Victor Zan
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Le sculpteur Vittorio Zanetti, connu sous son nom francisé de Victor Zan, est un fils du couple Laurent Zan & Annette Binone[3]. Après des études au lycée de Lugano et un apprentissage en sculpture sur pierre et marbre, il entre à 18 ans à l'Académie royale de Turin en 1877. Quatre ans plus-tard, il s'installe à Saint-Étienne où il est accueilli dans l'atelier d'Anselme Decarli[4], professeur à l'École des arts industriels de Saint-Étienne. Sous le nom de Victor Zan[3], il participe à sa première exposition en France au Salon de la Société lyonnaises des beaux-arts (SLBA) de 1888 en présentant un buste, Médée[5]. Veuf de Émile Antonioli décédée à Turin le 6 aôut 1894, il se remarie à Saint-Étienne le 18 mars 1895 avec Françoise Zibetta. Après avoir travaillé ensuite chez Madinier[4] à Saint-Étienne , il ouvre un atelier de sculpture et marbrerie en Haute-Loire au Puy en Velay, en 1922 où il réside quelques années[6].
L'artiste n'a cependant pas oublié ses racines italiennes. À l'Exposition internationale de Milan de 1906, où il est consultant pour l'organisation du pavillon français[7], il obtient le diplôme "di Benemerenza" (mémoire civique)[8] pour son histoire biographique de la colonie italienne dans le département de la Loire[9]. En 1910 il renouvellera sa participation lors de l'Exposition internationnale de Turin[10].
Décédé en 1940 à l'âge de 81 ans, il a fini ses jours semble-t-il dans la pauvreté.
Œuvre



Dans la première partie de sa carrière de sculpteur, Victor Zan a surtout réalisé des bustes-portraits de personnalités locales ou de la statuaire à caractère religieux (Ecce Homo) avant de s'orienter vers des oeuvres plus monumentales. Dans cette ville de Saint-Étienne où l'activité minière est omniprésente, la misère et la condition ouvrière des mineurs lui ont été une source d'inspiration pour plusieurs bas-reliefs : Un deuil (1890), Les victimes du grisou*[11] (1891), Sous la mine (1894), La grève et ses conséquences*[11] (1905). Ces oeuvres sont conservées dans les locaux de la Bourse du travail de Saint-Étienne.
En 1905, un projet d'une sculpture monumentale, La source de la Loire, destinée à être installée au Mont Gerbier des Joncs, lui est commandée. Faute de financement il est abandonné, seule la maquette*[11] est conservée au musée Crozatier au Puy-en-Velay avec aussi une statuette La mobilisation* (1914) et une La ville du Puy, une allégorie de la dentelle*[11] (~1900)[12].
(* oeuvres répertoriées dans la base Joconde du patrimoine français)
Notons également Une allégorie de la charité réalisée en 1926 sur le tympan de l'hôpital de la Charité à Saint-Étienne.
Après la première guerre mondiale, ce sont principalement des sculptures de pierre pour des monuments funéraires (monuments aux morts d'Allègre (1922) et de Mazerat-Auroure en Haute Loire) ou des plaques commémoratives en bronze qui lui sont commandées, comme celle dédiée au géographe Jules Garnier (1905)[13].

Victor Zan est également un dessinateur-illustrateur. En 1926 il remporte le premier prix au concours d'illustration organisé par l'Union des Inventeurs et artistes industriels de la Loire[14],[15]. Des estampes de portraits de quelques uns de ses amis chansonniers, Jean Chapelon, Joseph Maissiat, illustrent l'ouvrage de Jean-François Gonon (1906), Histoire de la chanson stéphanoise et forézienne[16].