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Mouvement écologiste en France

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Le mouvement écologiste est un mouvement social apparaissant en France dans les années 1970 se caractérisant par la lutte pour la défense de l'environnement et la remise en cause des effets de la croissance économique sur les écosystèmes. Il se structure en luttes locales ou nationales contre des lois, des projets d'aménagements du territoire et en ONG, associations et collectifs.

Militants d'ANV-COP21 ayant décrochés 100 tableaux d'Emmanuel Macron dans les mairies parisienne pour dénoncer l'inaction climatique de la France en 2019.

Il prend différentes formes : manifestations, actions de désobéissance civile, sabotages d'infrastructures, et se divise sur le fond en plusieurs courants politiques et philosophiques.

Il englobe plusieurs mouvements sociaux importants en France, dont la ZAD de Notre Dame des Landes dans les années 2010, le mouvement climat en 2019, et les Soulèvements de la Terre en 2023. Il est incarné par plusieurs collectifs et ONG comme Youth For Climate, Exctinction Rebellion, Greanpeece, Dernière Rénovation ou encore Alternatiba.

Plusieurs événements nationaux et internationaux survenus dans les années 2020 comme la COP21, l'activisme de Greta Thunberg, la démission du ministre de l'écologie Nicolas Hulot, l'été 2022 ou le Sixième Rapport du GIEC ont participé à l’irrigation de ce mouvement en France.

Histoire

Lutte anti-nucléaire

Dans les années 70, la lutte anti-nucléaire donne naissance à plusieurs actions et luttes locales, dans un contexte de tensions en Europe sur le sujet de la construction de centrales nucléaires. La lutte conduit en France, à l'abandon de plusieurs projets de centrales[1].

Le 12 avril 1971, la première marche antinucléaire française se déroule à Fessenheim et rassemble 1 500 personnes[2]. En 1975, plusieurs manifestations ont lieu, à l'initiative du CRIN, contre un autre projet de centrale nucléaire à Erdeven, rassemblant près de 15 000 manifestants[3].

En juillet 1976, à Creys-Malville, plusieurs manifestations contre le projet de centrale nucléaire de Superphénix réunissent entre 15 et 20 000 personnes, parmi elles, des agriculteurs et des associations écologistes comme Greenpeace et Les Amis de la Terre, prenant une forme d'action "non violente"[4]. En juillet 1977, près de 90 000 manifestants marchent vers le site, plusieurs affrontements avec les forces de l'ordre se produisent[5], des militants lancent des cocktails molotov, la répression policière est forte, le bilan est de 5 policiers blessés, une centaines de manifestants blessés dont deux mutilés et un manifestant[6], Vital Michalon, tué par le jet d'une grenade offensive. Il s'agît du premier mort dans le mouvement écologiste français[7].

Lutte du Larzac

Entre 1971 et 1981, sur les causses du Larzac, un projet de camp militaire sera au cœur d'une importante lutte paysanne, se soldant par l'abandon du projet sur décision présidentielle[8].

Affiche de la lutte du Larzac

Une centaine de paysans locaux se liguent contre l'expropriation de leurs terres pour le projet du ministre de la Défense, Michel Debré, d'agrandir le camp militaire du Larzac[9]. En 1972, la lutte est propulsée au rang national par la grève de la faim de l'écrivain et militant de la paix Lanza del Vasto[10]. En 1973 et 1974, près de 100 000 personnes se rassemblent au Larzac pour soutenir les paysans et forment un mouvement hétéroclite médiatisé[11]. L'occupation est mêlée à la danse, à la musique, le Larzac devient un lieu de vie alternatif et expérimental de protestation[12].

Irriguée par le mouvement hippie et mai 68, cette lutte verra converger différents courants politiques, notamment féministe [13]. De nombreux étudiants rejoindront le Larzac, l'une des premières ZAD sera créée, mêlant les préoccupations de sauvegarde de la paysannerie et des terres agricoles à celles de la préservation des écosystèmes et de la "nature", plus généralement[14].

Intervention policière sur le Larzac

En 1978, les manifestants convergent vers Paris, 40 000 personnes manifestent à l’entrée de la ville, bloquées par un important dispositif policer, obtenant finalement un rendez-vous avec François Mitterrand, qui se révélera décisif pour la suite de la lutte[15],[16].

Les militants ont recours à la désobéissance civile, un paysan décide par exemple de construire une bergerie malgré son expropriation, avec l'aide de nombreux manifestants[17]. En juin 1976, 22 militants pénètrent illégalement dans le camp militaire pour y détruire les dossiers relatifs à l'enquête parcellaire avant l'expropriation. Durant le procès de 1977 visant des paysans pour insoumission, renvoi de livrets militaires, entrave à la circulation, un troupeau de brebis est introduit dans le tribunal. En 1978, 150 tracteurs et près de 5000 personnes labourent illégalement les terrains militaires en réponse à la signature des arrêtés d'expropriation par la préfecture[18].

Un des modes de lutte fût également administratif. De nombreux militants et sympathisants achetèrent sous forme de parts non rémunérées, de petites parcelles de terres visées par les expropriations, compliquant nettement le processus d'expropriation.

Lutte contres les OGM

Faucheurs volontaires en 2004

Au début des années 2000, un mouvement de paysans militants "les faucheurs volontaires" dégradera de nombreux sites d'expérimentation de cultures OGM. Les militants dénoncent un "manque de transparence", un " caractère non-maîtrisable de la recherche sur les OGM", et un "danger des OGM pour la sécurité et l'indépendance alimentaires"[19].

En juin 1999, un groupe, mené par le paysan militant originaire du Larzac José Bové, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement près de Montpellier et détruisent une serre de confinement dans laquelle étaient conduits un projet européen de recherche sur les gènes du riz[20].

A la suite de cette action, en avril 2000, 400 manifestants fauchent à la main un champ de colza transgénique en Ariège[21]. En 2004, 2005, 2006, ce mouvement de désobéissance civile a conduit au fauchage illégal de plusieurs parcelles d'essais de plantes transgéniques, ils annoncent, en juin 2005, avoir neutralisé « 70 % des essais commerciaux en France qui existaient en 2004 »[22].

En juillet 2007, 200 faucheurs bloquent le terminal agro-alimentaire du Port de Saint-Nazaire, dénonçant l'importation de colza OGM[23], 8 d'entre eux sont reçus par la secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie et demandent un moratoire immédiat sur les OGM en France, José Bové entamera une grève de la faim[24].

D'autres actions plus rares seront menées dans les années 2010 contre des plantations transgéniques[25].

ZAD de Notre-Dame-des-Landes

Zad de Notre-Dame-des-Landes
Blocage de la route

De 2009 à 2018, un projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, en Loire-Atlantique prend une ampleur nationale en étant au cœur d’une lutte écologiste et paysanne introduisant l'expression de «grand projet inutile et imposé »[26].

En 2009, un collectif d'habitants appelle à occuper le bocage concerné par le projet, créant le début d'une ZAD en occupant une vingtaine de maisons jusqu'au 13 janvier 2012 où l’État déclare l'expulsion des terrains occupés illégalement[27]. La préfecture, soutenue par le gouvernement de François Hollande, lance le 16 octobre 2012 l'opération César, détruisant la majeure partie de la ZAD[28].

Le 17 novembre, un appel à occuper les lieux donne suite à une action massive de désobéissance civile, réunissant plus de 40 000 personnes et propulsant la lutte au niveau national[29]. La ZAD prend des grandes proportions, se construit en une organisation complexe faite de groupes de parole, de démocratie directe et créer un lieu de vie alternatif protestataire en s'inspirant notamment, de la lutte du Larzac[30].

Une militante de la ZAD déclarera à France Culture : "Nous voulons un véritable pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple. Être constamment dans la discussion et tout remettre en cause dès qu’un groupe ou un individu prend trop de pouvoir. Nous menons depuis le printemps dernier une expérimentation politique qui devrait déboucher sur la création d’une ou plusieurs assemblées."[31].

La lutte rassemble des paysans, des écologistes, des étudiants, s'installant dans les fermes existantes, construisant des cabanes, et remettant plusieurs champs en culture[32].

Le site est durant ces années sous tensions et de nombreux affrontements avec la police auront lieu. La police se retire des lieux en 2013, une partie des zadistes reste sur les lieux[33].

Le gouvernement d'Edouard Philippe annonce en 2018, l'abandon du projet, l'expulsion des zadistes et la destruction des constructions non régularisées[34]. La tension revient sur la ZAD et donne lieu à d'importants affrontements en avril et en mai, durant lequel des milliers de grenades seront tirées sur les militants[35]. Plusieurs personnes seront blessées, militants et policiers[36]. Une grande partie des constructions resteront finalement debout.

La ZAD de Notre-Dame-des-Landes a été lieu de rencontres de nombreux courants politiques et philosophiques dans un contexte de prise de conscience générale des années 2010 sur le changement climatique et l'extinction de la biodiversité[37]. La rencontre de naturalistes, paysans, étudiants, a donné lieu à la création de plusieurs mouvements militants par la suite[38].

Lutte contre le barrage de Sivens

En 2014, le projet de barrage destiné à irriguer les cultures en été est dénoncé par Mediapart comme relevant d'un "agrobusiness, conflit d'intérêts et mauvaise gestion"[39].

Suite à un appel lancé par un collectif local, une ZAD se créer, sur laquelle se dérouleront plusieurs affrontements avec la police jusqu'en octobre 2014, où une intervention policière massive visant à expulser la ZAD installée depuis un an, mènera dans la nuit du 25 octobre, à la mort de Rémi Fraisse, un jeune militant, tué par une grenade[40]. Sa mort suscitera de nombreuses réactions et marquera durablement le mouvement écologiste[41].

Le projet, finalement abandonné en 2016[42].

Prise de conscience sur le changement climatique

Les années 2020 voient le mouvement écologiste prendre une grande ampleur en France. Les jeunes générations appelées "générations climat" se mobilisent massivement à la suite de plusieurs évènements[43].

Suite à la COP 21 de Paris[44] où la France prend, parmi de nombreux pays, des engagements inédits pour lutter contre le changement climatique, les COP sont particulièrement médiatisées[45]. Les premières manifestations contre l'inaction climatique ont lieu aux COP 22, 23, 24[46].

Les premiers camps climats sont organisés, camps durant lesquels des jeunes se sensibilisent au changement climatique et au militantisme[47].

En 2017, le think-tank The Shift Project publie "Manifeste pour décarboner l'Europe". L'appel est soutenu par plus de 3 000 citoyens et une quarantaine de scientifiques[48]. Il publiera par la suite, d'autres textes très médiatisés. L'un de ses fondateurs, Jean-Marc Jancovici, fera partie des figures du mouvement contre le dérèglement climatique en France, en introduisant les notions de croissance limitée et de bilan carbone[49].

Le GIEC publiera son sixième rapport d'évaluation, largement médiatisé et sensibilisera une grande partie des nouvelles générations alors en études, aux enjeux du changement climatique[50].

Plusieurs scientifiques prennent dans les années 2020, la parole publiquement pour dénoncer une « inaction climatique » des gouvernements[51],[52]. Ces prises de parole inédites - en France entre autres, de Valérie Masson Delmotte, François Gemene et Magali Regazza-Zitt – participeront à la naissance du mouvement climat[53].

Le 8 septembre 2018, 700 scientifiques français publient une tribune dans Libération, demandant aux dirigeants politiques de passer à l’acte en matière d’environnement [54].

Le collectif Notre Affaire à Tous publie en 2018, une vidéo virale dans laquelle plusieurs personnalités publiques demandent à signer une pétition, "L'Affaire du Siècle", visant à poursuivre l'Etat français en justice pour inaction climatique, qui deviendra la plus signée en France en moins d'une semaine, collectant deux millions de signatures en un mois[55]. La condamnation de l'Etat qui s'en suivra, pour injustice climatique sera très médiatisée[56].

Le collectif On est Prêt réunit en même temps la voix de plusieurs personnalités du monde culturel pour demander une action climatique. Marion Cotillard, Cyril Dion, Juliette Binoche, Mcfly et Carlito, Élie Semoun, Natoo, EnjoyPhoenix entre-autres, prennent position[57].

La même année, le ministre de l'écologie Nicolas Hulot démissionne en direct sur France Inter, déclarant "On s’évertue à entretenir un modèle économique cause de tous ces désordres climatiques. (…) Nous faisons des petits pas, et la France en fait beaucoup plus que d’autres pays, mais est-ce que les petits pas suffisent… la réponse, elle est non. »" et dénonçant "la présence de lobbyistes dans les cercles du pouvoir"[58]. Cette annonce produira un grand retentissement en France[59].

Le scientifique Aurélien Barrau lancera notamment la tribune « Le plus grand défi de l'histoire de l'humanité» signée par plus de 200 personnalités, dont Juliette Binoche, Jane Birkin, Emmanuelle Béart, Isabelle Carré, Patti Smith dans le journal Le Monde à la suite de la démission du ministre[60]. Il publiera ensuite un livre du même nom et fera partie des figures montantes de l'écologie[61]. Il apporte une autre vision du mouvement écologiste, en ciblant avant tout la sixième extinction de masse, déclarant : "Je veux absolument rappeler que dans la crise écologique globale, la crise climatique n’est qu’un élément parmi d’autres et ce n’est peut-être pas le plus grave. Quand bien même il n’y aurait pas un seul degré de réchauffement, nous serions tout de même dans la 6e extinction massive"[62].

Mouvement climat

Marche pour le climat à Paris

Lancé par l'activisme de Greta Thunberg, notamment sa grève scolaire pour le climat, le mouvement climat est un grand mouvement social des années 2020 en France et dans beaucoup d’autres pays du monde[63].

Pancarte faisant référence au film Don't Look Up

Des millions de jeunes se mobilisent dans le monde en 2019, dans des marches pour le climat[64], manifestant en séchant les cours.

En France, le 15 mars, 50 000 personnes manifestent à Paris et 350 000 dans toute la France[65]. Les marches se poursuivent toute l'année 2019 dans de très nombreuses villes françaises, rassemblant plusieurs centaines de milliers de personnes, principalement des jeunes, donnant naissance au mouvement Youth For Climate et lançant en France les mouvements Alternatiba et Extinction Rebellion[66].

Il naît en plein mee-too et voit la naissance d'une forte mobilisation globale des jeunes dans la rue, à travers les collages féministes[67].

Des grèves scolaires devant les Hôtels de ville se dérouleront dans de nombreuses villes, suivant la militante suédoise[68], les actions du mouvement climat bénéficieront d’une couverture médiatique très importante[69].

Des figures du mouvement climat et écologiste naissent avec la progression d’Instagram, Marie Chureau et Camille Etienne en France, manifestant plusieurs fois avec Greta Thunberg et suivies par des dizaines puis des centaines de milliers de personnes sur les réseaux sociaux[70],[71]. En Europe, d'autres figures du mouvement apparaissent, Luisa Neubauer en Allemagne et Adélaïde Charlier en Belgique[72].

Camille Etienne, publiera en mai 2020, une vidéo virale atteignant plus de 15 millions de vue dans laquelle elle dit "Notre génération traverse une crise existentielle démentielle" et demande aux dirigeants "S’il est possible de tout stopper pour une urgence sanitaire, faites-le donc pour l’urgence climatique, qui est plus grande encore !"[73].

Des centaines de portraits du président Emmanuel Macron sont réquisitionnés dans les mairies, une centaine est sortie à Paris, devant la tour Eiffel, par des activistes d'ANV-COP21, manifestant que les engagements de la France pris lors de la COP21 ne sont pas tenus[74].

Académie du Climat à Paris

A Paris, l'ancienne mairie du 4 ème arrondissement est entièrement transféré en une "Académie du Climat" dans laquelle se déroulent des tables rondes, ateliers, concerts et se retrouvent beaucoup de militants[75].

Le mouvement donnera suite avant le confinement, à une Convention citoyenne pour le climat, dans laquelle 150 volontaires tirés au sort concevront un ensemble de mesures structurantes visant à "diminuer d'ici 2030 les émissions de gaz à effet de serre de la France d'au moins 40 % par rapport à 1990"[76].

Aurélien Barrau et Juliette Binoche publient dans Le Monde le 6 mai 2020, une tribune de 200 personnalités "Non à un retour à la normale", écrivant : "La pandémie de Covid-19 est une tragédie. Cette crise, pourtant, a la vertu de nous inviter à faire face aux questions essentielles." et "La catastrophe écologique en cours relève d’une « méta-crise » : l’extinction massive de la vie sur Terre ne fait plus de doute et tous les indicateurs annoncent une menace existentielle directe. ". Cette tribune sera très médiatisée et signée entre autres par Cate Blanchett, Madonna, Isabelle Adjani, Pedro Almodovar, Angèle, Nathalie Baye, Monica bellucci, Marion Cotillard, Sandrine Kimberlain [77].

Radicalisation et changement de méthode d'actions

Extinction Rebellion sur la tour Eiffel

Les marches et grèves scolaires pour le climat s'essoufflent après 2020, les mouvements Alternatiba et Extinction Rebellion se tournent vers des actions différentes et de nouveaux collectifs et mouvements de grande ampleur se créent[78].

Un appel de plus de 1000 scientifiques dans une tribune au Monde, invite les citoyens à la désobéissance civile en février 2020. Ils y déclarent "Les politiques françaises actuelles en matière climatique et de protection de la biodiversité sont très loin d’être à la hauteur des enjeux et de l’urgence auxquels nous faisons face." et "nous appelons à participer aux actions de désobéissance civile menées par les mouvements écologistes, qu’ils soient historiques (Amis de la Terre, Attac, Confédération paysanne, Greenpeace…) ou formés plus récemment (Action non-violente COP21, Extinction Rebellion, Youth for Climate…)."[79]. Cet appel aura de grands retentissements[80].

Les militants dénoncent l'inaction des gouvernements pour lutter contre le changement climatique et l'extinction de la biodiversité[81], en France notamment le faible nombre de mesures de la Convention citoyenne pour le climat finalement retenues par le gouvernement. Les formes ont évolué vers des actions plus directes et plus radicales[82].

L'activiste Camille Etienne, publie différents appels à "désobéir", notamment dans un court-métrage diffusé sur YouTube[83]et des jeunes diplômés d'AgroParisTec prennent la parole lors de leur cérémonie de remise de diplômes et appellent à "déserter"[84].

Le collectif Dernière Rénovation bloque à plusieurs reprises les routes et demande la rénovation énergétique des bâtiments au gouvernement[85], afin selon ses militants de "suivre les engagements qu'il a pris" en matière de lutte contre le dérèglement climatique, une des mesures demandées par le Haut Conseil pour le Climat[86]. Ils introduisent en France les sit-in et bloquent ainsi pendant 30 minutes le périphérique parisien[87]. Ils poursuivront les actions médiatisées en descendant par exemple, sur le terrain de Roland Garros en 2022[88].

Extinction Rebellion à Paris

Le mouvement Alternatiba Paris organise une série d'actions de désobéissance civile[89], exigeant une « justice climatique » et installent des bases à plusieurs endroits de France, notamment un lieu parisien, "La Base" [90], dans le 10e arrondissement, dans lequel se rencontrent plusieurs figures du mouvement écologiste des années 2020[91].

En mai 2022, Alternatiba, ANV COP21 et Les Amis de la Terre organisent le blocage de l'AG de TotalEnergies à Paris[92], rassemblant 250 activistes devant la salle, l'action est suivie sur les réseaux sociaux[93]. Ils exigent "Des engagements concrets et immédiats" de la part de l'entreprise et "la fin de tout nouveau projet d’énergies fossiles"[94].

Les incendies de l'été 2022 en France, les catastrophes naturelles croissantes[95], remobilisent de nombreux jeunes. Un militant répondra au journal Le Monde "Les problèmes climatiques ne sont pas nouveaux, mais les phénomènes extrêmes de cet été ont boosté mon engagement" [96]. Des scientifiques appellent à "bifurquer" et à la désobéissance civile, en formant notamment le collectif "Scientifiques en Rébellion"[97],[98].

Le mouvement Les Soulèvements de la Terre, créé lors de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes[99], organise une première manifestation contre le projet d'une méga-bassine à Sainte-Soline, propulsant le sujet au rang national et rassemblant entre 4 et 7 000 personnes[100].

Manifestation de Sainte-Soline

Il organise ensuite la manifestation du 25 mars contre les méga-bassines, très médiatisée et rassemblant plus de 25 000 personnes de plusieurs pays selon les organisateurs[101]. Cette manifestation sera interdite par la préfecture et fera, selon la Ligue des droits de l’Homme, l'objet d'une répression policière inédite et d'un "usage disproportionné des armes"[102]. Les affrontements causeront plusieurs centaines de blessés des policiers et des manifestants, 2 manifestants se retrouveront dans le coma[103].

De nombreuses actions de désobéissance civile seront organisées par le mouvement et suivies par des dizaines de milliers de personnes toute l'année, mobilisation internationale contre la liaison ferroviaire transalpine Lyon - Turin, convoi à vélo contre les méga-bassines en août, manifestations menant à une ZAD contre le projet d'autoroute A69[104],[105],[106].

Suite à un projet de dissolution du mouvement par le ministre de l'intérieur finalement resté vain[107], ce dernier bénéficiera d'un large soutien du public et d'une partie du monde culturel, Annie Ernaux, Marion Cotillard, Adèle Haenel, ou Alain Damasio[108],[109].

En mai 2023, l'AG de TotalEnergies est à nouveau bloquée par plusieurs centaines d'activistes dans la cadre d'un militantisme contre le projet EACOP[110] et sera à nouveau très médiatisée, faisant réagir la première ministre[111]. Parmi les activistes, Camille Etienne, Luisa Neubauer, François Gemenne participeront à l'action.

Durant toute l'année 2023, des actions de dégradation légères sont menées partout en France sur des distributeurs de billets et des bâtiments de banques finançant des projets d'énergies fossiles[112], l'opération est nommée "Carnage Total"[113].

Les journalistes Salomé Saqué et Paloma Moritz publieront de nombreuses vidéos très suivies sur le média indépendant Blast, vulgarisant le changement climatique et suivant les actions à la suite du mouvement climat[114].

Beaucoup d'actions prennent la forme de désobéissance civile, voire de sabotage d'infrastructures face à "l’essoufflement des pétitions ou des marches pour le climat" selon Le Monde[115].

Pour Camille Etienne, "la radicalité est nécessaire" car "la vague des grandes marches pour le climat de 2019, porteuse d’espoir, s’est écrasée sur les multiples renoncements politiques et la force d’inertie de l’ordre établi"[116].

En février 2024, le projet de puits de pétrole dans le bassin d'Arcachon[117] donnera lieu à une manifestation rassemblant plusieurs milliers de personnes à Bordeaux, notamment Greta Thunberg[118].

Modes d'actions

Manifestations et pétitions

Les manifestations écologistes consistent en l'organisation de rassemblements mobiles ou fixes afin de demander une action politique. Elles s'accompagnent parfois de pétitions en ligne, comme ce fût le cas dans le Mouvement pour le Climat avec l'Affaire du Siècle. Ce mode d'actions répandu est utilisé depuis le début de l'histoire du mouvement. Il s'est significativement affaibli depuis 2020[119].

La militante Lena Lazare répondra au Monde concernant les marches pour le climat : "elles nous ont aussi laissés épuisés et nous ont appris qu’il fallait que nous apprenions à faire alliance avec d’autres si nous voulions peser réellement."[120].

Désobéissance civile

Utilisée depuis le début du mouvement, notamment dans la lutte du Larzac, la désobéissance civile écologiste consiste en le refus de respecter la loi pour défendre l'écologie[121]. Elle est utilisée dans le cadre des constructions des ZAD, par définition illégales.

Depuis les année 2020, elle est fréquemment utilisée par les militants et les scientifiques à travers des actions de blocages, de manifestations interdites ou de dégradations légères (collages, jets de peinture) par les collectifs et mouvements Dernière Rénovation, Alternatiba Paris, Exctinction Rebellion ou ANVCOP21[122].

Dans un communiqué, la Ligue des Droits de l'Homme estime que "La désobéissance civile est justifiée par la liberté d’expression sur l’urgence climatique"[123].

Sabotage

Egalement présent dans le mouvement écologiste depuis le début, le sabotage d'infrastructures au nom de l'écologie se popularise dans les années 2020 par l'émergence des Soulèvements de la Terre[124]. Ce mouvement a organisé plusieurs actions durant lesquelles cette forme de désobéissance civile a été réalisée, entre-autres sur des tuyaux d'irrigation de grandes cultures, des cimenteries ou des serres de maraîchage industrielles[125].

Ses militants la qualifie de "désarmement" et écrivent : "Leurs silos et malaxeuses sont des armes qui nous tuent. Ils ne cesseront pas sans qu’on les y force. Nous allons donc continuer à démanteler ces infrastructures du désastre nous-mêmes."[126]

Un livre d'Andreas Malm, "Comment saboter un pipeline", a irrigué le mouvement écologiste de pensées sur le sujet, questionnant ce type d'actions[127].

La limite de la violence, notamment la question des dégradations matérielles fait débat au sein de la droite, l'ancien ministre de l'intérieur Gérald Darmanin qualifiant par exemple les militants de Sainte-Soline "d'écoterroristes", suscitant de vives réactions[128].

Le directeur du Centre français de recherche sur le renseignement, Eric Denécé dira à France Culture : "Nous n'avons pas d'organisations écoterroristes à ce jour en France" et "Il s’agit d’actions qui, si elles sont légitimes, ne sont pas toujours légales, peuvent relever du trouble à l’ordre public, mais on n'est pas dans l’écoterrorisme"[129].

Articles connexes

Notes et références

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