Variations sur un thème original (Brahms)
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Les Variations sur un thème original sont une série de thème et variations pour le piano du compositeur allemand Johannes Brahms, écrits en 1857.
Johannes Brahms compose ses Variations sur un thème original lors de son séjour à la cour de Detmold[1]. Elles font partie du deuxième groupe des variations du compositeur selon le musicologue Jean-Alexandre Ménétrier[1]. C'est dès 1856 que le compositeur signale, dans une de ses lettres à Joseph Joachim, de ce nouveau style, « plus strict et plus pur »[1]. Le compositeur a notamment appelé ces Variations des « Variations philosophiques »[1]. Il termine probablement ses Variations durant l'été 1857[1]. Ici, le compositeur se détache de la variation ornementale, travaillant plutôt l'harmonie que le thème mélodique[1]. Cette façon de faire trouvera son achèvement dans les Variations sur un thème de Haendel[1]. L'œuvre est créée, avec les Variations sur un thème hongrois par Clara Schumann au Gewandhaus de Leipzig le [1]. Selon l'interprète, le compositeur avait écrit ces variations dans une humeur[Quoi ?]« Bach-Beethoven-Brahms »[1].
Structure
L'œuvre comprend un thème et onze variations :
- Thema – Poco larghetto
- Variation 1
- Variation 2
- Variation 3
- Variation 4
- Variation 5 – Tempo di tema
- Variation 6 – Più moto
- Variation 7 – Andante con moto
- Variation 8 – Allegro non troppo
- Variation 9
- Variation 10
- Variation 11 – Tempo di tema, poco più lento
Analyse
Thema - Poco larghetto
Le thème est en ré majeur, et il a pour particularité de ne pas entrer dans une carrure classique[1]. Chacune des deux phrases comprend neuf mesures, et cette carrure sera respectée dans les variations suivantes[1].
Variation 1
La première variation, notée Poco più mosso dans le manuscrit, est une invention à deux voix dans un style proche à la fois de Jean-Sébastien Bach et de Robert Schumann[1]. Cependant, la variation s'éloigne déjà beaucoup du thème[1].
Variation 2
On trouve ici un rythme de doubles croches qui rappelle la variation précédente, mais où la main droite donne une nouvelle idée à deux voix sur un rythme noire-croche[1].
Variation 3
La troisième variation, notée L'istesso tempo dans le manuscrit, est caractérisée par des syncopes régulières[1].
Variation 4
À l'instar des variations précédentes, elle reste dans une nuance allant de piano à pianissimo[1]. Dans sa polyphonie riche, on trouve des accords à quatre ou cinq parties, tandis que le thème reste sur un rythme inchangé de doubles croches[1].
Variation 5 – Tempo di tema
Cette variation présente un canon en miroir, la main gauche jouant le renversement de la main droite[1]. L'accompagnement en doubles croches s'y mêle, apportant une grande difficulté d'exécution[1]. Cependant, il y présente une poésie très schumanienne[1].
Variation 6 – Più moto
La sixième variation est une sorte de mouvement perpétuel en triolets de doubles croches[Selon qui ?].
Variation 7 – Andante con moto
C'est peut-être la variation qui se rapproche le plus du thème initial, présentant un canon rythmique entre les deux mains[1].
Variation 8 – Allegro non troppo
Cette variation ouvre la voie à la tonalité de ré mineur[2]. C'est aussi la première fois que la nuance fortissimo apparaît avec une accélération du mouvement[2]. Elle semble être une toccata en doubles croches staccato[2] Les dernières mesures semblent très proches des Variations sérieuses de Felix Mendelssohn[2].
Variation 9
Elle s'enchaîne à la variation précédente, évoquant soudainement l'orchestre, avec ses roulements de timbales à la main gauche, caractéristique de cette variation[2]. La main droite joue, elle, des batteries qui semblent être données à la petite harmonie[2].
Variation 10
Notée Agitato dans le manuscrit, elle est particulièrement complexe[2]. On trouve des fragments du thème qui se répondent en imitation à la main droite, alors que la main gauche, accompagnante, les reprend en diminution[2].
Variation 11 – Tempo di tema, poco più lento
La dernière variation est la plus vaste de l'ensemble, abondant en effets orchestraux[2]. Elle se fait avec un retour en ré majeur, dans une métrique à ![]()
, la main gauche imitant les timbales et les contrebasses sous forme de longue chaîne de trilles[2]. La main droite a une partie d'une écriture très chargée[2]. La fin met d'autant plus l'accent sur l'impression de plénitude de l'œuvre, sans pour autant que le thème initial ne réapparaisse[2].