Verderet

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Ruisseau d'Eybens

Longueur11,15 km
Organisme gestionnaireSymbhi[1]
Faits en bref Caractéristiques, Longueur ...
Verderet
(Ruisseau d'Eybens)
Illustration
Le Verderet à Eybens en décembre 2025
Caractéristiques
Longueur 11,15 km
Bassin collecteur Rhône
Nombre de Strahler 1
Organisme gestionnaire Symbhi[1]
Cours
Source Plusieurs cours d'eau
· Localisation Brié-et-Angonnes
Confluence l'Isère
· Localisation Grenoble
· Coordonnées 45° 11′ 20″ N, 5° 44′ 47″ E
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche sans
· Rive droite sans
Pays traversés Drapeau de la France France
Département Isère
Arrondissements Grenoble
Cantons Canton du Pont-de-Claix / canton d'Échirolles / Canton de Grenoble-3
Régions traversées Auvergne-Rhône-Alpes
Principales localités Grenoble

Sources : SANDRE:« W---1100 », Géoportail
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Le Verderet, autrefois dénommé Verdaret[Note 1] et enregistré par le site Sandre sous le nom de ruisseau d'Eybens, est un petit torrent qui prend sa source sur le territoire de la commune de Brié-et-Angonnes, dans le département de l'Isère, en région Auvergne-Rhône-Alpes. C'est un affluent direct de l'Isère[2]. Historiquement, il rejoignait cette rivière près du centre ancien de Grenoble, au niveau du pont Saint-Laurent.

Depuis la seconde moitié du XXe siècle, le cours d'eau, canalisé dans sa traversée très urbanisé du territoire grenoblois, s'écoule dans un réseau souterrain partiellement rattaché au réseau d'égout de la ville avant de rejoindre l'Isère au niveau du musée d'art de la ville.

Étymologie

Selon le Littré, le mot vert qui désigne la couleur s'orthographiait avec un d verd »), le nom de cette rivière pourrait donc être associée à cette couleur, à l'instar d'un petit lézard vert, dénommé le verderet[3]. Selon le blog Vous voyez le topo, le terme verd- (apparemment lié au latin viridis) serait plutôt lié au terme merd- et donc le nom de merderet qui indiquait à quel point ce ruisseau [Note 2] pouvait dégager une odeur pestilentielle, dans sa traversée du bourg médiéval[4]. Un affluent du Furand, rivière s'écoulant dans le nord-Isère porte également ce nom.

Géographie

Communes et cantons traversés

Cours du Verdaret (ou ruisseau d'Eybens) sur le territoire de la commune d'Eybens

Le Verderet est un cours d’eau qui se forme par la confluence de plusieurs torrents formés sur les communes d’Herbeys et de Brié-et-Angonnes[5]. Il traverse ensuite le territoire de la commune d'Eybens (ou il pénètre en longeant le site du vélodrome[6]) avant de rejoindre Grenoble qu'il traverse selon un axe nord sud avant de se jeter dans l’Isère à proximité du pont Saint-Laurent. Il est couvert sur près de la moitié de son cours, et notamment durant toute la traversée de Grenoble.

Restant donc invisible aux yeux des riverains, la rivière longe les quartiers de la Villeneuve, de L'Abbaye et de la Bajatière avant d'atteindre puis de traverser le parc Paul Mistral. Elle passe ensuite sous le boulevard Jean-Pain avant de jeter dans l’Isère après avoir traversé le secteur de l'Alma (quartier Très-Cloitres)[7],[Note 3].

En ce qui concerne les cantons, le Verderet traverse les cantons de Pont-de-Claix, d'Échirolles / et de Grenoble 3.

Bassin versant

Le bassin versant concerne deux zones hydrographiques dénommée « L'Isère du ruisseau du Mont au Drac » et « Le Drac de la Romanche à la Gresse » (zones W280 W281 exclues).

Organisme gestionnaire

L'organisme gestionnaire est un EPTB : le Syndicat mixte des bassins hydrauliques de l'Isère, le Symbhi[1].

Affluent

Le Verderet n'a pas d'affluent référencé mais il est formé par la réunion de plusieurs ruisseaux dont le ruisseau de la Gorge du Moulin et le ruisseau de la Grande Gorges. Son rang de Strahler est donc de un.

Le tome 24 (n°2) des annales de l'université de Grenoble, publié en 1912, indique qu'à cette époque de nombreux ruisseaux (dont le ruisseau du Pra) rejoignent le Verderet sur le territoire d'Eybens et de Grenoble, notamment au niveau du chemin de fer (à l'époque dans le quartier Bajatière) avant sa transformation en égout[8].

Histoire

Disparition progressive d'une rivière grenobloise

Quartier de l'île à Grenoble en 1536 (avec indication du cours du Verderet - source : document Patrimoine & développement de la ville de Grenoble)

Plusieurs sources (qualifiées de « fontaines ») seraient à l'origine de ce torrent : la Marèche, la Drevonne, le Villard et le Romage qui sont à l’origine de différents torrents se rejoignant sur le plateau de Tavernolles pour ensuite former un cours d'eau s’ecoulant vers la plaine qui a longtemps permis aux cultivateurs de la partie sud du territoire Grenoblois d’arroser leurs champs. Peu avant sa confluence avec l'Isère au niveau du pont Sain-Laurent [Note 4], le Verderet longeait la rue Chenoise

Au XVIe siècle, le connétable François de Bonne de Lesdiguières ordonna que les moulins installés sur le Verderet soient construits à l’intérieur de la ville, surtout près de la porte Très-Cloitres, cela afin de rassurer les Grenoblois en cas de siège.

En 1741, les consuls échevins de la ville de Grenoble demandèrent aux riverains du Verderet de :

« repurger et nettoyer le canal, d’en faire emporter les immondices, boues, pierres, graviers et autres embarras, hors les portes de la ville en lieu convenable … à peine d’amende et de répondre en leur propre des dommages et intérêts que le public et les particuliers en pourraient souffrir. »

Plan Michelin datant de 1943 et indiquant le cours du Verderet entre Eybens et le Parc Paul Mistral

Au cours du XIXe siècle, le Verderet est sujet à de nombreuses crues dans sa traversée de Grenoble. Il coule encore sur une largeur de trois mètres au début du XXe siècle et semble être à l'origine de nombreuses épidémies car il est devenu une sorte d’égout à ciel ouvert lors de l’industrialisation de la ville. À la suite de politiques hygiénistes, il est tout d'abord recouvert en partie puis sur tout sa longueur sur le territoire de Grenoble[9].

De nombreux moulins à eau ayant une vocation industrielle s'installe le long de ses rives durant le XIXe siècle, l'un d'entre eux ayant pour usage le moulinage de la soie. En 1839, les travaux de curage ont été répartis pour un tiers à la charge de la ville de Grenoble et pour les deux tiers à celle des riverains du torrent. Tout au long de ce siècle, des plaintes se multiplient en raison des débordements du Verderet et la ville fait dès lors supprimer les écoulements du côté du faubourg de l'Île Verte. Dés les années 1880, les habitants demandent qu’il soit couvert sur toute sa longueur pour faire disparaître l’insalubrité causée par les rejets des riverains. De nombreux curages du lit de la rivière sont organisées durant les décennies suivantes mais les débordements qui entrainement le déplacement de divers immondices restent récurrents. Durant les années 1960 après de nombreux reports marquées par un couvrement partiel, le cours du Verderet est entièrement recouvert. La mairie géra ensuite le détournement du ruisseau en faisant exécuter sa couverture entre le Boulevard Jean Pain et l’Isère[10].

Lieux de mémoires

La rue du Pont-Saint-Jaime, située dans le quartier Notre-Dame, un des quartiers les plus anciens de la ville de Grenoble, porte ce nom car elle enjambait, durant l'époque médiévale, le ruisseau du Verderet (ou Verdaret) qui fut comblé petit à petit. Le pont existe encore en 2025[11],[12].

La tour de Sassenage, fut dénommée « tour du Verdaret » durant l'époque médiévale car cette ancienne tour de guet, située rue du Pont-Saint-Jaime, bordait, en amont du pont, un bras du torrent avant que celui-ci aille rejoindre l'Isère[13].

Crues et aménagements

Crues

Le Verderet a connu de nombreuses crues torrentielles. Au Parc des Ruires à Eybens en décembre 2021, le Verderet s'étend sur un terrain prévu à cet effet sans causer de dégâts matériels[Note 5].

Aménagements

Un bassin de rétention en prévention de crues du Verderet a été aménagé sur le site d'un « Espace nature » de 8 hectares situé dans le quartier des Ruires en parallèle avec des jardins familiaux et un rucher. Le site abrite également une pâture avec des vaches ou des moutons présents deux ou trois fois par an dans le bassin pour l'entretenir ainsi que ses grandes étendues vertes qui l'entourent[14].

Faunes et flore

Les annales de l'Université de Grenoble, parues en 1912, indiquent la présence de crevettes, de larves d'éphémérides et de phryganeidaes, d'agrions et de divers mollusques. Cet ouvrage évoque l'introduction réussi de la truite arc-en-ciel, ainsi que la présence de vairons et de loches[15].

Odonymie

Entrée du parking relais du Verderet à Eybens
  • école du Verderet : groupe scolaire du quartier de la Villeneuve de Grenoble
  • passage du Verderet : rue piétonne du quartier de la Villeneuve de Grenoble
  • parking relais du Verderet : parking relais de Grenoble Alpes Métropole (Eybens), près du pont sur le Verderet

Voir aussi

Notes et références

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