Villa gallo-romaine de Saint-Ulrich

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Civilisation
Destination initiale
Villa gallo-romaine
Destination actuelle
Site archéologique
Construction
Ier siècle
Villa gallo-romaine de Saint-Ulrich
Présentation
Civilisation
Destination initiale
Villa gallo-romaine
Destination actuelle
Site archéologique
Construction
Ier siècle
Surface
2 000 000 m2Voir et modifier les données sur Wikidata
Patrimonialité
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La villa gallo-romaine de Saint-Ulrich est un site gallo-romain situé sur la commune de Dolving en Moselle, près de l'antique cité de Pons Saravi aujourd'hui Sarrebourg.

La villa, fouillée par un archéologue allemand lors de l'annexion de la Moselle à la suite du traité de Francfort, est à nouveau l'objet de fouilles importantes dans la seconde moitié du XXe siècle. Elle s'avère lors de ces travaux être le centre d'un domaine très important. Elle est l'« une des plus grandes villas des Gaules » selon Marcel Lutz.

Propriété du département de la Moselle, la villa est classée au titre des monuments historiques par arrêté du [1]. Des travaux de mise en valeur du site sont entrepris au début des années 2010, mais stoppés depuis.

Localisation de la villa.

La villa est située à km de Sarrebourg, antique Pons Saravi et à km de la voie Metz-Strasbourg[A 1],[F 1], « route à la fois économique et stratégique »[B 1].

Le domaine est situé sur les communes de Dolving et Haut-Clocher et s'étend sur une superficie supérieure à 200 ha[B 2]. Le domaine, situé dans une cuvette, était protégé des vents dominants : il comporte des ruisseaux dans le fond de la vallée, des cultures dont celles de vignes et également des forêts[B 3]. La position est « stratégique »[F 1].

Historique

Histoire antique et médiévale

La villa est datée du deuxième quart du Ier siècle[F 1] et était au cœur d'un domaine important de « plusieurs centaines d'hectares »[A 1],[B 4]. L'apogée du domaine est datable de la fin du Ier siècle[A 1]. Les ailes permettent alors « le maintien de l'effet de monumentalisation »[F 1].

L'extension est datable de la fin du Ier siècle et du début du IIe siècle : un péristyle occidental, des thermes, une galerie et deux ailes orientales[D 1]sont alors bâtis. D'autres travaux ont lieu au cours du IIe puis aux IIIe et IVe siècles mais ils sont difficiles à connaître du fait des fouilles réalisées au XIXe siècle[D 1].

Karl Wichmann considère l'édifice comme datant de la fin du IIIe siècle, Albert Grenier évoquant pour sa part la première moitié du siècle[B 5]. La datation au milieu du Ier siècle a pu être établie du fait des études céramologiques menées[B 6]. Les différents éléments du domaine n'étaient pas contemporains[C 1].

Panorama villa de Saint-Ulrich été 2011.

Dans la suite de l'histoire de la villa, le péristyle est remplacé par une large galerie[B 5]. Le décor des bains de l'édifice trahit différentes phases de réfection[B 5]. La galerie située à l'est de l'édifice est remplacée par des pièces dans la première moitié du IIe siècle, une cour plus grande occupe désormais l'espace[D 2]. Les phases des travaux de décoration ont pu être mises en évidence par l'étude des fragments de fresques[D 3].

La date la plus récente de l'occupation du site ne peut être déduite aisément du fait de l'absence de « témoignages suffisamment précis »[B 7]. Une villa a été mise au jour à proximité de la deuxième villa située à quelque 300 m de la grande villa, dont le site a servi de carrière au propriétaire du terrain, qui saccagea également une partie de la nécropole mérovingienne présente sur le site[C 2] déjà connue à l'extrême fin du XIXe siècle[C 3]et fouillée dans les années 1960.

Un établissement religieux est attesté sur le site « depuis au moins le IXe siècle », avec de plus une source prétendument miraculeuse[F 1].

Redécouverte et travaux

La villa est mentionnée dès le début des années 1860[B 8]. Elle est fouillée entre 1894 et 1897 par Karl Wichmann (1868-1948)[B 8], professeur à Metz, à la suite de la décision prise par la société d'histoire et d'archéologie de la Lorraine et grâce au financement du ministère d'Alsace-Lorraine. Les fouilles ne sont pas exhaustives du fait des méthodes utilisées alors et de l'état de santé du chef de fouilles[B 9]. Le plan est levé par Eduard-Hermann Heppe[B 10], plan considéré comme insuffisamment précis[B 7]. La fouille est publiée en 1898[D 1].

Ruines au milieu d'herbes folles
Villa gallo-romaine de Saint-Ulrich en août 2011.

Les fouilles sont reprises par Marcel Lutz entre 1967 et 1981[D 1] ou entre 1968 et 1983[F 1]. Les ailes ouest et est ne sont pas dégagées au début des années 2000[F 1]. Le produit des fouilles est déposé au musée du pays de Sarrebourg. Des sondages sont réalisés entre 1984 et 1988. Ils permettent la mise au jour de fragments de peintures et de sols, qui font l'objet d'une dépose en urgence en 1992[D 1].

Le site appartient au conseil départemental, mais les vestiges actuels ne sont qu'« un très pâle reflet » de ce qu'a été l'édifice[A 1]. Un projet de mise en valeur de l'édifice existe depuis les années 1990[D 1]. L'édifice est fermé depuis le milieu des années 2010 environ. Des travaux de restauration entrepris en 2012 par le département de la Moselle ont été arrêtés[2].

Description

Description de l'édifice

La villa comprend, outre la maison du propriétaire, de nombreux édifices alignés sur un axe[A 1] est-ouest[D 1]. Le domaine pouvait comporter des centaines ou des milliers d'hectares. L'édifice est construit dans une situation permettant de dominer le domaine et également d'avoir une installation confortable. 33 annexes sont connues au début des années 2000[F 1].

Pars urbana

Plan d'ensemble de la villa.
Maquette d'une villa romaine.
Maquette de la villa de Saint-Ulrich au musée du pays de Sarrebourg.

La grande villa mesure 114 m sur 117 m[B 4],[B 11]. 117 pièces ont été recensées dont 70 habitables, compte non tenu d'éventuelles pièces à l'étage[B 10]. Le centre de l'édifice est occupé par des espaces destinés aux réceptions, salle de réception et salle de banquet[F 1]. À l'ouest et au nord se trouvent des cryptoportiques ; à l'est et à l'ouest deux ailes sont pourvues d'une cour à péristyle. Un petit complexe thermal est localisé au nord[A 1].

Dans l'aménagement réalisé dans un 2e temps, des pièces ont été subdivisées et des circulations établies[D 1]. Le sol d'un espace de circulation était en opus signinum et a livré des restes de décors peints[D 4].

Karl Wichman a mentionné cinq parties dans la villa :

  • construction centrale,
  • cour et galeries,
  • aile sud,
  • aile nord,
  • bâtiment thermal[B 11], remanié lors de plusieurs sessions de travaux jusqu'au IVe siècle[F 1].

La décoration est modeste par rapport aux travaux d'extension de la construction[F 1].

Pars rustica

Un bâtiment considéré comme agricole et de 24,60 m sur 17,40 m a été fouillé à 50 m de la villa[B 12].

À 300 m au nord-est se trouve une autre villa[C 4] de 20 m sur 18 m. L'espace comportait deux pièces destinées au bain, un tepidarium et un bain chaud. Peut-être l'édifice a-t-il été destiné uniquement aux bains à une période de son histoire[C 5]. L'édifice n'est plus utilisé qu'à des fonctions de bâtiment agricole après les troubles du IIIe siècle et également les hypocaustes[C 5]. La fouille a livré beaucoup de céramique, datée surtout des IIe et IIIe siècles[C 6].

Autres éléments du domaine

Les fouilles ont dégagé un fanum en 1966, « petit sanctuaire de caractère indigène »[C 7]. L'édifice faisait 6,77 m sur 8,15 et était conservé partiellement sur quatre assises, les ruines ayant été dégradées par les labours : le temple, « un sanctuaire des eaux », a été bâti sur le site d'une source[C 8]. La construction est « peu soignée » et la cella de m sur 1,50 m était un simple abri à la couverture de tuiles[C 9]. Le fanum possédait un sol en mosaïque disparu lors des fouilles[C 10]. Selon Lutz, il était consacré à Apollon et Sirona[C 8]. Des fosses ont livré « un lot de monnaies » assez homogène[C 8] et une statuette de terre cuite[C 8]. La construction de l'édifice est datée de 115-120.

Un édifice de 24,80 m sur 10,50 m a également été dégagé. Il a connu trois étapes dans son occupation, avec une destruction par le feu lors de la deuxième étape. Cet édifice était peut-être un hangar[C 11]. Cet édifice date du milieu du Ier siècle[C 12]. Il a livré un certain nombre d'artefacts en fer ainsi que 17 monnaies[C 13]. Cet édifice dépendait de la grande villa[C 14].

Découvertes réalisées

Fragment de colonnes avec le fût couvert de décor en forme d'écaille.
Fragment de colonnes avec le fût couvert de décor en forme d'écaille au musée du pays de Sarrebourg.

Les fouilles ont livré peu de choses, 4 monnaies[B 11] et très peu de matériel archéologique, du fait d'une absence de rigueur ou de disparitions du fait de l'absence du responsable de chantier[B 5].

Les fouilles de Marcel Lutz ont livré un matériel céramique abondant : d'époque pré-flavienne et flavienne, de la céramique belge à engobe ; les couches du IIe siècle ont livré beaucoup de céramique sigillée. Les couches du IIIe siècle ont livré de la céramique, mais pour le siècle suivant peu de matériel : cela s'explique selon Marcel Lutz par un abandon du site lent ou une dégradation des couches archéologiques[B 13]. Ces céramiques sont issues des fouilles anciennes, non réalisées selon la méthode stratigraphique[B 13].

Une tête de cheval en terre blanche, représentant sans doute Epona, a été découverte sur le site, de même qu'une anse de patère en forme de bélier. Les mêmes découvertes récentes ont livré des objets en bronze, dont des fibules, et des objets en fer ou des fragments de verre. Une pièce en bronze d'époque d'Hadrien a également été retrouvée[B 14].

Les fouilles de la villa située non loin de la grande villa ont livré du matériel céramique abondant, de petits objets de bronze dont essentiellement des fibules[C 15], des fragments de verre laissant supposer que les fenêtres comportaient de vitres[C 16], des objets divers de fer, d'os[C 17].

Interprétation

Références

Voir aussi

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