraternité du Nord[10]. L'Union slave est favorable au nazisme, bien qu'elle ne le signale pas[11].
L'Union slave est bannie par le tribunal municipal de Moscou le 27 avril 2010 à la suite des accusations portées par les procureurs selon lesquelles le groupe promeut le nazisme avec « des idées similaires à l'idéologie de l'Allemagne nazie »[2],[12],[13]. En réponse à l'interdiction le 27 avril, Demouchkine note que l'Union slave est « interdite dans toute la Russie » et indique qu'un appel à une autorité supérieure légale de l'interdiction de l'organisation serait "définitivement" à venir. Depuis lors, le groupe demeure actif dans la clandestinité.
En septembre 2010, une rumeur court selon laquelle l'organisation aurait prétendument ouvert des bureaux en Norvège. Ceci est signalé lorsque Viatcheslav Datsik s'est présenté aux autorités norvégiennes de l'immigration demandant l'asile politique. Datsik s'était échappé peu de temps auparavant d'un institut psychiatrique non loin de Saint-Pétersbourg et on croyait qu'il avait atteint la Norvège à bord d'un navire de trafic d'armes. Il est arrêté avec deux autres personnes par la police norvégienne, suspecté d'avoir des liens possibles avec un crime organisé[14]. En 2012, on rapporte qu'un successeur clandestin de l'Union slave nommé la Force slave (Slavyanskaya Sila) s'est formé[15].
Idéologie
L'Union slave est décrite comme néonazie, panslave, suprémaciste blanc, nativiste, opposée à l'immigration, anticommuniste, antisémite et homophobe[1],[3],[5]. Lorsque l'organisation est fondée en 1999, la Russie a un taux d'immigration très élevé, qui se reflète dans la rhétorique xénophobe de l'Union slave. L'organisation tiennent les réfugiés, les travailleurs immigrés étrangers ainsi que les minorités tel que les juifs et la communauté LGBT pour responsables du déclin supposé de la Russie ainsi que du "monde slave" lui-même[16].
L'essence de l'organisation est panslave et l'Union slave promeut le concept d'unification de toutes les nations slaves. Zeev Sternhell classe les racines de l'organisation comme contre-Lumières, percevant "la démocratie les plaidoyers en faveur de l'égalité…[comme] une attaque contre l'ordre naturel". En promouvant le panslavisme, l'organisation fait appel à la « pureté du sang » et à « la grandeur et au pouvoir de la race slave », tout en promouvant la force militaire qu'une union de tous les pays slaves qu'elle serait censée posséder. L'Union slave fait référence à des États historiques qui englobaient une grande partie du monde slave tel que la Rus' de Kiev et l'Union soviétique, l'organisation a même réutilisé des affiches de propagande soviétiques, remplaçant le faucille et marteau communistes par des symboles tribaux païens[16].
Afin de compléter sa rhétorique panslave, l'organisation promeut également le paganisme slave et mentionne souvent les légendes slaves ainsi que la mythologie afin de créer l'image d'une puissante « race slave » préchrétienne. Les symboles des nationaux-socialistes allemands sont liés et combinés avec des symboles slaves, donnant naissance à des svastikas inversées et à des runes slaves, dont des mots slaves de style runique[16].
Références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Slavic Union (Russia) » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 (ru) « Что такое "Славянский союз" » [« Qu'est-ce que l'« Union slave » ? »]
, sur Kommersant, - 1 2 3 4 5 (en) « Slavic Union Banned » [« Union slave interdite »]
, sur The Moscow Times, - 1 2 (en) « Groups that Russia has declared extremist » [« Des groupes que la Russie a déclarés extrémistes »]
, sur Reuters, - ↑ (en) Nations under God : The Geopolitics of Faith in the Twenty-First Century [« Nations sous l'égide de Dieu : La géopolitique de la foi au XXIe siècle »], , 296 p. (ISBN 978-1-910814-04-8, lire en ligne)
- 1 2 (en) Mansur Mirovalev, « Behind Russia’s ultra-nationalist crackdown » [« Derrière la répression ultranationaliste russe »]
, sur Al Jazeera, - ↑ (en) Richard Arnold, « Russian Neo-Nazis ‘Celebrate’ Hitler’s Birthday, Part One: Background » [« Des néonazis russes « célèbrent » l’anniversaire d’Hitler, première partie : Contexte »]
, sur Jamestown, - ↑ (ru) « Баркашова исключили из РНЕ » [« Barkashov a été expulsé de l'Unité nationale russe (RNE). »]
, - ↑ (ru) « Демушкин, Дмитрий : Один из лидеров движения "Русские" » [« Demushkin, Dmitry : Un des chefs du mouvement « Russes ». »]
, sur Lenta.ru - 1 2 (en) MARTIN LARYŠ et MIROSLAV MAREŠ, « Right-Wing Extremist Violence in the Russian Federation » [« Violences d'extrême droite en Fédération de Russie »], Europe-Asia Studies, vol. 63, no 1, , p. 129-154
- ↑ (ru) Светлана Добрынина, « Юрий Чайка: В России нужно создать четкую систему противодействия экстремизму » [« Yuri Chaika : La Russie doit créer un système clair pour lutter contre l'extrémisme. »]
, sur Rossiïskaïa Gazeta, - ↑ (ru) Никита Зея, « «Дацик идет за тобой»: Из психиатрической больницы под Петербургом сбежал участник боев без правил Вячеслав Дацик » [« "Datsik arrive pour vous" : Vyacheslav Datsik, pratiquant d'arts martiaux mixtes, s'est échappé d'un hôpital psychiatrique près de Saint-Pétersbourg. »]
, sur gazeta.ru, - ↑ (ru) « В России запрещен ультраправый "Славянский союз" » [« L'Union slave, organisation d'extrême droite, a été interdite en Russie. »]
, sur BBC, - ↑ (ru) Ирина Попова, « Организацию «Славянский союз» уже сегодня могут закрыть » [« L'organisation Union slave pourrait être dissoute aujourd'hui. »]
, - ↑ (en) Jake Hughes, « Viacheslav Datsik Has Become a “Public Defender” Since His Release From Prison » [« Depuis sa sortie de prison, Viacheslav Datsik est devenu avocat commis d'office. »]
, sur Vice, - ↑ (en) ALEXANDER VERKHOVSKY, « The Ultra-Right in Russia in 2012 » [« L'extrême droite en Russie en 2012 »]
[PDF], - 1 2 3 (en) Nataliia Vdovychenko, « Slavic Union is on the rise in Eastern Europe » [« L'Union slave gagne du terrain en Europe de l'Est. »]
, sur Diggit Magazine,