Valeria Magli

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Nom de naissance
Valeria Magli
Nationalité
Activité
Valeria Magli
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Naissance
Nom de naissance
Valeria Magli
Nationalité
Activité
Formation
Université de Bologne (esthétique)
Maître
Luciano Anceschi, Étienne Decroux
Mouvement
Danse postmoderne, art performance, poésie sonore
Influencée par
Œuvres principales
Le Milleuna (1979)
Pupilla (1983)
Banana morbide (1980)

Valeria Magli, née en 1952 à Bologne, est une danseuse, chorégraphe et artiste de performance italienne[1]. Pionnière de la « poesia ballerina » (poésie dansée), elle est reconnue pour son travail interdisciplinaire mêlant danse, poésie, voix et art visuel[2].

Sa carrière, qui s'étend des années 1970 aux années 2000, est marquée par des collaborations avec des figures de l'avant-garde artistique, notamment le poète Nanni Balestrini, le musicien Demetrio Stratos, le compositeur John Cage et le chorégraphe Merce Cunningham[3]. Ses œuvres ont été présentées dans des institutions telles que le Centre Pompidou à Paris, la Biennale de Venise, le Piccolo Teatro de Milan et le Hunter College de New York[3].

Formation

Valeria Magli naît en 1952 à Bologne[4]. Dès l'enfance, elle pratique la danse classique, le piano, la natation de compétition et la gymnastique artistique[5]. Cette formation physique intensive — dix années de gymnastique agonistique — marquera profondément sa pratique artistique ultérieure[3].

Durant ses études universitaires à l'Université de Bologne, elle suit les cours d'esthétique de Luciano Anceschi, philosophe et critique littéraire, mentor d'un groupe de poètes liés à l'avant-garde[3]. C'est dans ce contexte qu'elle rencontre Nanni Balestrini, membre du Gruppo 63, qui lui offre pour son anniversaire le poème La signorina Richmond, qu'elle adaptera pour la scène[3].

Elle complète sa formation auprès d'Étienne Decroux, acteur et mime français considéré comme le père du mime corporel, ainsi qu'auprès de Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault[6].

Carrière

Les débuts et l'engagement politique

L'art de Valeria Magli est profondément influencé par son engagement dans les mouvements étudiants et le collectif féministe bolognais durant les années de plomb en Italie[5]. Cette dimension politique imprègne son approche du corps féminin et de la représentation scénique.

En 1978, elle crée Poesia ballerina sur un texte de Nanni Balestrini au Teatro Arsenale de Milan[7]. Cette pièce inaugure ce qui deviendra sa signature artistique : la « poesia ballerina ».

Le Milleuna et la collaboration avec Demetrio Stratos

En 1979, Valeria Magli présente Le Milleuna (Les Mille et Une) au Teatro Out-Off de Milan, lors de la rassegna Sex Poetry[8]. Cette œuvre, considérée comme l'une de ses créations les plus célèbres, naît de la collaboration avec Nanni Balestrini, auteur du texte poétique, et Demetrio Stratos, chanteur des Area, dont la voix enregistrée accompagne la performance[2].

Le texte, à forte connotation érotique, est composé de cent mots ou expressions combinés selon des modalités aléatoires[9]. La pièce est ensuite présentée lors de la Troisième Semaine Internationale de la Performance, organisée par la critique de danse Leonetta Bentivoglio à la Galleria d'Arte Moderna de Bologne[8].

En 1986, Le Milleuna est présentée au Centre Pompidou à Paris, dans le cadre du festival Polyphonix 10[10]. Pour la première fois, une danseuse est invitée à se produire dans ce haut lieu de la poésie sonore internationale, aux côtés de figures telles qu'Allen Ginsberg, Jerome Rothenberg et Lawrence Ferlinghetti[11].

Les années 1980 : Banana et Pupilla

En 1980, Magli crée Banana morbide, suivi en 1981 de Banana lumière, deux pièces dont la chorégraphie, la danse et la voix sont de Magli elle-même, sur des textes de Nanni Balestrini et une musique de John Cage (avec Walter Marchetti pour Banana lumière)[12].

En 1983, elle présente Pupilla, pièce riche de références culturelles à Hans Bellmer et Heinrich von Kleist, articulée en une série d'images évocatrices et raréfiées[13]. Cette œuvre sera recréée en 2014 par trois danseuses de la DanceHaus Company de Susanna Beltrami[7].

Reconnaissance internationale

Tout au long de sa carrière, les œuvres de Valeria Magli sont présentées dans des institutions internationales[14] :

En 2013, une hémorragie cérébrale contraint l'artiste à interrompre ses performances scéniques[3].

Œuvre

La « poesia ballerina »

L'expression « poesia ballerina » (poésie dansée ou poésie ballerine) désigne le style développé par Valeria Magli, fruit du rapport millénaire entre danse et poésie[15]. Comme l'explique l'artiste : « Ce qui lie la poésie à la danse, c'est principalement le rythme »[3].

Sa recherche, développée entre la fin des années 1970 et les années 1990, s'articule autour de la mise en scène conjointe de la danse et de la poésie, cherchant à établir un lien entre la voix qui dit le poème et le geste de la danse[2]. Cette pratique hybride, à la fois corporelle et interdisciplinaire, hérite de dix années de gymnastique de compétition et se nourrit des influences de Erik Satie et Marcel Duchamp[13].

Collaborations

L'artiste a développé des collaborations avec des figures de différentes disciplines[3] :

Comme le rappelle Magli : « On s'échangeait des cadeaux entre artistes » à cette époque où la scène était « un laboratoire vivant »[3].

Thématiques : le féminin et l'anti-spectacularité

L'œuvre de Valeria Magli se caractérise par une attention à la sphère du féminin et une approche « anti-spectaculaire » de la performance[8]. Le titre MORBID, choisi pour sa rétrospective au MAMbo en 2025, illustre cette ambivalence : « morbido » (doux, souple) en italien, « morboso » (morbide) en traduction de l'anglais ou de l'allemand[16].

Cette dualité sémantique synthétise les caractéristiques contradictoires historiquement attribuées aux femmes[5]. L'artiste joue avec l'humour typiquement bolognais, faisant référence, pour le masculin, à la « banana » (banane), tandis que le féminin est décrit comme « morbid »[16].

Réception critique

Leonetta Bentivoglio, critique de danse pour La Repubblica, décrit en 1984 la performance de Magli dans Poesia ballerina comme « un bref concert pour papier, danse et voix » dont la déclamation naturelle, sans emphase, forme « une cascade liquide de sons qui défilent en succession haletante ; un non-sens en mosaïque, une synthèse aérienne »[6].

La monographie publiée par Charta en 2003 rassemble des essais de critiques et intellectuels renommés : Ugo Volli, Leonetta Bentivoglio, Omar Calabrese et Milli Graffi[12]. Gianni Toti a également consacré des études à sa « danse postmoderne, pleine de références, d'ironie, de citations et de réflexions »[6].

En 2021, la chercheuse Silvia Garzarella, diplômée de l'Université de Bologne en Teorie e poetiche della danza, publie Valeria Magli o la poesia ballerina chez Mimesis Edizioni, analyse académique d'une décennie de recherche artistique[15]. L'ouvrage reçoit des recensions dans Hystrio et Danza&Danza[15].

En 2025, la rétrospective MORBID au MAMbo de Bologne, curatée par Caterina Molteni dans le cadre d'ART CITY Bologna 2025, consacre la reconnaissance institutionnelle de son œuvre[4]. Mousse Magazine salue cette exposition qui explore « la figure féminine à travers la douceur et ses forces maniaques et obsessives »[17].

Expositions personnelles

  • 2025 : MORBID, MAMbo – Museo d'Arte Moderna di Bologna, Bologne (curatrice : Caterina Molteni)[4].
  • 2014 : Pupilla 1983>2014, recréation par DanceHaus Company[7].
  • 1986 : Polyphonix 10, Centre Pompidou, Paris[18].
  • 1979 : Le Milleuna, Teatro Out-Off, Milan[8].

Publications

Notes et références

Voir aussi

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