Valérie Masson-Delmotte

paléoclimatologue française From Wikipedia, the free encyclopedia

Valérie Masson-Delmotte, née le à Nancy, est une paléoclimatologue française.

Faits en bref Coprésidente Groupe de travail I du GIEC (d), 7 octobre 2015 - 28 juillet 2023 ...
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Elle est directrice de recherche au CEA. Elle est coprésidente du groupe no 1 du GIEC de à . Elle fait partie des 100 personnes les plus influentes du monde en , selon le magazine Time.

Elle est membre du Haut Conseil pour le climat, et du Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé.

Valérie Masson-Delmotte entre à l'Académie des sciences en .

Biographie

Formation et famille

Valérie Masson-Delmotte est la fille de professeurs d'anglais[1]. Elle grandit dans les Vosges, à Nancy, et passe ses vacances sous la tente à Trégastel (en Bretagne). Naîtra de ces lieux son goût pour l’observation et son attention à la nature[2]. Elle est au lycée lorsque la lecture d'un article, signé Robert Kandel, Hervé Le Treut et Jean Jouzel, lui fait découvrir qu'il est possible de reconstituer les climats passés et de comprendre le climat présent, à partir des échantillons de glace[2],[3].

Elle poursuit ses études secondaires par une préparatoire scientifique, à Nancy[2], puis elle entre à l'École centrale Paris. Elle y est diplômée en [4]. Elle soutient en une thèse de doctorat en physique des fluides et des transferts[5] à l'École centrale Paris sur la « Simulation du climat de l'holocène moyen à l’aide de modèles de circulation générale de l'atmosphère ; impacts des paramétrisations »[4].

Elle est mariée avec l'ingénieur de recherche en climatologie Marc Delmotte[Note 1], le couple a deux filles[1].

Carrière scientifique et impacts

Depuis [7], remarquée par Jean Jouzel[5], elle est chercheuse au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement du Commissariat à l'énergie atomique (CEA)[8],[9].

En 1997 et en 2008, Valérie Masson-Delmotte participe sur le terrain à deux missions de carottage de glace au Groenland (projets NorthGRIP et NEEM)[3],[10],[11],[12].

Depuis , elle est directrice de recherche au CEA[13]. Ses recherches portent sur l'évolution des climats passés et l'impact du climat futur. Elle a notamment participé à la reconstitution de la concentration en gaz à effet de serre de l'atmosphère sur les 800 000 dernières années[14]. Elle a également travaillé sur l'impact du réchauffement climatique sur l'Antarctique en 2017[15]. En 2018, elle a contribué, à plus de deux cents publications scientifiques[8],[9].

Dans les années 2010, Valérie Masson-Delmotte est en pointe dans la lutte contre le climatoscepticisme. En particulier, elle est à l'origine de l'appel des 600, en 2010, qui rassemblait environ 600 spécialistes du climat critiquant le « dénigrement », les « accusations ou affirmations péremptoires » ainsi que les « erreurs » de Claude Allègre ou Vincent Courtillot sur le sujet. Cet appel demandait aux instances scientifiques et politiques une réaction vis-à-vis des critiques dont ces climatologues étaient l'objet de la part de ces scientifiques niant la responsabilité humaine dans les changements climatiques[16],[17],[18].

Elle publie Climat. Le vrai et le faux, dont le but est de démonter les arguments climato-sceptiques et de montrer que les auteurs climato-sceptiques s'appuient largement sur des arguments développés dans la blogosphère anglophone[19]. Selon elle, en France, les climato-sceptiques sont notamment motivés par l'idée que la technique « permet et permettra de régler tous les problèmes »[19].

Elle fait partie de nombreux projets nationaux et internationaux dont le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Elle contribue à la rédaction des quatrième et cinquième rapports du GIEC[8]. Le , elle est élue co-présidente avec le climatologue chinois Panmao Zhai (en) du groupe de travail no 1 du sixième rapport d'évaluation du GIEC, qui traite des bases physiques du climat[5]. C'est, selon Valérie Masson-Delmotte, un travail de diplomatie scientifique, de relecture de documents, de négociation pour obtenir le bon mot, la bonne formulation, pour arriver à la fois à l'exactitude scientifique et à la formulation politique acceptable pour tous les états membre du GIEC, et en particulier les États producteurs d’hydrocarbures[20].

« Pour être efficace, l'action pour le climat doit être juste, inclusive et basée sur le partage des connaissances. »[21]

Le premier volet de ce rapport est publié le . Il indique que l'origine anthropique du réchauffement climatique est certaine[22],[23].

Elle occupe ce poste jusqu'au , date à laquelle le bureau du GIEC est renouvelé pour la rédaction du septième rapport d'évaluation[24].

Elle est membre du Haut Conseil pour le climat, créé en 2018 et placé auprès du Premier ministre[25].

Elle est élue membre de l'Académie des technologies en 2019[26].

Le , elle est nommée au Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé comme personnalité désignée par le président de la République appartenant aux principales familles philosophiques et spirituelles[27].

Valérie Masson-Delmotte est élue à l'Académie des sciences, à la Commission transition et environnement, en [28]. Elle y fait son entrée le vendredi [29].

Médiation scientifique

Valérie Masson-Delmotte écrit des ouvrages à destination des enfants et d'autres pour le grand public, afin d'expliquer les connaissances scientifiques sur l'évolution du climat et leurs impacts[30]. Elle est également commissaire de plusieurs expositions sur ces thèmes[30] et fait de nombreuses conférences[31].

Elle effectue de la médiation scientifique dans les établissements scolaires ou dans les centres commerciaux pour toucher le plus grand nombre[32].

Elle réalise une critique scientifique du film Le Jour d'après, en 2012[33].

À la suite de la canicule de l'été 2022, elle intervient le devant le président de la République Emmanuel Macron et le gouvernement au grand complet pour les former sur le changement climatique. Les trente minutes de formation sont suivies d’un temps d’échange avec les ministres[1].

Prises de position

En 2015, Valérie Masson-Delmotte signe un appel, aux côtés d'une centaine de personnalités internationales, demandant à laisser les énergies fossiles dans le sol pour éviter un « crime climatique », comparé à un crime contre l'humanité[34].

En 2018, elle écrit une lettre au ministre de l'Éducation nationale pour que les sciences du climat soient mieux représentées dans les programmes du lycée[35]. Selon elle, les nouveaux programmes sont un recul sur la manière d'aborder le sujet, un retour aux années 1950-1970, sans que l'influence humaine ne soit abordée[36]. Le , Jean-Michel Blanquer saisit le Conseil supérieur des programmes pour ajouter « des contenus d'enseignement complémentaires sur les enjeux du changement climatique, du développement durable et de la biodiversité ». Celui-ci auditionne des experts du climat comme Valérie Masson-Delmotte et Jean Jouzel mais aussi François Gervais, physicien, spécialiste des supraconducteurs et climatosceptique[37].

Elle intervient lors du premier week-end de la Convention citoyenne pour le climat, le , afin de communiquer le socle d’informations minimales sur le réchauffement climatique[38],[39]. À la question de la première mesure à prendre pour la transition, elle suggère que la publicité est source de confusion pour les Français et les empêche d'évoluer vers la sobriété[40].

Elle soutient les initiatives citoyennes telles que les traductions collaboratives des rapports du GIEC et s'interroge sur la possibilité de créer des résumés à l'intention des citoyens[41]. En 2022, elle regrette que « les mesures de la convention citoyenne pour le climat qui portaient sur la sobriété aient été écartées », ce qui lui donne l'impression d'une perte de temps[1].

En , elle s'exprime à la soirée de soutien aux Soulèvements de la Terre menacés de dissolution et y défend l'utilité des mouvements sociaux en tant que catalyseurs de la transition écologique et le droit à la liberté d'expression[42]. Le , elle fait part de son « incompréhension » face à une action des Soulèvements de la terre lorsque ceux-ci ont arraché des plans de salade expérimentaux consommant moins d'eau et moins d'engrais[43],[44].

Elle est victime notamment avec Serge Zaka, Magali Reghezza-Zitt ainsi que Christophe Cassou de cyberharcèlement durant l'été 2023 à la suite du rachat de Twitter par le milliardaire Elon Musk[45].

En , elle soutient en se hissant à son tour dans un arbre[Note 2], les opposants à la construction de l'autoroute A69 reliant Castres à Toulouse[47].

Elle préface l'ouvrage Le Moment orwellien : La science face aux nouveaux obscurantismes paru en aux éditions du Seuil[48].

Distinctions

Prix et reconnaissance

Valérie Masson-Delmotte a reçu de nombreux prix[4] :

Décorations

Ouvrages

En tant qu'autrice

En collaboration

Notes et références

Annexes

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